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25/06/2017

EN IMAGES. Le prince William fête ses 35 ans, William semble plus que jamais prêt à endosser son rôle de futur monarque. 35 ans, l'âge, semble-t-il, de la maturité...

Le prince William fête ce 21 juin ses 35 ans. Le fils du prince et de la princesse de Galles a grandi devant les caméras du monde entier, attendri les jeunes mamans lorsqu'il était enfant et longtemps fait battre le cœur des jeunes filles... Retour en images sur un destin royal. 594aade2cd70e30bb27585f4.jpeg594ab363cd70530690bdd0fa.jpeg594aac91cd70530690bdab6a.jpeg

Son Altesse Royale la princesse de Galles a été délivrée d’un fils à 21h03 aujourd’hui". Le 21 juin 1982, le Royaume-Uni célébrait à l’unisson la naissance de William, le premier enfant de Diana et du prince Charles. "Il est beaucoup plus beau que moi", annonçait non sans humour l'héritier du trône en quittant la maternité de l’hôpital St Mary's, à Londres. Le lendemain, le prince et la princesse de Galles, rayonnante malgré la fatigue, regagnaient le palais de Kensington avec le nouveau-né soigneusement emmitouflé dans un châle en laine blanche. Jamais Diana n’avait paru aussi douce, aussi attendrie, Charles aussi attentionné.

31 ans plus tard, l’image est -presque- la même. William tient dans ses bras son fils, âgé seulement de quelques heures. La même clameur s’échappe de la foule. Le même trait d’humour: "Mon fils ressemble heureusement à sa mère", dit-il. George, né le 22 juillet 2013, aura été tout aussi désiré et attendu que son père. Car tous les deux sont nés pour régner…

C'est pourtant sur l'île d'Anglesey, au pays de Galles, puis à Anmer Hall, dans la campagne du Norfolk, loin de la cour, que William et son épouse, Kate, ont décidé de passer les premières années de leur mariage. Depuis la naissance de sa fille cadette, en mai 2015, le duc de Cambridge se sent libre de mener enfin l'existence qui lui ressemble, d'offrir à George et à Charlotte la quiétude et la stabilité qui lui ont tant manqué lorsqu'il était enfant. 

Épanoui dans son métier de pilote d'hélicoptère pour l'East Anglian Air Ambulance, le petit-fils d'Élisabeth II savoure pleinement les bonheurs sans tapage de sa nouvelle vie, qui prendra un nouveau tournant cet été: William et Catherine ont en effet annoncé leur décision de revenir s’établir à Londres de manière permanente avec leurs deux enfants.

À  l'heure où il s'apprête à se consacrer à plein temps à ses engagements officiels pour mieux seconder la reine Élisabeth et le prince de Galles, William semble plus que jamais prêt à endosser son rôle de futur monarque. 35 ans, l'âge, semble-t-il, de la maturité...

Par Lola Léger et Caroline Lazard

21/06/2017

À qui s’adressent réellement les stars engagées ?Stagnation du succès des stars, Influentes mais non redevables,

SRU--International Research.gif À qui s’adressent réellement les stars engagées ?

Les stars de l’humanitaire n’ont pas chômé la semaine dernière : Forest Whitaker, accompagné de la secrétaire générale adjointe des Nations Unies aux affaires humanitaires Valerie Amos, a lancé unappel à la paix au Soudan du Sud ; Angelina Jolie a inauguré un centre d’études sur les violences sexuelles dans les conflits avec le député britannique William Hague ; et l’ambassadeur itinérant de l’UNICEF David Beckham a lancé une nouvelle initiative pour les enfants. 

Depuis quelques années, les organisations d’aide humanitaire ont de plus en plus recours aux célébrités pour faire connaître leurs causes et récolter des fonds. Seulement, il y a un hic :

Cela ne marche pas. Du moins pas autant ni comme on pourrait le penser.

 À en croire une étude de Dan Brockington, professeur à l’université de Manchester, le public reste étonnamment froid devant les activités militantes des stars. Il s’agit de la première étude quantitative sur le sujet.

« Contrairement aux apparences, avoir recours à des célébrités pour avoir un impact plus large, pour toucher les masses et attirer l’attention des médias n’est en aucun cas une technique miracle », a-t-il dit à IRIN en marge d’une conférence qui s’est tenue du 6 au 8 février à l’université du Sussex, à l’occasion de laquelle il a présenté son étude publiée récemment dans l’ouvrage Celebrity Advocacy and International Development.

Dans une enquête menée par M. Brockington auprès de 2 000 citoyens britanniques mentionnant une liste de 12 organisations caritatives, dont la Croix-Rouge britannique, Save the Children UK et Oxfam UK, 95 pour cent des personnes interrogées en connaissaient au moins cinq. Mais les deux tiers des répondants ne pouvaient citer aucune personnalité militant pour l’une ou l’autre de ces organisations non gouvernementales (le producteur de musique Simon Cowell et les chanteurs Victoria Beckham et Elton John respectivement pour les trois ONG citées ici).

Des groupes de discussion et des interviews avec une centaine de vedettes « ambassadrices » et de chargés de communication de plusieurs ONG ont confirmé les conclusions de M. Brockington.

Plus étonnant encore, a-t-il précisé, ceux qui s’intéressent aux célébrités ne savent pas forcément quelles causes elles défendent.

« Les gens qui suivent [l’actualité des] célébrités le font souvent parce qu’elles ne sont pas politisées », a-t-il dit lors de son interview avec IRIN. « Elles sont sympas, légères. On veut vivre leur vie [...]. [Les gens] ne s’intéressent pas aux [célébrités] pour les raisons les plus louables. »  

Stagnation du succès des stars

D’après une autre étude de M. Brockington, malgré le recours de plus en plus fréquent aux célébrités pour défendre les bonnes causes (stratégie qui, soi dit en passant, date au moins de l’époque victorienne), le nombre de références aux organisations caritatives dans les articles de journaux classiques et de la presse à scandales concernant des célébrités n’a que légèrement augmenté entre 1985 et 2010. « La proportion d’articles de presse mentionnant les ONG humanitaires et de développement en général a également baissé », a révélé cette étude.

On surestime par ailleurs peut-être l’intérêt du public pour les célébrités.

Après une hausse constante de la place accordée aux célébrités dans la presse britannique pendant vingt ans, le pourcentage d’articles mentionnant le mot celebrity (soit une partie seulement des articles concernant les stars) a cessé d’augmenter vers 2006 et tourne maintenant autour des quatre pour cent de la totalité des articles analysés (dans The Guardian, The Times, The Independent, Daily Mail, The Mirror et The Sun), a révélé l’étude. Cela confirme les résultats d’études précédentes sur ce sujet.

Après une hausse constante, les statistiques internes au secteur de la presse magazine révèlent depuis quelques années un déclin du lectorat.

Les célébrités peuvent cependant attirer l’attention du public avec beaucoup de succès : Miley Cyrus a fait grand bruit l’année dernière lorsqu’elle a envoyé un sans-abri recevoir son prix aux MTV Video Music Awards ; la chanson de Bob Geldof produite pour récolter des fonds pour la lutte contre Ebola s’est très vite hissée en tête des palmarès ; et les téléthons organisés par des stars comme Comic Relief au Royaume-Uni sont généralement une réussite. Le discours de Leonardo DiCaprio à l’ouverture du Sommet 2014 sur le Climat a été visionné près de deux millions de fois sur YouTube – bien plus que nombre des chefs d’État qui ont pris la parole lors du sommet.

Bien moins étudiée, l’efficacité de la participation des célébrités dans les campagnes philanthropiques dans les pays non occidentaux pourrait pourtant être encore plus élevée. L’UNICEF, par exemple, a recours à davantage de stars nationales qu’internationales pour faire connaître ses activités, car la population locale se sent plus proche d’elles. D’après M. Brockington, les campagnes diffusées dans les médias sociaux peuvent dans certains cas être très efficaces, mais elles « ne changent pas la donne » (à ce sujet, lisez la critique cinglante de Paul Currion sur la manière dont la campagne KONY 2012 a suscité l’engouement avant de se solder par un échec).

Influentes mais non redevables


Dans l’ensemble, selon M. Brockington, l’intérêt du public pour les célébrités semble inférieur à ce que pensent la plupart des gens, du moins au Royaume-Uni. Pourtant, aussi inexact que cela puisse-t-être, les Britanniques croient toujours en l’influence des stars : 74 pour cent des personnes interrogées par M. Brockington ont répondu qu’elles pensaient que les autres prêtaient plus d’attention aux célébrités qu’elles-mêmes. C’est statistiquement impossible, mais la notion de prophétie autoréalisatrice nous permet de croire que si les gens pensent que les autres s’intéressent plus qu’eux aux célébrités, cette influence pourrait bien devenir réelle.

M. Brockington a découvert que si les célébrités n’intéressent pas autant le public qu’on le pense, elles attirent néanmoins l’attention des responsables politiques et des décideurs. 

Pourquoi donc ? 


Parce que les politiciens – comme la plupart des gens – aiment être entourés de célébrités. Mais aussi parce que les politiciens – comme la plupart des gens – pensent que les célébrités se font l’écho des sentiments de l’ensemble de la population, bien que cela soit en réalité rarement le cas. Ils leur accordent donc accès et influence. 

Ben Affleck, par exemple, a informé le Congrès des États-Unis de la situation en République démocratique du Congo et George Clooney est intervenu au Conseil de sécurité des Nations Unies au sujet du Darfour.

Pour les universitaires – encore rares, mais de plus en plus nombreux –, qui étudient le sujet, l’écart entre les campagnes menées par les célébrités et la mobilisation de la population soulève une question éthique majeure : si les célébrités ont tant de pouvoir et d’influence, mais ne représentent pas le sentiment de la population, à qui doivent-elles rendre des comptes ?  

« Une célébrité n’est pas redevable à son public de la même manière qu’un élu », a écrit Alexandra Cosima Budabin, de l’université de Dayton, dans un livre à paraître intitulé Celebrity Humanitarianism and North-South Relations. « Des propositions peu judicieuses et des interventions inefficaces ne compromettent pas les célébrités, dont la position est assurée par des élites financières et politiques. »]

D’après Ilan Kapoor, professeur à l’université de York au Canada et auteur de Celebrity Humanitarianism: The Ideology of Global Charity, la place de plus en plus influente accordée aux célébrités sur les questions de l’aide humanitare, de la réduction de la pauvreté et de la famine leur ont permis de « souvent décider pour les bénéficiaires en souffrance » et d’éliminer les examens et les débats publics. 

« Des individus et des organisations privées, généralement non élus, se sont de fait emparés de fonctions qui devraient essentiellement être publiques », a-t-il écrit.

Une stratégie machiavélique ?


Peut-être plus intéressant encore, M. Brockington a découvert grâce à ses entretiens avec des employés d’ONG dont les causes sont défendues par des célébrités que les attachés de liaison savent que l’impact des stars sur le public est limité, mais qu’ils y ont quand même recours parce qu’elles peuvent influencer les décideurs. 

« Ce n’est peut-être pas très plaisant de faire de la realpolitik, » a-t-il dit à la conférence de l’université du Sussex, « mais cela permet d’atteindre ses objectifs. »

L’annonce de l’UNICEF d’une nouvelle initiative pour les enfants menée par David Beckham, son ambassadeur itinérant, reflète une bonne compréhension de ce point : « David profitera de son aura, de son influence et de son réseau à l’échelle mondiale pour collecter des fonds et inciter les décideurs du monde entier à améliorer durablement la condition des enfants ».

Malene Kamp Jensen, du programme des ambassadeurs itinérants de l’UNICEF – l’un des premiers et des plus développés de ce genre – reconnaît qu’envoyer un message aux décideurs est une mission « très très importante » pour les ambassadeurs : « Ils ont des accès et des moyens [privilégiés] ». 

Selon Mme Kamp Jensen, il est cependant important d’attirer l’attention de tous les segments de la société : « On doit communiquer auprès d’autant de monde que possible [...] Je ne pense pas que l’on puisse dire “oublions le public, appuyons-nous sur les décideurs.” C’est un effort collectif. » 

Pour Jeffrey Brez, du programme Messager de la paix des Nations Unies, la cible dépend de l’objectif. 

« A-t-on besoin de quelques voix supplémentaires en vue de la ratification d’un traité ? Faut-il donner plus de visibilité à une crise humanitaire pour aider le Congrès à faire passer des crédits en faveur de l’aide humanitaire ? Dans de nombreux cas [les célébrités] peuvent intervenir et donner un coup de main. Cela dépend [...] de ce que l’on cherche à faire. »

Un secteur à part entière 

M. Brez et Mme Jensen contestent tous deux l’idée selon laquelle les célébrités seraient considérées comme une stratégie miracle pour soulever l’intérêt du public. Ils insistent sur le fait qu’il ne s’agit que d’un outil parmi d’autres. 

« Nous cherchons toujours à toucher de plus en plus de monde », a dit M. Brez. Il a cependant déploré le manque d’études pour permettre à ses collègues et lui de mesurer l’impact de leurs actions de sensibilisation. 

Lorsque l’émission de télé-réalité Project Runway All Stars a tourné la finale de sa saison au siège des Nations Unies, deux millions de fans de mode – pas le public classique des Nations Unies – ont pu observer le travail de l’organisation sous un jour positif. Mais qu’en ont-ils retenu ? Leur perception des Nations Unies a-t-elle changé ? 

M. Brockington préconise d’interpréter ses résultats avec prudence : les célébrités peuvent avoir un réel impact, mais il faut y avoir recours de manière stratégique, pour influencer les élites, par exemple, ou pour récolter des fonds auprès de leurs fans. 

Selon lui, les attachés de liaison sont eux-mêmes indignés par les attentes de leurs collègues qui pensent que s’ils font appel à une célébrité, leur organisation va immédiatement frapper les esprits. 

Cette bulle risquerait-elle finalement d’éclater si les limites de cette stratégie venaient à se savoir ? M. Brockington estime cela peu probable, car l’emploi d’ambassadeurs de bonne volonté ou assimilés est devenu un secteur à part entière, dans lequel les ONG investissent beaucoup de temps et de ressources.  

« C’est souvent de la poudre aux yeux, [mais] de nombreuses personnes se sont investies là-dedans. Elles veulent que ça marche. [Cette stratégie] repose sur toutes sortes d’intérêts collectifs puissants. »

ha/bp-am- xq/amz

 

20/06/2017

La crise humanitaire déclenchée par la sécheresse en Somalie a encore une fois attiré l’attention sur le lien étroit qui existe entre les phénomènes météorologiques extrêmes et la sécurité alimentaire.

SRU-International Researech.gifLe point sur le changement climatique, la sécurité alimentaire et l’adaptation

La crise humanitaire déclenchée par la sécheresse en Somalie a encore une fois attiré l’attention sur le lien étroit qui existe entre les phénomènes météorologiques extrêmes et la sécurité alimentaire. Mais quels sont ces liens exactement ? Et que peuvent faire les agriculteurs des pays en développement pour atténuer les effets négatifs du changement climatique ? Cette série de questions-réponses donne un aperçu général des principaux enjeux, en faisant la part belle aux petits paysans africains.

Qu’est-ce que la sécurité alimentaire ?

On pourrait croire que cette expression n’est qu’un terme spécialisé utilisé dans le jargon humanitaire pour désigner le fait d’avoir assez à manger et de savoir comment se procurer son prochain repas. Mais la sécurité alimentaire est un concept complexe qui a beaucoup évolué avec le temps. Selon la définition actuelle du Programme alimentaire mondial (PAM) des Nations Unies, les populations sont dites en situation de sécurité alimentaire lorsqu’elles « ont, à tout moment, un accès à une nourriture suffisante, saine et nutritive leur permettant de mener une vie saine et active ». Autrement dit, il ne s’agit pas seulement d’être en sécurité maintenant, mais dans un avenir proche ; et il ne s’agit pas non plus seulement de pouvoir se nourrir, mais de pouvoir le faire correctement et de pouvoir préparer ses repas sans risques. Le terme « accès » est fondamental dans cette définition : même lorsque les marchés ou les granges regorgent de denrées, la population peut être en situation d’insécurité alimentaire si elle n’a pas les moyens d’acheter ces produits ou n’a rien à troquer en échange. Il arrive même que des famines surviennent alors que la nourriture ne manque pas, mais qu’elle est tout simplement inabordable.

En 2004, un système a été mis en place pour aider les organisations humanitaires à réagir efficacement à une crise alimentaire en Somalie en définissant et en analysant avec précision l’insécurité alimentaire locale à l’aide d’une grille classant cette insécurité alimentaire en cinq phases : absente/minimale, sous pression, crise, urgence et catastrophe humanitaire/famine. Ce cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire, qui repose sur des observations factuelles, a été mis au point par un ensemble d’agences des Nations Unies et d’organisations non gouvernementales. Il a été complètement remis à jour en 2017 et est aujourd’hui utilisé dans 25 pays du monde.

Quelle est l’incidence du changement climatique sur la sécurité alimentaire ?

Le changement climatique a comme principale conséquence d’augmenter la fréquence et la gravité des phénomènes météorologiques extrêmes tels que les inondations, les sécheresses, les canicules et les variations dans les régimes de précipitation. La hausse du niveau de la mer due au changement climatique entraîne l’érosion des côtes et la perte de terres arables. Quant à l’augmentation des températures, elle favorise la prolifération des mauvaises herbes et des nuisibles et menace la viabilité des zones de pêche.

Tout cela a un impact sur la production agricole, dont dépend la sécurité alimentaire de la plupart des habitants des pays en développement. En effet, ceux-ci pratiquent presque tous une agriculture pluviale, et lorsque les précipitations sont insuffisantes ou surviennent au mauvais moment, ou lorsque de grosses tempêtes éclatent, des récoltes entières peuvent être anéanties, des infrastructures essentielles peuvent être endommagées ou détruites et des ressources communautaires peuvent être perdues. Le changement climatique est donc considéré comme la plus grande menace qui pèse sur les petits paysans, dont on estime le nombre à 500 millions dans le monde.

D’après le PAM, « [l]'évolution des conditions climatiques a déjà une incidence sur la production de certaines denrées de base et le changement climatique à venir menace d’exacerber ce problème. La hausse des températures aura un impact sur les cultures et la modification du régime des précipitations pourrait affecter la qualité et la quantité de la production agricole. »

Ce sont les populations les plus pauvres qui souffrent le plus de la hausse du prix des céréales et du recul des rendements, car ce sont elles qui consacrent la plus grande partie de leurs revenus à l’alimentation. À long terme, le changement climatique pourrait « créer un cercle vicieux de maladie et de faim », avertit le PAM.

À l’horizon 2050, la malnutrition infantile devrait être de 20 pour cent supérieure à ce que l’on observerait en l’absence de changement climatique.

La population devrait alors atteindre les neuf millions. Les mangeurs de viande et de produits laitiers seront probablement plus nombreux et davantage de terres seront consacrées à la culture d’agrocarburants. L’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) estime donc que pour satisfaire la demande en 2050, la production mondiale de nourriture devra augmenter de 70 pour cent par rapport à 2005.

Ce rapport (en anglais) de l’Institut international de recherche sur les politiques alimentaires analyse avec force détails les effets du changement climatique sur l’agriculture, en mettant l’accent sur les pays en développement.

Pourquoi l’agriculture en Afrique est-elle particulièrement vulnérable ?

En Afrique subsaharienne, les petits paysans génèrent 80 pour cent de la production agricole. La plupart des terres n’étant pas irriguées et les sources d’eau fiables devenant de plus en plus rares, les cultures dépendent généralement des précipitations, que le changement climatique rend de moins en moins régulières et prévisibles.

Sur le continent africain, les activités agricoles ont souvent lieu dans zones marginales telles que les plaines inondables, les déserts et les flancs de coteaux, où les perturbations météorologiques plus fréquentes que jamais détériorent gravement les sols et les cultures. Le climat a toujours connu des variations, mais le rythme et l’intensité actuels de ces changements rendent les méthodes traditionnelles d’adaptation insuffisantes.

Les millions d’éleveurs de bétail des régions d’Afrique les plus arides sont particulièrement vulnérables aux phénomènes météorologiques extrêmes, comme le démontre la sécheresse qui touche actuellement la Somalie et le Kenya. 

Ethiopia drought
©UNICEF Ethiopia/2017/Nahom Tesfaye

Lorsque de tels évènements se produisent et que les cultures sont détruites ou que le bétail meurt, les paysans, souvent victimes de pauvreté endémique, ont rarement assez d’économies et de réserves pour en amortir le contrecoup.

Peu de paysans africains sont propriétaires des terres qu’ils cultivent et il leur est donc difficile d’obtenir des crédits pour les intrants tels que les engrais et les pesticides ou pour des équipements. Ils ont aussi rarement la capacité de stocker leur production et la médiocrité des infrastructures limite souvent leur accès aux marchés. Les techniques modernes d’accroissement du rendement et les assurances sont souvent hors de portée des petits paysans. Même ceux qui en ont les moyens hésitent à investir dans des terres dont ils ne possèdent pas le titre de propriété.

Selon le quatrième rapport d’évaluation de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques, « l’Afrique est probablement le continent le plus vulnérable au changement climatique. Le continent risque notamment d’être confronté à une baisse de la sécurité alimentaire et de la productivité agricole — surtout en ce qui concerne l’agriculture de subsistance —, à une hausse du stress hydrique et, à cause de ces deux premiers facteurs et d’une exposition potentiellement plus importante aux maladies et autres problèmes sanitaires, à une plus grande vulnérabilité en matière de santé humaine. »

Pour de plus amples informations sur le changement climatique en Afrique, consultez cette fiche d’info d’Africa Check.

Que peuvent faire les paysans africains ?

On désigne par le terme « adaptation » les ajustements réalisés pour atténuer les effets du changement climatique et les risques que celui-ci implique à l’échelle internationale, nationale ou locale. Les petits paysans qui sont confrontés à des bouleversements météorologiques et autres phénomènes liés au changement climatique utilisent déjà différentes méthodes d’adaptation. Ils diversifient par exemple leurs cultures et pratiquent la rotation des parcelles, ils s’investissent dans des activités non agricoles génératrices de revenus, ils adaptent leur calendrier de semis, préservent l’eau et les sols, façonnent des systèmes d’irrigation et des protections contre les inondations, utilisent davantage d’intrants tels que les engrais, sèment des graines améliorées, plantent des arbres ou associent cultures et bétail.

Les agriculteurs ont besoin de l’aide de leurs États respectifs pour faire les bons choix en matière d’adaptation. Cette assistance peut prendre la forme de prévisions météorologiques plus fiables et localisées, de subventions aux intrants, de conseillers agricoles correctement formés, de meilleurs services vétérinaires, de financements dans la recherche agricole et d’améliorations des infrastructures rurales telles que les réseaux routiers.

Cet article universitaire (en anglais) explique, par le biais d’une étude de cas sur l’Éthiopie, comment les agriculteurs s’adaptent au changement climatique. Celui-ci est davantage axé sur l’Ouganda.

Notre propre projet spécial sur le changement climatique et la sécurité alimentaire comprend des reportages de terrain sur des initiatives locales d’adaptation au Kenya, au Nigeria, au Sénégal et au Zimbabwe.

Ce document analyse en détail comment les pays cherchent à favoriser l’adaptation agricole dans le cadre de l’UNFCCC.

Quid des financements ?

Bien que l’agriculture concerne directement les moyens de subsistance de milliards de personnes, elle ne bénéficie que d’une petite fraction des financements de l’action climatique. D’après ce rapport de la banque mondiale, seuls 6 à 8 milliards des 391 milliards de dollars consacrés en 2014 au financement de l’action climatique dans le monde ont été consacrés à l’agriculture, à la foresterie et aux autres types d’utilisation des terres. L’atténuation — c’est-à-dire la réduction des émissions et la transition vers des économies sobres en carbone — bénéficie traditionnellement de trois fois plus de fonds que l’adaptation.

L’importance d’investir dans une agriculture résiliente face aux aléas climatiques gagne cependant en reconnaissance, notamment dans les Objectifs de développement durable et dans l’Accord de Paris de la CCNUCC, adoptés en 2015.

La plupart des pays engagés dans la CCNUCC ont intégré au moins quelques estimations des coûts de l’adaptation agricole à leurs propres plans d’action sur le changement climatique. Les détails de ces contributions prévues déterminées au niveau national peuvent être consultés ici et une analyse plus poussée est disponibleici.

La source de financement de la lutte contre les changements climatiques la plus récente et la plus importante, à savoir le Fonds vert pour le climat, doté d’une enveloppe de 10 milliards de dollars, vise à répartir équitablement ses fonds entre l’atténuation et l’adaptation. Il est encore difficile de déterminer précisément quelles seront les conséquences du retrait du président américain Donald Trump de l’Accord de Paris et du Fond vert pour le climat sur le financement de l’adaptation agricole, mais les experts sont pessimistes.

Il existe à l’échelle mondiale plus de 50 fonds destinés aux projets d’adaptation. Nous avons consacré un article aux plus importants d’entre eux.

À lire également : notre compte-rendu sur le financement de l’action climatique (en anglais).

am/ag-ld

Dossier

Changement climatique et sécurité alimentaire

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