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22/11/2015

La guerre contre EI, cela ne peut continuer ainsi. ous ne pouvons plus continuer à subir l'alternance des partis, les majorités courtes aux idées courtes

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1agld1r.gifAu service des Français inlassablement

Au service des Français inlassablement

 

Je suis empêché de me présenter à l'élection présidentielle, faute des parrainages requis. Mais notre mission continue et notre engagement pour la France reste intact.

Nous avons fait notre devoir qui était d'alerter, d'essayer de franchir le mur d'hostilité des partis, le mur d'indifférence des médias, le mur de colère et de peur que suscite cette crise et qui tétanise cette campagne désespérante, parce qu'elle est toute entière contenue dans son spectacle, et qu'elle n'éclaire pas les citoyens sur les enjeux réels de notre pays. Je mesure la déception que cela représente pour les équipes qui ont donné toute leur énergie et tout leur temps depuis des semaines. Je les remercie à nouveau, chaleureusement. Même quand on n'atteint pas l'objectif, la satisfaction du devoir accompli suffit à nous récompenser tous. Pendant trois mois, l'équipe de campagne et les militants de République Solidaire ont été à pied d'œuvre. Ils y ont mis, je le sais, tout leur courage, au prix de sacrifices personnels importants. Ils peuvent être fiers de ce qu'ils ont fait. Ainsi va la vie politique.

 

Mais je me tourne aujourd'hui résolument vers l'avenir. Mes convictions sortent renforcées par ma rencontre avec les Français. L'urgence de la situation aussi. Je continuerai à les défendre et j'en ferai la clé de mon action et de mes choix à venir.

Les prochaines années seront dominées par le changement historique que signifie la crise économique, sociale, politique traversée par notre pays et par l'Europe. Nous sommes condamnés à y apporter des réponses tôt ou tard. La première chose que nous devons admettre, non pas en petits cercles de responsables informés, mais à haute voix, devant le peuple français qui le sent bien, tient en un constat simple : cela ne peut continuer ainsi.

Nous ne pouvons plus continuer à subir l'alternance des partis, les majorités courtes aux idées courtes. L'union nationale est la seule issue. Elle est difficile aujourd'hui, parce que chacun veut faire entendre sa petite musique et veut pour cela couper le son des autres. Elle sera encore plus difficile demain, à l'heure des élections législatives, parce que les partis se jetteront avec toute la force du désespoir dans l'égoïste bataille pour le maintien de leurs prérogatives. Elle sera inévitable six mois ou un an plus tard, lorsqu'il s'agira de répondre au défi financier immense, lorsque la dette se rappellera à nous, une fois de plus. La dette frappait à la porte, puis la dette a cogné à la porte, et aujourd'hui elle enfonce la porte. N'oublions pas non plus l'urgence sociale, qui ne va pas se dissiper par miracle au lendemain des élections, à l'heure où les fins de mois sont difficiles pour quinze millions de Français, où huit millions vivent dans la pauvreté, où les ouvriers et les employés voient avec angoisse l'érosion de l'emploi et la fermeture des usines.

Nous n'en pouvons plus du tâtonnement politique auquel nous condamne l'impuissance d'un Etat affaibli et la faiblesse d'une classe politique sans vision. Nous avons rendu tout si compliqué – l'impôt, les aides sociales, l'école, la police, l'armée même – que toute décision de bon sens s'enlise devant nos yeux complices dans le sable des jargons, des comités Théodule, des sigles, des aménagements. Heureux qui sait combien il paye d'impôt. Heureux le chef d'entreprise qui sait quelles nouvelles règles vont s'appliquer à son activité dans l'année. Heureux même le parlementaire qui a réussi à tenir le compte des nouvelles lois de l'année. Trop de lois tuent la loi. Trop de règlements tuent l'autorité de l'Etat. Trop de réformes tuent l'esprit de réforme. La grandeur du programme du Conseil National de la Résistance en 1944, la grandeur de la Constitution de la Ve République en 1958, c'est leur simplicité.

Le repli français ne peut continuer ainsi. Nous ne pouvons passer notre temps à nous retrancher dans nos frontières, et faire, à droite comme à gauche, comme si l'on pouvait s'abstraire du monde. Aujourd'hui au contraire se sont levés les vents d'une nouvelle mondialisation, qui n'est pas si défavorable aux savoir-faire français qu'on veut bien le dire. Mais encore faut-il vouloir ouvrir les voiles, courir la chance du voyage, plutôt que de se satisfaire d'un capitaine qui nous propose de laisser le navire en cale sèche. L'Europe n'est pas l'ennemi. L'Europe est au contraire la chance de poursuivre notre chemin avec nos voisins et amis. Réconcilier la France du oui et du non ? Ne nous trompons pas de question. Il s'agit aujourd'hui de réconcilier les peuples européens entre eux et avec le projet européen dans son ensemble. Seule une Europe puissante sera une Europe légitime.

En août, en septembre, les promesses de la campagne électorale seront depuis longtemps cendres et poussière. Ce message-là, je vous le garantis, restera intact. Préparons-nous à faire notre devoir, encore et toujours. A la colère et à la peur, sachons opposer, une fois de plus, inlassablement, la raison et l'espoir.

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