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11/07/2017

FranceWebSharing. Post-kantiens. Fichte.doctrine de la science,1794, 1804, Moi énergie créatrice,agilité intellectuelle,Moi Producteur.

Doctrine de la science Dorotheenstadt de Berlin

La recherche sur la philosophie fondamentale de Fichte a suivi une évolution remarquable. L'influence écrasante de Hegel régna sans partage, et pour longtemps, sur la réception de l'idéalisme allemand en général. Tel est le cas tant chez les adversaires de Hegel, qui mirent Fichte et Schelling dans le même panier, que chez les hégéliens eux-mêmes. Ainsi, les commentateurs les plus neutres ne purent, jusqu'à la première moitié du XXe siècle incluse, se départir des grilles de lecture proposées par Hegel lui-même de ses prédécesseurs et du prétendu accomplissement, par ses soins, de tout l'idéalisme. Dans ce cadre, Fichte n'aurait été que le simple précurseur de Hegel, avec sa pensée, qualifiée ou stigmatisée d'« idéalisme subjectif » pendant très longtemps. En d'autres termes, sa pensée n'aurait été qu'une hyperbolisation du sujet moderne.

Plusieurs travaux importants furent consacrés très tôt à Fichte, que ce soit en allemand ou en français. Xavier Léon, le fondateur de la Revue de métaphysique et de morale, est le premier à faire droit à la spécificité de sa pensée (cf. le monumental Fichte et son temps, paru chez Armand Colin en plusieurs volumes de 1922 à 1927), plus encore que son successeur Martial Guéroult, qui proposa un premier découpage significatif des œuvres et de leurs mouvements, sans sortir vraiment de l'horizon hégélien (cf. L'évolution et la structure de la Doctrine de la science chez Fichte paru pour la première fois en 1930, et réédité chez Olms en 1982). En Allemagne, Reinhard Lauth va proposer de nouvelles lectures de Fichte, parallèlement à l'édition, sous sa responsabilité, des œuvres critiques complètes (édition de l'Académie de Bavière).

Par la suite, en France, Alexis Philonenko va également jouer un rôle considérable. Avec La Liberté humaine dans la philosophie de Fichte (Vrin, 1980), il propose une lecture entièrement kantienne de Fichte, critiquant les récupérations hégéliennes et montrant, à travers une analyse serrée de la Grundlage, la maestria de Fichte : en effet, réécrivant complètement la Critique, ce dernier partirait de la Dialectique transcendantale (c'est-à-dire des illusions de la raison) pour justifier, à travers la déconstruction progressive de l'illusion, un système de la liberté pratique du moi, dont le système du droit est l'accomplissement. Ce commentaire produira des remous chez les spécialistes de la philosophie classique allemande et provoquera un nouveau dynamisme de la recherche fichtéenne. Des lecteurs de Fichte comme Alain Renaut resteront fidèles à cette compréhension de la Doctrine de la science que la majorité des commentateurs après Philonenko récuseront, dans la mesure où elle ne fait pas droit à des notions aussi importantes que l'intuition intellectuelle ou le moi absolu.

S'il est désormais acquis que Fichte reste fidèle au projet d'une philosophie transcendantale jusqu'au bout, la plupart des fichtéens allemands, français, italiens ou belges montreront plutôt comment ce projet parvient à « faire système » chez Fichte, et comment il s'enracine dans l'intuition intellectuelle, par le moi, de sa propre activité réfléchissante (là où l'intuition intellectuelle, selon Philonenko, ne devait être qu'une notion vide). On rend ainsi cohérent le passage d'une Doctrine de la science à l'autre en même temps que l'on accède à chacune d'entre elles, jusqu'à la Bildlehre (l'école de Philonenko jugeant au contraire seule digne d'intérêt la philosophie d'Iéna, la philosophie ultérieure n'étant à ses yeux qu'une retombée dans le dogmatisme pré-kantien et un retour à la théologie). Parmi les commentateurs importants de l'après-Philonenko, en France, il y a Jean-Christophe Goddard, Alexander Schnell ou encore Isabelle Thomas-Fogiel.

Fichte's remarks about systematic form and certainty in "Concerning the Concept of the Wissenschaftslehre" give the impression that he intends to demonstrate the entirety of the Wissenschaftslehre from the principle of the self-positing I through a chain of logical inferences that merely set out the implications of the initial principle in such a way that the certainty of the first principle is transferred to the claims inferred from it. (The method of Spinoza's Ethics comes to mind, but this time with only a single premise from which to begin the proofs.) Yet this hardly seems to be Fichte's actual method, since he constantly introduces new concepts that cannot be plausibly interpreted as the logical consequences of the previous ones. In other words, the deductions in the Foundations of the Entire Wissenschaftslehre are more than merely analytical explications of the consequences of the original premise. Instead, they both articulate and refine the initial principle of the self-positing I in accordance with the demands made on the idealist who is attempting to clarify the nature of the self-positing I by means of reflection.

 

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