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12/06/2017

Pour les jugements, il y a des juges et laissez-les donc faire leur travail.Enfin un journaleux recadré !

Objet : Lettre à PUJADAS - De Jean-Pierre COLLARD

Lettre ouverte à monsieur David PUJADAS le 26 mars 2017 de Jean-Pierre COLLARD :

 Un journaliste c’est une personne qui informe le public par les journaux, la télévision ou la radio et qui traite de l'information dans un système médiatique.

Depuis le 3 septembre 2001, vous occupez le poste de présentateur du journal de 20 heures sur France 2, ce qui constitue un record de longévité à ce poste.

Diplômé du Centre de formation des journalistes en 1988, on aurait pu penser que vous ayez compris en quoi consiste votre métier dont la fonction première est d’INFORMER, de façon honnête et non partisane, votre travail étant d’aller chercher des informations, d’en faire le tri, de sélectionner celles qui vous semblent importantes en laissant de coté les anecdotes qui viennent trop souvent polluer la réflexion de ceux qui vous font l’honneur de vous écouter. Voici pour la théorie.

En réalité, comme bien d’autres intervenants sur des chaînes majeures, vous vous êtes approprié votre créneau horaire pour en faire une tribune personnelle avec quelques dérapages mémorables ; rappelons que vous avez reçu le prix de la « laisse d’or » le 30 juin 2010, prix qui ironiquement salue le journaliste «le plus servile», rappelons que lors des attentats du 11 septembre 2001, alors qu’un avion se crashait sur la seconde tour du World Trade Center, vous vous êtes écrié «Wouah, génial ! Alors là, c'est mieux que le Concorde, on est battus !» ; Il paraît que vous vous en êtes excusé mais le personnage était déjà campé.

Vous vous êtes retrouvé propulsé animateur ‘vedette’ des interviews politiques et chacun pourra, après quelques recherches sur le Net, refaire l’historique de vos différentes prestations.

Vous travaillez sur une chaîne publique. Ceci devrait vous imposer un minimum de retenue dans l’organisation et l’animation des débats. Au lieu de quoi, trahissant votre mission et la nature de votre métier, vous n’avez de cesse de vous faire mousser. D’ailleurs, Jean-Luc Mélenchon n’a-t-il pas dit de vous « Il n’y a que le buzz qui l’intéresse ? ». A cet égard, votre dernière prestation dans « l’Emission politique » du 23 mars dernier dont F. Fillon était l’invité fut particulièrement révélatrice de la conception que vous vous faites de votre métier… Quelques exemples :

 En guise d’introduction, faisant mine d’objectivité, vous avez demandé à F. Fillon s’il n’était pas un homme d’argent, allusion très claire à des costumes offerts par un de ses amis. C’est là le type même de question piège par laquelle vous vous posez en procureur ce qui est fort éloigné de votre métier.

Pour celles et ceux qui ne le sauraient pas, la chaîne publique vous rémunère 18.000 € / mois (Closer) ; ne seriez-vous pas, vous aussi, un homme qui aime l’argent ?

Je veux bien qu’il existe en France un rapport quasi névrotique à l’argent mais entretenir le doute par une simple question comme vous le fîtes n’est plus de l’information mais de la désinformation !

 Pour les jugements, il y a des juges et laissez-les donc faire leur travail.

 J’aurais préféré que vous interrogiez F. Fillon en lui demandant pourquoi il prétend faire demain ce qu’il n’a pas fait quand il était Premier Ministre ; j’aurais préféré que vous le poussiez à détailler dans quelles catégories de fonctionnaires il entendait tailler pour réduire la sphère publique de 500.000 emplois en 5 ans ; même si F. Fillon a déjà, partiellement, répondu à ces questions leur approfondissement aurait été plus utile que de passer plus de la moitié de l’émission sur ses fameux costumes.

Évidemment, cela vous aurait obligé à faire votre métier ce que, hélas, vous avez oublié.

 La règle de votre émission est de faire intervenir un opposant politique afin d’animer le débat. Vous avez choisi Aurélie Filippetti, ce qui était votre droit et se concevait quand on veut apporter une contradiction politique ; par contre, en conviant comme ‘invitée surprise’ Christine Angot – faite Officier dans l’Ordre des Arts et lettres par la même Aurélie Filippetti, coïncidence ? – vous n’êtes pas intervenu quand elle s’est écriée qu’elle n’était pas là pour un débat ce qui est pourtant le B.A.BA même de toute émission politique. Où est votre rôle là-dedans ? Votre connivence avec celle qui débitait son monologue crevait les yeux et Jean-Luc Mélenchon a donc bien raison de dire que seul le buzz vous intéresse.

 Par indulgence, je pencherai sur votre rôle devenu celui d’un simple exécutant des ordres de France 2 qui veut faire la course à l’audimat avec TF1.

La chaîne publique a choisi le créneau du buzz avec, par exemple, l’émission de Ruquier « On n’est pas couché » où il y a systématiquement un clash, immédiatement relayé par tous les médias. C’est également sur France 2 qu’un de ses animateurs historiques, un certain Michel Drucker, annonçait le jour même où il recevait Jean-Luc Mélenchon que jamais il n’inviterait Marine Le Pen. Qui est-il pour imposer ses choix au public qui finance ses émissions ?

 A titre personnel, je n’ai aucune sympathie politique pour les idées défendues par Jean-Luc Mélenchon ou par Marine Le Pen, mais je suis extrêmement choqué que ce soient des journalistes qui mettent en avant LEURS propres idées, bafouant ainsi l’essence de la démocratie, à savoir la pluralité des intervenants, piétinant au passage la neutralité qui devrait s’imposer à eux en public.

 Cette lettre ouverte n’appelle pas de réponse de votre part tant je suis écoeuré de vous voir transformer un des plus beaux métiers du monde en une commedia dell arte qui est loin de vous honorer.

 

 

 

[Le message d'origine entier n'est pas inclus.]

 

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