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13/09/2015

QU’ADVIENT-IL DE LA PRIME DE SORTIE LORS D’UN EXIT ? »» Qu'est-ce qui va constituer cette prime de sortie?

Ce que doit à ses consœurs une banque centrale qui quitte l'euro : La prime de sortie - AgoraVox le média citoyen
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Concepts:

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J'ai eu récemment l'occasion de présenter une conférence dans quelques villes du Midi de la France.

J'y donnais en particulier le calcul de la «prime de sortie» dont la banque centrale d'un pays quittant l'euro se trouve redevable envers ses ex-consoeurs.

Le hasard a voulu que quelques jours plus tard le président de la Bundesbank s'exprimât sur le même sujet, dans le cas spécifique de la Grèce, et redonnât ce même calcul.

Mis à part le fait que ses données étaient plus à jour que les miennes, la concordance était complète.

En somme, ce que je disais a été confirmé par une autorité tout à fait indépendante de l'UPR, et peu suspecte de mal comprendre le sujet.

Il n'est pas inutile de le souligner car, depuis le début de la crise de l'euro et particulièrement dans les jours qui ont précédé l'accord grec, plusieurs idées fausses sur cette question ont circulé dans la presse et sur le Net.

La conséquence est qu'un débat, déjà compliqué par nature, s'en trouve encore obscurci.

Le présent dossier a pour but, d'une part, de présenter de manière accessible aux non-spécialistes le calcul correct, et d'autre part, d'expliquer quelles erreurs circulent à ce sujet et pourquoi ce sont des erreurs.

Il sera donc plus technique qu'il n'est d'usage, et j'en demande pardon d'avance au lecteur ; il sera également un peu plus long.

Cependant, je sens la nécessité d'une exposition claire et précise de ce qu'est cette «prime de sortie».

Depuis un an, j'ai eu à ce sujet beaucoup de questions émanant d'adhérents de l'UPR ou d'internautes, et plusieurs d'ailleurs m'avaient suggéré de faire un article expliquant ces choses.

C'est ce dont je vais tenter de m'acquitter aujourd'hui.

Tout d'abord, qu'entendre par «prime de sortie»?

Il s'agit de la dette (en général) ou de la créance (plus rarement), de la banque centrale du pays sortant envers les banques centrales des pays restants dans l'eurozone.

Il ne s'agit donc pas des dettes du gouvernement sortant, qui sont autre chose -- et, comme on le sait, atteignent dans le cas de la Grèce des montants très élevés.

Nous nous intéressons ici uniquement au cas des dettes de banque centrale à banque centrale, lesquelles peuvent aussi atteindre des montants très élevés, et notamment dans le cas, encore, de la Grèce.

Qu'est-ce qui va constituer cette prime de sortie?

Le principe est simple : il s'agit (pour l'essentiel) des euros qui auront été mis en circulation par la banque centrale du sortant pendant son temps de présence dans l'euro ET qui échappent à la redénomination en nouvelle monnaie nationale.

Il y a deux possibilités d'y échapper : les retraits de liquides, puisque les billets retirés peuvent être thésaurisés ou envoyés à l'étranger, et les virements bancaires faits en direction de l'étranger, via le système TARGET 2.

Donc, en somme, les billets et les Targets.

Bien qu'existent aussi d'autres composantes plus techniques de la prime de sortie, qui sont liées par exemple au FMI ou à la participation au capital de la BCE, elles sont négligeables devant ces deux gros postes que sont les billets et les Targets, et n'ont pas d'impact sur l'ordre de grandeur de la prime de sortie.

Par conséquent, nous les négligerons et poserons comme principe, dans la suite de cet article, que la prime se décompose en billets et Targets.

Considérons d'abord le cas des billets, qui est le plus difficile.

Une banque centrale met en circulation des billets «à ses guichets», ce qui peut vouloir dire aussi qu'elle livre aux banques commerciales de quoi remplir leurs distributeurs de billets.

Mais elle en retire aussi de la circulation.

Ce qui compte est le solde net.

Hormis le cas d'union monétaire, ce solde net est bien sûr toujours positif ; dans le cas de l'union monétaire, il peut se produire -- pour de brèves périodes et pour de petits pays voisins d'un plus grand -- qu'il soit négatif.

Ce n'est bien entendu pas le cas de la Grèce, sujette à une fuite des capitaux, et qui a mis en circulation, en net, une cinquantaine de milliards d'euros en billets -- au moment où j'écris.

d'une part pour des raisons pratiques, car comment pourrait-on traquer tous les billets identifiés comme émis par le pays sortant chez tous les commerçants et ménages du monde?

et d'autre part car ce serait contraire aux textes en vigueur [1].

Par conséquent, les billets euro échappent à la redénomination en monnaie nationale.

Pourquoi introduire l'expression spéciale de «billets physiques»?

Or, dans la zone euro, les bénéfices du seigneuriage sont mutualisés, c'est-à-dire qu'une banque centrale ne percevra pas le seigneuriage sur les billets qu'elle a mis elle-même en circulation, mais sur une proportion fixe du total.

Ce sont là des accords qui ne sont pas nécessairement injustifiés, mais qui ont eu cette conséquence malheureuse que le terme «billets» employé par la BCE ne désigne pas ce à quoi on s'attendrait normalement, et qui est ce qu'une banque centrale donnée met en circulation, les «billets physiques».

Il convient maintenant d'examiner ce que sont juridiquement tous ces L010, L104 et A095, avant un «exit» et après un «exit».

Les L104 sont des dettes à vue (i.e. sans maturité, immédiatement exigibles) des banques centrales nationales envers le reste de l'Eurosystème, tandis que les A095 sont des avoirs à vue.

Là encore, les dettes ou créances entre banques centrales résultant des virements bancaires transfrontaliers sont rangés dans des termes en A et en L, un créditeur ayant un A positif et un L nul, un débiteur ayant un A nul et un L positif.

Ce tableau, que je reproduis ici, apparaît sur la vidéo de la conférence présentée à Castres, vers la fin (à 1 :52 :00).

Examinons le texte de l'article donné en lien.

So habe Griechenland Verbindlichkeiten im internen Verrechnungssystem der Euro-Notenbanken Target von rund 110 Mrd.

Einen Teil der Summe müsste die EZB wohl abschreiben.

Ähnlich wäre dies bei den von der Bank of Greece ausgegeben Euro-Banknoten in Höhe von etwa 50 Mrd.

Les dettes Target de la Grèce s'élèvent à juste 110 milliards d'euros.

La BCE [comprendre : l'Eurosystème] devra sans doute renoncer à une partie de ce montant.

Similairement, le montant des billets mis en circulation par la Banque de Grèce est à hauteur d'environ 50 milliards.

Ce texte fait état de ce que le Handelsblatt a appris, via des «cercles gouvernementaux», de la présentation faite par Weidmann à son gouvernement, et non de quelque chose que Weidmann aurait directement dit au journal, ni de quelque chose qui serait l'opinion du journal luimême.

Comme le message est assez simple, nous pouvons raisonnablement supposer qu'il n'a pas été déformé entre les propos tenus à Berlin et les quelques paragraphes publiés par le Handelsblatt.

Ce que je veux examiner ici, c'est comment Weidmann calcule la prime de sortie.

Si mon lecteur m'a suivi jusqu'ici, il sait qu'il faut se méfier du mot «billets» dans ce genre de contexte.

Les 50 milliards dont parle le président de la Bundesbank sont-ils bien vraiment les «billets physiques»?

Pour s'en assurer, nous allons examiner le bilan comptable de la Banque de Grèce tel qu'elle l'a publié en Juillet.

Ce bilan, publié en anglais, ne suit pas le code comptable de la BCE que j'ai décrit plus haut.

Fort heureusement, les intitulés des postes sont un peu plus explicites et nous pouvons donc aisément opérer l'identification.

Notons qu'il est, lui, peu différent de sa contrepartie dans le tableau, 24 milliards, ce qui est normal puisque L010 est une proportion fixe du total des billets euro du monde entier.

Il n'a donc pas pu être affecté par la fuite des capitaux grecs.

Les 50 milliards de Weidmann se réfèrent donc bien aux billets physiques, et par conséquent Weidmann présente bien la prime de sortie comme la somme des Targets et des billets physiques, ainsi que je l'ai moi-même fait ci-dessus.

Pourquoi insisté-je autant sur cette concordance?

C'est que la crédibilité d'une source qui n'est ni suspecte de collusion avec l'UPR, ni suspecte de mal connaître le dossier, m'est bien utile.

Je vais en effet m'attaquer à des idées fausses sur le calcul de la prime de sortie, qui ont circulé dans la presse et sur l'internet.

Avant de clore ce chapitre grec, faisons une petite observation.

La prime de sortie de la Grèce est passée de 84 milliards en novembre 2013 à 160 milliards au moment où j'écris.

On voit que la fuite des capitaux hors de Grèce est tout sauf une légende.

On comprend aussi un peu mieux pourquoi les gouvernants grecs ont pu hésiter devant la perspective d'un Grexit sauvage, perspective qu'ils avaient par ailleurs toujours publiquement exclue.

Il y a principalement trois sortes d'erreurs qui circulent quant à la détermination de la prime de sortie.

La première erreur consiste tout simplement à confondre les billets physiques et les billets seigneuriage, c'est-à-dire à prendre en compte le terme L010, mais pas le terme correctif L104 - A095.

Cette erreur est directement imputable à l'ambiguïté inhérente au vocabulaire choisi par la BCE.

Elle néglige le fait que les banques centrales ne mettent pas en circulation une proportion constante du total des billets euro, certaines font plus et d'autres moins.

La deuxième erreur est complémentaire de la première, et elle consiste à prendre en compte le terme correctif L104 - A095, mais pas le terme L010.

Elle consiste en somme à négliger le fait que la banque centrale sortante abandonne sa quote-part de la dette solidaire que représente les billets, ou à ne pas voir que cet abandon exige compensation, pour qu'il n'y ait pas enrichissement sans cause pour la sortante et appauvrissement concomitant pour les restantes.

En toute rigueur, les ELA ne sont point des prêts accordés par la BCE, mais des prêts accordés par la banque centrale nationale avec l'autorisation de la BCE.

De quoi il résulte qu'il est très difficile au lecteur non averti de se faire une idée précise de ce que peut valoir la prime de sortie d'un pays, quand bien même la notion elle-même ne lui poserait pas de problème.

Qui désire y voir clair, mais ne souhaite pas forcément apprendre par coeur tous les détails que j'ai donnés, devrait s'en tenir à se souvenir du principe déjà indiqué, selon lequel un euro ne devient une dette de la sortante envers les restantes que si il échappe à la redénomination dans la nouvelle monnaie nationale de la sortante.

La banque centrale sortante est donc conduite à faire défaut sur ce paiement, et les banques centrales restantes à supporter la perte correspondante, sauf si un accord passé préalablement à l'exit prévoit un étalement de ce repaiement, qui n'est alors plus dû «a vue».

Le gouvernement est lui-même endetté à hauteur de quelque 300 milliards envers les gouvernements des pays restants et du FMI.

Fussent-ils restés en droit domestique, la lex monetae [4] avait pour effet d'entraîner leur conversion en monnaie nationale grecque au moment du Grexit.

Comment est-il possible qu'au jour de sa sortie, la Banque de Grèce doive repayer instantanément 160 milliards à ses ex- consoeurs de l'Eurosystème?

Or leurs méfaits continuent : la prochaine étape qu'ils prévoient est l'union des politiques budgétaires, digne suite de l'union des politiques monétaires.

Les mêmes qui sont responsables du désastre en cours qu'ils n'avaient pas vu venir vont maintenant nous assurer que cette fuite en avant est à la fois souhaitable et inévitable et qu'elle va heureusement régler les problèmes.

Gageons que cette nouvelle expérience aura malheureusement des conséquences encore plus funestes que le système actuel.

Il faut donc stopper la machine folle.

La stopper maintenant, car sinon c'est l'ensemble des pays de la zone euro qui va s'enfoncer dans une catastrophe financière d'une ampleur jamais vue dans l'histoire.

Il faut que les peuples choisissent rapidement de nouvelles équipes dirigeantes sur le programme prioritaire d'en finir avec l'euro.

Lentement, péniblement, mais avec détermination, ces nouveaux dirigeants devront se mettre à réparer les dégâts provoqués par des irresponsables et à regagner le terrain perdu.

Le seigneuriage est l'avantage financier direct qui découle, pour l'émetteur, de l'émission d'une monnaie.

Pourquoi accepter le nouveau défaut Grec à venir Crise grecque, les suites du référendum.

Que peut-il se passer maintenant Le retour de la crise de l'euro Une «Main de Dieu» gouverne le monde et ce, jusqu'au dernier dollar, dernier euro...

Le sens de la crise actuelle?

Les États-Unis et l'Europe cherchent-ils à imposer une austérité au monde?

Un processus de guerre monétaire en marche entre les puissances?

@HerveLE Prêt pour un système post-monétaire?

@Marc Chinal C'est surtout l'effondrement et la ruine programmée des contribuables, qui de toutes façons, épongeront les élucubrations monétaires des apprentis sorciers incompétents qui ont créé la zone euro.

Ce qu'explique Vincent Brousseau, c'est que plus tard nous en sortirons, plus nous serons impactés.

@Fifi Brind_acier Mais avec ou sans euro, c'est kifkif bourricot!

Que l'on utilise du franc, du yen du dollar de l'euro, l'équation est pourrie dès le départ : pour avoir du fric il faut le prendre à un autre, il est donc impossible de vivre dans un monde serein.

excellent et suffisamment pédagogique pour que je comprenne!

Un article du journal «Le Point» décrit un scénario apocalyptique et surréaliste en cas d'une sortie de l'Euro de la France.

Voici une courte citation de cet article : Une chute de l'ordre de 20% du PIB, 1 million d'emplois supprimés...

Au total, la sortie de l'euro se traduirait, à terme, par une chute de l'ordre de 20 % du PIB.

Elle entraînerait la suppression de plus de 1 million d'emplois dans le secteur marchand.

Loin de rétablir la souveraineté du pays, elle le placerait à la merci des marchés financiers du fait de l'envol de la dette et de la désintégration du système bancaire.

L'éclatement inévitable du grand marché se traduirait par un recul d'environ 5 % du PIB de la zone euro, soit une baisse des revenus de 4 000 à 5 000 euros par habitant.

La double désintégration de l'euro et du grand marché ferait enfin rechuter l'économie mondiale dans la récession.

Le pro européens nous ont promus qu'il ait une croissance de l'emploi et du PIB avec l'Euro et c'est exactement le contraire qui c'est produit!

L'Euro, associé au TUE et le TFUE, ont détruites environ un millions d'emplois en France voire des dizaines de millions d'emplois en Europe!

En France, le chômage ne fait que grimper continuellement depuis 8 ans!

L'Euro est un outil qui à permis à l'oligarchie à s'enrichir comme jamais au part avant!

Le nombre des milliardaires à double durant ses dix dernières années et parallèlement le chômage à explose dans des nombreux pays européens.

Cet article du journal «Le Point» ne sert qu'à une chose à se torcher le c..

Entre 1982 et 2012, le montant en valeur de notre contribution est ainsi passé de 4,1 à 19,6 milliards d'euros.

Peut importe que la banque A en imprime plus que la banque B. Puisque c'est la meme monnaie!

C'est de l'argent gagné non?

Et les grecs ont le droit de le déposer ou ils veulent.

Le passage au drachme ne signifie pas du tout que tous les euros imprimés jusqu'alors par la Banque de Grèce, seraient au niveau du drachme!

J'ai démissionné de cette institution pour être tête de liste UPR (circonscription Massif Central-Centre) aux élections européennes de mai 2014.

@Hervé Hum, ne vous fatiguez pas ils sont sur leurs quand à soi d'avoir bien raison, et (...)

@Fifi Brind_acier Mais avec ou sans euro, c'est kifkif bourricot!

Merci pour cette explication, mais qui ne sert pas à comprendre les mécanismes du système (...)

@ Vincent Brousseau, merci pour votre article doit vous l'avouer je ne sais pas tout les (...)

@izarn "Le passage au drachme ne signifie pas du tout que tous les euros imprimés (...)

@Marc Chinal C'est surtout l'effondrement et la ruine programmée des contribuables, (...)

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Résumé par Copernic Summarizer

 Blé 14 septembre 12:01

Les biens pensants français (les élites françaises) nous ont toujours présenté les U S A comme un pays démocratique en oubliant de préciser que ce pays est gouverné d’abord et avant tout par les banques. Je doute fort qu’un banquier fasse du social. Le bien être des populations n’est pas sa tasse de thé. Pour lui le but d’une vie est d’amasser de l’argent et de garder le pouvoir pour lui faciliter la vie. Combien de nos élites françaises sont passé par les universités et écoles américaines afin qu’ils fassent le bon choix quand ils seraient au pouvoir ?

En France, après 45, le programme du C N R a été appliqué ce qui a permis aux français de croire durant deux ou trois décennies que nous étions dans un pays démocratique puisque nous copions « religieusement » tout ce qui était made in U S A , même en exigeant que la langue anglaise se substitue à la langue française.

Bref, pas d’avenir sans le modèle étasunien que l’Allemagne a adopté sans broncher et dont nous voyons aujourd’hui les effets. Ce modèle est tellement formidable pour enrichir les riches qu’il n’est pas question de changer de modèle, Merkel et Schaüble y tienne.

Aujourd’hui, les français ont compris que quelque soit l’ élu président, ce dernier n’a aucun pouvoir (tout eau moins c’est ce qu’il laisse croire). Il n’y a pas d’autre politique possible que l’austérité et la « Dette » à vie.

 

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