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24/01/2018

StefanV.Raducanu,MyNewsCenterNavigator&FranceWebAsso> > La Vie, La Vie! , La Vie? La planète est mon village ! Classes européennes...Nous devons être solidaires du vivant comme du futur,Vers un accaparement de la vie par l’économie ?

StefanV.Raducanu.jpgStefan V.Raducanu et son temps -> " La Vie " est le mot-clé de cette journée

son nouveau monde du travail qui consistera à digérer une information devenue nourriture émotionnelle et cognitive, à traiter en permanence une somme de données toujours plus pléthorique, à gérer le simultanéité et tisser des liens en permanence, à mobiliser dans le cadre de son travail ses amis et les amis de ses amis... Bref, un nouvel état des lieux où l’environnement physique, social et juridique du travail aura totalement transmuté sous l’effet des nouvelles technologies.

L’information et les données ne connaissent pas de barrage, les smartphones traversent les murs, et les réseaux infiltrent les organisations. La transparence devient un dogme et une forme de maelström qui emporte tout sur son passage.

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La planète est mon village !

Les jours du monde tel que nous le connaissons sont comptés.

« Le pouvoir de l’imagination nous rend éternel »

Imaginez ce que nous pouvons faire ensemble.

“C'est la personne humaine, libre et créatrice qui façonne le beau et le sublime, alors que les masses restent entraînées dans une ronde infernale d'imbécillité et d'abrutissement.”

Les contrats à impact social : une menace pour la solidarité ?

par Jean-Sébastien Alix & Michel Autès & Nathalie Coutinet & Gabrielle Garrigue [16-01-2018]

Les nouveaux contrats à impact social procèdent d'une hybridation croissante des logiques financières et sociales. Loin des discours enchantés qui y voient l'alliance de l'altruisme et de l'efficacité, cet article étudie une expérience concrète de CIS pour montrer que ces instruments marchandent la solidarité.

Classes européennes

À propos de : C. Hugrée, É. Penissat et A. Spire, Les classes sociales en Europe. Tableau des nouvelles inégalités sur le vieux continent, Agone
par Milan Bouchet-Valat [22-01-2018]

Trois sociologues analysent la structure sociale européenne, tirant les conséquences de l'intégration économique et politique en germe sur le continent. Une approche qui ouvre de nouveaux horizons pour l'étude des inégalités.

    Lire    

Et aussi, sur La Vie des Idées :

logo Un monde à soiEntretiens avec Anne Cheng et Michaël Foessel

par La Rédaction [20-01-2017]

Nous vivons sous le même ciel, mais notre compréhension du monde n'en est pas moins toujours située. Anne Cheng et Michaël Foessel réfléchissent aux conditions d'une appropriation commune des savoirs, qui déjoue leur inégale circulation.

    Lire    

    Lire    

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Les jours du monde tel que nous le connaissons sont comptés. Comme les passagers du Titanic, nous fonçons dans la nuit noire en dansant et en riant, avec l?égoïsme et l?arrogance d?êtres supérieurs convaincus d?être «maîtres d?eux-mêmes comme de l?univers».

   Et pourtant, les signes annonciateurs du naufrage s?accumulent : dérèglements climatiques en série, pollution omniprésente, extinction exponentielle d?espèces animales et végétales, pillage anarchique des ressources, multiplication des crises sanitaires. Nous nous comportons comme si nous étions seuls au monde et la dernière génération d?hommes à occuper cette Terre : après nous, le déluge?

   Nicolas Hulot a parcouru notre planète sous toutes les latitudes. Nul ne le sait mieux que lui : c?est un espace exigu, aux équilibres précaires. Ce livre est un ultime cri d?alerte avant de céder au désespoir : si nous tous, riches comme pauvres, ne modifions pas immédiatement notre comportement pour faire «mieux avec moins» et mettre l?écologie au centre de nos décisions individuelles et collectives, nous sombrerons ensemble.
 
   Nous devons être solidaires du vivant comme du futur : cet avertissement, Nicolas Hulot s?en est fait le messager passionné et infatigable, du sommet de Johannesburg à l?école de son village, des lambris dorés de l?Élysée aux exploitations agricoles de Bretagne et de Lorraine. «Je ne suis pas né écologiste, nous dit-il, je le suis devenu.» Et nous aussi nous pouvons, nous devons le devenir.
 
   Le Syndrome du Titanic est un livre essentiel, à lire d?urgence. Avec Nicolas Hulot, nous ne pourrons plus dire que nous ne savions pas.
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A LA UNE AUJOURD'HUI
 

 Davos : lancement de la Banque du Vivant. Vers un accaparement de la vie par l’économie ?

L’annonce qui vient d’être faite à l’occasion du World Economic Forum qui se tient à Davos en Suisse pourrait prendre une dimension historique impactant l’ensemble de l’humanité. Il s’agit ni plus ni moins que de séquencer le génome de tout ce qui vit sur Terre, et d’en conserver les codes dans une banque garantissant la propriété, l’origine et la commercialisation. Les codes de la vie seront ainsi mis à disposition des chercheurs mais aussi des industriels et des laboratoires pour leur permettre de concocter une masse inédite de bio-innovations. Une « quatrième révolution industrielle » qui s’ouvre par un plan sur dix ans, financé à hauteur de plus de 4 milliards de dollars. D’où vient cette mesure ? Qui en sont les porteurs ? Quelles en sont les intentions avouées et cachées ? Quels enjeux et conséquences ? Décryptage.

 
Digital store : 5 solutions de la French Tech vues au NRF 2018
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Applis innovantes, optimisation et prévision des stocks grâce à l'IA, contrôle de l'information produit… Voici ce que présentait la French Tech au NRF's Big Show 2018 pour les magasins. Lire

29/12/2017

Dans un monde qui bouge et continuera à bouger, ne rien faire, rester sur le statu quo est encore plus risqué.Vous aussi, partagez vos idées avec les lecteurs des Echos, C’est l’Etat qui «impose à la société ses volontés»

Ce qui empêche la France de se réformer

LE CERCLE/POINT DE VUE - Il existe dix poisons qui entravent l'engagement et la réussite des réformes en France. Tour d'horizon.

En ces temps de début de quinquennat, les réformes sont à l’ordre du jour. Après la moralisation de la vie publique et le Code du travail, l'exécutif planche déjà sur celle de l'assurance-chômage.

Seulement, il y a quelques jours, en marge de son déplacement en Europe de l'Est, Emmanuel Macron a déclaré que «La France n'est pas un pays réformable, les Françaises et les Français détestent les réformes. Dès qu'on peut éviter les réformes, on ne les fait pas. C'est un peuple qui déteste cela. Il faut lui expliquer où on va, et il faut lui proposer de se transformer en profondeur...»

Il est vrai que dans notre histoire, notamment depuis la Révolution de 1789, il a fallu attendre et atteindre des extrêmes (difficultés économiques, défaites militaires…) pour avoir le sursaut de la transformation. Pour tous ceux qui ont à initier et piloter des processus de réforme, de transformation, il est important de connaître les dix poisons qui entravent l’engagement et la réussite des réformes. Cela pourra les aider à s’en prémunir et à mettre en oeuvre les antidotes efficaces.

1. La défiance

Toute réforme ou changement se trouve fortement compromis si l’on ne fait pas confiance à ceux qui les initient et les portent (politiques, dirigeants, managers.. ). La confiance concerne aussi bien l’honnêteté que la compétence, on peut résumer cela par la crédibilité.

2. La carence de sens

Le deuxième poison, c’est la carence de sens, c’est-à-dire la non-connaissance et/ou la non-compréhension des raisons pour lesquelles la réforme est initiée. Ajoutons-y les enjeux, les contraintes à intégrer, les opportunités à saisir.

Lire aussi : Macron : six réformes sociales en 18 mois

Cela intègre aussi la pertinence du changement : son utilité, sa nécessité voire son caractère incontournable. Faute de sens, le changement ne sera ni accepté ni intégré par ceux qui sont impactés par sa mise en oeuvre.

3. L’iniquité de la réforme

Si ceux ou certains de ceux qui sont impactés par la réforme, le changement y perçoivent de l’iniquité, il y aura rejet et parfois rejet violent. Cette dimension est extrêmement sensible aujourd’hui. Lorsque l’on demande des efforts, encore faut-il qu’ils soient équitablement répartis.

4. La dictature du court terme et des solutions simplistes

Dans les entreprises comme au niveau des nations, c’est souvent la vision à court terme qui l’emporte. Cela peut être lié à la pression des actionnaires, au comportement cynique de certains investisseurs et fonds de pensions, aux jeux politiciens, voire à la démagogie.

Très souvent, cette myopie s’accompagne d’une absence de vue d’ensemble et d’une impasse sur les conséquences à plus long terme. Les solutions simplistes (et souvent démagogiques) se traduisent par des formules du type : «Il suffit de», «y’a qu’à», «faut qu’on»...

5. Le déni de réalité

Beaucoup de réformes nécessaires ne sont pas engagées, car les responsables concernés, avec parfois la complicité de ceux qui seront impactés, refusent de voir une réalité perçue comme dérangeante, inconfortable. Cela notamment lorsque le changement bouscule les habitudes, remet des avantages acquis en cause. Lorsque la réalité ne correspond ni à nos désirs, ni à nos croyances, ni à nos opinions, ni à nos valeurs, nous avons une tendance naturelle à l’occulter.

C’est ce que le psychosociologue Leon Festinger appelle la «dissonance cognitive». Il a montré que le besoin de cohérence personnelle l’emporte presque toujours sur la réalité, si cette dernière la remet en cause.

Pour engager les réformes nécessaires, il faut accepter de voir la réalité telle qu’elle est. Tôt ou tard, elle se rappelle à notre bon souvenir et les problèmes qui existaient n’ont souvent fait qu’empirer. La politique de l’autruche mène nécessairement dans des impasses. Nier la réalité, ne l’efface pas.

6. L’illusion que les choses finir par s'arranger

L’illusion est une sorte de cousin germain du déni de réalité. Ici, le problème, la difficulté voire les risques sont identifiés, mais on décide de ne pas agir. On vit dans «l’illusion» que les choses finiront bien par s’arranger. Ça peut arriver, mais le plus souvent les choses empirent.

C’est typiquement la posture de certains économistes et dirigeants qui pensent que de toute façon le marché finit par s’auto-réguler. Les crises de 1929 et 2008 ont montré les limites d’une telle approche. Laisser pourrir les problèmes est rarement la bonne solution.

7. L’absence de courage des réformateurs

Engager certaines réformes n’est pas sans risques pour ceux qui les initient. Il peut y avoir des oppositions (conflits sociaux, grèves…). Dans les réformes d’ampleur, il y aura nécessairement des contestataires, des opposants. Il faut l’accepter et ne pas renoncer.

Comme l’avait dit Antoine Veil dans une émission de télévision : «Après les Trente Glorieuses, il y a eu les trente somnolentes.» Le courage a manqué à de nombreux dirigeants. Quand on dirige (politiquement, économiquement notamment) ce qui sera au final le plus reproché, c’est l’inaction, le renoncement.

8. L’enfermement idéologique

C’est l’enfermement dans un système de représentation du monde ou de ce que devrait être le monde. L’idéologie entraîne une rigidité : tout ce qui ne rentre pas dans le moule idéologique est rejeté.

En politique, cette rigidité est souvent maintenue au nom d’un avenir meilleur, voire idéal et parfait. Cette posture entraîne inéluctablement une déconnexion d’avec le réel. L’idéologie produit donc des solutions inadaptées, donc des résultats désastreux.

Pour se maintenir au pouvoir, les tenants de l’idéologie n’ont d’autre solution que de mettre en place des systèmes de pouvoir autoritaires, voire totalitaires dans l’univers politique.

L’enfermement idéologique est notamment dangereux par le fait qu’il donne l’illusion qu’on détient la solution et qu’en dehors de cette solution, il n’y a pas d’autres alternatives. Et, si ça ne marche pas, ce qui sera généralement le cas, on invoquera des causes extérieures : trahison, sabotage, bouc émissaire, complot, conjoncture…, bref on recherchera des coupables.

9. Le recyclage des solutions du passé

Puisque ça n’a pas marché, recommençons-le ! C’est un comportement extrêmement fréquent tant dans l’univers politique que dans celui de l’entreprise. On ne reproduit pas forcément exactement la même chose, on fait de petits aménagements, de petites restructurations, mais le fondamental de la démarche, de la solution reste le même. Assez souvent, ces solutions ont marché dans le passé, mais le monde, le contexte ayant changé, il faut inventer autre chose.

10. La solution unique et définitive

Penser qu’il n’y a qu’une solution revient à un enfermement et à une limitation des possibles. Les problématiques que nous avons à résoudre dans l’univers politique et entrepreneurial sont généralement complexes. Il faut donc s’obliger à rechercher des solutions possibles (qu’on discriminera ensuite à l’aide de critères : coût, faisabilité…), ce qui suppose des démarches participatives où l’on promeut l’intelligence collective.

Attention aussi au fait de croire qu’on a réglé une problématique une fois pour toutes. Dans un monde en dynamique permanente de changement, c’est une profonde illusion. En réalité, toute solution ou mix de solutions est à considérer comme nécessairement imparfait et provisoire. Peut-on sérieusement croire qu’on va résoudre une fois pour toutes et de façon parfaite les questions de croissance, de chômage, de délinquance…

Il faut donc évaluer dans la durée l’efficacité des solutions retenues et savoir remettre sur le métier quand leurs résultats s’altèrent. Il faut également rester conscient du fait que la résolution (temporaire) d’un problème n’empêche pas le surgissement de nouveaux problèmes. Il convient également de s’interroger non seulement sur les effets supposés bénéfiques d’une solution, mais aussi sur ses possibles effets pervers.

Conclusion

Conduire la réforme, le changement, ce sont des démarches extrêmement difficiles et à haut risque. Dans un monde qui bouge et continuera à bouger, ne rien faire, rester sur le statu quo est encore plus risqué.

Nous n’avons d’autre choix que d’accepter, sous réserve de leur pertinence, la nécessité de la réforme, du changement. Ne pas se faire piéger par l’un ou plusieurs des poisons évoqués aidera à se donner plus de chances de réussite. C’est aussi accepter le principe de la prise de risque, car comme le notait Wladimir Wolf Gozin : «Vivre prudemment, sans prendre de risques, c’est risquer de ne pas vivre !»

Marc-Alphonse Forget est consultant, coach et formateur auprès de grandes entreprises et de structures publiques

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La France souffre d’une oligarchie qui l’empêche de se réformer

Les cinq raisons qui empêchent la France de se réformer !
B
ien que le pays soit en ébullition, l'élite française reste figée dans une immobilité notoire. Quelques exemples historiques justifient l'incapacité de l’élite française à faire face à la crise actuelle.

L'autocritique (1), qui n'est pas la force du président François Hollande, montre cependant l'incapacité des élites françaises à dire au revoir aux chimères historiques.

Cela fait déjà quatre fois que la France a réussi, dans des situations dramatiques, à trouver une échappatoire à une crise existentielle. C’est plus surprenant encore si l’on considère la rigidité notoire avec laquelle l'élite parisienne s’est opposée à toute réforme ou, si elle s’est réveillée, a capitulé dès le premier signe de résistance. On peut mettre cela sur le compte d’un calcul tactique, d’une arrogance collective ou d’une vision erronée. Cependant, il est instructif d’analyser l'expérience historique unique de la mentalité française.

1 Le centralisme

Jusqu'à la fin du Moyen-Age, la France était un ensemble de pièces rapportées sous la coupe de différents seigneurs. Le plus grand propriétaire foncier dans le pays était le roi d'Angleterre. Le droit à sa succession déclencha la guerre de Cent Ans qui ruina presque la France.

Bien que les archers anglais décimassent la chevalerie française dans plusieurs batailles, les rois de France réussirent à reprendre peu à peu le contrôle de plusieurs provinces. Avec l'augmentation des impôts, ils recrutèrent des soldats et les rendirent indépendants des droits seigneuriaux. Avec l’émergence de ce pouvoir centralisé non seulement les armées anglaises furent vaincues, mais aussi les revendications de l'aristocratie. A la fin de la guerre, en 1450, de ce conglomérat de pouvoirs divergents émergea un régime politique dont les frontières préfiguraient celles de l'État-nation. La monarchie était devenue le centre du pouvoir et Paris sa capitale.

Mais ce centralisme, qui devint le modèle des dirigeants de l'Occident, était loin d'être parfait. Dans la lutte contre la Bourgogne et l'Empire espagnol de nombreuses conquêtes furent perdues à nouveau.

2 L’absolutisme

Une fois de plus la couronne française connut une crise existentielle. Dans les guerres confessionnelles du seizième siècle, la France échappa, de justesse, à un éclatement, mais le pragmatisme toucha le chef huguenot Henri IV qui se convertit au catholicisme : «Paris vaut bien une messe.» L'unité religieuse fut encadrée dans une doctrine laïque : la souveraineté de l'État l’habilite à arbitrer au-dessus des parties. Ce sont des intellectuels comme Jean Bodin qui reconnurent à la couronne la détention de cette souveraineté.

Une génération plus tard, ce fut un prince de l'Église, le cardinal de Richelieu, qui en s’appuyant sur l’alliance avec la couronne protestante suédoise, jeta les fondements de l'Etat séculier dont Louis XIV put proclamer un jour : « L'Etat c’est moi ! » Contre toutes les traditions, la France fut divisée en intendances qui portèrent la volonté du roi dans de nombreux recoins de son empire qui était devenu le plus puissant en Europe.

Mais cet absolutisme était tout sauf absolu. Certes, la vieille noblesse était sous le contrôle royal à la cour de Versailles. Mais dans le royaume se mit de facto en place une nouvelle aristocratie de hauts fonctionnaires (2) au-dessus des parlements, qui fut effectivement créée par le roi, mais que ce dernier n’avait pas les moyens de contrôler. Les folies du monarque firent exploser la dette. En 1714, à la fin de la guerre de Succession d'Espagne, la dette nationale était trente fois plus élevée que les recettes fiscales. (3)

3 La révolution

Le résultat de la faillite fut la convocation des États généraux en 1789, la révolution et le renversement de la monarchie. Dans un sursaut inimaginable, la République sut préserver son existence contre les armées coalisées de l'Ancien Régime et le soulèvement de la Vendée. L'héritier de la Révolution, Napoléon Bonaparte, soumit non seulement la moitié de l'Europe, mais établit un Etat moderne et efficace, qui, même après la fin de l'Empire, fut préservé.

Mais la victoire de la bourgeoisie et de son alliée, la métropole parisienne, avaient le revers de la médaille. La résistance du pays, de ses fermiers et de ses nobles ne put être écrasée qu’avec une extrême brutalité. Mais il a toujours existé - géographiquement et mentalement - des zones d'ombre que le centralisme et l'absolutisme ne purent éradiquer. La division de la France a perduré entre une élite étatique et beaucoup de particularismes provinciaux.

A cela s’ajoute la grande imposture de la Révolution dont la devise est la liberté, l’égalité et la solidarité. La réalité est plutôt dans le slogan «Enrichissez-vous ! » qui déclencha les révolutions du dix-neuvième siècle.

4 Le capitalisme

En 1871, les armées allemandes écrasèrent celles de l'empereur Napoléon III, et la République naissante ne put venir à bout de l'insurrection de la Commune de Paris qu’après un long siège. C’est l'un des plus grands succès de la France que d’avoir créé, sur les décombres de cette insurrection, un État industriel moderne qui, quarante-trois ans plus tard, sut contrer avec succès la machine de guerre de Guillaume II. De plus, la France fut capable de fournir à l'Empire tsariste les moyens financiers de sa modernisation et d’entretenir un empire colonial très déficitaire.

Mais après avoir gagné la Première Guerre mondiale, la Troisième République perdit les effets de cette victoire à vouloir mener de concert une politique de solidarité sociale et de prospérité économique. (4) Après tout, le capitalisme s'est avéré fragile dans ce pays : «Parce qu'il est étranger au corps français», a expliqué le grand historien Fernand Braudel. La France et ses élites n’aiment pas la maximisation du profit poursuivi par le capitalisme anglo-saxon avec «ses dents de requin.»

5 L’amour-propre

Le pouvoir séculier n'a pas encore compris où son modèle social conduit la France. La raison est la même que celle qui a abouti à quatre catastrophes historiques dans ce pays : c’est l'ivresse de l'engouement et de l’aveuglement. Parce que l’influence pérenne du centralisme, de l'absolutisme, de la révolution et du capitalisme à la française a pu paraître suffisante pour surmonter toutes les crises dramatiques et maintenir au pays son rang de puissance et de modèle pour le reste du monde, une culture de l’autocritique est inconcevable pour permettre un changement de direction. La tradition du Roi Soleil et de ses fonctionnaires omnipotents hante encore la cour. L'étroitesse d'esprit et l'uniformité des diplômés des grandes écoles parisiennes en est la conséquence aujourd’hui. (5)

Berthold Seewald
Die Welt

Notes du traducteur

(1) Le président a fait le pari, contre l’avis de tous les experts économiques qui ne sont ni marxistes ni keynésiens, d’inverser la courbe du chômage à la fin de l’année par une politique fiscale inquisitoire.

(2) Le colbertisme donna naissance au capitalisme rigide à la française, un avatar étatique du vrai capitalisme qui est libre et privé. Le colbertisme est l’alma-mater de l’ENA où est formatée l’élite française.

(3) C’est un rappel historique bienvenu qui prouve que le pouvoir absolu est une calamité naturelle comme la peste et le choléra. La Cinquième République, avec son président omnipotent, constitue un malheureux retour en arrière pour la France.

(4) Le Front Populaire, une coalition de partis de gauche qui prit le pouvoir en 1936, conduisit tout droit à la catastrophe du 10 mai 1940 avec la percée des blindés de Guderian dans le saillant des Ardennes. On relève le même aveuglement du gouvernement actuel face à l’imminence d’une autre catastrophe. L’histoire de France n’est qu’un enchaînement de catastrophes en raison de l’aveuglement des élites qui ne se remettent jamais en question.

(5) Il faut supprimer les grandes écoles et créer des universités autonomes avec un financement à moitié par les étudiants et à moitié par les entreprises.

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Comment réformer la France en dix ans ? - La Croix

LA REFORME INTELLECTUELLEDE LA FRANCE.pdf

24/12/2017

FranceWebAsso & MyNewsCenterNavigator»Pour trouver des îlots de rationalité dans un océan d’informations ...« Qui connaît l'art d'impressionner l'imagination des foules connaît aussi l'art de les gouverner. »

Les foules, les clans, Pour un individu donné, seul le temps de réponse à la stimulation diffère.

Les foules, les clans, les partis et la Raison

Il est impossible d’être raisonnable, animé par la raison, et nombreux. Gustave Le Bon (1841-1931) le savait déjà et constatait « l'extrême infériorité mentale des foules, y compris les assemblées d'élite, » Qu’en est-il aujourd’hui ?

JPEG Ce qui différencie une foule vociférante et imprévisible d’une troupe militaire marchant au pas, c’est la nature et l’ampleur de l’autorité externe ainsi que le type et la force des liens entre individus. 100 milliards de neurones sont connectés les uns avec les autres pour former un système intelligent. Un neurone donné fait la somme des entrées, compare la somme à une valeur seuil, et répond en émettant un signal si cette somme est supérieure ou égale à ce seuil. Sans ce processus impliquant une réponse individuelle binaire 0 ou 1, oui ou non, les systèmes sombrent dans le bruit et ne manifestent aucune intelligence. Les mécanismes moléculaires essentiels doivent adopter des phénomènes de rétroaction pour fournir une réponse cohérente : cause et effet forment une boucle, il y a une action en retour de l’effet sur la cause.

 Pour les assemblées humaines, les interactions avec autrui peuvent être classées sous les termes généraux Haine et Amour. En faisant montre de l’un ou l’autre de ces sentiments, les correspondants excités vont renforcer le sentiment de l’excitateur. Toutefois, haine et amour induisent des phénomènes de rétroaction de bien différente ampleur : la haine est bien plus efficace que l’amour pour conforter le sentiment initial et ainsi le propager.

 Haine et amour sont des sentiments élémentaires omniprésents dans la Nature : l’homme doit protéger, chasser, dominer grâce à la première, la femme sait faire montre d’une extrême sollicitude pour ses enfants grâce à la seconde. Cette séparation des sentiments selon le sexe s’est révélée essentielle pour la survie et l’évolution de l’espèce humaine. L’amour maternel, même si il ne prête pas forcément à une rétroaction qui le renforcerait, prend tout son effet à long terme, de la naissance de l’enfant jusqu’à son essor. Les pulsions guerrières sont elles immédiates et retombent rapidement le combat fini.

 L’instinct et la réflexion relèvent des mêmes mécanismes et ne doivent pas être opposés ; ils somment besoins naturels (faim, soif, sexe…) et expériences du vécu. Pour un individu donné, seul le temps de réponse à la stimulation diffère. Pour les foules, les réponses dépendent de la connectique entre individus. Dans la quasi-totalité des cas, les connexions entre individus favorisent l’émoi, l’instant et font se perdre les aspects essentiels de la réflexion qui, par essence, demandent du temps et d’une bonne capacité d’analyse. Les foules en conséquence ont d’immenses difficultés à discerner la vérité de l'erreur, de faire preuve d’esprit critique, de pondération, d’intelligence et plus généralement d’amour. Même les professionnels de la charité et de la compassion, une fois unis au sein d’une meute, peuvent devenir d’horribles mercenaires.

 Les communications grâce à des messagers pédestres, puis à cheval, le télégraphe, le téléphone portable, internet ont changé le nombre d’excités sans modifier d’une quelconque façon les processus liés à la dualité amour-haine et les constantes de temps différentes qui leur sont associés. Les voies d’éducation permettant la réflexion n’ayant pas progressé à la même allure, la plupart des événements sont commentés du seul point de vue émotionnel.

 Si l’émotion restait aux mains des amateurs ou des amatrices, le mal ne serait que limité, mais les dirigeants des plus illustres Nations se flattent de s’adresser à leurs « peuples » avec les moyens les plus modernissimes de la communication avec lesquels, en une fraction d’instant, quelques millions, voire davantage, d’individus sont renseignés de leurs états d’âme créant des crises contre lesquelles aucune raison ne peut lutter. On élimine de cette façon des candidats aux élections, des humoristes, des journalistes…

 « Qui connaît l'art d'impressionner l'imagination des foules connaît aussi l'art de les gouverner. » Les quelques éléments rassemblés dans les lignes qui précédent sont bien évidemment connus des dirigeants même modestes et ils se font fort d’en tirer avantage pour eux, leurs proches, leurs communautés et même, pour les plus hardis, pour la planète toute entière. Les médias sont devenus de simples courroies de transmission entre une élite dominante et leurs obligés. Pour trouver des îlots de rationalité dans un océan d’informations entachées d’affectifs, il faut beaucoup du temps dont on manque déjà tant. Les journalistes font part de leur opinion plutôt que de leur analyse en arguant du fait qu’une pure objectivité ne peut pas exister, ce qui est d’autant plus vrai que l’on n’essaie pas.

 Mais les émois de l’instant avivent avec plus d’efficacité les mouvements de foule destructeurs que ceux qui permettent de bâtir un futur, un futur pour tous s’entend. Par voie de conséquence, le pouvoir exercé se veut planétaire, unique et définitif. Construire des salles de tortures, des stades pour rassembler d’éventuels émeutiers et autres édifices utilisés par le passé pour mater les émeutes n’est plus nécessaire. Pour exister, pour avoir droit au chapitre, pour vivre politiquement, chacun×es doit lui-aussi créer l’émoi, éclabousser le réel de taches de sang, de terreurs ou au moins d’angoisses. À ce prix vous avez accès aux médias, aux réseaux sociaux, à la possibilité de former un groupe d’autant plus vaste que vos slogans seront éloignés de toute espèce de réalité. Les savants des époques dépassées, qui possédaient un savoir acquis au prix de nombreuses années d’efforts, ne sont plus consultés, ils ne sont même plus connus, ils ont été remplacés par des experts qui se plient aux désirs d’audience des milieux télévisuels, par quelques retraités ayant appartenu aux cercles plus ou moins proches des dirigeants, par quelques dizaines d’enseignants libres d’enseignement et soucieux de mettre en valeur leur école. En d’autres termes, la réflexion est remplacée par le réflexe : hors le libéralisme, terme qui recouvre simultanément une doctrine soucieuse des droits individuels et une autre purement économique qui implique une meilleure domestication des dominés par quelques dominants, hors le libéralisme donc point de salut.

 Le renforcement de l’autorité n’est pas forcément une mauvaise chose lorsque le but est le bien commun et que l’on sait où l’on va ou du moins où on veut aller. Il n’est nullement acquis que ce soit le cas ! La voie empruntée pourra peut-être parvenir à surmonter les terribles défis que tous devront affronter… mais quelques uns seulement pourraient en voir les bénéfices. Il est devenu « tendance » d’afficher sa puissance par sa richesse, sauf que ce sont les scientifiques, les technologues, les artistes et les philosophes qui ont construit la société que nous connaissons souvent contre les marchands et toujours contre les vendeurs d’espoirs vains. Les économistes de tout acabit peuvent cependant faire fonctionner efficacement ce qu’ils sont incapables de construire : trop pragmatiques, trop terre-à-terre, trop insouciants de la justice qui entrave leur action. 

Collecte de données et vie politique

Dans la vie publique traditionnelle, il était courant que les personnalités de premier plan disposent de « dossiers ». Le plus souvent, ceux-ci se neutralisaient plus ou moins et cela dispensait de les « sortir ».

Actuellement, quelques groupes économiques et quelques organismes (NSA en premier) ont dans leurs ordinateurs un maximum d'informations sur de très nombreuses personnes.

Or il y a peu de gens qui n’ont absolument rien à cacher. Même lorsque c'est le cas, il y a les proches, le parti, etc. Et puis on peut toujours choisir la présentation des informations dont on dispose, voire les arranger... En utilisant au bon moment des informations, on peut empêcher quelqu'un d'être élu président, écarter ou asservir un « ami » susceptible de vous gêner, et bien d'autres choses encore.

Les grandes multinationales sont gérées principalement à moyen et court terme, mais cela n'empêche pas leurs dirigeants de planifier ensemble l'avenir du monde. C'est notamment à cela que sert l'organisation dite «  Bilderberg  ». Ces multinationales ont d'énormes moyens financiers, mais aussi d'étude. Et elles savent que l'économie, telle qu'elles la veulent, ne pourra donner du travail qu'à une minorité, dans des conditions toujours plus dures. Qui peut croire qu'elles respecteront dans le domaine des données personnelles une éthique qu'elles bafouent dans le domaine fiscal, et pas seulement ?

Comment s'organiser face à cela ?

Il y a bien sûr des éléments de réponse : privilégier les logiciels libres, se méfier des « cloud » et autres « gigas gratuits » et des principaux réseaux sociaux, refuser les autorisations de collecter des données, mettre des outils spécialisés (9), faire attention à tout ce qu'on écrit, crypter, utiliser des VPN ou le réseau crypté Tor, préférer DuckDuckGo à Google, etc. La liste et presque infinie. Il s'agit certes de palliatifs très partiels, mais pas dérisoires.

(1) https://privacy.microsoft.comf/r-fr/privacystatement (tel qu'accessible le 06/11/2017)

(2) https://fr.wikipedia.org/wiki/PRISM (programme_de_surveillance)

(3) https://fr.wikipedia.org/wiki/Porte_d%C3%A9rob%C3%A9e

(4) https://pwnies.com/winners/#fail

(5) https:// .com/information-technology/2017/04/nsa-backdoor-detected-on-55000-windows-boxes-can-now-be-remotely-removed/

(6) https://web.archive.org/web/20160310201616/http://drleona...

(7) https://www.rt.com/usa/us-firms-trade-information-684/

(8) https://fr.wikipedia.org/wiki/Loi_relative_au_renseignement

(9) Par exemple, en complément de Firefox, et à côté d'un module tel que Noscript (qui permet de limiter les cross-scripting ou XSS, ce qui est, me semble-t-il, le minimum), mettre un anti-mouchards tel que Ghostery.

 Konyl 18 décembre 16:36

Merci pour cet article, je pense qu’il est important de mettre un degré de confidentialité sur ce qu’on partage. Avec cette classification, vous pouvez facilement savoir quoi partager ou non.

La meilleure défense face à cette collecte massive est surtout l’éducation.
Le but des multi genre Google et FB est de nous vendre tout et n’importe quoi mais ils proposent aussi des services. La NSA (ou DGSI) n’est pas du tout comparable en fait car il s’agit la d’entités de renseignement (même si nous en connaissons les dérives).
Apprenons à nos enfants à être critique à jauger, ne leurs laissons pas de tablettes ou de smartphone à tout va, ça les rend débile, et c’est bien le but. Rien de pire que le môme de 3ans (voir moins) qui passe des heures sur un jeu ou il ne se sert que d’un doigt pour interagir avec un environnement dénué de sens. Il ne saura même pas ce qui l’entoure.

Prenez le jeux Candy Crush, ce jeu n’a aucun but, ne représente aucune difficulté, tout est fait pour vous encourager à acheter, ce passe temps cultive notre capacité à relâcher notre attention. C’est bien une fois de temps en temps sauf qu’ici c’est de la moutonisation tellement c’est bête. Quand je vois les gens marcher à deux à l’heure parce qu’ils sont en train de finir une grille, j’ai envie de les secouer tellement ils ont l’air sous hypnose.

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