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01/10/2018

SocSav21,Emmanuel Macron est assurément l’un des dirigeants français qui aura porté l’Europe au plus haut point.

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Critique du discours européen d'Emmanuel Macron

17 juillet 2018

Le triptyque « souveraineté-unité-démocratie », clé de voute du discours européen du Président français, est fondamentalement problématique. Certes, l’emploi du terme de souveraineté européenne offre certains avantages : elle porte l’affirmation de l’Europe comme acteur stratégique, conscient de ses intérêts et de ses valeurs, prêt à les défendre dans le nouvel ordre mondial. Elle ouvre sur la question de l’identité politique de l’Europe et semble l’arracher à l’horizontalité des solutions fonctionnelles.

Mais l’usage des termes est impropre : il s’agit d’autonomie stratégique et d’Europe puissance, non de souveraineté à proprement parler. Plus fondamentalement, l’expression de souveraineté européenne est fatalement oxymorique. Elle ne résiste pas à l’ontologie juridico-politique de la souveraineté, une et indivisible, instance de dernier ressort qui constitue l’ultima ratio de l’ordre politique. Celle-ci réside dans l’Etat. « L’Europe comme rassemblement de notre souveraineté par et avec une souveraineté plus grande encore » (discours de Strasbourg) est un non sens. Elle fait en outre courir le risque de laisser accroire que la souveraineté étatique ne serait plus que formelle, voire fictive, et ne saurait trouver de salut que dans sa dilution au sein d’une souveraineté supranationale. Le « Brexit », avec son obsession de la Cour de justice de l’Union européenne, se comprend pour partie comme un rappel catégorique quant au locus de la souveraineté.

D’autre part, le discours de l’ambition d’autonomie stratégique pluri-sectorielle (sécurité, politique étrangère, numérique, alimentaire, climatique, industriel et commercial) conduit à énoncer une série de politiques publiques européennes et d’instruments – avec son effet catalogue. Il n’accroche pas la dimension constitutive du politique, mais retombe dans le marais des politiques et du discours de l’Europe des projets.

Et alors, direz-vous, il ne s’agit là que de mots. Mais l’ordre du discours et l’ordre du réel s’entremêlent et se co-déterminent. Toute sémantique borne un champ des possibles politiques. Le discours de la souveraineté européenne, ultime extension du paradigme fonctionnaliste, ne permet pas de sortir du piège dans lequel la France se débat avec l’Allemagne, à savoir l’enfer du couple « responsabilité contre solidarité ». Les avancées – à la fois réelles mais sans portée systémique – en faveur d’un budget de la zone euro, réduit à une fonction macroéconomique d’investissement et de stabilisation, illustrent l’impasse d’une conception de jeu à somme nulle dans lequel s’enferme chaque jour un peu plus l’Europe.

Au travers de ce nouveau paradigme, le budget européen prend une nouvelle dimension : celle d’acte fondateur d’une démocratie européenne, en conférant au Parlement européen un véritable pouvoir budgétaire et, par voie de conséquence, aux citoyens européens un pouvoir politique, celui d’avoir le choix entre différentes grandes orientations socio-économiques et de voir celle retenue être effectivement mise en œuvre par la majorité élue. En un mot, un budget européen non plus instrument, mais chair d’une Europe puissance publique capable d’instituer une démocratie européenne.

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