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03/03/2017

FranceWebSharing,Dééboorrdéé...!! EN DEUX MOTS, « Je suis très occupé(e) donc... je suis forcément très important(e) »!

EN DEUX MOTS

Dééboorrdéé...!!

C'était tellement systématique que cela en est vite devenu risible... A chaque fois que quelqu'un de la rédaction lui demandait quelque chose, la réponse était toujours la même: « Oui, mais plus tard car là tu comprends je suis dééboorrdéée » ou alors en version se voulant plus chic « ooverbookéé ». Bien sûr, la réalité était bien en deçà de ses trémolos, mais le message était d'autant plus exaspérant qu'il nous donnait l'impression de nous la couler douce et que notre job était sans grande valeur à côté du sien. Ce serait d'ailleurs, la plupart du temps, la vraie signification de cette phrase infernale qu'on pourrait alors traduire par « Je suis très occupé(e) donc... je suis forcément très important(e) »! Au point que des chercheurs ont récemment démontré que nous aurions tendance à penser que ceux qui travaillent tout le temps ont... un statut social élevé! Un constat corroboré par les résultats d'une étude d'Havas Worldwide - menée auprès de 10 000 adultes dans 28 pays - faisant ressortir que 40% des sondés avouaient s'inventer un agenda de ministre dans le but... de se faire mousser! Pour les auteurs de cette enquête, cela s'expliquerait par le fait que nous vivons dans des sociétés qui apprécient, valorisent et récompensent les employés ayant l'air le plus débordé. Car, oui, être supra méga submergé est aujourd'hui devenu un véritable code de communication, une sorte de mensonge convenu à entretenir pour demeurer parfaitement politiquement correct... De quoi alimenter le fameux paradoxe du présentéisme - en opposition à absentéisme - qui suppose que ceux qui font le plus d'heures (ou qui font semblant) seraient les plus productifs. Mais d'autres spécialistes du sujet vont encore plus loin en évoquant un moyen de se rassurer existentiellement, d'éviter le sentiment du vide, de donner du sens à sa vie. Et là, faut avouer que dans ce cas, il y a vraiment de quoi se sentir... débordé(e)!

 ca-buzz Toujours sous la houlette de Publicis et Les Echos, la 2e édition du salon dédié à l’innovation et à la croissance des start-up a été lancée, il y a une semaine, depuis l’Elysée en présence de Maurice Lévy, Bernard Arnault (patron de LVMH, propriétaire des Echos) et de François Hollande. Le rendez-vous – qui se veut être le festival de Cannes de la Tech – se tiendra à la Porte de Versailles du 15 au 17 juin et devrait confirmer son succès en attirant 50 000 visiteurs venus notamment suivre les 200 conférences auxquelles participeront 300 intervenants. Comme lors de la première édition, une centaine de challenges sont proposés par les entreprises partenaires – AccorHotels, Engie, Cisco, Air France, Sodexo, Vinci…- aux start-ups, qui ont jusqu’à la fin du mois de mars pour tenter de gagner une représentation dans un Lab lors de l’événement. Ils devront plancher sur des thèmes comme Imaginer le bureau idéal de 2030, Créer de nouvelles façons de dormir, Démultiplier le confort des véhicules, etc. En 2016, 150 challenges avaient été lancés par 60 partenaires et avaient permis à 750 jeunes pousses de prendre part aux 20 Labs du salon dont l’organisation sera de nouveau assurée par l’agence Publicis Events.

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FranceWebC'est Moi,N’est-il pas temps de me rappeler que je suis peut-être aussi, et sans doute bien plus, un parent concerné, un conjoint aimant, un sportif joyeux, un citoyen engagé, un amoureux de la nature, un voisin attentionné, un artiste en devenir

Le consommateur, l’épargnant et le contribuable

Même si nos économies sont sous notre matelas, ou si nous n’avons pas le moindre bas de laine, nous ne pouvons échapper à la médiatisation alarmante de la crise économique. Nous sommes ballottés au gré des dents de scie de la bourse, inquiets par la chute vertigineuse du Bel20 ou sensés être rassurés par les milliards injectés dans nos banques. Il faut protéger l’épargnant, rassurer le contribuable et stimuler le consommateur, nous dit-on… Est-ce bien à moi que ce discours s’adresse? Ne suis-je en ces temps affolés qu’un individu représenté par son argent, qu’il dépense, engrange ou paye à l’état ?

Un des premiers JT de 2008, sur notre chaîne nationale disait déjà en substance ceci : « Le Belge a le moral en baisse : son caddy de décembre 2007 était nettement moins fourni que celui de décembre 2006 ! » Et s’en suivait un petit reportage sur la difficulté de le remplir, nous montrant un brave homme se plaindre qu’il ne pouvait plus qu’acheter des produits de première nécessité, tout en déposant au fond son fameux caddy des paquets de chips bas de gamme et de l’eau en bouteille, qui ne coûte que 300 fois plus cher que l’eau du robinet, il suffirait de calculer !

Je m’interroge : est-ce que mon caddy est vraiment un bon baromètre de mon moral ? Si les temps sont durs, et certes ils le sont sur un plan strictement économique, cela doit-il automatiquement atteindre mon bonheur ? Ne suis-je qu’un portefeuille, un acheteur dont le plaisir ne se mesure qu’à son pouvoir d’achat ? L’argent fait-il vraiment le bonheur ? Si les cordons de la bourse sont un peu tendus pour le moment et peut-être à jamais, cela veut-il dire d’office que je vais devoir renoncer au plaisir ? « On va devoir faire des efforts » nous dit-on. Pour tant de gens, le plaisir est synonyme de dépense, de consommation. « Je m’ennuie un peu ce samedi après-midi, tiens, si j’allais faire un tour des magasins ? » « J’ai le moral en baisse, je vais donc acheter quelques vêtements… » Et ainsi de suite. Un exercice que je propose parfois dans le cadre du travail de développement personnel consiste à s’offrir « un plaisir par jour ». La réponse fuse : « Ohlalaa, ça va me coûter cher ! »

Oui, la bourse est un peu malade, on nous le dit tous les jours, il est donc plus que temps de se poser la question du lien bien trop immédiat que nous faisons entre bonheur et finances. Non, les chips et l’eau en bouteille ne sont ni des produits de première nécessité, ni des objets de plaisir, on peut parfaitement bien s’en passer sans tristesse ou les remplacer par d’autres délices, bien moins chers au kilo ou au litre ! Nous avons peut-être grandi dans ces années excitantes de l’explosion de la société de consommation, mais il est temps, en ce qui concerne le plaisir, de changer son fusil d’épaule !

Il n’est pas nécessaire d’avoir une grosse voiture pour être un chic type, et encore moins de la laver toutes les semaines à l’eau potable. Il n’est pas indispensable de coller à la mode pour être une jolie femme, ni d’envahir la salle de bain de produits à l’efficacité douteuse et qui coûtent aussi cher que du caviar (regardez le prix au kilo, cela fait réfléchir…). Il est inutile de traverser les océans si c’est quand même pour rester au bord de la piscine du club, d’autant plus que les rencontres de vacances ont plus de chances d’avoir un lendemain si elles sont faites près de chez nous ! Nos enfants n’ont pas tant besoin de cadeaux, mais bien plus de moments partagés avec leurs parents. Un pique-nique dans les bois ou une bonne partie de fou-rire leur feront bien plus de bien que le Xème jouet qui s’entassera dans les étagères déjà bien encombrées et qui alourdira plus encore la sempiternelle corvée dite « Range ta chambre » ! Bien souvent nous croulons sous le matériel, nous nous endettons pour un électroménager qui n’a rien d’indispensable, parce que sans y réfléchir, nous associons bonheur et possession matérielle. La publicité nous le martèle à haute dose, nous serons puissants au volant de cette voiture, nos enfants ne tomberont pas malades grâce à ce yaourt, ce rasoir nous garantit l’aisance de la séduction et ce parfum les amours de nos rêves. A chaque fonction ménagère, un nouveau produit nous offre le bonheur absolu : pour laver, à chaud, à froid, à sec, le clair, le foncé, le noir, les couleurs, pour adoucir, assouplir, rincer, désincruster, raviver, faire briller, détartrer, protéger, lustrer, rajeunir, nourrir, et que tout cela sente bon ! STOP !

Arrêtons-nous ! Réfléchissons ! La période des fêtes qui s’annonce avec les premiers frimas nous prépare un discours dépressif sur le consommateur malheureux qui va devoir se priver de foie gras ou de champagne, et quelques interviews prévisibles où se plaindront les parents qui pensent faire le bonheur de leurs enfants à coups de consoles de jeux, et le leur avec des guirlandes clignotantes et énergétivores, nous les entendons déjà ! Cette identité de « consommateur » me convient-elle vraiment ? N’est-il pas temps de me rappeler que je suis peut-être aussi, et sans doute bien plus, un parent concerné, un conjoint aimant, un sportif joyeux, un citoyen engagé, un amoureux de la nature, un voisin attentionné, un artiste en devenir, un roi de la récup, un bricoleur de génie, un visiteur de malade, un musicien amateur, un ami bienveillant… Tournons-nous les uns vers les autres, parlons-nous, rions ensemble, jouons avec nos enfants, racontons-leur des histoires, relisons les livres oubliés, lançons-nous dans le théâtre amateur ou l’artisanat, inventons, créons, chauffons-nous moins et couvrons-nous plus, redécouvrons les bienfaits de l’exercice physique, passons du temps dans la nature, promenons-nous dans les bois, tant que la Bourse n’y est pas, marchons plus et roulons moins, faisons l’amour et pas les courses ! Tout cela ne coûte pas bien cher, procure tant de plaisir et contribue grandement à notre bien-être!

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Citations de Alain Peyrefitte, Le mal français est-il incurable ? Répondre non, c'est s'engager à esquisser les principes d'une thérapeutique. Ne craignons pas de paraître présomptueux. Le malade, c'est nous-mêmes

Citations de Alain Peyrefitte (29)
lecassin14 janvier 2014
Quand la Chine s'éveillera... le monde tremblera de Alain Peyrefitte
 
Se savoir autre, admettre les différences, ne prétendre ni imposer sa façon d’être, ni copier celle des autres, c’est une sagesse à laquelle il est devenu audacieux d’aspirer.
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nadiouchka17 février 2017
L'Empire immobile ou Le choc des mondes de Alain Peyrefitte
 
AVENTURE D’UNE RECHERCHE
L’histoire se nourrit aussi bien des témoignages des rois que de ceux de leurs valets de chambre.
Voltaire
P.7
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tourniereric200208 avril 2013
Les chevaux du lac Ladoga de Alain Peyrefitte
 
Au milieu des clameurs, un millier de chevaux, pris de panique, coururent se jeter dans le lac pour échapper à l’incendie. Soudain, l’eau qui les protégeait gela… Ce troupeau qui, fuyant le mur de flammes, s’enferme à jamais dans le mur de glace, ses chefs de file auraient pu l’entraîner sur une troisième voie, en s’élançant au long de la rive. Mais le réflexe d’un être apeuré ou fougueux, surtout en groupe , le pousse à bondir d’un extrême à l’autre…

Dans le phénomène de la surfusion, l’immersion soudaine de corps étrangers entraîne la cristallisation de la masse liquide. Ce sont les chevaux qui provoquèrent le gel du lac. Cet équilibre précaire d’une eau prête à basculer évoque celui dans lequel baigne une société complexe…

Réfractaire à l’esprit de transaction, nous avons l’esprit de contradiction… Quel rôle notre attrait pour les excès laisse-t-il à la justice ? Elle assure l’équilibre de la société, quand elle reconnaît « le bon droit » ; quand elle substitue le châtiment légal à la vengeance privée ; quand elle sauvegarde les libertés individuelles ; quand elle fixe les bornes.

Seulement, les juges sont eux-mêmes exposés à tous les déséquilibres… Soumis au pouvoir exécutif, ils réduiraient la justice à être une auxiliaire de la police ; dressés contre lui ; ils transformeraient la séparation des pouvoirs en conflit des pouvoirs… Sensibles à l’opinion ; ils délibéreraient sous la pression de la rue ; dédaigneux de la volonté collective, ils oublieraient qu’ils prennent leurs décisions au nom du peuple français… Trop lents, ils désespèrent celui qui attend réparation ; expéditifs, ils s’exposeraient à l’erreur… À tant de risques contradictoires, ils n’échappent que par la mesure…

Celui qui conduit l’action doit fixer l’horizon. Mais s’il souhaite qu’elle aboutisse, il doit savoir garder le silence. Au milieu des clameurs, il longe la rive – en évitant les dangers du brasier comme du lac en surfusion…
 
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Alain Peyrefitte
isabiblio04 mai 2010
Alain Peyrefitte
 
Toute figure exemplaire est nourricière de confiance.
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genou15 mai 2013
Le mal français de Alain Peyrefitte
 
Voici la France, encore au début du siècle dernier la plus grande puissance du monde, aujourd'hui bien distanciée ; et même qui, malgré de récents progrès, éprouve quelque peine, pour se moderniser tout en gardant en équilibre, à suivre le train de pays plus agiles qu'elle
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genou15 mai 2013
Le mal français de Alain Peyrefitte
 
Le mal français est-il incurable ? Répondre non, c'est s'engager à esquisser les principes d'une thérapeutique. Ne craignons pas de paraître présomptueux. Le malade, c'est nous-mêmes : est-ce présomptueux que de vouloir guérir ? Mais on ne présentera pas ici une ordonnance détaillée : seulement une réflexion sur la méthode ; et à titre d'exemples, quelques pistes sur lesquelles on pourrait avancer. Le propos de ce livre n'était pas d'établir un "programme" ou un "manifeste", mais de réfléchir et de faire réfléchir ; pour contribuer peut-être, en suscitant un débat d'idées, à nourrir les programmes et manifestes que d'autres, ensuite, viendront élaborer
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tourniereric200208 avril 2013
Quand la rose se fanera : du malentendu a l'espoir de Alain Peyrefitte
 
En 1981, les Français ont voulu changer de têtes, mais les têtes qu’ils ont choisies veulent changer de France et changer les Français: la rose socialiste a éclos sur ce malentendu...

Quand on s’entend mal, les torts sont souvent partagés. Les Français n’ont pas compris que les socialistes croyaient au socialisme; ni que le « socialisme à la française» du P.S. ressemblait comme un frère au « socialisme aux couleurs de la France» du P.C.

Les Français ont pensé élire un homme libre : on leur annonce qu’ils ont signé une charte en cent dix articles qui les lie irrévocablement. Ils ont imaginé qu’ils allaient débarrasser les socialistes du P.C. : ils l’ont retrouvé au gouvernement. Ils ont ajouté foi à ceux qui promettaient que leurs recettes mettraient fin à la crise : ils découvrent que la construction socialiste ne fait nullement reculer la crise, mais s’en arrange. Ils ont supposé qu’ils garantissaient la paix sociale : ils devinent qu’ils ont mis en branle la lutte des classes. Etc.

Ce malentendu peut-il durer? Le socialisme ne devra-t-il pas. choisir entre l’attachement à son dogme, et son maintien aux commandes?

Mais d’autres voies de sortie s’offrent à lui que le reniement idéologique ou la défaite électorale. Il peut s’éloigner toujours plus de la démocratie libérale, en se « radicalisant ». Il peut ériger le malentendu permanent en méthode de gouvernement. Il peut...

Quels choix, à l’opposé, les hommes de la liberté ont-ils à proposer aux Français guettés par la résignation ou la révolte? N’est-il pas temps de passer du malentendu à l’espoir, en permettant que ce peuple, purgé de ses fantasmes, se réconcilie avec lui-même?

L’analyse de notre société, entamée dans Le Mal français, poursuivie ici, est inséparable d’un combat pour la clarté.

 
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