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04/01/2012

Voici un exemple éclairant, au regard de l’affaire Renault, de la reconversion à l’intelligence économique d’un ancien agent secret de la DGSE au profit d’une entreprise.

Lorsqu’« un agent sort de l’ombre » : du renseignement à l’intelligence économique

Voici un exemple éclairant, au regard de l’affaire Renault, de la reconversion à l’intelligence économique d’un ancien agent secret de la DGSE au profit d’une entreprise. Ce texte faisait partie d’un article rédigé pour une revue des directeurs sécurité d’entreprise, dans le cadre d’un numéro spécial éthique paru en juillet 2010. Jugé politiquement incorrect, il avait été coupé par le comité éditorial…

Recruté par une grande chaîne de télévision à péage, Pierre Martinet quitte le service action de la DGSE pour rejoindre la cellule chargée de la lutte contre la piraterie. Dès les entretiens préalables à son embauche, il comprend  « immédiatement qu’on risquait de me demander des actions parfois en marge de la loi. Un petit clignotant s’est alors allumé. J’ai décidé d’y aller quand même pour voir jusqu’où, dans le privé, certains pouvaient aller. » (1)

Chargé d’un travail semblable à celui d’un détective privé (repérage et surveillance de pirates), il précise : « Je m’étais mis à sillonner les routes de France comme un voyageur de commerce, multipliant les reconnaissances ». Sur la méthode de travail, on peut lire que « Chaque nouveau dossier me renvoyait invariablement à mon passé encore tout chaud. On m’assignait une mission, je l’effectuais, on me donnait un nom et une adresse, je surveillais. Posé dans la voiture, je devais rester assis, planquant parfois pendant des heures. Ca ne changeait pas trop des RFA[1]  du Service, sauf qu’il n’y avait personne à traiter à fond. » Ainsi lorsque ses anciens collègues du service lui demandent « comment c’est dans le privé ? » il écrit « j’aurais voulu leur dire que c’était totalement différent sauf que ce n’était pas vrai ».

Dès lors qu’il se réfère à son ancienne activité, s’installe un sentiment de malaise : « Les ordinateurs avaient livré beaucoup d’informations, beaucoup trop. En rentrant sans vergogne dans l’intimité d’un paquet de gens, les perquisitions avaient révélé beaucoup de connexions avec d’autres filières de piratage Décidément, ça ne me changeait pas trop du Service, sauf que soudain je me suis senti un peu sale (…) J’ai eu comme l’impression de m’être perdu dans un mauvais film. Je pensais au Services, à mes missions, j’étais très loin de Cercottes et je commençais déjà à les regretter ». Pierre Martinet pressent très bien qu’il a franchi des limites éthiques, parce que la mission assignée à titre privé ne peut trouver en lui la légitimité d’une mission de défense nationale. Au fil du temps, sa mission dérive jusqu’au jour où on lui demande de placer un micro dans la chambre d’hôtel d’un cadre d’une société concurrente, et de « vider son ordinateur portable », il précise : « C’est ce soir-là que j’ai ouvert les yeux. J’ai enfin vu ce que je ne voulais pas voir. Ca dérapait et mon chef était en train de mordre la ligne blanche (…) j’ai découvert à quel point ils se croyaient dans un film (…) Il ne semblait pas penser un instant aux conséquences judiciaires ».

Enfin lorsqu’on lui demande de surveiller un employé de la chaîne, il précise : « J’étais un peu déprimé. A force de fouiller dans les poubelles, je commençais à me sentir poubelle moi-même. Pas une corbeille à papier de bureau, une vraie poubelle. » Il se demande alors comment il va s’en sortir, mais sans penser à démissionner. Ici on peut se poser la question de son engagement, à savoir : jusqu’où lui-même serait-il prêt à aller ? Et de fait, malgré son malaise il accepte la mission, réduisant sa dissonance cognitive par un argument a priori fallacieux : « A malin, malin et demi, j’allais désormais agir comme un agent double, en conservant tout ce qui pourrait me servir à montrer jusqu’où ils pouvaient aller

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Cependant, la dissonance n’est pas résolue et Martinet de préciser : « J’avais traqué les barbus[2], maintenant, je devais filer un Guignol de la télé. C ‘était proprement ridicule. Je savais d’emblée que je ne ferais strictement rien contre lui. On n’a pas servi la République pour en arriver là. » Et plus loin : « Faire « l’école du crime » pour la République, ça allait, mais pour deux responsables de la sécurité d’une chaîne de télé surexposée, ça tournait à la série Z ».

Se pose alors un dilemme non plus d’ordre éthique mais méthodologique, lorsqu’il est amené par son supérieur, incompétent en matière de renseignement, à travailler en contradiction avec les règles et le savoir-faire d’un agent secret. Il écrit presque naïvement : « Le Service me manquait parfois. Il avait bien des défauts mais ils n’auraient jamais lancé une affaire aussi tordue sous véritable identité en payant avec la carte « gold » de la boite. On était loin des identités fausses et des cartes de crédit « made in DGSE ». Je me souviens que, devant mon verre de rosé, j’avais la nostalgie ce jour-là. La déprime totale devant la dérive que je vivais ».

Martinet finit par évoquer « le piège dans lequel je m’enfonçais tous les jours un peu plus. Je me rappelais de ma vie parallèle d’avant. Ce que l’on faisait avait un sens, les enjeux nous dépassaient tous, nous étions des soldats. J’avais été fier des missions. J’avais même trouvé que l’on n’en faisait pas assez. » A la transcendance de la fonction secrète, il oppose  « des histoires crapauteuses et de gros sous, des histoires de flics véreux… » mais une fois encore, il accepte une nouvelle mission, en précisant : « Comme je travaillais depuis vingt ans sans poser de questions, j’ai refermé le dossier et je suis parti en chasse. Les questions, c’est à moi que je les posais, en silence. » Sa femme, qui travaille à la DGSE, lui dit alors : « Tu n’as quand même pas quitté le Service Action pour faire la même chose en moins bien, pour des nuls dangereux et incompétents, et en toute illégalité ? »

Pierre Martinet finit par négocier son départ et quitte l’entreprise, après une longue descente aux enfers et d’innombrables cas de conscience.

Cet exemple montre à quel point la tentation peut être grande pour le secteur privé d’embaucher d’anciens agents secrets pour des activités qui font dire à Alain Juillet, haut responsable chargé de l’intelligence économique de 2004 à 2009, lui-même ancien directeur du renseignement de la DGSE, qu’il faut « débarbouzer » l’intelligence économique.

(1) Citations tirées de l'ouvrage de Pierre Martinet, DGSE Service Action, Un agent sort de l’ombre, Editions Privé, 2005

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