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05/04/2018

Entrepreneuriat en Afrique : de la quantité à la qualité, L’entrepreneuriat de nécessité et l’entrepreneuriat d’opportunité>FranceWebSharing,l’entrepreneuriat d’opportunité tourné vers l’innovation, la créativité, la transformation, avec FranceWebAsso

“Il y a des gens qui observent les règles de l'honneur, comme on observe les étoiles, de très loin.”

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Entrepreneuriat en Afrique : de la quantité à la qualité

La proportion d’entrepreneurs en Ouganda est supérieure à celle des Etats-Unis. Si l’entreprenariat est vecteur de création de richesse, pourquoi l’Ouganda reste pauvre alors que les US sont riches ? Dans son article, Hicham El Moussaoui, explique une différence importante entre l’entreprenariat de nécessité et l’entreprenariat d’opportunité. Le premier est celui qui permet de survivre et qui s’impose comme moyen de survie ; le second est un choix éclairé et réfléchi. En Ouganda, comme dans tous les pays d’Afrique, la micro entreprise est un moyen de survie. Notons en plus que dans les Etats défaillants africains, le manque de liberté économique et la corruption absorbent une bonne partie des efforts fournis par l’entreprise. Ceci explique pourquoi le fort taux d’entrepreneurs ne booste pas plus le développement.

Si l’on vous demandait qui des deux pays, Etats-Unis ou Ouganda, a le taux d’activité entrepreneuriale le plus élevé ? Certainement que vous répondrez sans hésitation les Etats-Unis. Pourtant, selon l’indice du Global Entrepreneurship Monitoring (GEM), mesurant l’entrepreneuriat dans le monde entier, il y a plus d’entrepreneurs en Ouganda qu’aux Etats-Unis (28% en Ouganda contre 4% pour les US). Est-ce pour autant que l’Ouganda est plus développé que les Etats-Unis ? Bien évidemment que non. D’où l’importance de tenir compte de la qualité de l’entrepreneuriat, et ce pour plusieurs raisons.

L’entrepreneuriat de nécessité et l’entrepreneuriat d’opportunité

D’abord, regardons du côté de l’impact de l’entrepreneuriat sur la croissance. Si l’idée dominante est que l’entrepreneuriat impacte positivement la croissance, il n’en demeure pas moins que plusieurs études de terrain ont prouvé que cet impact diffère suivant le niveau de développement. Plus exactement, il a été établi que l’impact était plus fort et positif dans les pays avancés plutôt que dans les pays à faible revenu et sous-développés. Cela signifie-t-il pour autant que les pays pauvres doivent abandonner l’entrepreneuriat comme stratégie de croissance ? Bien sûr que non ! En réalité, ce que révèlent ces travaux de terrain est que l’impact de l’entrepreneuriat est à différencier suivant sa nature. En effet, il existe deux types d’entrepreneuriat : l’entrepreneuriat de nécessité et l’entrepreneuriat d’opportunité. Le premier signifie que des individus entreprennent faute d’opportunités d’emplois. Dans ce cas, l’entrepreneuriat relève plutôt de l’auto-emploi de survie. En revanche, l’entrepreneuriat d’opportunité découle d’une vraie conviction. Il est tourné vers la saisie d’une opportunité perçue par l’entrepreneur. Or, il se trouve que dans les pays pauvres c’est l’entrepreneuriat de nécessité qui prédomine, alors que les pays développés affichent un niveau d’entrepreneuriat d’opportunité plus conséquent.

Comme l’entrepreneuriat par nécessité porte sur des activités de survie de débrouillardise, à faible valeur ajoutée, souvent dans l’informel, il n’est pas étonnant que son impact sur la diversification et la structure de ces économies soit faible (Rodrik, 2007 ; Acs et Amoros 2008 ; Bosma et al., 2008). De la même manière, l’entrepreneuriat d’opportunité est plus tourné vers l’innovation, la créativité, la transformation, la création de valeur ajoutée, d’où son impact plus substantiel sur la croissance. D’où son impact significatif en termes de création d’emplois directs et indirects. Alors que dans les pays pauvres, l’entrepreneuriat de nécessité crée peu d’emplois car c’est souvent de l’auto-emploi avec des structures informelles et rudimentaires.

Recul de la pauvreté ?

Ensuite, l’impact de l’entrepreneuriat sur la pauvreté n’est pas non plus uniforme. Certes, l’entrepreneuriat permet de réduire la pauvreté. Néanmoins, selon les données du GEM, l’impact sur la pauvreté dépendra du rapport entre l’entrepreneuriat de nécessité et celui d’opportunité. Encore une fois si l’entrepreneuriat de nécessité prédomine, la réduction de la pauvreté sera moins importante que dans un pays où l’entrepreneuriat par opportunité est la forme la plus dominante.

Enfin, la qualité de l’entrepreneuriat compte car comme l’expliquait bien Baumol (1990), le problème pour les pays sous-développés n’est pas tant l’offre quantitative de l’entrepreneuriat, mais plutôt l’allocation (répartition) de cet entrepreneuriat entre les différentes activités. Il distinguait ainsi entre l’entrepreneuriat productif (création de valeur, innovation, transformation), et l’entrepreneuriat improductif (recherche de rente, corruption, etc.). Dès lors, le problème n’est pas l’absence de l’esprit entrepreneurial en Afrique, mais plutôt sa mauvaise allocation ou orientation. Autrement dit, les pays qui sont sous-développés le sont en raison de la prédominance de l’entrepreneuriat improductif par rapport à l’entrepreneuriat productif. Ainsi, au lieu d’utiliser des ressources pour produire transformer, créer, innover, dans la majorité de nos pays africains on utilise les mêmes ressources pour la corruption, le copinage avec les politiques, la recherche de rente (subventions, protectionnisme, etc.). De précieuses ressources sont mal utilisées en vue de s’accaparer la plus grande part du gâteau, quitte à réduire sa taille au lieu de l’agrandir. Cette allocation entre entrepreneuriats productif et improductif est le résultat des arbitrages individuels sur la manière d’utiliser leurs ressources (temps, effort, argent, etc.). Un arbitrage qui est conditionné, aiguillonné par les institutions au sens de règles du jeu encadrant l’entrepreneuriat et l’investissement. En effet, chaque règle (loi, réglementation, procédure, etc.) implique un calcul, une distribution de coûts et de bénéfices.

Un entreprenariat improductif en Afrique

Malheureusement, dans la majorité des pays africains les règles du jeu favorisent aujourd’hui l’entrepreneuriat improductif. La pression fiscale réglementaire et fiscale est étouffante, le climat des affaires hostile, les politiques publiques arbitraires et orientées vers la sauvegarde d’intérêts particuliers. Cela augmente le risque et le coût de l’entrepreneuriat pour la majorité des Africains. En revanche, ceux qui ont des entrées, qui ont des relations et des connexions, pourront faire du lobbying auprès des législateurs et des décideurs afin de profiter des règles sur mesure qui leur permettent de capter des rentes de situation au détriment des autres. Ceux qui ne peuvent influencer directement ces règles du jeu, utiliseront la corruption et des stratégies évasives pour les contourner (création de sociétés-écrans, paiement au noir, fraudes etc.). Encore une fois des ressources ponctionnées pour payer des pots-de-vin au lieu d’être utilisées dans la production et la création de richesse. Quant à ceux qui n’ont ni connexions ni argent pour manipuler ou contourner les règles, ils se trouvent obligés de se rabattre sur l’informel afin de fuir l’enfer réglementaire et fiscal qu’on leur fait subir (entre 30 jusqu’à 80% en Afrique). Au total on se retrouve avec un grand pan des économies africaines dominé par l’entrepreneuriat improductif sous des formes différentes : entrepreneuriat de rente, entrepreneuriat de corruption, entrepreneuriat d’évasion, entrepreneuriat informel. Il n’est pas étonnant alors que l’impact en termes de création de richesse, d’emplois soit moins que ce qui aurait pu être si l’on avait un entrepreneuriat mieux orienté.

Dès lors, le véritable enjeu pour les économies africaines n’est pas d’avoir le plus grand nombre d’entrepreneurs, mais la meilleure qualité d’entrepreneuriat possible. Nos dirigeants devraient alors cesser de raisonner en termes quantitatifs, pour tenir compte de l’aspect qualitatif. En ce sens, il faudrait cibler la promotion de l’entrepreneuriat d’opportunité tourné vers des activités productives. Un objectif qui passe impérativement par l’influence des arbitrages individuels dans le sens de la création de valeur et de productivité. Encore une fois, l’amélioration de la qualité de nos institutions politique et économique s’avère incontournable afin que nos entrepreneurs choisissent la bonne voie et mettent nos économies définitivement sur la voie de la prospérité.

Hicham El Moussaoui, Maitre de conférences en économie à l’université Sultan Moulay Slimane (Maroc)

Un humain moyen + une machine moyenne + un bon processus

est supérieur à

un super ordinateur

qui est lui-même supérieur à

un humain expert + une machine + un mauvais processus.

On observe que ce n’est pas le super ordinateur qui gagne. Ce n’est pas non plus l’expert. Au contraire, ce qui fait la différence, c’est le processus, c’est à dire la façon dont l’humain moyen doté d’une machine moyenne utilise cette dernière. Ce qui fait la différence, c’est donc la façon d’utiliser l’informatique, pas l’informatique elle-même, si puissante soit-elle.

04/04/2018

FranceWebAsso,cherche des David,Intelligence artificielle, blockchain, infonuagique, Internet des objets… Oui, il s’agit là d’avancées extraordinaires. Mais il faut éviter de tomber en amour avec la technologie

3smartphones.jpegVENEZ VIVRE AU RYTHME DU NUMÉRIQUE

Stratégie numérique : penser aux clients d’abord, Goliath cherche des David,Intelligence artificielle, blockchain, infonuagique, Internet des objets… Oui, il s’agit là d’avancées extraordinaires. Mais il faut éviter de tomber en amour avec la technologie

Stratégie numérique : penser aux clients d’abord

Intelligence artificielle, blockchain, infonuagique, Internet des objets… Oui, il s’agit là d’avancées extraordinaires. Mais il faut éviter de tomber en amour avec la technologie sans commencer par se pencher sur les besoins des clients.

Comment peut-on déployer la technologie pour mieux servir nos membres et nos clients ? Cette question est la trame de fond de l’utilisation du numérique par le Mouvement Desjardins. « Il y a beaucoup de frénésie autour des technologies numériques et on nous demande parfois de décrire notre stratégie à cet égard, dit Chadi Habib, premier vice-président Technologies de l’information. La réponse, c’est que nous n’en avons pas. Notre stratégie, c’est d’être premier dans le cœur des gens en leur offrant des solutions qui leur apportent une réelle valeur. »

Et pour cela, la technologie est bien sûr à l’avant-plan. Chadi Habib donne l’exemple d’Ajusto, un programme qui permet aux assurés de Desjardins Assurances d’obtenir un score pour chaque trajet effectué au volant de leur automobile. S’ils ont des habitudes de conduites prudentes, ils peuvent obtenir un rabais sur leur prime. « Grâce à des algorithmes avancés, nous pouvons analyser 1800 kilomètres de conduite à la minute », indique celui qui prononcera une conférence lors du salon Connexion, le 18 avril à Montréal.

Autre exemple, cette fois avec la technologie des objets connectés. Desjardins Assurances a lancé l’an dernier Alerte, un programme de prévention des dommages liés à l’eau. Un détecteur d’eau, de gel et d’humidité déclenche une alerte sur le téléphone intelligent de l’assuré en cas de problème, ce qui peut permettre à ce dernier de réagir rapidement et de limiter les dégâts.

Goliath cherche des David

Les solutions Ajusto et Alerte ont été toutes deux développées en collaboration avec des startups, tout comme d’autres produits de Desjardins. « Travailler avec des startups fait partie de notre stratégie, souligne Chadi Habib. Elles ont l’agilité et la rapidité de développement et nous, la masse critique de clientèle. »

D’ailleurs, la coopérative financière a lancé en 2015 à Montréal et en 2017 à Lévis ses laboratoires d’innovation Desjardins Lab qui visent à réinventer la manière d’offrir ses services en misant notamment sur des partenariats avec de jeunes pousses.

Connexion, le salon de la transformation numérique

« Auparavant, c’était presque impossible de voir une grande institution financière travailler avec de petites entreprises, dit le conférencier. Maintenant, c’est nécessaire pour bien servir les clients. Nous travaillons aussi avec les géants du Web, Microsoft, Google et les autres. Il faut cependant s’assurer de gérer de façon responsable les données des gens. C’est un aspect qui nous préoccupe beaucoup et pour lequel nous aimerions voir le Canada démontrer plus de leadership. »

Qui rêve d’avoir une hypothèque ?

Traditionnellement, les institutions financières poussaient leurs produits vers les consommateurs. Desjardins veut s’éloigner de ce modèle.

« Faisons abstraction des produits financiers et commençons par les besoins des membres, dit Chadi Habib. Personne ne rêve d’avoir une hypothèque ni de lire une police d’assurance de 14 pages. Par contre, les gens rêvent d’avoir une maison ou de voyager. Avec le numérique, on peut aller plus loin que de leur offrir seulement un produit financier. On peut les accompagner dans leurs projets de vie et dans leurs activités quotidiennes en déployant des solutions qui combinent plusieurs éléments. » Desjardins travaille notamment sur un programme qui réunit plusieurs services reliés à l’habitation.

Toujours dans l’optique de se centrer sur les besoins du client, la coopérative financière a lancé en février dernier l’alerte « Insuffisance de fonds lors d’un retrait préautorisé ». L’utilisateur de son application mobile peut ainsi recevoir une notification si un retrait préautorisé est prélevé alors qu’il n’y a pas assez d’argent dans son compte. Il dispose alors d’un délai pour renflouer son compte avant que des frais pour découvert ne lui soient facturés. Après un mois à peine, plus de 355 000 personnes s’étaient inscrites au service et 18 000 notifications avaient été envoyées.

« Sur le plan financier, il n’y a pas d’avantages pour nous de faire ça, indique M. Habib. Mais nous nous sommes mis à la place du membre qui n’est certainement pas heureux de payer des frais pour manque de fonds. »

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Merci pour cet article: très informatif. Effectivement, l’IA va entraîner un bouleversement à tous les niveaux.
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« La meilleure façon de prédire l’avenir, c’est de le créer »
Pour une république de l’innovation Comme toutes les grandes nations, la France est engagée dans une course à l’intelligence et à l’innovation. Le 21e siècle s’annonce comme un siècle de haute précision. Au cours des 150 dernières années, l’humanité a réalisé des progrès considérables dans les domaines de la santé et de l’environnement. Partout dans le monde, des forces sont à l’oeuvre pour faire avancer la connaissance. Il faut être plus efficace avec moins de ressources. Dans ce contexte, le principe de précaution, d’abord conçu comme une arme défensive est régulièrement brandi comme une arme de dissuasion. En son nom, ce n’est plus le résultat de la recherche qui est jugé mais le principe même de recherche qui est interdit. Son utilisation irrationnelle rappelle l’épisode des sorcières de Salem. Des procès en sorcellerie sont conduits sous l’égide de pseudos experts qui jugent en lieu et place de la communauté scientifique!Notre vision de la science est dynamique. Dans notre esprit, la recherche poursuit l’objectif du bien commun. C’est pourquoi notre démarche s’adosse à un principe de précaution rendu à sa vocation de départ : écarter du domaine public tout ce qui est scientifiquement avéré comme dangereux pour la vie. A cette démarche défensive, il convient selon nous d’en ajouter une autre, positive et plus enthousiaste. Pour stimuler la recherche pour sortir de la société des peurs, nous souhaitons que le principe d’innovation soit placé à égalité avec le principe de précaution dans la constitution française. L’innovation produit du progrès. Elle stimule la concurrence, elle est à l’origine des grands progrès enregistrés dans nos sociétés.
Encourager le partage de savoir, d'être au monde et de le voir.
FranceWeb, des espaces numériques ouverts à tous. Un cyberspace international. Un nouveau défi pour notre pays européen. Un instrument d'intelligence collective. Vers une économie des qualités humaines. C’est l’inspiration qui nous fait grandir, Venez nous rejoindre. C’est encore plus facile ensemble, la société en réseau ne se fera pas sans vous,
Nous désirons nous faire connaître en nous adressant, prioritairement aux personnalités économiques, sociales, politiques, médiatiques, responsables et compétentes, intéressées par cette initiative. Pour Vous et avec Vous ! 
Au plaisir de vous rencontrer pour vous présenter notre projet Vision 21 FranceWebAsso>Société du Savoir..
Contact: Ing.Stefan Raducanu, Data Scientist
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These Tech Giants Are Talking The Most About AI

« Le principal point de blocage de la transformation de notre organisation est que notre direction générale n’a pas articulé de vision claire » me disait récemment un participant dans un séminaire de formation, avec un air d’évidence des sentences qui paraissent logiques mais ne marchent pas. Eh bien non, votre organisation n’a pas besoin de vision claire pour se transformer. Au contraire, on peut même défendre l’idée qu’avoir une vision est contre-productif et entravera la transformation.»

« Nous répétons la révolution, mais les plébéiens sont en retard. »  —Günter Grass

IA et éthique: le contresens navrant de Cédric Villani

Ainsi donc avec le rapport Villani sur l’intelligence artificielle, la France a renoué avec une vieille tradition: demander à quelqu’un d’intelligent d’écrire un rapport idiot. Enfin idiot, on se comprendra: le rapport que notre Médaille Fields vient de rédiger n’est pas tant idiot que convenu. Nous sommes en retard sur l’IA, vite un plan national. Des subventions, des initiatives, une agence, tout plein de petits fours et de pique-assiettes, la routine française quoi. La montagne a accouché d’une souris, les chinois se marrent bien. Mais les faiblesses de ce rapport ont été soulignées avec talent par d’autres, inutile d’y revenir. Ce qui me semble important cependant, c’est le lien que le rapport fait avec l’éthique.

Le titre-même du rapport « Donner un sens à l’IA » est problématique. Quand on regarde l’histoire de l’innovation, le sens a toujours été donné a posteriori. Et ce pour une raison très simple: les ruptures technologiques présentent toujours des situations inédites sur le plan légal, social et éthique. Il est très difficile, voire impossible, de penser ces ruptures avant qu’elles ne se produisent, et avant que les effets ne soient visibles. On risque de penser dans le vide. Lorsque McKinsey conduit une étude de marché pour AT&T en 1989 pour évaluer le potentiel de la téléphonie mobile, les résultats sont désastreux: personne ne voit l’intérêt d’avoir un téléphone mobile. Personne ne peut simplement imaginer ce qu’on ferait avec. Seule l’utilisation effective a révélé les possibilités de la technologie, de même qu’aujourd’hui seule l’utilisation de Facebook en révèle les dangers pour la vie privée.

Sans compter que comme souvent dans ces cas-là, le sens que l’on donne à éthique est bien restreint. Il peut être éthique de ne pas vouloir développer une IA aux conséquences négatives, mais il peut être également éthique d’essayer pour voir, car ce n’est qu’en agissant que nous saurons. Les entrepreneurs savent cela depuis longtemps, nos savants intelligents et ceux qui nous gouvernement l’ignorent, et se condamnent peu à peu à la paralysie par excès de prudence et, au fond, par peur du futur. Nous devenons un vieux pays, et laissons progressivement les autres développer l’avenir. Au fond, le rapport Villani est un rapport de vieux, la hype de notre ami Cédric en plus.

A chaque fois que la puissance publique produit un rapport sur un secteur donné du numérique avec l’ambition de faire de la France un leader mondial, avec ou sans l’Europe, les acteurs de l’écosystème correspondant sont tout feu tout flammes parce que leur sujet intéresse les plus hautes autorités. Les élites et corps constitués du pays sont mis à contribution et caressés dans le sens du poil. Des rapports et des plans avec des dizaines de mesures sont publiés. Le plan est présenté devant le Premier Ministre ou le Président de la République. Des conférences sont organisées. Au bout du compte et avec le recul, la France n’atteint jamais l’objectif assigné et entre temps, les gouvernements ont changé.

Le Rapport Villani qui vient tout juste d’être publié peut-il échapper à cette fatalité ? En l’état, j’ai bien peur que non. Sa lecture laisse encore une impression désagréable que l’on loupe quelque chose, que l’on n’a pas posé les bonnes questions ni creusé toutes les pistes. Bref, une certaine déception est au rendez-vous malgré un volontarisme affiché de bon aloi et bon nombre de propositions intéressantes.

Pour une bonne analyse critique du rapport Villani, voir l’article d’Olivier Ezratty ici: Ce que révèle le Rapport Villani.

03/04/2018

René Backmann« Guerre en Libye : comment le mandat de l’ONU a été détourné ». la tentation de simplifier les conflits selon une grille manichéenne séparant « les bons » (souvent nos alliés) et « les méchants » est toujours très présente,...

“Depuis six mille ans, la guerre Plaît aux peuples querelleurs, Et Dieu perd son temps à faire Les étoiles et les fleurs. ”

megaphone-clip-art-9cp4KXRcE.jpegGuerre « de Sarkozy » en Libye : les journalistes doivent faire leur autocritique

Comme on pouvait s’y attendre, le feuilleton judiciaire autour des financements libyens supposés de la campagne de Nicolas Sarkozy suscite un certain nombre de questionnements, notamment sur l’ensemble des motivations (côté français) et du bien-fondé de la guerre qui a eu raison du régime de Muammar Kadhafi en 2011.

Des questionnements d’autant plus légitimes que cette guerre, menée par l’OTAN, a accouché d’un indescriptible chaos à l’intérieur et à l’extérieur des frontières libyennes. Le quotidien en ligne Mediapart, particulièrement en pointe sur l’affaire Sarkozy-Kadhafi, a publié hier un article de René Backmann intitulé « Guerre en Libye : comment le mandat de l’ONU a été détourné ». « L’ancien président a commencé à s’expliquer mardi 20 et mercredi 21 mars, en garde à vue, sur le financement libyen de sa campagne présidentielle de 2007. Sera-t-il un jour aussi invité à assumer ses responsabilités sur le déclenchement, quatre ans plus tard en Libye, d’une intervention internationale qui n’était peut-être pas inévitable et dont les conséquences ont été désastreuses pour une vaste région de l’Afrique ?

Pour l’instant, rien ne le laisse penser. Malgré les informations troublantes sur les conditions dans lesquelles la France a réussi à entraîner le Royaume-Uni, puis les États-Unis, la Ligue arabe et l’Otan dans cette douteuse aventure, ni l’ONU, dont l’une des résolutions a été, une fois encore, bafouée, ni le Parlement français, qui n’avait pas fait obstacle à la volonté présidentielle du moment, n’ont jugé utile d’entreprendre la moindre investigation sur cette affaire », écrit, fort à propos, René Backmann.

On pourrait toutefois ajouter un certain nombre de grands médias à la liste des fautifs par omission.
En effet, dès le commencement, la résolution 1973 de l’ONU, qui balise l’intervention en Libye, est très claire. Les pays qui ont saisi le Conseil de sécurité ont mandat pour « prendre toutes mesures nécessaires » dans le but exclusif de « protéger les populations et les zones civiles menacées d’attaques » en prenant la peine d’exclure « le déploiement d’une force d’occupation étrangère sous quelque forme que ce soit ». Le Conseil de sécurité interdit, par ailleurs, « tous vols dans l’espace aérien de la Jamahiriya arabe libyenne », afin d’aider à protéger les civils. Les Etats et organisations qui se déploient alors en Libye sont autorisés à « prendre au besoin toutes mesures nécessaires pour faire respecter l’interdiction de vol ».

La suite, on la connaît. La France, l’OTAN et certains pays de la Ligue arabe vont bien au-delà de ce que leur permet la légalité internationale et transforment ce qui devait relever de l’urgence humanitaire en opération de changement de régime. Ce détournement de mandat – une méthode également utilisée pour précipiter, à la même période, la chute de l’ancien président ivoirien Laurent Gbagbo – a été abondamment commentée « hors Occident », et a contribué à la « radicalisation » de la posture russe que l’on observe aujourd’hui sur la scène internationale.

Ce type d’atteintes au droit international – accompagnées par ailleurs d’une instrumentalisation du droit pénal international, via une Cour pénale internationale qui a très rapidement inculpé les vaincus de Libye et de Côte d’Ivoire tout en épargnant jusqu’ici les vainqueurs – n’a suscité que peu de commentaires à l’époque dans la plupart des médias français.

Les révélations sur les « fake news » distillées par la coalition pour enrôler les opinions publiques dans le cadre de cette guerre, qui figurent notamment dans un rapport parlementaire britannique de septembre 2016, n’y ont rien fait. Les conséquences désastreuses de cette épopée guerrière dans le Sahel, qui a connu une sorte d’invasion djihadiste, n’ont suscité que des remises en question marginales.

Et pourtant, l’étonnant consensus qui a accompagné le dévoiement du mandat de l’ONU en Libye par la France et l’OTAN est en grande partie la conséquence d’une permanence dans le traitement médiatique des crises internationales, surtout celles où ce que l’on nous présente comme notre intérêt national est engagé, directement ou non. En Syrie aujourd’hui, hier en Libye, avant-hier dans les Balkans, la tentation de simplifier les conflits selon une grille manichéenne séparant « les bons » (souvent nos alliés) et « les méchants » est toujours très présente. Et dans ce type de configuration, la bonne conscience et la certitude de la supériorité des démocraties finissent par justifier beaucoup de choix éditoriaux, qui accouchent eux-mêmes d’une vision du monde posant au centre de tout la satisfaction de nous-mêmes et la certitude de notre bon droit.

.....ITW Jean-Marie Charon : son nouveau livre « Rédactions en invention »
observatoiredesmedias.com

Jean-Marie Charon vient de sortir un nouveau livre. Cela s’appelle « Rédactions en invention », chez UPPR Editions. Le sociologue des médias y fait le point sur les mutations des médias d’information. Nous l’avons rencontré lors des Assises du Journalisme 2018, à Tours.

Vous pouvez aussi lire ou relire les articles de Jean-Marie Charon sur l’Observatoire des Médias :

Apple News, un relais de croissance des médias incertain… et hasardeux
journaldunet.com

Framadsense, la publicité qui a du sens
framablog.org

Nous avons déjà parlé ici du fléau qu’est la publicité « digitale » (comme disent les « dir’comm' » et les « dir’mark' »). C’est le profilage publicitaire qui est aux origines des Léviathans qui centralisent le web. Il suffit de voir le talk « Nous créons une dystopie simplement pour obliger les gens à cliquer sur des publicités » pour comprendre combien c’est grave, et combien il faut Dégoogliser Internet. Nous relayons aussi des alternatives plus vertueuses, comme celle de la rédaction de NexINpact.

La pub en ligne est partout, c’est une catastrophe numérique et écologique… On comprend pourquoi certaines personnes s’échangent de formidables astuces pour résister à l’agression publicitaire. L’ironie, c’est que la plupart des alternatives et connaissances qui nous permettent de faire respecter nos intimités numériques sont peu connues… et qu’elles manquent de pub !

 

Réseau d'éducation populaire au Libre. Nous souhaitons faire le trait d'union entre le monde du Libre (logiciel, culturel, matériel, etc...) et le grand public par le biais d'une galaxie de projets à découvrir sur framasoft.org

Voici pourquoi l'écologie est le parent pauvre des médias dominants
reporterre.net
 

Qu’est-ce qui empêche le développement des Amap en Ile-de-France ?

 « Le CRIF fait de la politique et moi j’ouvre mon coeur » disait donc à juste titre un des fils de Mireille Knoll

 

L’Art de la guerre a exercé une influence considérable sur les traditions militaires chinoises et japonaises, et il est toujours enseigné en Chine, à Taïwan et dans l’ensemble des écoles militaires du monde sinisé ; il constitue le fondement de la pensée stratégique contemporaine en Asie.

L’œuvre est traduite en 1772 par le père jésuite français Amiot et connaît un grand succès avant de tomber dans l’oubli. La traduction en anglais par Lionel Giles en 1910, puis la victoire de Mao Zedong (chinois simplifié : 毛泽东 ; chinois traditionnel : 毛澤東; pinyin : Máo Zédōng) en 1949, ramènent l’attention sur ce manuel de stratégie indirecte. L’Art de la guerre devient un canon de la pensée stratégique occidentale, à son tour profondément influencée par ce traité qui analyse, avec une avance considérable, la guerre comme une affaire d’importance vitale pour les États, pouvant en tant que telle se prêter à une analyse rigoureuse et dont la paix dicte le sens.

 
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