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24/01/2018

StefanV.Raducanu,MyNewsCenterNavigator&FranceWebAsso> > La Vie, La Vie! , La Vie? La planète est mon village ! Classes européennes...Nous devons être solidaires du vivant comme du futur,Vers un accaparement de la vie par l’économie ?

StefanV.Raducanu.jpgStefan V.Raducanu et son temps -> " La Vie " est le mot-clé de cette journée

son nouveau monde du travail qui consistera à digérer une information devenue nourriture émotionnelle et cognitive, à traiter en permanence une somme de données toujours plus pléthorique, à gérer le simultanéité et tisser des liens en permanence, à mobiliser dans le cadre de son travail ses amis et les amis de ses amis... Bref, un nouvel état des lieux où l’environnement physique, social et juridique du travail aura totalement transmuté sous l’effet des nouvelles technologies.

L’information et les données ne connaissent pas de barrage, les smartphones traversent les murs, et les réseaux infiltrent les organisations. La transparence devient un dogme et une forme de maelström qui emporte tout sur son passage.

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La planète est mon village !

Les jours du monde tel que nous le connaissons sont comptés.

« Le pouvoir de l’imagination nous rend éternel »

Imaginez ce que nous pouvons faire ensemble.

“C'est la personne humaine, libre et créatrice qui façonne le beau et le sublime, alors que les masses restent entraînées dans une ronde infernale d'imbécillité et d'abrutissement.”

Les contrats à impact social : une menace pour la solidarité ?

par Jean-Sébastien Alix & Michel Autès & Nathalie Coutinet & Gabrielle Garrigue [16-01-2018]

Les nouveaux contrats à impact social procèdent d'une hybridation croissante des logiques financières et sociales. Loin des discours enchantés qui y voient l'alliance de l'altruisme et de l'efficacité, cet article étudie une expérience concrète de CIS pour montrer que ces instruments marchandent la solidarité.

Classes européennes

À propos de : C. Hugrée, É. Penissat et A. Spire, Les classes sociales en Europe. Tableau des nouvelles inégalités sur le vieux continent, Agone
par Milan Bouchet-Valat [22-01-2018]

Trois sociologues analysent la structure sociale européenne, tirant les conséquences de l'intégration économique et politique en germe sur le continent. Une approche qui ouvre de nouveaux horizons pour l'étude des inégalités.

    Lire    

Et aussi, sur La Vie des Idées :

logo Un monde à soiEntretiens avec Anne Cheng et Michaël Foessel

par La Rédaction [20-01-2017]

Nous vivons sous le même ciel, mais notre compréhension du monde n'en est pas moins toujours située. Anne Cheng et Michaël Foessel réfléchissent aux conditions d'une appropriation commune des savoirs, qui déjoue leur inégale circulation.

    Lire    

    Lire    

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Les jours du monde tel que nous le connaissons sont comptés. Comme les passagers du Titanic, nous fonçons dans la nuit noire en dansant et en riant, avec l?égoïsme et l?arrogance d?êtres supérieurs convaincus d?être «maîtres d?eux-mêmes comme de l?univers».

   Et pourtant, les signes annonciateurs du naufrage s?accumulent : dérèglements climatiques en série, pollution omniprésente, extinction exponentielle d?espèces animales et végétales, pillage anarchique des ressources, multiplication des crises sanitaires. Nous nous comportons comme si nous étions seuls au monde et la dernière génération d?hommes à occuper cette Terre : après nous, le déluge?

   Nicolas Hulot a parcouru notre planète sous toutes les latitudes. Nul ne le sait mieux que lui : c?est un espace exigu, aux équilibres précaires. Ce livre est un ultime cri d?alerte avant de céder au désespoir : si nous tous, riches comme pauvres, ne modifions pas immédiatement notre comportement pour faire «mieux avec moins» et mettre l?écologie au centre de nos décisions individuelles et collectives, nous sombrerons ensemble.
 
   Nous devons être solidaires du vivant comme du futur : cet avertissement, Nicolas Hulot s?en est fait le messager passionné et infatigable, du sommet de Johannesburg à l?école de son village, des lambris dorés de l?Élysée aux exploitations agricoles de Bretagne et de Lorraine. «Je ne suis pas né écologiste, nous dit-il, je le suis devenu.» Et nous aussi nous pouvons, nous devons le devenir.
 
   Le Syndrome du Titanic est un livre essentiel, à lire d?urgence. Avec Nicolas Hulot, nous ne pourrons plus dire que nous ne savions pas.
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A LA UNE AUJOURD'HUI
 

 Davos : lancement de la Banque du Vivant. Vers un accaparement de la vie par l’économie ?

L’annonce qui vient d’être faite à l’occasion du World Economic Forum qui se tient à Davos en Suisse pourrait prendre une dimension historique impactant l’ensemble de l’humanité. Il s’agit ni plus ni moins que de séquencer le génome de tout ce qui vit sur Terre, et d’en conserver les codes dans une banque garantissant la propriété, l’origine et la commercialisation. Les codes de la vie seront ainsi mis à disposition des chercheurs mais aussi des industriels et des laboratoires pour leur permettre de concocter une masse inédite de bio-innovations. Une « quatrième révolution industrielle » qui s’ouvre par un plan sur dix ans, financé à hauteur de plus de 4 milliards de dollars. D’où vient cette mesure ? Qui en sont les porteurs ? Quelles en sont les intentions avouées et cachées ? Quels enjeux et conséquences ? Décryptage.

 
Digital store : 5 solutions de la French Tech vues au NRF 2018
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Applis innovantes, optimisation et prévision des stocks grâce à l'IA, contrôle de l'information produit… Voici ce que présentait la French Tech au NRF's Big Show 2018 pour les magasins. Lire

24/12/2017

FranceWebAsso & MyNewsCenterNavigator»Pour trouver des îlots de rationalité dans un océan d’informations ...« Qui connaît l'art d'impressionner l'imagination des foules connaît aussi l'art de les gouverner. »

Les foules, les clans, Pour un individu donné, seul le temps de réponse à la stimulation diffère.

Les foules, les clans, les partis et la Raison

Il est impossible d’être raisonnable, animé par la raison, et nombreux. Gustave Le Bon (1841-1931) le savait déjà et constatait « l'extrême infériorité mentale des foules, y compris les assemblées d'élite, » Qu’en est-il aujourd’hui ?

JPEG Ce qui différencie une foule vociférante et imprévisible d’une troupe militaire marchant au pas, c’est la nature et l’ampleur de l’autorité externe ainsi que le type et la force des liens entre individus. 100 milliards de neurones sont connectés les uns avec les autres pour former un système intelligent. Un neurone donné fait la somme des entrées, compare la somme à une valeur seuil, et répond en émettant un signal si cette somme est supérieure ou égale à ce seuil. Sans ce processus impliquant une réponse individuelle binaire 0 ou 1, oui ou non, les systèmes sombrent dans le bruit et ne manifestent aucune intelligence. Les mécanismes moléculaires essentiels doivent adopter des phénomènes de rétroaction pour fournir une réponse cohérente : cause et effet forment une boucle, il y a une action en retour de l’effet sur la cause.

 Pour les assemblées humaines, les interactions avec autrui peuvent être classées sous les termes généraux Haine et Amour. En faisant montre de l’un ou l’autre de ces sentiments, les correspondants excités vont renforcer le sentiment de l’excitateur. Toutefois, haine et amour induisent des phénomènes de rétroaction de bien différente ampleur : la haine est bien plus efficace que l’amour pour conforter le sentiment initial et ainsi le propager.

 Haine et amour sont des sentiments élémentaires omniprésents dans la Nature : l’homme doit protéger, chasser, dominer grâce à la première, la femme sait faire montre d’une extrême sollicitude pour ses enfants grâce à la seconde. Cette séparation des sentiments selon le sexe s’est révélée essentielle pour la survie et l’évolution de l’espèce humaine. L’amour maternel, même si il ne prête pas forcément à une rétroaction qui le renforcerait, prend tout son effet à long terme, de la naissance de l’enfant jusqu’à son essor. Les pulsions guerrières sont elles immédiates et retombent rapidement le combat fini.

 L’instinct et la réflexion relèvent des mêmes mécanismes et ne doivent pas être opposés ; ils somment besoins naturels (faim, soif, sexe…) et expériences du vécu. Pour un individu donné, seul le temps de réponse à la stimulation diffère. Pour les foules, les réponses dépendent de la connectique entre individus. Dans la quasi-totalité des cas, les connexions entre individus favorisent l’émoi, l’instant et font se perdre les aspects essentiels de la réflexion qui, par essence, demandent du temps et d’une bonne capacité d’analyse. Les foules en conséquence ont d’immenses difficultés à discerner la vérité de l'erreur, de faire preuve d’esprit critique, de pondération, d’intelligence et plus généralement d’amour. Même les professionnels de la charité et de la compassion, une fois unis au sein d’une meute, peuvent devenir d’horribles mercenaires.

 Les communications grâce à des messagers pédestres, puis à cheval, le télégraphe, le téléphone portable, internet ont changé le nombre d’excités sans modifier d’une quelconque façon les processus liés à la dualité amour-haine et les constantes de temps différentes qui leur sont associés. Les voies d’éducation permettant la réflexion n’ayant pas progressé à la même allure, la plupart des événements sont commentés du seul point de vue émotionnel.

 Si l’émotion restait aux mains des amateurs ou des amatrices, le mal ne serait que limité, mais les dirigeants des plus illustres Nations se flattent de s’adresser à leurs « peuples » avec les moyens les plus modernissimes de la communication avec lesquels, en une fraction d’instant, quelques millions, voire davantage, d’individus sont renseignés de leurs états d’âme créant des crises contre lesquelles aucune raison ne peut lutter. On élimine de cette façon des candidats aux élections, des humoristes, des journalistes…

 « Qui connaît l'art d'impressionner l'imagination des foules connaît aussi l'art de les gouverner. » Les quelques éléments rassemblés dans les lignes qui précédent sont bien évidemment connus des dirigeants même modestes et ils se font fort d’en tirer avantage pour eux, leurs proches, leurs communautés et même, pour les plus hardis, pour la planète toute entière. Les médias sont devenus de simples courroies de transmission entre une élite dominante et leurs obligés. Pour trouver des îlots de rationalité dans un océan d’informations entachées d’affectifs, il faut beaucoup du temps dont on manque déjà tant. Les journalistes font part de leur opinion plutôt que de leur analyse en arguant du fait qu’une pure objectivité ne peut pas exister, ce qui est d’autant plus vrai que l’on n’essaie pas.

 Mais les émois de l’instant avivent avec plus d’efficacité les mouvements de foule destructeurs que ceux qui permettent de bâtir un futur, un futur pour tous s’entend. Par voie de conséquence, le pouvoir exercé se veut planétaire, unique et définitif. Construire des salles de tortures, des stades pour rassembler d’éventuels émeutiers et autres édifices utilisés par le passé pour mater les émeutes n’est plus nécessaire. Pour exister, pour avoir droit au chapitre, pour vivre politiquement, chacun×es doit lui-aussi créer l’émoi, éclabousser le réel de taches de sang, de terreurs ou au moins d’angoisses. À ce prix vous avez accès aux médias, aux réseaux sociaux, à la possibilité de former un groupe d’autant plus vaste que vos slogans seront éloignés de toute espèce de réalité. Les savants des époques dépassées, qui possédaient un savoir acquis au prix de nombreuses années d’efforts, ne sont plus consultés, ils ne sont même plus connus, ils ont été remplacés par des experts qui se plient aux désirs d’audience des milieux télévisuels, par quelques retraités ayant appartenu aux cercles plus ou moins proches des dirigeants, par quelques dizaines d’enseignants libres d’enseignement et soucieux de mettre en valeur leur école. En d’autres termes, la réflexion est remplacée par le réflexe : hors le libéralisme, terme qui recouvre simultanément une doctrine soucieuse des droits individuels et une autre purement économique qui implique une meilleure domestication des dominés par quelques dominants, hors le libéralisme donc point de salut.

 Le renforcement de l’autorité n’est pas forcément une mauvaise chose lorsque le but est le bien commun et que l’on sait où l’on va ou du moins où on veut aller. Il n’est nullement acquis que ce soit le cas ! La voie empruntée pourra peut-être parvenir à surmonter les terribles défis que tous devront affronter… mais quelques uns seulement pourraient en voir les bénéfices. Il est devenu « tendance » d’afficher sa puissance par sa richesse, sauf que ce sont les scientifiques, les technologues, les artistes et les philosophes qui ont construit la société que nous connaissons souvent contre les marchands et toujours contre les vendeurs d’espoirs vains. Les économistes de tout acabit peuvent cependant faire fonctionner efficacement ce qu’ils sont incapables de construire : trop pragmatiques, trop terre-à-terre, trop insouciants de la justice qui entrave leur action. 

Collecte de données et vie politique

Dans la vie publique traditionnelle, il était courant que les personnalités de premier plan disposent de « dossiers ». Le plus souvent, ceux-ci se neutralisaient plus ou moins et cela dispensait de les « sortir ».

Actuellement, quelques groupes économiques et quelques organismes (NSA en premier) ont dans leurs ordinateurs un maximum d'informations sur de très nombreuses personnes.

Or il y a peu de gens qui n’ont absolument rien à cacher. Même lorsque c'est le cas, il y a les proches, le parti, etc. Et puis on peut toujours choisir la présentation des informations dont on dispose, voire les arranger... En utilisant au bon moment des informations, on peut empêcher quelqu'un d'être élu président, écarter ou asservir un « ami » susceptible de vous gêner, et bien d'autres choses encore.

Les grandes multinationales sont gérées principalement à moyen et court terme, mais cela n'empêche pas leurs dirigeants de planifier ensemble l'avenir du monde. C'est notamment à cela que sert l'organisation dite «  Bilderberg  ». Ces multinationales ont d'énormes moyens financiers, mais aussi d'étude. Et elles savent que l'économie, telle qu'elles la veulent, ne pourra donner du travail qu'à une minorité, dans des conditions toujours plus dures. Qui peut croire qu'elles respecteront dans le domaine des données personnelles une éthique qu'elles bafouent dans le domaine fiscal, et pas seulement ?

Comment s'organiser face à cela ?

Il y a bien sûr des éléments de réponse : privilégier les logiciels libres, se méfier des « cloud » et autres « gigas gratuits » et des principaux réseaux sociaux, refuser les autorisations de collecter des données, mettre des outils spécialisés (9), faire attention à tout ce qu'on écrit, crypter, utiliser des VPN ou le réseau crypté Tor, préférer DuckDuckGo à Google, etc. La liste et presque infinie. Il s'agit certes de palliatifs très partiels, mais pas dérisoires.

(1) https://privacy.microsoft.comf/r-fr/privacystatement (tel qu'accessible le 06/11/2017)

(2) https://fr.wikipedia.org/wiki/PRISM (programme_de_surveillance)

(3) https://fr.wikipedia.org/wiki/Porte_d%C3%A9rob%C3%A9e

(4) https://pwnies.com/winners/#fail

(5) https:// .com/information-technology/2017/04/nsa-backdoor-detected-on-55000-windows-boxes-can-now-be-remotely-removed/

(6) https://web.archive.org/web/20160310201616/http://drleona...

(7) https://www.rt.com/usa/us-firms-trade-information-684/

(8) https://fr.wikipedia.org/wiki/Loi_relative_au_renseignement

(9) Par exemple, en complément de Firefox, et à côté d'un module tel que Noscript (qui permet de limiter les cross-scripting ou XSS, ce qui est, me semble-t-il, le minimum), mettre un anti-mouchards tel que Ghostery.

 Konyl 18 décembre 16:36

Merci pour cet article, je pense qu’il est important de mettre un degré de confidentialité sur ce qu’on partage. Avec cette classification, vous pouvez facilement savoir quoi partager ou non.

La meilleure défense face à cette collecte massive est surtout l’éducation.
Le but des multi genre Google et FB est de nous vendre tout et n’importe quoi mais ils proposent aussi des services. La NSA (ou DGSI) n’est pas du tout comparable en fait car il s’agit la d’entités de renseignement (même si nous en connaissons les dérives).
Apprenons à nos enfants à être critique à jauger, ne leurs laissons pas de tablettes ou de smartphone à tout va, ça les rend débile, et c’est bien le but. Rien de pire que le môme de 3ans (voir moins) qui passe des heures sur un jeu ou il ne se sert que d’un doigt pour interagir avec un environnement dénué de sens. Il ne saura même pas ce qui l’entoure.

Prenez le jeux Candy Crush, ce jeu n’a aucun but, ne représente aucune difficulté, tout est fait pour vous encourager à acheter, ce passe temps cultive notre capacité à relâcher notre attention. C’est bien une fois de temps en temps sauf qu’ici c’est de la moutonisation tellement c’est bête. Quand je vois les gens marcher à deux à l’heure parce qu’ils sont en train de finir une grille, j’ai envie de les secouer tellement ils ont l’air sous hypnose.

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Mais pourquoi nous haïssent-ils tant, ces Nord-Coréens ?

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18/11/2017

"Monde arabe: les racines du mal", le livre de Bachir El Khoury qui analyse les maux du monde arabe (INTERVIEW) HuffPost Tunisie | Par Yassine Bellamine, L'occident s'est-il trompé dans sa stratégie vis-à-vis du monde arabe?

"Monde arabe: les racines du mal", le livre de Bachir El Khoury qui analyse les maux du monde arabe (INTERVIEW)

 
Publication: Mis à jour:
BASHIR EL KHOURY

En marge de la parution du livre "Monde arabe: les racines du mal", vendredi au salon du livre de Beyrouth, le HuffPost Tunisie a interrogé son auteur Bachir El Khoury, journaliste et ancien responsable du service économique au journal "L'Orient le jour" sur ces maux qui traversent aujourd'hui le monde arabe mais également la Tunisie.

Sans langue de bois, l'auteur fait un diagnostic de la situation dans la région qui s'étend du Maghreb au Golfe mais présente aussi ses solutions. Interview.

HuffPost Tunisie: Vous venez de publier votre livre "Monde arabe: Les racines du mal". Où selon vous les maux traversant le monde arabe puisent-ils leurs racines?

Bachir El Khoury: Les vrais maux du monde arabe résident dans l'absence, dans cette partie du monde, d'un développement réel - au sens large du terme - depuis au moins un demi siècle. Nous en payons le "prix" depuis 2010 sous différentes déclinaisons. Le monde arabe se dirigeait inéluctablement vers ce point de rupture et cette implosion aux divers éclats. C'est ce que j'essaie d'élucider, chiffres à l'appui, dans l'ouvrage. Le développement est un long processus ou cheminement qui devait commencer il y a très longtemps mais qui n'a jamais eu lieu dans cette région. Cela concerne aussi bien la dimension politique que celles liées à l'économie, à la société et à l'environnement.

Comment cela s'est manifesté?

Sur le plan politique, l'absence d'un système de gouvernance participatif, ainsi que les pratiques de terreur et d’oppression utilisées par des régimes basés sur le règne d'un homme, d'une famille ou d'un parti unique ont étouffé le désir de liberté intrinsèque à la nature humaine et exacerbé le sentiment d'injustice et d'exclusion.

Quant à la dimension économique, le monde arabe souffre depuis des années d'un chômage très élevé face à des économies improductives et incapables d'absorber une population de plus en plus nombreuse et jeune. Ce décalage entre deux fonctions, l'une exponentielle, l'autre constante, n'a cessé de croître jusqu'à devenir insoutenable. La population arabe a, en effet, quadruplé au cours des cinq dernières décennies, passant de 90 millions d'habitants en 1960 à plus de 400 millions l'an dernier tandis que l'infrastructure économique n'a quasiment pas changé d'un iota.

bashir el khoury

Ces réalités démographiques, couplées à l’arrivée des femmes sur le marché du travail dans certains pays, ont considérablement augmenté l’offre, face une structure rentière ou semi-rentière incapable de satisfaire des besoins croissants sur le marché. À titre illustratif, la population active arabe a augmenté trois fois plus que dans le reste des régions émergentes, entre 1996 et 2006. Conséquence majeure de cette réalité – à laquelle de nombreux dirigeants arabes sont restés totalement sourds ou indifférents –, le chômage des jeunes a atteint des pics mondiaux au cours de la décennie ayant précédé les soulèvements populaires, à 30 % en moyenne à l’échelle régionale. Dans certains pays, comme la Libye, celui-ci culminait même à 49%.

À ce fléau, accentué par le nombre croissant d'étudiants en cycle supérieur - ils sont plus de 400 000 diplômés chaque année à investir le marché du travail en Égypte, 150 000 en Algérie et près de 60 000 en Tunisie et au Maroc - s'est greffée ce que je qualifie dans mon essai de "trinité fatale": inégalités, pauvreté et insécurité alimentaire. À partir des années 1990, les disparités se sont, en effet, creusées davantage dans le monde arabe, sous l'effet, entre autres, de l'absence d'un système de redistribution équitable - lequel découle, dans certains pays, de l'inexistence même d'un dispositif fiscal, au vu de la structure rentière - ainsi qu'aux réformes néolibérales dictées par le FMI. Celles-ci ont profité davantage au cercle du pouvoir ainsi qu'aux détenteurs de capitaux, au profit des travailleurs. L’indice de Gini dans les zones urbaines d’Égypte a ainsi progressé de 34 % en 1991 à 37,5 % en 2005.

En parallèle, la dépendance alimentaire a sévi durant cette période. Dans le cadre des politiques d'infitah (ouverture) et de réformes dictées par les institutions de Bretton Woods, dont la contre réforme agraire, de nombreux pays de la région ont, en effet, abandonné les secteurs industriels et agricoles, alors que le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord souffrent déjà d’un faible potentiel agricole. En Egypte par exemple, la part de l’agriculture dans le PIB a chuté de 31% en 1972 à 13% en 2008. Il en a résulté une dépendance accrue aux importations, ainsi qu’aux fluctuations des prix à l'international. Avec l'hyperinflation des années 2000, cette dépendance pathologique est devenue excessivement coûteuse aussi bien pour la société que pour les régimes en place. Conséquence : déficits publics croissants tandis que des millions de ménages ont basculé en quelques années, voire en quelques mois, sous le seuil de pauvreté. En Égypte, près de 72 % de la population vivait avec moins de 4 dollars par jour en 2008. L’insécurité alimentaire a été aggravée par le phénomène de désertification et de stress hydrique, en l’absence de toute politique de prévention…

demonstration bread tunisia

Dernière racine transversale du mal arabe: la corruption rampante. 84% des pays arabes sont considérés comme "hautement corrompus" par l’ONG Transparency International. Selon la Arab Anti-Corruption Organization, près de 1 000 milliards de dollars – soit le tiers des revenus arabes cumulés – ont été “salis” par de multiples formes de corruption au cours de la deuxième moitié du XXe siècle.

D'ailleurs, peut-on selon vous parler d'un monde arabe, n'existe-t-il pas des mondes arabes?

Il existe des caractéristiques communes à l'ensemble des pays arabes, du Maghreb au Golfe en passant par le Mashrek: une structure économique rentière ou semi-rentière totalement inadaptée aux réalités démographiques et celle de la population active. Il faut savoir que la rente ne concerne pas uniquement le pétrole et le gaz. Il existe également des formes non-conventionnelles comme le tourisme, les transferts d'émigrés ou encore l'exploitation de sites stratégiques, comme le Canal de Suez. C’est le cas notamment de la Jordanie, où les transferts des expatriés pèsent à hauteur de 13 % du PIB, contre 15 à 20 % au Liban, pénalisant dans une large mesure l’entrain pour une croissance endogène basée sur la spécialisation industrielle, l’innovation et la productivité – seule garante d’un niveau d’emploi pérenne.

En parallèle, le chômage et le faible taux de participation à la population active n'épargnent désormais aucun pays. Même les riches monarchies pétrolières sont désormais menacées par ce phénomène.

Quant aux inégalités et à la pauvreté, elles sont également marquées dans la plupart des pays, y compris dans le Golfe. En Arabie saoudite, quelque 3 millions de personnes vivaient sous le seuil de pauvreté à la veille du printemps arabe, soit près de 22 % de la population.

demonstration arab world

Cela dit, il existe, certes, des différences entre les divers pays ou groupes de pays de la région: il y a les exportateurs et importateurs de pétrole, les pays plus ou moins riches en eau et ceux totalement désertiques, mais aussi ceux dont les régimes économiques sont libéraux, sociaux de marché, ou autarciques. Au niveau de la révolution technologique, la fracture est, quant à elle, importante entre les pays du Golfe et ceux du Mashrek ou du Maghreb, etc.

Mais c'est justement cette fragmentation du monde arabe en plusieurs "mondes" distincts, voire méfiants les uns envers les autres, qui constitue une autre racine du malaise arabe et de sa pérennité; seule la création d'un bloc économique à terme permettra, en effet, de relever les nombreux défis développementaux de la région, surtout si celle-ci est construite dans un esprit de respect mutuel et de réelle coopération basée sur le principe de l’avantage comparatif. Le Soudan et le Liban sont, par exemple, riches en eau et en terres arables. Quant aux 11 pays pétroliers, parmi les 22 de la ligue arabe, ils concentrent 55 % des réserves pétrolières mondiales. D’autres pays sont riches en matières de capital humain ou d’histoire et de sites touristiques et naturels, etc. Mettre en commun toutes ces ressources ne peut être qu’à l’avantage de l’ensemble de la région.

Mais pour que ce projet se concrétise, il faut une prise de conscience collective, sur le plan arabe, de la nécessité de mettre fin aux cycles récurrents de violence et de guerres intestines et des vertus d’un projet panarabe constructif. Il faut également et surtout que s’estompe le cycle interminable d’interventions étrangères qui visent depuis les accords de Sykes-Picot et la déclaration de Balfour ou même depuis l'empire ottoman, à morceler la région et son unité, l'amputer ou la diluer. Enfin, il faudra aussi des personnalités ou des leaders visionnaires, désormais totalement absents ou absentés, à l’instar de Robert Shuman, Jean Monnet et Konrad Adenauer…

Dans votre livre vous revenez entre autres sur différentes causes économiques de ce malaise, avec notamment des racines socioéconomiques communes au despotisme, aux soulèvements populaires ainsi qu'à l'islamisme. Comment l'expliquez-vous?

Je vous donne deux exemples illustratifs. La manne pétrolière et l’absence de diversification économiques. Celles-ci ont renforcé la minorité au pouvoir, tandis que la majorité s’est retrouvée exclue et donc acculée à choisir entre l’exil, la révolte, ou l’adhésion à des groupes extrémistes. Idem pour les réformes néolibérales; en Égypte, la politique de l’infitah (ouverture économique) s’est accompagnée d’une montée du pouvoir économique de l’armée, qui contrôlait à la veille de la “Révolution du 25 janvier” le tiers de l’économie égyptienne, ainsi que d’une augmentation sensible du nombre d’entrepreneurs au sein de l’Assemblée nationale, à 83 membres en 2005, contre 37 en 1995, pour la plupart membres du parti de Hosni Moubarak. Ainsi, lorsque plus de 300 usines et entreprises publiques ont été privatisées au début des années 1990, les avoirs de l’armée sont restés intacts. Ce scénario s’est reproduit entre 2004 et 2011, tandis que les hauts gradés de l’armée ont été placés dans des postes-clés au sein de ces sociétés ou usines privatisées. Quant aux dizaines de milliers d’employés licenciés, suite à ces vagues de privatisation, ou d’autres victimes des réformes imposées par le FMI, ils se sont retrouvés au chômage ou sur le marché noir, et ont ainsi rejoint des mouvements protestataires civils ou des organisations et associations comme celle des Salafistes et des Frères musulmans…

demonstration islamist egypt

Vous dites que le printemps arabe se transforme en hiver, avec pour chaque pays ses propres démons, comment aujourd'hui ces pays et le monde arabe en général peuvent-ils en sortir?

Le monde arabe n'en sortira pas de sitôt. L'hiver est un passage obligé dans la succession des saisons. Le vrai printemps succédera à la période actuelle. Mais pour que l'hiver ne soit pas très long et dur, une prise de conscience et une action efficace s’imposent, aussi bien sur le plan local qu’au niveau des puissances étrangères et institutions internationales concernées par la chose arabe. Dans un premier temps, il faudra surtout mettre fin aux conflits qui ravagent la région, de la Syrie, au Yémen, en passant par la Libye et l'Irak. En parallèle, un vaste chantier de réformes économiques doit être mis en place, axée prioritairement sur une transition vers des économies post-rentières et la création massive d’emplois pour endiguer le phénomène de chômage parmi les jeunes.

"Le printemps arabe est peut-être mort aujourd’hui. Mais il peut encore être ressuscité" et cela passe nécessairement selon vous par "un printemps arabe socioéconomique". Pensez-vous qu'aujourd'hui, que les hommes politiques, autant que les citoyens du monde arabe et de Tunisie, ont suffisamment de maturité et de prise de conscience pour le mettre en mouvement?


Il y a ceux qui n'ont pas conscience de ces problèmes ou se sentent simplement impuissants face à leur ampleur, notamment parmi les citoyens et les "victimes" de la triple exclusion politique, économique et sociale, y compris ceux qui se sont enrôlés dans des partis extrémistes. Il y a ceux qui en sont conscients, notamment les personnes au pouvoir, qui profitent néanmoins d'un système de privilèges et ne sont donc pas facilement prêts à y renoncer, même si le séisme des révoltes populaires et de la montée des mouvances radicales a provoqué une certaine brèche à ce niveau. C'est pourquoi un travail de sensibilisation aux vrais problèmes et leur médiatisation s’impose afin de vulgariser la conscience des vrais enjeux, tandis que la pression populaire civile devrait se poursuivre.

L'occident s'est-il trompé dans sa stratégie vis-à-vis du monde arabe?

La stratégie d’ "élimination à la racine" du terrorisme, adoptée par l’Occident, notamment par les Etats-Unis, a coûté la vie, depuis presque vingt ans maintenant, à plusieurs centaines de milliers de soldats et de civils et drainé plusieurs milliers de milliards de dollars. Les guerres en Afghanistan et en Irak auront coûté jusqu’à 6 000 milliards de dollars à l’horizon 2050. Le comble est que ces guerres n’ont non seulement échoué à éradiquer le terrorisme, représenté par Al-Qaëda jusqu’en 2014, mais ont engendré un monstre d’autant plus dangereux que celui qui l’a précédé.

Si ces mêmes montants alloués aux politiques de lutte anti-terroristes avaient été investis dans l’éducation, l’emploi et l’éradication de la pauvreté – le coût global des guerres en Afghanistan et en Irak est de 70 à 100 fois supérieur aux dépenses publiques allouées à l’éducation dans l’ensemble du monde arabe et équivaut au montant nécessaire pour éradiquer la faim à l’échelle planétaire –, il ne fait aucun doute que la configuration serait aujourd’hui de loin meilleure aussi bien dans la région MENA qu’en Europe et ailleurs.

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