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02/04/2018

Bases militaires occidentales au Niger : pour quoi faire ?C’est ce manque de coopération qui étonne et frustre les Nigériens qui se demandent légitimement à quoi bon servent ces bases si ce n’est pas pour collaborer avec l’armée locale.

Bases militaires occidentales au Niger : pour quoi faire ?

Les bases militaires se multiplient au Niger. Après les Etats Unis et la France, l’Allemagne envisage d’en installer une nouvelle. La raison : la lutte contre le terrorisme. Est-ce le seul argument ? Dans son article, ALASSANE SOUFOUYANOU Abdourahimoune, exprime son doute quant à la réelle volonté des puissances étrangères installant des bases militaires en Afrique et singulièrement au Niger. Il note un défaut de communication d’informations stratégiques entre ces puissances et les forces armées nationales mais note surtout que ces puissances occidentales, principales cibles du terrorisme, importent les problèmes, les accentuent, sans les résoudre. La lutte contre le terrorisme semble donc un prétexte pour accéder à toutes les riches matières premières qu’abrite le Niger.

Le 10 octobre 2016, la Chancelière allemande Angela Merkel a rendu une visite officielle en République du Niger. Cette visite s’est effectuée en prélude à l’installation très imminente d’une base militaire allemande au nord du Niger qui sera la 3ème après celle des Etats Unis et de la France. Officiellement, ces bases militaires sont installées pour lutter contre le terrorisme de Boko Haram et des autres groupes terroristes au Sahel notamment au Mali et au Niger. Est-ce leur véritable motivation ?

A la veille de la visite de la Chancelière allemande au Niger, un camp de réfugiés maliens sur le territoire nigérien a été attaqué, générant 22 morts et plusieurs blessés. Le 17 octobre 2016, des terroristes ont attaqué la prison de haute sécurité de Koutou-Kallé à une quarantaine de kilomètres de Niamey. Deux jours avant, le 15 octobre 2016, un humanitaire américain a été kidnappé par des éléments du MUJAO venant du Mali, son garde du corps et une tierce personne assassinés par les assaillants. Trois attaques terroristes en moins d’une semaine pour un pays qui abrite des bases aériennes et terrestres de deux grandes puissances militaires.

Avec tous les effectifs et les moyens logistiques déployés, on s’étonne que des militaires nigériens, basés presque dans les mêmes environs, ne soient pas informés de la préparation d’attaques sur leur position. Or, ces bases militaires de par leurs moyens et leur positionnement (Niamey, Agadez et Diffa), couvrent l’essentiel du Niger et du Sahel. Toutes les poches de conflits sont surveillées par des drones et avions de surveillance. Cela signifie raisonnablement qu’il n’y a pas un partage de renseignements collectés par les occidentaux avec les militaires nigériens. C’est ce manque de coopération qui étonne et frustre les Nigériens qui se demandent légitimement à quoi bon servent ces bases si ce n’est pas pour collaborer avec l’armée locale.

Par ailleurs, l’existence même des bases occidentales sur le territoire est un danger car pouvant attirer les hordes des terroristes qui se jurent d’attaquer l’Occident et ses alliés partout dans le monde. Les combattants de l’EI en Libye peuvent, pour se venger des bombardements occidentaux, s’attaquer au Niger. C’est d’ailleurs un des facteurs qui explique les incessantes attaques terroristes sur le territoire nigérien. Autrement dit, sur le plan miliaire ces bases produisent des effets contraires aux résultats escomptés.

Sur le plan économique, ces bases remplissent des missions de contrôle des approvisionnements en matières premières. Il n’est un secret pour personne que les mines d’Areva au Niger approvisionnent une importante partie des centrales nucléaires françaises. Pour assurer la stabilité de cet approvisionnement, un détachement de militaires français est affecté à la protection de ces mines. Le sous-sol sahélo saharien est riche en ressources naturelles. De l’uranium au pétrole en passant par l’étain, le phosphate, le sel, l’or et bien d’autres minerais. Ce qui explique « des stratégies de positionnement, de prise de contrôle, d’encerclement et de contre-encerclement […] à la définition des enjeux géopolitiques et géoéconomiques de la zone sahélienne. »[1]. Les Occidentaux concurrencent, via les bases militaires, les positions de la Chine qui est un partenaire de plus en plus incontournable en Afrique. Au Niger, la Chine est présente dans le secteur pétrolier avec la SORAZ qui est une coentreprise entre la CNPC (China National Petroleum Coorporation) et l’Etat du Niger. Elle est également présente dans l’or et l’uranium avec la China National Nuclear Coorporation (CNNC). Mieux, la Chine a failli ravir la vedette aux Français en étant très proche de remporter les concessions uranifères d’Imouraren. Précisons que l’Allemagne, dernier pays venu au Niger, est également présent dans l’exploitation de l’uranium à travers la Compagnie Urangeselschaft, actionnaire dans la SOMAÏR (Société des Mines de l’Aïr). Dans le charbon, ils sont en phase de reprendre le marché de la Centrale thermique de Salkadamna (qui est en principe aux mains des Américains). Dans le domaine militaire, la Chine n’a pas encore de projet officiel d’installer une base au Niger. Mais compte tenu de son importance économique, l’empire du milieu pense au Niger, ce n’est qu’une question de temps. Au-delà des ressources traditionnelles que constituent le pétrole, le charbon et l’uranium, le Niger dispose d’importants gisements de métaux rares qui peuvent attiser l’intérêt des Occidentaux. Il s’agit du gallium, du dysprosium, du niobium ou encore du zirconium. Ces métaux entrent dans la fabrication de pratiquement tous les produits de haute technologie comme les smartphones, les tablettes, les satellites, etc.

L’autre enjeu derrière l’installation de ces bases militaires, et non le moindre, est la lutte contre la migration clandestine vers les pays de l’Europe et le trafic de drogue. En effet, les routes du trafic de drogue et de migrants se croisent au Niger. La cocaïne produite en Amérique Latine en direction des Etats Unis et de l’Europe transite notamment par le Niger[2] (passe de Salvador). Depuis la chute du guide libyen, la migration clandestine vers l’Europe a repris de plus belle. Pour lutter contre ces phénomènes les Européens créent ou financent des centres de rétention et ou de transit de migrants à Agadez, Dirkou et Niamey. Ainsi, un financement de 50 milliards de Francs CFA est accordé au Niger par l’Union Européenne pour financer cinq projets entrant dans le cadre du plan d’action du sommet de la Valette (UE-Afrique) sur les migrations. En contrepartie, le Niger a accepté d’entraver la libre circulation de citoyens ouest africains, et ce contre les dispositions de l’UEMOA. Pire, il a accepté de réadmettre ceux qui ont fait l’objet d’expulsions du territoire Européen. Le Niger sert de frontières extérieures à l’Union Européenne. C’est à croire que le Niger est devenu le gendarme de l’Europe en matière sécuritaire et de lutte anti-migratoire.

Avec l’installation tout azimut des bases étrangères au Niger, c’est la souveraineté économique et territoriale qui se trouve aliénée tout en offrant un champ de bataille légitime aux terroristes.

ALASSANE SOUFOUYANOU Abdourahimoune, Doctorant nigérien en droit international des droits de l’Homme (DIDH).

Article publié en collaboration avec Libre Afrique.

01/02/2018

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Comment les vendeurs d’armes européens profitent à la fois des guerres au Moyen Orient et de la militarisation des frontières

Les exportations d’armes des entreprises européennes à destination du Moyen Orient ont explosé ces dernières années, alimentant les conflits et la répression qui ravagent cette région du monde. Mais les mêmes industriels bénéficient également de la militarisation croissante des frontières du vieux continent face à l’afflux des réfugiés. « En d’autres termes, les entreprises qui créent la crise sont celles qui en profitent », souligne un nouveau rapport du Transnational Institute.

Près de 8 milliards d’euros, c’est le montant des exportations d’armes de guerre allemandes en 2015. Soit deux fois plus que l’année précédente. Le chiffre annoncé cette semaine par le gouvernement allemand suscite de vives critiques outre-Rhin [1]. Et pour cause, une large partie de ces armes sont vendues dans une zone de grande instabilité et de guerre : le Moyen Orient. L’Allemagne a vendu en 2015 plus d’1,4 milliard d’euros d’armements au Qatar, 408 millions à Israël, 77 millions au Koweït, 23 millions à l’Arabie Saoudite…

L’Allemagne n’est pas une exception. Le commerce international des armes connaît une belle croissance. En particulier, les ventes vers les zones instables du Moyen Orient et d’Afrique du nord. En 2015, l’Arabie Saoudite était le plus grand importateur d’armes au monde. L’Égypte, les Émirats arabes unis, l’Irak, le Qatar, l’Algérie, Israël et la Turquie parmi les 20 premiers, souligne un nouveau rapport de l’ONG Transnational Institute (TNI), intitulé Border Wars, publié le 4 juillet.

« Les exportations d’armes vers le Moyen Orient ont cru de 61 % entre la période 2006-2010 et la période 2011-2015, indique TNI. Les licences d’exportations d’armes des pays européens vers des pays du Moyen Orient et d’Afrique du Nord s’élèvent à plus de 82 milliards d’euros sur la période 2005-2014 », dont 25 milliards pour l’Arabie Saoudite, 16 milliards pour les Émirats arabes unis, près de 3 milliards vers l’Égypte. À qui profitent ces milliards de contrats d’armements ? Aux groupes comme Airbus, les françaises Thales et Safran ou l’italienne Firmecannica.

Parallèlement, les affaires se portent aussi toujours mieux en ce qui concerne les ventes d’équipement militaire de protection des frontières, en particulier européennes, contre les migrations. Et les mêmes entreprises se retrouvent souvent sur les deux fronts. C’est en fait un système militaro-industriel global que l’ONG décortique dans son dernier rapport.

De généreuses subventions pour militariser les frontières

Les grands groupes d’armements profitent de l’instabilité au Moyen Orient et en Afrique à tous les niveaux : augmentation des ventes d’armes, avec l’aval des autorités des États exportateurs, vers ces zones de conflit (guerres en Syrie, avec le rôle trouble du Qatar et de l’Arabie Saoudite dans le financement et le soutien aux belligérants, guerre au Yémen, dans une opération menée par une coalition de pays de la région avec l’Arabie Saoudite à sa tête, régimes répressifs…) ; militarisation du contrôle des frontières en particulier européennes alors que l’UE fait face à un afflux historique de réfugiés fuyant les conflits ; et subventions européennes à l’industrie de l’armement pour des projets de militarisation des frontières. La boucle est bouclée. « En d’autres termes, les entreprises qui créent la crise sont celles qui en profitent », dénonce TNI.

Pour mettre en œuvre ses programme de surveillance et de contrôle militaire de ses frontières, l’UE accorde en effet de généreuses subventions aux grands groupes d’armement européens, et aussi israéliens. « Depuis 2002, l’UE a subventionné 56 projets dans le domaine du contrôle des frontières », rappelle TNI. Des distributions de fonds facilités par le lobbying exercé par les entreprises d’armement à Bruxelles. Elles ont placé leurs pions à la tête de nombreux groupes de travail des institutions européennes sur le sujet et emploient leur lobbyistes maison dans la capitale de l’UE.

Si les grandes entreprises d’armement et de technologies de surveillance n’ont pas créé les guerre civiles ni les régimes répressifs, elles profitent pleinement de leur intensification au Sud et à l’Est de la Méditerranée. Pour les réfugiés qui fuient des pays en guerre et la répression de régimes autoritaires, ce système de business militaire global a des conséquences directes sur leurs vies. Plus de 3700 personnes sont mortes ou ont disparu en Méditerranée, en 2015, en essayant de contourner les « murs » édifiés par l’Europe, déjà plus de 2440 pour les cinq premiers mois de 2016.

Rachel Knaebel

Pays concernés

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Agriculture urbaine: à Berlin, on cultive le goût des plantes

media Au Prinzessinnengarten, la bourse d'échange des plantes bat son plein. Dans le monde, Berlin est la ville où l'on trouve le plus de jardins urbains. Photo: RFI/Marc Verney

L’idée est dans l’air de nos villes de ce XXIe siècle… ou plutôt dans les sols et terrains reconquis par la végétation, voire oubliés des promoteurs ! Tomates, courgettes et petits pois peuvent-ils pousser au beau milieu de nos cités toujours plus encombrées – désormais peuplées par les trois quarts des humains de la planète - et ainsi contribuer à améliorer la vie de tous au cœur des tours en béton et du flot métallique des voitures ? L'idée perce à Paris, qui a inauguré fin mars 2017, le premier de ses 33 sites « Parisculteurs ». A Berlin, le travail de la terre est depuis longtemps une vraie culture. Alors, mode ou nouvelle réalité ? Gros plan sur une ville et une région à la démarche résolument « éco-logique ».

De notre envoyé spécial à Berlin,

Fallait demander,

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