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25/01/2016

Les trains suisses passent au vert, les CFF, entreprise fédérale et principale entreprise ferroviaire suisse, prévoient de diminuer de 20% (600 GWh) leur consommation d’électricité d’ici 2025 sur la base de celle de 2010

20% d’économie d’énergie d’ici 2025

Dans le cadre de l’exemplarité énergétique de la Confédération, les CFF, entreprise fédérale et principale entreprise ferroviaire suisse, prévoient de diminuer de 20% (600 GWh) leur consommation d’électricité d’ici 2025 sur la base de celle de 2010, soit l’équivalent de celle de 150 000 foyers. Et ce malgré une augmentation prévue de la consommation d’énergie, liée à l’augmentation de l’offre et de la population suisse : d’ici à 2030, + 40% d’intensité maximale de pointe (puissance) et une augmentation prévue de la consommation d’électricité de quelques 25%. Pour gérer ces questions, le groupe a créé l’unité d’affaires Gestion de l’énergie. Les moyens choisis pour cette économie d’énergie sont nombreux et leur mise en œuvre est commencée.Des améliorations sont ainsi apportées pour la modernisation des trains : un système de chauffage avec un mode veille permet notamment de diminuer le chauffage des trains à 10-12°C lorsqu’ils sont remisés. Les nouvelles climatisations des RER utilisent aussi un système de pompe à chaleur, plus économique qu’un chauffage traditionnel. Les éclairages à l’intérieur des trains seront progressivement remplacés par des éclairages LED, à la fois plus confortables pour les voyageurs et plus économiques dans leur consommation et leur durée de vie. La mécanique a elle aussi été repensée : un nouveau type de palier de guide d’essieu qui diminue l’usure de la voie et des rails a été choisi . D’autres projets d’améliorations sont prévus pour la modernisation énergétique des voitures et des locomotives, comme la commande d’air extérieur par capteurs CO2 sur certaines voitures.Cette diminution de la consommation d’énergie passe aussi par une meilleure gestion du trafic. Les CFF ont ainsi développé une application pour la régulation adaptative du trafic. Depuis le 1er janvier 2015, cette application sur tablette permet de transmettre des informations aux conducteurs de locomotives pour réguler leur vitesse afin de leur éviter les arrêts aux feux rouges. La diminution des séquences de freinage et d’accélération permet ainsi une diminution de la consommation d’énergie de traction.Les CFF sont d’ailleurs très ouverts à toutes ces nouvelles technologies. L’entreprise a par exemple mis en place en système d’alerte des conducteurs, toujours sur leur tablette, en cas de non-respect des feux à proximité des gares.Ces économies passent aussi par une réorganisation du trafic, qui vise un équilibre dans les flux de passagers sur la journée. L’objectif est de diminuer les pics de fréquentation dus au flux pendulaires. Pour cela, les CFF encouragent la flexibilité dans les horaires de travail, ce qui permettrait d’optimiser le trafic aux heures de pointes. Dans cette optique, les CFF soutiennent des études sur la faisabilité et les conséquences pour les entreprises d’horaires de travail plus souples et propose même des bureaux et salles de réunion en gare pour ses voyageurs professionnels. Ce principe est d’ailleurs désormais proposé aux salariés de l’entreprise.Les mesures prises entre 2010 et 2014 ont déjà conduit à une économie de 119,4 GWh par an. L’économie totale réalisée correspond à la consommation moyenne de courant de près de 30 000 foyers.100% d’énergie renouvelable pour faire rouler les trainsVers le milieu du siècle, le réseau des CFF était électrifié à 99,5% et l’électrification a été achevée en 1960. Aujourd’hui, l’ensemble des trains utilise un courant de traction 16,7 hertz, différent du courant domestique 50 hertz utilisé aussi par les CFF dans les bureaux et les gares. Pour ce courant de traction, l’entreprise vise une électricité 100% d’origine renouvelable d’ici 2025, et dès 2019 pour le courant 50 Hz alimentant les gares, bureaux et installations.Le courant de traction correspond actuellement à 1836 GWh. 90% de cette électricité est d’origine hydraulique, produite en grande partie par des centrales appartenant aux CFF .Le renoncement à l’énergie nucléaire est préparé par la diminution de la consommation d’énergie et le développent des énergies renouvelables, mais pas à court terme. Pour compléter leurs sources d’énergie renouvelables, les CFF se tournent désormais vers les énergies solaires et éoliennes. Un critère important dans le développement de ces énergies pour le courant de traction est une disponibilité en continu, afin d’éviter toute suppression de train.Les CFF étudient ainsi actuellement la possibilité de l’intégration de l’éolien dans leur stratégie énergétique. Ils ont investi 1,1 Mio de francs dans un projet d’éolienne verticale à Niederurnen, un nouveau type d’éolienne développé par Agile Wind Power AG. Cette installation pilote « Vertical Sky » permettra aux CFF d’étudier le potentiel et la rentabilité de cette technologie pour le courant de traction 16,7 Hz.Par ailleurs, les CFF misent aussi sur l’énergie photovoltaïque pour les besoins en courant 50 Hz, pour l’approvisionnement des gares, ateliers et bureaux. Les installations de production sont situées sur les toits des gares et ou d’infrastructures appartenant à des tiers, l’énergie est ainsi produite là où elle est nécessaire. . Les CFF sont propriétaires de 4 centres de production à Herdern, Altstetten, Berne Aebimatt et Giubiasco.Et le CO2 ?Grâce à ce choix des énergies renouvelables, les CFF limitent aussi leurs émissions de CO2. Ils sont aussi engagés, comme la SNCF, dans le « Low-Carbon Sustainable Rail Transport Challenge » dans le cadre du NAZCA, qui vise notamment une réduction des émissions de CO2 par rapport à 1990 de 50% en 2030 et 75% en 2050. En 2014, ils ont dégagé 37 % de CO2 de moins qu’en 1990, soit un rejet de 116 000 tonnes de CO2 par an, principalement générées par le chauffage des bâtiments et par la consommation de diesel dans le cadre des activités de manœuvre et de transport, ainsi que pour l’exploitation et l’entretien de l’infrastructure.
Ainsi, les CFF sont actuellement dans un processus de modification et d’optimisation de leur stratégie énergétique. Tout en mettant en place ces stratégies énergétiques nécessitant un investissement important, les CFF gardent pourtant un objectif, annoncé par leur directeur : « stabiliser ou faire baisser les prix ».Sources :Stratégie énergétique des CFF (Juin 2012)23 améliorations apportées aux véhicules : Les trains des CFF économisent une quantité d’énergie correspondant à la consommation de 15 000 ménages. Communiqué de presse des CFF, 22 septembre 2015Stromsparen nach Fahrplan, TagesAnzeiger du 22/09/2015
Plan d’action CFF pour l’exemplarité énergétique. (extrait du rapport annuel 2014)energeia N° 3 / 2015. Pour un approvisionnement énergétique sûr. Office Fédéral de l’EnergieRapport de développement durable 2014, CFFRédacteur :
Emilie Fallet – Chargée de mission scientifique et universitaire en Suisse - emilie.fallet[a]diplomatie.gouv.frInformations complémentairesPublications
Document de stratégie : "Une diplomatie scientifique pour la France"

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