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25/06/2017

"Ce que j’entreprends doit me survivre."Grâce à ses activités touristiques, destinées aux amoureux de la nature, la fondation Kálnoky participe à des projets culturels et caritatifs, notamment en faveur des enfants roms, en partenariat avec

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Issu de l’aristocratie magyare de Roumanie, il a récupéré les terres de sa famille à la chute du communisme. Ses fermes transformées en chambres d’hôtes ont inspiré son ami le prince Charles. Bientôt, grâce à sa fondation, un manoir ayant appartenu aux Kálnoky deviendra le musée de la Vie transylvanienne. 

Sur les hauteurs de Zalanpatak, minuscule village des Carpates, il arrive chargé de godets de fleurs pour égayer le gîte qu’il cogère avec le prince Charles. En pantalon beige et veste de laine, le comte Tibor Kálnoky de Köröspatak possède des airs de Ralph Fiennes, l’acteur britannique. Et s’exprime, en français comme en anglais, avec un accent d’une élégance folle.

Le manoir Renaissance bâti à l'époque sur commande du chancelier Sámuel Kálnoky, qui vient d'être restauré. Courtesy of Luc Castel

Dans ce décor où la forêt s’étend à perte de vue, il guette les signes du printemps. "Dans deux semaines à peine, un véritable feu d’artifice aura lieu dans les prairies", annonce-t-il en ouvrant la marche vers une promenade qui semble rejoindre le ciel.

Le prince Charles a acquis en 2008 une demeure à Zalanpatak où il passe ses vacances

"Le prince Charles a beaucoup aimé les maisons d’hôtes que j’ai créées en 2006, à Miklósvár. Il cherchait un endroit où en implanter. Je lui ai fait découvrir cet éden, à l’issue d’une randonnée de 18 km." Davantage qu’un simple guide, Tibor Kálnoky aide alors son ami à recruter les ouvriers qui restaureront les lieux, devenus, depuis, sa retraite une semaine par an.

"Zalanpatak a été fondé par Bálint Kálnoky. Cet ancêtre était aussi l’aïeul de la comtesse Rhédey, dont la petite-fille a épousé le roi George V." Un autre lien unit les Kálnoky à la famille royale d’Angleterre: "Mon arrière-grand-père, Húgo Kálnoky, a épousé une nièce par alliance de la reine Victoria. Mais le prince Charles et moi partageons avant tout le même amour de la nature."

 

En 2006, Tibor Kálnoky, son épouse et leurs trois enfants invitent le prince Charles à Miklósvár. L'héritier de la couronne britannique est conquis et rêve d'un coin de paradis dans les Carpates. Courtesy of Luc Castel

 

Tibor Kálnoky ouvre grand les bras, laissant le paysage s’imposer comme une évidence. Face à lui, l’horizon déploie ses nuances de bleus, d’ocres et de verts. À ses pieds, le comte observe une flaque boueuse. D’un mouvement vif, il plonge ses mains dans la vase et en sort un crapaud sonneur à peine revenu de son hibernation. Tibor Kálnoky, vétérinaire de formation, ne craint pas les petites bêtes.

"Enfant, je recueillais des oiseaux blessés. Des moineaux et même une chouette peuplaient ma volière. J’avais ouvert une section psychiatrique pour corbeaux devenus dingues et mon lapin blanc était chef de service dans cette clinique parfaitement gérée!"

Köröspatak est le fief de la famille Kálnoky

Avec le même sens de l’humour, Tibor évoque les plus illustres membres de sa généalogie. Parmi eux, le capitaine des gardes qui sauva le roi Louis Ier de Hongrie, lors d’une chasse à l’ours. "Mon ancêtre, d’un geste élégant, a décoché une flèche dans la gueule de l’animal. Ce qui nous vaut ce superbe blason depuis huit siècles", s’exclame-t-il le doigt tendu vers le mur du gîte de Zalanpatak, où figurent aussi les armes du prince de Galles.

Bien plus tard, en 1740, le général Antal Kálnoky a monté le premier régiment de hussards pour soutenir l’impératrice Marie-Thérèse d’Autriche dans la guerre de Succession contre les Prussiens. Les Kálnoky ont ainsi commencé une carrière de plus de deux siècles à la cour de Vienne. Mais, toujours, l’un d’eux est resté en Roumanie. Le grand-père de Tibor est le dernier à avoir vécu à Köröspatak, fief de la famille.

A deux pas de là, il est possible de se ressourcer dans le gîte du prince Charles, et même d'occuper sa chambre préférée. Courtesy of Luc Castel

Antinazi pendant la Seconde Guerre mondiale, il parvient à échapper aux griffes de la Gestapo. Mais il lui faut fuir à la montée du communisme, dès le milieu des années 1940. Son fils, Farkas, n’a que 3 ans quand toute la famille s’installe à Washington. Une fois jeune homme, il décide avec son épouse, issue d’une famille déportée de Silésie, de revenir en Europe.

À la chute du dictateur Ceausescu, le comte tente de se faire rétrocéder quelques terres

S’il naît à Munich, Tibor Kálnoky parcourra le Vieux Continent au gré des mutations de son père, devenu cadre chez IBM. À la fin de ses études vétérinaires, il sait qu’il n’exercera pas. Un voyage entrepris en 1987 pour découvrir la Roumanie lui en donne le pressentiment. Il apprend le hongrois, encore largement parlé sur la terre de ses ancêtres. Et lorsqu’un laboratoire pharmaceutique de Bucarest l’embauche, Tibor peut enfin poser ses bagages en Roumanie.

Vincze, Mátyás et Miklós Kálnoky entourent leurs parents dans leur maison, à Köröspatak. Courtesy of Luc Castel

À la chute du régime du dictateur Ceausescu, en 1989, le jeune comte se lance dans une longue bataille pour se voir rétrocéder quelques terres. Il n’obtient qu’une infime partie des anciennes propriétés de son grand-père. "J’ai ensuite racheté peu à peu des bâtiments nous ayant appartenu. Ils avaient été transformés en kolkhozes".

À Köröspatak, l’ancien château familial est encore délabré. S’il a créé une fondation pour sauver son patrimoine et favoriser le développement d’actions culturelles dans le pays, Tibor n’imagine pas encore rénover cette colossale demeure, car il est focalisé sur un autre projet, la restauration d’un manoir Renaissance, à une heure de là. Soutenu en cela par ses trois fils et son épouse.

Anna Kálnoky s’implique dans la fondation de son époux et sur le chantier de Miklósvár

Issue d’une famille hongroise de Roumanie, Anna Kálnoky a connu le régime communiste. "Quand elle était petite, un ancien officier de cavalerie l’a prise sous son aile, ainsi que d’autres enfants d’aristocrates, pour les former à la culture équestre de façon presque clandestine. Officiellement, ils étaient les palefreniers du zoo." Vétérinaire comme son époux, la comtesse Kálnoky oeuvre aujourd’hui de mille et une façons pour la fondation.

Grâce à ses activités touristiques, destinées aux amoureux de la nature, la fondation Kálnoky participe à des projets culturels et caritatifs, notamment en faveur des enfants roms, en partenariat avec l'ordre de Malte. Courtesy of Luc Castel

Elle a notamment mis en place, avec l’ordre de Malte, un programme d’éducation des enfants roms. Des ateliers de tissage, de menuiserie et, surtout, de voltige leur sont proposés. "De nombreux Kálnoky ont servi l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem", précise le comte, lui-même ministre-conseiller de l’Ordre en Roumanie. "Mais Anna a su immédiatement organiser les choses, en confiance avec la population rom." Quand la comtesse apparaît sur la piste d’entraînement, les jeunes lui sautent au cou, avant de grimper fièrement sur un cheval au galop.

Et lorsqu’elle supervise les dernières étapes du chantier de Miklósvár, l’implication d’Anna ne se dément pas davantage. Ce village abrite un édifice Renaissance ayant appartenu aux Kálnoky. Il sera bientôt le musée de la Vie transylvanienne. "Les revenus générés par mes chambres d’hôtes m’ont permis de financer une partie de ce projet. Il fallait une attraction culturelle pour la région."

Sur l'une des façades du gîte de Zalanpatak cohabitent les armes du prince Charles, des Kálnoky et des Rhédey, ancêtres communs des deux familles. Courtesy of Luc Castel

Tandis que la comtesse vérifie la décoration des salles, des visiteurs arpentent les lieux. Parmi eux, la cantatrice Felicia Filip, qui espère pouvoir donner un concert dans les jardins du manoir d’ici la fin de l’été. L’échéance approche à grands pas. "Pas autant que l’inauguration! Elle aura lieu la semaine prochaine, en présence de Marie de Roumanie, de mon cousin Alexandre de Habsbourg et de nombreux autres invités. Le prince Charles, lui, viendra plus tard. Je serai soulagé quand tout sera fini."

Tibor Kálnoky estime n’être qu’un messager, élevé dans le respect de la devise familiale: "Ce que j’entreprends doit me survivre." "Un jour, en déplaçant la pierre d’un des murs du manoir, j’ai senti souffler sur moi l’air des temps anciens. C’était presque un moment de grâce."

www.transylvaniancastle.com

 

 

EN IMAGES. Le prince William fête ses 35 ans, William semble plus que jamais prêt à endosser son rôle de futur monarque. 35 ans, l'âge, semble-t-il, de la maturité...

Le prince William fête ce 21 juin ses 35 ans. Le fils du prince et de la princesse de Galles a grandi devant les caméras du monde entier, attendri les jeunes mamans lorsqu'il était enfant et longtemps fait battre le cœur des jeunes filles... Retour en images sur un destin royal. 594aade2cd70e30bb27585f4.jpeg594ab363cd70530690bdd0fa.jpeg594aac91cd70530690bdab6a.jpeg

Son Altesse Royale la princesse de Galles a été délivrée d’un fils à 21h03 aujourd’hui". Le 21 juin 1982, le Royaume-Uni célébrait à l’unisson la naissance de William, le premier enfant de Diana et du prince Charles. "Il est beaucoup plus beau que moi", annonçait non sans humour l'héritier du trône en quittant la maternité de l’hôpital St Mary's, à Londres. Le lendemain, le prince et la princesse de Galles, rayonnante malgré la fatigue, regagnaient le palais de Kensington avec le nouveau-né soigneusement emmitouflé dans un châle en laine blanche. Jamais Diana n’avait paru aussi douce, aussi attendrie, Charles aussi attentionné.

31 ans plus tard, l’image est -presque- la même. William tient dans ses bras son fils, âgé seulement de quelques heures. La même clameur s’échappe de la foule. Le même trait d’humour: "Mon fils ressemble heureusement à sa mère", dit-il. George, né le 22 juillet 2013, aura été tout aussi désiré et attendu que son père. Car tous les deux sont nés pour régner…

C'est pourtant sur l'île d'Anglesey, au pays de Galles, puis à Anmer Hall, dans la campagne du Norfolk, loin de la cour, que William et son épouse, Kate, ont décidé de passer les premières années de leur mariage. Depuis la naissance de sa fille cadette, en mai 2015, le duc de Cambridge se sent libre de mener enfin l'existence qui lui ressemble, d'offrir à George et à Charlotte la quiétude et la stabilité qui lui ont tant manqué lorsqu'il était enfant. 

Épanoui dans son métier de pilote d'hélicoptère pour l'East Anglian Air Ambulance, le petit-fils d'Élisabeth II savoure pleinement les bonheurs sans tapage de sa nouvelle vie, qui prendra un nouveau tournant cet été: William et Catherine ont en effet annoncé leur décision de revenir s’établir à Londres de manière permanente avec leurs deux enfants.

À  l'heure où il s'apprête à se consacrer à plein temps à ses engagements officiels pour mieux seconder la reine Élisabeth et le prince de Galles, William semble plus que jamais prêt à endosser son rôle de futur monarque. 35 ans, l'âge, semble-t-il, de la maturité...

Par Lola Léger et Caroline Lazard

Ethiopia appears to be looking to better assimilate refugees by embracing the 2016 Leaders’ Summit on Refugees

1agld1r.gifNo Wall for Ethiopia,rather an open door –Even for its Enemy

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Thu, Jun 22, 2017Berihu Shiferaw

Eritrean teenagers and young men, aged from 16 to 20, waiting at the Badme entry point to be moved to the screening registration center.

It’s one thing to read about the exodus of souls flowing out of Eritrea, it’s quite another to look into the tired eyes, surrounded by dust and grime, of a 14-year-old Eritrean girl who’s just arrived on the Ethiopian side of the shared border.

She is carrying a scruffy plastic bag. Inside are a few clothes, an orange beaker, and a small torch whose batteries have nearly run out.

“We are the same people, we share the same blood, even the same grandfathers.” --Estifanos Gebremedhin, head of the legal and protection department for Ethiopia’s Administration for Refugee and Returnee Affairs.

With her are four men, two women and five younger children, all of whom crossed the Eritrea-Ethiopia border the night before. Ethiopian soldiers found them and took them to the town of Adinbried.

The compound of simple government buildings where they were dropped off constitutes a so-called entry point, one of 12 along the border. It marks the beginning of the bureaucratic and logistical conveyor belt to assign asylum status to those arriving, before finally moving them to one of four refugee camps designated for Eritreans in Ethiopia’s Tigray region.

“It took us four days traveling from Asmara,” a 31-year-man among the group says about their trek from the Eritrean capital, about 80 kilometres north of the border. “We travelled for 10 hours each night, sleeping in the desert during the day.”

In February 2017, 3,367 Eritrean refugees arrived in Ethiopia, according to the Ethiopian Administration for Refugee and Returnee Affairs (ARRA). There are around 165,000 Eritrean refugees and asylum seekers in Ethiopia, according to the UN refugee agency.

Ethiopia’s open-door policy is in marked contrast to the strategies of migrant reduction increasingly being adopted in many Western societies.

And its stance is all the more striking due to the Eritrean and Ethiopian governments forever accusing the one of plotting against the other amid an atmosphere of mutual loathing.

But it appears the Ethiopian government is willing to treat ordinary Eritreans differently.

“We differentiate between the government and its people,” says ARRA’s Estifanos Gebremedhin. “We are the same people, we share the same blood, even the same grandfathers.”

Before Eritrea gained independence, it was Ethiopia’s most northern region. On both sides of today’s border many people still share the same language—Tigrinya—as well as Orthodox religion and cultural traditions.

Shimelba was the first Eritrean refugee camp to open in 2004. It now houses more than 6,000 refugees. About 60 percent of its population come from the Kunama ethnic group, one of nine in Eritrea, and historically the most marginalised.

“I have no interest in going to other countries,” says Nagazeuelle, a Kunama who has been in Ethiopia for 17 years. “I need my country. We had rich and fertile land, but the government took it. We weren’t an educated people, so they picked on us. I am an example of the first refugees from Eritrea, but now people from all nine ethnic groups are coming.”

Discussion among refugees in Shimelba camp of governmental atrocities ranges from accusations of genocide against the Kunama, including mass poisonings, to government officials shopping at markets and then shooting stall owners due to disagreements over prices.

“The world has forgotten us, apart from the U.S., Canada and Ethiopia,” says Haile, an Eritrean in his fifties who has been a refugee for five years. He says his father and brother died in prison. “What is happening is beyond language, it is a deep crisis—so why is the international community silent?”

There are some, however, who argue the situation in Eritrea isn’t as bad as claimed. A UN report last year accusing Eritrea’s leadership of crimes against humanity has received criticism for being one-sided, failing to acknowledge Eritrea’s progress with the likes of providing healthcare and education, and thereby entrenching a skewed negative perspective dominant in policy circles and Western media.

“It is real, nothing is exaggerated,” says Dawit, a Shimelba resident of eight years. “We have the victims of rape, torture and imprisonment in our camp who can testify.”

About 50 kilometres south of Shimelba is Hitsats, the newest and largest of the four camps with 11,000 refugees, of whom about 80 percent are under 35 years of age.

 “We Can’t Protest So We Pray”: Anguish in Amhara During Ethiopia’s State of Emergency.

 “In Sudan there are more problems, we can sleep peacefully here,” says 32-year-old Ariam, who came to Hitsat four years ago with her two children after spending four years in a refugee camp in neighbouring Sudan.

Refugees say the Eritrean military launches missions into Sudan to capture refugees who have fled.

Ethiopia also hosts refugees from a plethora of other strife-torn countries. Its refugee population now exceeds 800,000—the highest number in Africa, and the 6th largest globally.

“Ethiopia strongly believes that generous hosting of refugees will be good for regional relationships down the road,” says  Jennifer Riggan, an associate professor of International Studies at Arcadia University in the US, and analyst of Eritrean refugees in Ethiopia.

Others point out how there is also an increasing amount of money involved with refugees.

The likes of the UK and Europe are providing Ethiopia with financial incentives to keep refugees within its borders—similar to the approach taken with Turkey—so they don’t continue beyond Africa.

Meanwhile, despite the apparent welcome given to Eritrean refugees, frictions remain.

“People recognise the shared culture and ethnic background, and that helps for many things, but there’s still distrust because of the 30-year-war [for independence],” says Milena Belloni, an anthropologist who is currently writing a book about Eritrean refugees. “There’s a double narrative.”

While both sides talk of the other as brothers, she explains, historically Eritreans have looked down on Tigrayans—based on them working as migrant labourers in Eritrea during its heyday as a semi-industrialised Italian colony—while Tigrayans viewed Eritreans as arrogant and aloof.

Either way, Ethiopia appears to be looking to better assimilate refugees by embracing the 2016 Leaders’ Summit on Refugees—pushed by former U.S. President Barack Obama—that called for better integration and education, employment and residency opportunities for refugees wherever they land around the world.

“Ethiopia’s response is to manage the gate, and figure out how it can benefit from these inevitable flows of people,” Riggan says. “I definitely think Ethiopia’s approach is the wiser and more realistic one.”

About 10 miles north of Adinbried the military forces of Ethiopia and Eritrea straddle the border, eying each other suspiciously through binoculars overlooking derelict military emplacements that serve as grim reminders of a former two-year war and ongoing fraught relations between the two countries.

In 1998 Eritrea invaded the small and inconsequential-looking border town of Badme before pushing south to occupy the rest of Ethiopia’s Yirga Triangle, claiming it was historically Eritrean land.

Ethiopia eventually regained the land but the fighting cost both countries thousands of lives, billions of dollars desperately needed elsewhere in such poor and financially strapped countries, and sowed rancour and disagreement festering ever since.

Because despite the internationally brokered peace settlement that followed the 2000 ceasefire ruling Badme return to Eritrea, Ethiopia still occupies it—the government felt the Ethiopian public wouldn’t tolerate the concession of a now iconic town responsible for so many lost Ethiopian lives—and the rest of the Yirga Triangle jutting defiantly into Eritrea.

While Badme hasn’t changed much since those days—it remains a dusty, ramshackle town—it too is involved in current Eritrean migration.

“I crossed after hearing they were about to round people up for the military,” says 20-year-old Gebre at the entry point on the edge of Badme. “I wasn’t going to go through that—you’re hungry, there’s no salary, you’re not doing anything to help your country; you’re just serving officials.”

With Gebre are another 14 males ranging in age from 16 to 20 who crossed to avoid military service, as well as two mothers who crossed with two young children each.

“Life was getting worse, I had no work to earn money to feed my children,” says 34-year-old mother-of-four Samrawit, who left two older children in Eritrea.

She travelled with 22-year-old mother-of-two Yordanos, having met her at the Eritrean town of Barentua, about 50 kilometres north of the border, and the rendezvous point with their smuggler.

Neither knows how much the smuggler earned for driving them to the border and helping them across: payment was organised by their husbands living in Switzerland and Holland.

“I would like to make sure coming here is worth it before my elder two children come,” Samrawit says.

by: James Jeffrey/ IPS

 
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