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26/06/2017

La nouvelle société du Savoir, FranceWebAsso: C'est Moi, C'est Vous, C'est Nous ! Partager est gagner. Laissez l' "Unique" le lire. Cela sera lisible par la machine, Et l' "Unique" c'est nous,The next Web e-GlobalNetWork,"cloudbook" toujours connecté

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FranceWeb  La nouvelle société du Savoir

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FRANCE WEB : POUR VOUS ET AVEC VOUS !

 

Un univers de possibilités

Imaginez un monde dans lequel chaque être humain peut librement obtenir et partager des connaissances. Ceci est notre engagement.

 

FranceWebAsso: C'est Moi, C'est Vous, C'est Nous ! C'est notre Capital !

FRANCE WEB : POUR VOUS ET AVEC VOUS !

Encourager le partage de savoirs, une nouvelle manière d'être au monde et de le voir.

La seule idée que je souhaite vous laisser est que nous devons commencer à ne pas seulement penser à ceci comme étant juste "le web, seulement en mieux", mais à une nouvelle étape de développement. Il semble plus global -- si vous prenez tout cela, c'est une très grande machine, une machine très fiable, plus fiable que ces parties. Mais nous pouvons aussi penser à cela comme une sorte de grand organisme. Alors nous devrions y répondre plus comme si c'était un système tout entier, que si ce n'était pas un grand organisme avec lequel nous allons interagir. C'est l' "Unique". Et je ne sais pas comment l'appeler autrement que l' "Unique". Nous aurons un meilleur mot pour lui. Mais il y a une unité d'une certaine forme qui commence à émerger. Et de nouveau, je ne veux pas parler de conscience, je veux en parler juste comme si c'était une petite bactérie, ou un volvox, qui est ce qu'est cet organisme.

Alors, à faire, action, à emporter. Alors c'est ce que je dirais : il y a seulement une machine, et le web est son système d'exploitation. Tous les écrans regardent dans l' "Unique". Aucun octet ne vit en dehors du web. Partager est gagner. Laissez l' "Unique" le lire. Cela sera lisible par la machine; vous voulez faire quelque chose que la machine peut lire. Et l' "Unique" c'est nous - nous sommes dans l' "Unique". Je vous remercie de votre temps.

Kevin Kelly, passionné de technologie, demande : « Qu'est-ce que veut la technologie ? » et découvre que son évolution vers l'omniprésence et la complexité est très proche de l'évolution de la vie.

Ray Kurzweil, inventeur, entrepreneur et visionnaire, explique avec une abondance de détails concrets, pourquoi d'ici les années 2020, nous aurons démonté le cerveau humain et des nano-robots opéreront votre conscience.

Pour Stephen Johnson d'Outside.in , le Web est comme une ville : construit par beaucoup de gens, pas complètement contrôlé par une seule personne, interconnecté de façon complexe et fonctionnant pourtant comme des parties indépendantes. Alors qu'une catastrophe s'abat quelque part, ailleurs, la vie continue.

Howard Rheingold parle du futur monde de la collaboration, des médias participatifs et de l'action collective - et comment Wikipedia est vraiment une excroissance de l'instinct naturel qui nous pousse à travailler en groupe.

À TEDxSydney, Rachel Botsman dit que nous sommes "programmés pour partager" -- et nous montre comment des sites web tels que Zipcar ou Swaptree changent les règles du comportement humain. Il y a eu une explosion de la consommation collaborative -- le co-voiturage, le partage d'appartements, de compétences, le tout facilité et accéléré par internet. Rachel Botsman explore la monnaie qui fait fonctionner des systèmes comme Airbnb et Taskrabbit: la confiance, l'influence, et ce qu'elle appelle "le capital réputation." 

Qu'est ce que la blockchain ? Si vous ne savez pas, vous devriez ; si vous savez, il y a de fortes chances que vous ayez encore besoin de quelques éclaircissements sur la façon dont elle fonctionne réellement. Don Tapscott est là pour vous aider, démystifiant cette technologie qui transforme le monde, renforce la confiance et qui, dit-il, ne représente rien de moins que la deuxième génération d'Internet et qui a le potentiel de transformer la gestion de l'argent, les affaires, le gouvernement et la société.

Dans ce discours faussement informel, Charles Leadbeater élabore l'argument que l'innovation n'est plus destinée aux professionels. Les amateurs passionnés, en utilisant de nouveaux outils, créent maintenant des produits et des paradigmes que les companies ne peuvent créer.

Dans ce discours prophétique datant de 2005, Clay Shirky nous montre comment les groupes fermés et les entreprises feront place à des reseaux plus souples et ouverts, au sein desquels les contributeurs auront un rôle important et la coopération libre remplacera la planification rigide.

Les jeunes générations sont nées dans un monde technologique connecté, nous dit le futuriste Don Tapscott, par conséquent le monde se transforme en un endroit plus ouvert et transparent. Dans ce discours inspirateur, il énumère les quatre principes fondamentaux qui montrent que ce monde ouvert peut être un endroit bien meilleur.

A TED@MotorCity, Lisa Gansky, l'auteur de "Le maillage," parle d'un avenir des affaires qui consiste à partager toutes sortes de choses, soit par un système de location intelligent optimisé pour la technologie ou, plus audacieux, par le peer-to-peer. Des exemples dans les différentes industries -- de la musique aux voitures -- montrent à quel point nous sommes près de cet avenir maillé.

Uber n'a pas commencé avec des grandes ambitions mais seulement diminuer le trafic et la pollution. Mais, quand l'entreprise s'est lancée, le co-fondateur Travis Kalanick s'est demandé s'il était possible de faire en sorte que les utilisateurs d'Uber prenant les mêmes routes partagent leurs voitures, diminuant au passage le cout et l'empreinte carbone. Le résultat : uberPOOL, l'entreprise de service de covoiturage, qui, dans au cours de ses huit premiers mois, a fait diminuer les trajets de 15,4 millions de kilomètres et a ôté 1 400 tonnes de dioxyde de carbone de l'air à Los Angeles. Maintenant, Kalanick dit que le covoiturage pourrait aussi fonctionner pour les travailleurs venant des banlieues. « Avec la technologie aujourd'hui dans nos poches, et une règlementation intelligente, dit-il, nous pouvons transformer chaque voiture en une voiture partagée et nous pouvons, dès aujourd'hui, reconquérir nos villes. »

Bill Ford est un homme du monde de l'automobile. Son grand-père était Henri Ford, et il a grandi au coeur du géant Ford Motor Co; Alors quand il s'inquiète de l'impact environnemental des voitures et du problème croissant de l'embouteillage mondial, ça vaut la peine de l'écouter. Sa vision de l'avenir de la mobilité comprend "des routes intelligentes", des transoprts publics encore plus intelligents et devenir encore plus écolo qu'avant.

Il y a dix ans, Robin Chase a fondé aux États-Unis Zipcar, devenue aujourd'hui la plus grande compagnie de partage de voitures au monde. Maintenant, elle explore la prochaine étape du partage de voitures : Buzzcar, une start-up française qui permet aux gens de louer à d'autres leur propre voiture. Les détails sont fascinants (comment fonctionnent les assurances exactement ?), et sa perspective élargie (elle l'appelle Pairs, S.A.) suggère une nouvelle définition de la possession et de l'entrepreneuriat.

 

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25/06/2017

Cette semaine, la Banque mondiale a déclaré que l’Éthiopie serait l’économie la plus dynamique en Afrique pour l’année 2017

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Ethiopie : l’embellie économique est-elle viable ?

Tramway à Addis Abeba
 
L’Ethiopie affiche des taux de croissance soutenus depuis plusieurs années, de quoi susciter la convoitise de ses voisins africains et non africains d’ailleurs. Croissance reposant sur un régime très dirigiste, sera-elle durable ? Dans son article, Ibrahim B. Anoba, décortique dans son analyse la politique économique de l’Ethiopie et pointe du doigt ses faiblesses. Il pense en effet qu’un régime trop centralisé, dirigiste, ne peut pas durablement tirer une économie vers le haut. Il faudra à un moment desserrer l’étau et donner plus de liberté et de place au secteur privé qui devra impérativement devenir le premier levier de croissance.

Cette semaine, la Banque mondiale a déclaré que l’Éthiopie serait l’économie la plus dynamique en Afrique pour l’année 2017. Un qualificatif dû à sa croissance économique régulière de 10,8% depuis 2005, et qui a atteint 6,5% en 2016 (l’une des plus élevées au monde). Mais, en dépit des progrès louables de l’Ethiopie, des taux d’imposition élevés et un monopole persistant de l’État dans des secteurs clés pourraient compromettre sa capacité à soutenir cet élan économique à long terme.

Parmi les économies africaines émergentes, l’Éthiopie est réputée pour la domination du dirigisme étatique. Un rapport de la « Heritage Foundation » en 2016 la considère parmi les économies les moins libres du continent (142ème au monde), dépassant seulement le Tchad, l’Érythrée et la Sierra Leone. Ceci est dû aux nombreuses législations qui restreignent les investissements étrangers dans les principaux secteurs de l’économie. Par conséquent, seuls quelques privilégiés - habituellement des politiciens - ont accès à des industries prolifiques comme les télécommunications et les finances. Il est plausible d’expliquer une telle situation par le revenu par habitant relativement stagnant de l’Éthiopie (590 $), ce qui est nettement inférieur à la moyenne régionale.

A côté de sa rigidité économique, l’Éthiopie dispose d’un régime fiscal contraignant. Les taux d’imposition dans le pays sont parmi les plus élevés en Afrique. Actuellement, le taux de TVA est de 15%, l’impôt sur le revenu des particuliers est de 35%, et le taux d’impôts sur les sociétés atteint les 30%. Ces taux élevés ont réduit le pouvoir d’achat des consommateurs, à mesure que la plupart des entreprises répercutent les taxes dans les prix des produits de base, infligeant ainsi des coups durs aux revenus des ménages. Cela s’est traduit par l’élargissement du secteur informel qui est prépondérant dans l’économie nationale.

Outre les effets négatifs de la pression fiscale, le monopole étatique éthiopien (GOE) dans des secteurs clés comme les télécommunications, les finances et la logistique compromet sa prospérité économique. Ainsi, dans le secteur de la logistique, l’Etat détient 60% des entreprises de fret, tandis que 40% seulement sont contrôlés par des entreprises privées. Il n’est pas cependant surprenant que l’industrie n’ait pas encore contribué plus que son quota actuel de 10% au PIB ou qu’elle ne crée pas plus d’emplois. Ceci est d’autant plus regrettable au regard de son énorme potentiel si elle était complètement privatisée.

De même, l’agence étatique de télécommunication, Ethio Telecom, contrôle tous les services, y compris les communications fixes, mobiles, internet et transmission des données. Ce monopole fait subir des pertes à l’Éthiopie, car ce fort monopole prive le secteur de la concurrence nécessaire à l’innovation. Par ailleurs, la qualité des services de télécommunications en Ethiopie correspond à celle de la majorité des pays africains il y a plus d’une décennie. Et alors que le reste du continent récolte les bénéfices d’un secteur des télécommunications concurrentiel dynamique, l’Éthiopie stagne.

De même une industrie des télécommunications libéralisée promet plus de qualité de service à des prix avantageux, ce que de nombreuses entreprises exigent en Ethiopie. Si cela se produit, le développement dans l’industrie pourrait éventuellement influencer d’autres secteurs et, bien sûr, aider à intégrer considérablement les 20 millions d’Ethiopiens sans emploi. Des effets positifs similaires peuvent survenir dans le secteur bancaire à mesure que les privatisions avancent.

Bien que l’Etat ait autorisé la création de banques privées et de compagnies d’assurances en 1994, il a toujours interdit la propriété étrangère. Fait intéressant, le système bancaire éthiopien comprend une banque centrale (NBE), deux banques publiques et dix-huit banques privées. Cela semble évidemment suffisant pour une économie émergente mais l’Administration du commerce international (ATI) a donné une image claire du secteur bancaire lorsqu’il a noté :

« ... En septembre 2011, la Banque centrale NBE a publié une réglementation qui a imposé l’augmentation du capital minimum versé pour établir une nouvelle banque de 75 millions de birr (3,4 millions de dollars) à 500 millions de birr (22,6 millions de dollars). À la suite de cette réglementation, toutes les banques en formation qui ne satisfaisaient pas à toutes les exigences d’application nécessaires ont été dissoutes ou détournées vers d’autres investissements. La NBE a encore augmenté le capital minimum versé par les banques à 2 milliards de Birr (90,4 millions de dollars) et a conseillé toutes les 18 banques privées en cours d’exploitation d’augmenter leur capital versé à ce montant d’ici 2020 ».

De manière prévisible, l’Etat a entravé le fonctionnement des banques privées et a souligné sa volonté de préserver son monopole. Pourtant, les géants financiers étrangers, y compris le Groupe Standard Bank, le Groupe KCB du Kenya, Citigroup, Commerzbank et Ecobank Transnational continuent de s’intéresser au secteur, confirmant ses potentiels prometteurs.

Certes, l’Ethiopie réussit bien pour le moment en dépit de ses politiques anti-marché, mais elle ne doit pas se perdre dans l’euphorie alors qu’elle peut faire mieux encore grâce à des mesures favorables au libre marché. De nombreuses économies africaines, dont le Nigéria (années 1970), la Tanzanie (années 1960) et le Zimbabwe (années 1990) ont expérimenté des politiques anti-marché semblables, mais malgré les premières améliorations économiques - comme c’est le cas en Éthiopie contemporaine -, l’absence de secteurs privés solides pour absorber les chocs, notamment le recul des revenus a finalement fini par faire éclater leurs bulles. Si l’Ethiopie ne profite pas de ses acquis actuels pour élargir et diversifier son économie, elle pourrait stagner encore longtemps en tant que 12ème pays le plus pauvre du monde.

Ibrahim B. Anoba, expert nigérian en économie politique africaine et relations internationales.

 

"Ce que j’entreprends doit me survivre."Grâce à ses activités touristiques, destinées aux amoureux de la nature, la fondation Kálnoky participe à des projets culturels et caritatifs, notamment en faveur des enfants roms, en partenariat avec

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Issu de l’aristocratie magyare de Roumanie, il a récupéré les terres de sa famille à la chute du communisme. Ses fermes transformées en chambres d’hôtes ont inspiré son ami le prince Charles. Bientôt, grâce à sa fondation, un manoir ayant appartenu aux Kálnoky deviendra le musée de la Vie transylvanienne. 

Sur les hauteurs de Zalanpatak, minuscule village des Carpates, il arrive chargé de godets de fleurs pour égayer le gîte qu’il cogère avec le prince Charles. En pantalon beige et veste de laine, le comte Tibor Kálnoky de Köröspatak possède des airs de Ralph Fiennes, l’acteur britannique. Et s’exprime, en français comme en anglais, avec un accent d’une élégance folle.

Le manoir Renaissance bâti à l'époque sur commande du chancelier Sámuel Kálnoky, qui vient d'être restauré. Courtesy of Luc Castel

Dans ce décor où la forêt s’étend à perte de vue, il guette les signes du printemps. "Dans deux semaines à peine, un véritable feu d’artifice aura lieu dans les prairies", annonce-t-il en ouvrant la marche vers une promenade qui semble rejoindre le ciel.

Le prince Charles a acquis en 2008 une demeure à Zalanpatak où il passe ses vacances

"Le prince Charles a beaucoup aimé les maisons d’hôtes que j’ai créées en 2006, à Miklósvár. Il cherchait un endroit où en implanter. Je lui ai fait découvrir cet éden, à l’issue d’une randonnée de 18 km." Davantage qu’un simple guide, Tibor Kálnoky aide alors son ami à recruter les ouvriers qui restaureront les lieux, devenus, depuis, sa retraite une semaine par an.

"Zalanpatak a été fondé par Bálint Kálnoky. Cet ancêtre était aussi l’aïeul de la comtesse Rhédey, dont la petite-fille a épousé le roi George V." Un autre lien unit les Kálnoky à la famille royale d’Angleterre: "Mon arrière-grand-père, Húgo Kálnoky, a épousé une nièce par alliance de la reine Victoria. Mais le prince Charles et moi partageons avant tout le même amour de la nature."

 

En 2006, Tibor Kálnoky, son épouse et leurs trois enfants invitent le prince Charles à Miklósvár. L'héritier de la couronne britannique est conquis et rêve d'un coin de paradis dans les Carpates. Courtesy of Luc Castel

 

Tibor Kálnoky ouvre grand les bras, laissant le paysage s’imposer comme une évidence. Face à lui, l’horizon déploie ses nuances de bleus, d’ocres et de verts. À ses pieds, le comte observe une flaque boueuse. D’un mouvement vif, il plonge ses mains dans la vase et en sort un crapaud sonneur à peine revenu de son hibernation. Tibor Kálnoky, vétérinaire de formation, ne craint pas les petites bêtes.

"Enfant, je recueillais des oiseaux blessés. Des moineaux et même une chouette peuplaient ma volière. J’avais ouvert une section psychiatrique pour corbeaux devenus dingues et mon lapin blanc était chef de service dans cette clinique parfaitement gérée!"

Köröspatak est le fief de la famille Kálnoky

Avec le même sens de l’humour, Tibor évoque les plus illustres membres de sa généalogie. Parmi eux, le capitaine des gardes qui sauva le roi Louis Ier de Hongrie, lors d’une chasse à l’ours. "Mon ancêtre, d’un geste élégant, a décoché une flèche dans la gueule de l’animal. Ce qui nous vaut ce superbe blason depuis huit siècles", s’exclame-t-il le doigt tendu vers le mur du gîte de Zalanpatak, où figurent aussi les armes du prince de Galles.

Bien plus tard, en 1740, le général Antal Kálnoky a monté le premier régiment de hussards pour soutenir l’impératrice Marie-Thérèse d’Autriche dans la guerre de Succession contre les Prussiens. Les Kálnoky ont ainsi commencé une carrière de plus de deux siècles à la cour de Vienne. Mais, toujours, l’un d’eux est resté en Roumanie. Le grand-père de Tibor est le dernier à avoir vécu à Köröspatak, fief de la famille.

A deux pas de là, il est possible de se ressourcer dans le gîte du prince Charles, et même d'occuper sa chambre préférée. Courtesy of Luc Castel

Antinazi pendant la Seconde Guerre mondiale, il parvient à échapper aux griffes de la Gestapo. Mais il lui faut fuir à la montée du communisme, dès le milieu des années 1940. Son fils, Farkas, n’a que 3 ans quand toute la famille s’installe à Washington. Une fois jeune homme, il décide avec son épouse, issue d’une famille déportée de Silésie, de revenir en Europe.

À la chute du dictateur Ceausescu, le comte tente de se faire rétrocéder quelques terres

S’il naît à Munich, Tibor Kálnoky parcourra le Vieux Continent au gré des mutations de son père, devenu cadre chez IBM. À la fin de ses études vétérinaires, il sait qu’il n’exercera pas. Un voyage entrepris en 1987 pour découvrir la Roumanie lui en donne le pressentiment. Il apprend le hongrois, encore largement parlé sur la terre de ses ancêtres. Et lorsqu’un laboratoire pharmaceutique de Bucarest l’embauche, Tibor peut enfin poser ses bagages en Roumanie.

Vincze, Mátyás et Miklós Kálnoky entourent leurs parents dans leur maison, à Köröspatak. Courtesy of Luc Castel

À la chute du régime du dictateur Ceausescu, en 1989, le jeune comte se lance dans une longue bataille pour se voir rétrocéder quelques terres. Il n’obtient qu’une infime partie des anciennes propriétés de son grand-père. "J’ai ensuite racheté peu à peu des bâtiments nous ayant appartenu. Ils avaient été transformés en kolkhozes".

À Köröspatak, l’ancien château familial est encore délabré. S’il a créé une fondation pour sauver son patrimoine et favoriser le développement d’actions culturelles dans le pays, Tibor n’imagine pas encore rénover cette colossale demeure, car il est focalisé sur un autre projet, la restauration d’un manoir Renaissance, à une heure de là. Soutenu en cela par ses trois fils et son épouse.

Anna Kálnoky s’implique dans la fondation de son époux et sur le chantier de Miklósvár

Issue d’une famille hongroise de Roumanie, Anna Kálnoky a connu le régime communiste. "Quand elle était petite, un ancien officier de cavalerie l’a prise sous son aile, ainsi que d’autres enfants d’aristocrates, pour les former à la culture équestre de façon presque clandestine. Officiellement, ils étaient les palefreniers du zoo." Vétérinaire comme son époux, la comtesse Kálnoky oeuvre aujourd’hui de mille et une façons pour la fondation.

Grâce à ses activités touristiques, destinées aux amoureux de la nature, la fondation Kálnoky participe à des projets culturels et caritatifs, notamment en faveur des enfants roms, en partenariat avec l'ordre de Malte. Courtesy of Luc Castel

Elle a notamment mis en place, avec l’ordre de Malte, un programme d’éducation des enfants roms. Des ateliers de tissage, de menuiserie et, surtout, de voltige leur sont proposés. "De nombreux Kálnoky ont servi l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem", précise le comte, lui-même ministre-conseiller de l’Ordre en Roumanie. "Mais Anna a su immédiatement organiser les choses, en confiance avec la population rom." Quand la comtesse apparaît sur la piste d’entraînement, les jeunes lui sautent au cou, avant de grimper fièrement sur un cheval au galop.

Et lorsqu’elle supervise les dernières étapes du chantier de Miklósvár, l’implication d’Anna ne se dément pas davantage. Ce village abrite un édifice Renaissance ayant appartenu aux Kálnoky. Il sera bientôt le musée de la Vie transylvanienne. "Les revenus générés par mes chambres d’hôtes m’ont permis de financer une partie de ce projet. Il fallait une attraction culturelle pour la région."

Sur l'une des façades du gîte de Zalanpatak cohabitent les armes du prince Charles, des Kálnoky et des Rhédey, ancêtres communs des deux familles. Courtesy of Luc Castel

Tandis que la comtesse vérifie la décoration des salles, des visiteurs arpentent les lieux. Parmi eux, la cantatrice Felicia Filip, qui espère pouvoir donner un concert dans les jardins du manoir d’ici la fin de l’été. L’échéance approche à grands pas. "Pas autant que l’inauguration! Elle aura lieu la semaine prochaine, en présence de Marie de Roumanie, de mon cousin Alexandre de Habsbourg et de nombreux autres invités. Le prince Charles, lui, viendra plus tard. Je serai soulagé quand tout sera fini."

Tibor Kálnoky estime n’être qu’un messager, élevé dans le respect de la devise familiale: "Ce que j’entreprends doit me survivre." "Un jour, en déplaçant la pierre d’un des murs du manoir, j’ai senti souffler sur moi l’air des temps anciens. C’était presque un moment de grâce."

www.transylvaniancastle.com

 

 

 
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