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29/05/2017

Les loges franc-maçonnes se réunissent régulièrement, notamment à Paris, dans des réunions non-mixtes, à 95 % masculines, et à 80% blanches. Mais la censure... Demande d'interdiction d'un festival... Quand même...


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Un groupe militant très actif, le collectif Mwasi, organise un festival « afroféministe européen », du 28 au 30 juillet, en louant un lieu parisien, géré par une association. Rien sur la voie publique, c'est donc, en droit, une réunion pour partie publique, pour partie privée.

On parait découvrir le débat sur l’afroféminisme, alors c’est un truc de juste 50 ans, lancé autour des mouvements noirs US et de la personne d’Angela Davis, qui explique que pour combattre le racisme, il faut renverser tout le système capitaliste. Le programme est joyeux, festif, mais la teneur est très intello, tendance politique, sous-tendance activiste. Très salutaire... L’objectif est de « construire des stratégies et des solidarités durables, grâce à l'organisation de concerts, d'ateliers, de tables rondes sur des thèmes comme « l'Afroféminisme dans la lutte anti-négrophobie, dépolitisation et blanchiment de l'intersectionnalité, comprendre le racisme et le sexisme contre les femmes noires… ». Les participants viennent de loin, et il ne faut pas perdre de temps avec le bavardage. Aussi, selon une tradition dans ce type de mouvements, un bon nombre de débats sont réservés, ici aux femmes blacks, et quelques autres aux blacks. C’est l’idée d’un nécessaire huis clos pour permettre à des paroles minoritaires et bafouées de s’exprimer. Un truc archi-répandu, comme au temps du MLF, ou encore de Nuit Debout. Un débat est connu, très bien connu. Mais s'il s'agit de femmes black, ça coince. Cherchez l'erreur.

Donc, si je vais au festival Nyansapo, c’est que j’en connais la philosophie. Je serais bien accueilli, je pourrais discuter, manger, boire, participer à certains débats et à toutes les discussions informelles qui sont l'atout de ce genre de réunion. Simplement, d’autres débats sont réservés, et je ne pourrais pas dire que je suis surpris car ce festival militant est « afroféminsite ». Les « afroféminsites » se réunissent, où est le problème ? Si je vais à un festival de naturistes, il faudra au bout d’un moment que je foute à poil, ou sinon je resterai en salle d’attente, ce n’est pas plus compliqué que cela.

Après, vient l’emballement de « tout le monde couché devant le FN », air connu. Le secrétaire départemental du FN à Paris, Wallerand de Saint-Just, balance un communiqué pour dénoncer la tenue d’un « festival interdit aux Blancs » ; la LICRA et SOS Racisme disent qu’en effet, quelle horreur, il faut réagir ; et Anne Hidalgo annonce qu’elle veut l’interdiction ce festival « interdit aux Blancs ». Le rempart anti-FN marche à merveille…

Délirant…

Tout d’abord, le collectif Mwasi n’est pas un service public, mais une association qui défend des opinions minoritaires. Mwasi ne gère pas une piscine municipale mais organise un festival militant, avec des réunions de travail dédiées à sa cause. Les organisateurs sont d’ailleurs plutôt cool en ouvrant une réunion politique si orientée à tous les publics. À ma connaissance, il n’est pas possible d’entrer à un congrès du PS ou des Républicains si on n’est pas invité... Discrimination ? Si j’organise un festival de jazz réservé aux blacks, ou que je loue un appartement réservé aux blancs, je fais de la discrimination. Mais quand sur une base militante, je conduis une action déterminée, je suis libre de m’organiser pour conforter mon groupe, ce n’est pas plus compliqué que cela, et c’est parfaitement en règle avec la loi. Faut-il un représentant de la direction dans toute réunion de la CGT ? Faut-il un catho au conseil d'administration de chaque mosquée ?

Ensuite, l’objet de ce festival est à la liberté d’expression, si chère liberté d’expression qui est un pilier de l’État de droit dans une démocratie. Puis un arrêt de la Cour européenne des droits de l’homme de 1976 (Handyside), on sait que cette liberté vaut pour toutes les opinions, et mêmes celles qui choquent, qui heurtent ou qui inquiètent. La grande chance d’une démocratie est que toutes les idées puissent exprimer, ce qui permet de toutes les connaître, et le cas échéant de les combattre. Or, la réaction de Hidalgo, c'est la censure : on ne discute pas, on interdit… La seule réaction valable est de garantir cette liberté d’expression, en renforçant sa sécurité par la police si nécessaire. Et s’il y a des abus, faites un recours pour que ces abus soient jugés, no problem, mais on en parlera au tribunal, preuve à l'appui... La censure, c’est exactement le refus de débattre, car on a peur de l’argument. Le FN, la LICRA, SOS Racisme et la mairie de Paris ont tous  les moyens pour enclencher tous les débats qu’ils veulent, avec accès non-stop aux grands médias… Alors qu’ils se lancent, qu’ils développent leurs idées, qu’ils disent tout le mal qu’ils pensent de ce festival, lequel répondra et d'autant plus facilement que son action se fonde sur les grands et nobles principes des luttes sociales. Mais la censure... Demande d'interdiction d'un festival... Quand même...

Ça serait d'ailleurs intéressant de connaître les savantes explications de la LICRA et de SOS Racisme, qui n’ont jamais rien fait contre la montée en puissance du FN. Le bilan  électoral montre qu’ils ont tout faux, mais ils continuent de professer…

Bien triste, mais on peut essayer d’en rire. Aussi je me permets de signaler au FN, à la LICRA, à SOS Racisme et à la mairie de Paris que les loges franc-maçonnes se réunissent régulièrement, notamment à Paris, dans des réunions non-mixtes, à 95 % masculines, et à 80% blanches. Et les tiers n’ont même pas le droit de participer à leurs délicieux convents... Que fait donc la police ?

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