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05/03/2017

Les enseignes françaises, dans le luxe surtout, essaiment sur tout le territoire américain : Ladurée, l’Oréal, Louis Vuitton, Sofitel, L’Occitane…

Les États-Unis, l’heure française

Mis en ligne le 23.01.2017 à 10:31

Guy Sorman

....des entrepreneurs, les plus jeunes surtout, veulent participer à l’aventure de la Silicon Valley et à l’envolée de Wall Street ; des chercheurs de haut niveau, en biologie et en économie particulièrement, fuient les idéologies marxistes et écologistes à la mode dans nos universités

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FranceWebSharing, "Les aléas d’une jeune pro-européenne en Suisse", Si l’on se plonge dans le code français de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA)...

Ces dernières semaines, plusieurs actualités concernant une «aide illégale» accordée à des réfugiés ont fait la une des journaux. Ainsi, Cédric Herrou, agriculteur français, a été condamné à 3000 euros d’amende pour avoir aidé des migrants à passer la frontière. Manuel Donzé, député vaudois, a été perquisitionné le 14 février pour avoir hébergé un jeune Afghan.

Des réfugiés marchent le long d’une route, l’air épuisé et affamé. Sans nul doute, ils se sont égarés. Un homme de la région les voit et décide de les emmener à la gare, ce qui relève de l’aide la plus élémentaire, la plus naturelle. Et pourtant. C’est pour cet acte, entre autres aides accordées à des migrants, que Cédric Herrou, agriculteur français de 37 ans, a été condamné le 10 février dernier à 3000 euros d’amende.

14 février 2017, 6h15. La police débarque dans un appartement vaudois visiblement à la recherche de quelqu’un. Un dangereux suspect ? Non, un réfugié afghan débouté qui doit être expulsé vers l'Allemagne que le député Manuel Donzé loge chez lui depuis novembre 2016. Un accueil qui a par ailleurs été annoncé au Service de la Population.

Est-on ici face à ce qu’on appelle un «délit de solidarité»? Ce même délit que Manuel Valls affirmait en 2012 avoir «abrogé», malgré le fait qu’il n’existe pas en tant que tel dans les textes de lois?

Si l’on se plonge dans le code français de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), on constate que la loi sur l’immigration stipule qu’aucune poursuite ne peut être engagée si l’acte d’aide «n’a donné lieu à aucune contrepartie directe ou indirecte et consiste à fournir des conseils juridiques ou des prestations de restauration, d’hébergement ou de soins médicaux destinées à assurer des conditions de vie dignes et décentes à l’étranger, ou bien tout autre aide visant à préserver la dignité ou l’intégrité physique de ­celui-ci». Cependant, et l’affaire Cédric Herrou le montre, de nombreux cas de poursuites sont encore et toujours recensés. La raison en est simple : lors de la modification de la loi, l’article L. 622-1, qui prévoit que toute personne qui «aura facilité le séjour et la circulation d’un étranger» encourt jusqu’à cinq ans d’emprisonnement et 30 000 euros d’amende, a été conservé. Ceci dans le but de lutter contre les réseaux clandestins de passeurs et de trafics humains, même si ce sont souvent des citoyens et des bénévoles qui ont font les frais.

Côté suisse, l’article 116 de la loi fédérale sur les étrangers punit «l’incitation à l’entrée, à la sortie ou au séjour illégaux». Ainsi, héberger un étranger sans permis de séjour est passible d’une amende, voire d’une peine de prison. C’est l’expérience que M. Donzé vit actuellement, malgré l’annonce faite auprès des autorités. Mais d’un côté comme de l’autre, il semble que ces articles de loi soient surtout le fruit d'une interprétation trop large de la convention de Schengen du 19 juin 1990 qui oblige les États membres à «instaurer des sanctions appropriées à l’encontre de quiconque aide ou tente d’aider, à des fins lucratives, un étranger à pénétrer ou à séjourner sur le territoire d’un État de l’espace Schengen». Alors que l’infraction prévue par la convention de Schengen vise très explicitement et exclusivement les comportements motivés par «des fins lucratives», elle a été étendue à toute forme d’aide aux réfugiés.

S’il apparaît que ces mesures sont surtout là pour intimider et n’aboutissent pas souvent – en tous les cas pour ce qui est de la France et de la Suisse – à de lourdes peines, elles poussent tout de même à la non-assistance à personnes en danger. En outre, elles s’inscrivent dans une volonté de plus en plus accrue de fermeture des frontières et de renforcement des contrôles en Europe. Le site «asile.ch» dénonçait en 2007 déjà cette politique «qui pousse les migrants à choisir des itinéraires toujours plus dangereux et à dépendre toujours plus de filières mafieuses. [Elle] entraîne ainsi la mise en danger accrue de populations particulièrement vulnérables. Elle est la cause effective de la mort de milliers d’hommes, de femmes et d’enfants. »

La semaine dernière, des rassemblements ont été organisés à Paris pour soutenir ce qu’ils appellent les «délinquants solidaires». Mais plus qu’une mobilisation française ou suisse, c’est une réforme européenne du système Schengen-Dublin qui doit être mise en place et ce urgemment. Le problème, et non des moindres, est qu’aucun consensus sur les propositions faites jusqu’à présent par la Commission européenne n’est en vue, les pays de l’Est de l’Europe faisant bloc contre celles-ci. Le projet exprimé par Robert Schuman dans sa déclaration du 9 mai 1950 reste donc d’une nécessité brûlante: «L’Europe ne se fera pas d’un coup, ni dans une construction d’ensemble: elle se fera par des réalisations concrètes créant d’abord une solidarité de fait».


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04/03/2017

La plus belle histoire du bonheur,Mais c’est quoi le bonheur finalement ? Une félicité, qui résulterait de la satisfaction de tous nos désirs ?Il s’agit donc peut-être d’espérer un peu moins et d’aimer un peu plus.

C’est quoi le bonheur finalement ?

« Vivre ne suffit pas, encore faut-il vivre heureux, nous dit Alice Germain dans sa belle préface du livre : La plus belle histoire du bonheur (1). L’existence n’a de sens et de saveur qui si elle devient le lieu et le temps du bonheur. Nous attendons de la vie le bonheur, jusqu’à parfois passer notre vie à l’attendre. »

Mais de quoi s’agit-il en fait ? Qu’est-ce qui fait le bonheur ? Chacun a sa propre réponse, que ce soit une idée précise ou un vague désir, mais il convient de se rappeler que les références dans lesquelles nous baignons ont beaucoup évolué au cours des âges.

Pour trouver le bonheur, les philosophes ont très tôt été considérés comme des maîtres incontestés. Le but de la philosophie est de contribuer à la connaissance de l’homme et d’aider l’homme à se comprendre lui-même. « Connais-toi toi-même » nous dit Socrate, parce que connaître l’homme revient à lui proposer un bonheur à sa mesure, qui lui convienne et qu’il puisse atteindre par lui-même. Epicure, dont on a caricaturé la doctrine pour en faire un cri de ralliement de tous les jouisseurs de la Terre, préconisait une sorte de diététique des plaisirs, alors qu’à l’opposé les stoïciens prônent un bonheur dans la morale. Un autre courant de pensée nous affirme qu’être heureux consiste à nourrir les plus fortes passions et à assouvir tous ses désirs même les plus fous, mais d’aucuns diront que cette voie ne peut que nous entraîner dans un cercle vicieux, parce que désirer, c’est désirer toujours plus puisque le propre d’un désir assouvi, c’est qu’il n’exerce plus son pouvoir moteur. Nombreux sont ceux, parmi nous, « victimes » de la société de consommation qui peuvent se retrouver dans cette quête sans fin.

Alors qu’est-ce qu’être heureux ? Comment définir le bonheur quand on ne parvient pas à dire précisément ce que l’on désire ? Nous pouvons énumérer les petits bonheurs (regarder un beau paysage, voir ses amis, jouir de « la première gorgée de bière et autres plaisirs minuscules» (2)… Cela nous suffit-il ? Ce n’est qu’en faisant l’expérience du bonheur que nous pouvons dire ce qu’il est et toutes nos expériences heureuses sont aussi imprévisibles que particulières.

La religion a, elle aussi, apporté sa pierre à l’édifice, en plaçant le bonheur au centre de ses préoccupations. Le christianisme a représenté le bonheur sous la forme d’un Jardin des Délices, d’un paradis dont la représentation même a évolué au cours des siècles et avec elle l’idée de confier la réalisation de son bonheur à sa seule foi. C’est ainsi que les hommes du XVIIIè siècle ont aspiré à une organisation politique du bonheur, d’un bonheur sur Terre, où chacun aurait les mêmes droits à être heureux, à penser et à s’exprimer librement. Le bonheur devint dès lors un art de vivre, fait de la joie de parler, d’échanger, de découvrir, de polémiquer et ainsi naquit la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme.

Le bonheur a donc une histoire : il n’a pas toujours été considéré comme le but de l’existence, ni comme un idéal de vie.

Qu’en est-il aujourd’hui ? De nos jours, le bonheur n’est plus ni une promesse, ni une idée politique, il est devenu un droit et même un devoir. Nous sommes entrés dans l’ère de la nécessité du bonheur, dans un besoin d’ « euphorie perpétuelle » (3). Mais tout le paradoxe de nos temps modernes est d’inventer un bonheur « intérieur », fait de bien-être et d’équilibre, et de proposer par ailleurs toujours plus de bonheurs à consommer, de produits supposés rendre heureux. L’être et l’avoir, intimement mêlés. Sérieux défi !

Mais nous ? Comment pouvons nous espérer être heureux ? Faut-il courir après la réussite ? Ou profiter de la vie avant qu’elle ne nous échappe ? Comment se réaliser ? Existe-t-il des moyens infaillibles pour être heureux ? Le bonheur dépendrait-il d’avantage de la chance que de la discipline personnelle ? Dans son étymologie, le terme signifie avant tout la « bonne heure », le bon moment. Le bonheur consisterait-il tout simplement à prendre du « bon temps » ? A saisir ce que la chance nous donne, ce que la « marée nous apporte » ?

C’est certes une piste tentante, d’autant plus que nous sommes conscients que le bonheur n’est pas certain, qu’il ne dure jamais bien longtemps. Nous faisons bien souvent l’expérience de son contraire : la mort, la fin d’une relation, la perte d’un ami, l’échec d’un projet. Nous comprenons donc qu’attendre le bonheur de l’extérieur, c’est vivre dans la crainte de le voir nous échapper, se détruire par accident ou revers de fortune.

Mais finalement comment pourrait-on être heureux, quand on sait qu’on va mourir et qu’on perdra tout ce et ceux qui nous sont chers ? Parce que c’est ce qui est tragique dans notre condition d’être « pensant », nous savons que nous allons mourir, nous savons que toute chose a donc une fin. Mais en fait, la mort n’empêche d’être heureux que ceux qui espèrent le bonheur pour l’au-delà. Pour ceux qui au contraire vivent le bonheur comme ouverture à une joie possible ou réelle, mais actuelle, la mort ne devrait plus faire problème. Il s’agirait alors d’aimer la vie telle qu’elle est, c’est-à-dire éphémère. Si nous pensons à la mort lucidement, la vie, dans sa brièveté même, n’en devient que plus précieuse, chaque moment a un prix irremplaçable et cela devrait nous pousser à être heureux sans attendre ! Sans attendre d’avoir ce que nous convoitons ou espérons, sans attendre de régler certains problèmes, sans attendre tout court parce qu’un vrai bonheur, même imparfait comme tous les bonheurs le sont, vaut mieux qu’un bonheur idéal, rêvé, qui n’est qu’un mythe jamais atteint…

Cessons de rêver la sagesse, cessons de rêver le bonheur ! Le bonheur n’est pas le but du chemin, il est le chemin même ! Chemin cahotant, approximatif, parfois difficile, mais entrecoupé de belles plages de douceur. « Le bonheur n’est pas un repos, nous affirme le philosophe André Comte-Sponville (1), c’est un effort qui réussit, un échec qui se surmonte », une expérience qui enrichit. « C’est dire qu’il n’y a pas de bonheur sans courage, poursuit-il, et c’est ce qui donne raison aux stoïciens. Mais il n’y en a encore moins sans plaisir, c’est ce qui donne raison à Epicure, ni sans amour, c’est ce qui donne raison à Socrate (…) ». Et le philosophe de conclure son livre par cette phrase « Le bonheur, n’est ni dans l’être, ni dans l’avoir, il est dans l’action, dans le plaisir et dans l’amour. »

Alors, le bonheur est-il dans le pré ? C’est-à-dire à portée de main ? Ou comme le dit la chanson : « Le bonheur est toujours pour demain » ?

Mais c’est quoi le bonheur finalement ? Une félicité, qui résulterait de la satisfaction de tous nos désirs ? Idéal de l’imagination, mais non de la raison. Ou alors une conception plus relative : on est plus ou moins heureux, dès lors qu’on n’est pas malheureux, chaque fois que la joie nous paraît proche, facile, fréquente ? C’est le bonheur au sens ordinaire du terme.

Et si le bonheur était un état d’esprit ? Le bonheur du sage, qui est le bonheur actuel, vécu en vérité, ici et maintenant. Certes, nous ne sommes pas des sages, mais nous avons des moments de sagesse. Cela équivaut-il à se défaire de tous ses désirs ? Surtout pas ! Mais il est possible de penser et de vivre le désir autrement. Il ne s’agit pas de supprimer ses désirs mais de les transformer, de passer du désir de ce qui manque au désir de ce qui est. Désirer ce qui n’est pas, c’est espérer, désirer ce qui est, c’est aimer.

Il s’agit donc peut-être d’espérer un peu moins et d’aimer un peu plus.

Références :

(1) André Comte-Sponville, Jean Delumeau, Arlette Farge, La plus belle histoire du Bonheur, Editions du Seuil, 2004

2) Philippe Delerm, La première gorgée de bière et autres plaisirs minuscules, Editions L’Arpenteur.

3) Pascal Bruckner, L’euphorie perpétuelle, essais sur le devoir de bonheur, Editions Grasset.

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