Avertir le modérateur

22/05/2019

Géopolitique.Dimension de Vivatech.124 000 visiteurs pour l’édition de 2019 vs 105 000 en 2018,des startups venues du monde entier, des ténors de la tech mondiale dans les keynotes .Tous les thèmes.. le B2B le B2C.la smart city et des fintechs.

Géopolitique et fact-checking de Vivatech 2019

Publié le 20 mai 2019 et mis à jour le 21 mai 2019 - 4 commentaires -

PDF Afficher une version imprimable de cet article

  La quatrième édition de Vivatech était encore plus impressionnante que la précédente. Le pari des Echos et de Publicis de créer un événement technologique significatif à l’échelle européenne si ce n’est mondiale est plutôt réussi.

Les chiffres en témoignent avec 124 000 visiteurs pour l’édition de 2019 vs 105 000 en 2018, un peu moins des deux tiers pendant les deux journées professionnelles, des startups venues du monde entier, des ténors de la tech mondiale dans les keynotes et la visite des politiques toujours aussi empressés de visiter le salon et de s’y exprimer qu’au Salon de l’Agriculture qui a lieu au même endroit, dans le Palais des Expositions de la Porte de Versailles (VIParis d’Unibail-Rodamco).

Je vais ici creuser quelques aspects de cet événement, sa dimension, sa géopolitique, et faire au passage un peu de fact checking sur quelques-unes des startups rencontrées. Vivatech a sinon été déjà couvert par quasiment tous les médias, dont ce bon résumé de Marjorie Paillon et Guillaume Grallet pour France 24 qui traitait du sujet incontournable des licornes et de quelques découvertes du salon ainsi que l’émission de Jérôme Colombain et François Sorel pour 01Net.tv.

Tout ceci est réalisé rapidement et ne cherche pas à égaler le Rapport du CES de Las Vegas que je produis en janvier et qui est unique en son genre et me demande plus d’un mois de travail ! Je ne peux pas faire cela pour chaque grand salon de l’année !

Dimension de Vivatech

La partie salon de Vivatech s’est agrandie en 2019 avec l’ajout du Hall 2 au Hall 1 de la Porte de Versailles, même si ce dernier ne fait qu’un petit tiers de la surface du Hall 1. L’agrandissement se manifestait également par l’usage de la grande salle du Dôme de Paris, Palais des Sports jusqu’en 2015, pour les sessions plénières. C’était un pari plutôt réussi pour les organisateurs avec des sessions bien remplies, les plus courues étant les keynotes du premier jour avec Emmanuel Macron et Jack Ma d’Alibaba avec environ 4500 spectateurs et les moins courues avec environ 1000 participants. Et puis Gary Kasparov, John Kerry, Ginni Rometty d’IBM, Usain Bolt avec ses véhicules électriques et des dizaines d’autres intervenants prestigieux.

Vivatech communiquait avant le salon, selon les cas, sur 3000 ou 9000 startups, puis 13 000 startups dans le bilan de l’édition 2019. Les 3000 sont un arrondi un peu rapide du nombre de startups exposantes au millier le plus élevé. Selon le catalogue mis en ligne, les startups exposantes étaient 2035, dont une part étaient SDF (sans numéro de stand), probablement parce qu’elles pitchaient dans différents endroits sur le salon. Après le salon, l’organisation inventoriait 2300 startups exposantes ou pitchantes. Alors pourquoi Vivatech communique-t-il sur 9000 startups ? C’est en intégrant les startups visiteuses !

Vivatech communiquait avant le salon, selon les cas, sur 3000 ou 9000 startups, puis 13 000 startups dans le bilan de l’édition 2019. Les 3000 sont un arrondi un peu rapide du nombre de startups exposantes au millier le plus élevé. Selon le catalogue mis en ligne, les startups exposantes étaient 2035, dont une part étaient SDF (sans numéro de stand), probablement parce qu’elles pitchaient dans différents endroits sur le salon. Après le salon, l’organisation inventoriait 2300 startups exposantes ou pitchantes. Alors pourquoi Vivatech communique-t-il sur 9000 startups ? C’est en intégrant les startups visiteuses !

Environ la moitié des startups exposantes étaient d’origine étrangère même si dans ce décompte on trouve quelques startups créées à l’étranger par des Français comme Dathena (Singapour).

Le salon permettait de découvrir suffisamment d’objets tape à l’œil pour attirer les visiteurs : des hélicoptères à propulsion électrique, une voiture-avion, un projet d’Hyperloop polonais, des robots et exosquelettes divers, des imprimantes 3D et des objets à écrans souples (chez LVMH), au milieu d’un océan de solutions très sérieuses et moins visuelles.

Au-delà des inévitables grandes entreprises du CAC 40, il y avait pas mal de startups dites “scale-up” comme Klaxoon, les pavillons de nombreuses régions, ceux de Business France, Bpifrance, de la DGA et de la DGSE, ceux d’écoles d’ingénieurs (Polytechnique, Télécom Paristech) et de laboratoires de recherche (Inria, CNRS, CEA).

Comme chaque année, le Hub Institute avait l’exclusivité sur place de l’organisation de tours organisés de Vivatech. Une grosse vingtaine de guides accompagnaient des équipes de grandes entreprises avec leurs clients dans certains cas (comme pour Microsoft) pendant des tours personnalisés de deux heures, avec de quoi visiter quelques dizaines de stands. Le Hub Institute a produit un compte-rendu détaillé du salon en deux parties (jour 1, jour 2). Cela donne un bon aperçu des points clés du salon même si, dans pas mal de cas, les informations sont “à plat” et manquent de profondeur (la partie quantique mérite quelques ajustements qui feront sourire les spécialistes…).

Géopolitique

Vivatech était déjà à sa création en 2016 une sorte de tremplin médiatique pour le message de “startup nation” d’Emmanuel Macron. Dans son intervention cette année, il était visiblement content de revenir un peu aux sources face à une audience en général conquise, après l’épisode difficile à traverser des Gilets Jaunes. Et il n’était pas seul, puisqu’intervenaient également Justin Trudeau du Canada et la Première Ministre de Nouvelle Zélande, Jacinda Ardern, ainsi que Paul Kagame de Rwanda. Les Ministres français étaient nombreux à arpenter les allées, dont Cedric O, en charge du numérique, qui faisait la tournée de l’écosystème tous les jours. Et il y avait en plus trois commissaires européens : Carlos Moedas, Margrethe Vestager et Pierre Moscovici.

Vivatech avait été précédé par un Sommet de la Tech for Good tenu à l’Elysée. La France veut jouer un rôle de leader pour créer un Internet pacifié, en jouant un peu avec le feu, navigant à vue entre le besoin d’éviter les fake news et la propagation de la haine sur Internet tout en préservant les libertés fondamentales. Aux USA, le premier amendement qui régit la liberté d’expression limite la marge de manœuvre des acteurs de l’Internet.

Dans la pratique, la France se retrouve à “négocier” avec les grands acteurs américains, ces derniers souhaitant à tout prix éviter que la France et l’Europe sur-régulent leur pré-carré. D’où les opérations de lobbying réussies de ces derniers, avec Facebook en tête dont le fondateur Mark Zuckerberg rencontrait en tête à tête Emmanuel Macron, puis Cedric O et une brochette de députés spécialisés dans le numérique (Laure de la Raudière, Paula Forteza, Eric Bothorel). L’heure est à la co-régulation qui remplacerait l’autorégulation sans intervention des états.

Au même moment était remis à Cédric O le rapport Créer un cadre français de responsabilisation des réseaux sociaux : agir en France avec une ambition européenne (34 pages) piloté par un préfet, Frédéric Potier, et Serge Abiteboul, un membre du collège de l’ARCEP. La mission associée à ce rapport était la “Mission Facebook”. En effet, elle avait été lancée à l’initiative conjointe d’Emmanuel Macron et Mark Zuckerberg en mai 2018. Comme le dit la mission : elle “a bénéficié d’un accueil ouvert de la société Facebook. Néanmoins, elle n’a pas accédé à une information détaillée, ni à des éléments confidentiels en raison des délais très courts, de l’absence de cadre juridique formel, et des limites de la politique de transparence de la société Facebook.”. Il n’empêche que le procédé était curieux sur la forme. C’est un peu comme si Monsanto avait créé avec Emmanuel Macron une mission de régulation des pesticides. Au passage, la mission qui impliquait une dizaine de personne ne comprenait qu’une femme. Sur un tel sujet, c’est franchement étonnant et regrettable.

Dans la lignée de la remise du rapport de Cédric Villani en mars 2018 baptisé “France AI for Humanity”, la France se positionne comme une sorte de leader moral de l’Internet face aux géants américains et, éventuellement, asiatiques. Cela ne change rien à leur dominance économique, que l’on cherche un peu en vain à contenir avec les initiatives de Startup Nations qui pullulent en Europe et avec le rêve, un peu chimérique, de créer un marché unique européen du numérique. Il est chimérique car, quoi que l’on fasse sous l’angle règlementaire, ce marché sera toujours plus fragmenté que les marchés US et chinois. Qu’il s’agisse de langue, de culture, et de grands effets de leviers locaux (opérateurs télécoms, banques, retail, …). L’Europe pourrait éventuellement harmoniser la régulation et permettre des regroupements d’acteurs pan-européens pour générer de plus grands effets de levier. Mais il resterait la langue et la culture. Malgré cela, on a besoin de plus d’Europe, pas de moins d’Europe pour conforter la place du continent dans l’échiquier mondial.

Pour ce qui est de Vivatech, le salon accueillait 21 pavillons étrangers dont ceux de la Chine, de la Corée du Sud, de divers pays d’Afrique comme en 2018, du Luxembourg, de la Belgique (juste la Wallonie, comme au CES de Las Vegas), du Royaume-Uni, d’Allemagne (le plus grand), d’Italie (mais juste du Sud, le Nord est riche et n’a pas besoin de faire autant de marketing), du Brésil, du Canada et d’Israël (la Startup Nation de référence).

Une moitié des startups exposantes était d’origine étrangère. Mais il n’y avait pas encore assez de grandes entreprises européennes.

Comment analyser la géopolitique de Vivatech ? En décomptant les stands des grandes d’entreprises avec…

  • Les grandes entreprises des USA et d’Asie comprenant Google, Microsoft, Facebook, Saleforce, Amazon AWS, Cisco, HPE, Intel, Oracle, EY, puis Samsung, Softbank Robotics et Huawei. Même si c’est avec leurs équipes françaises. Ce sont des leaders technologiques mondiaux.
  • Les entreprises françaises et européennes qui ne sont pas des pure players du numérique. C’était la majorité des grandes entreprises exposantes avec leurs contingents de startups : LVHM, L’Oréal, Bouygues, TF1, La Poste, BNP, etc. Ces entreprises ont une faible influence technologique à l’échelle mondiale.
  • Les entreprises françaises et européennes qui sont des pure players du numérique avec Orange, Capgemini, Thales (sort-of), Atos, Talan, Valeo et Bosch, plutôt positionnées dans les services et françaises pour les premières. Les leaders européens de la tech ne sont pas suffisamment présents à Vivatech (Nokia, Ericsson, Dassault Systèmes, Siemens). Cela fait partie des objectifs des équipes de Vivatech que de les y attirer.

A noter un stand bizarre, celui de la Misk Foundation. Cette fondation crée en 2011 par le prince Mohammad bin Salman d’Arabie Saoudite (MBS) encourage l’entrepreneuriat, l’adoption des technologies et la culture auprès des jeunes en Arabie Saoudite. Suite à l’assassinat du journaliste Jamal Khashoggi en octobre 2018, la fondation Bill & Melinda Gates avait arrêté de les soutenir. La présence de cette fondation à Vivatech n’a pas trop été commentée ! La Misk Foundation exposait déjà à Vivatech en 2018. Elle présentait quelques startups d’Arabie Saoudite.

Du côté du visitorat, la présence étrangère ne s’entendait pas vraiment dans les allées. Au Web Summit de Lisbonne, on entend peu parler le portugais. Leur écosystème technologique est moins dense qu’en France et le pays est plus petit. Les visiteurs locaux sont surtout les étudiants et jeunes qui obtiennent un passe au rabais ne leur permettant que d’assister aux sessions plénières dans une grande salle ressemblant à l’Accor Hôtels Arena de Bercy. A Viva Tech, le français dominait largement la langue parlée dans les allées. Les étrangers sont probablement d’abord sur leur stand de startups ou dans des meetings pour faire du business. Ils étaient peut-être aussi disséminés dans un bon nombre de side events qui donnaient le tournis et permettaient à Vivatech de bien s’installer dans le paysage comme un aimant géant de décideurs de tout poil. C’était le cas du CMO Forum qui rassemblait des dirigeants du marketing, de la communication et des médias le 17 mai dans un cycle de débats organisé par McKinsey et Nielsen.

A noter également la troisième édition du LVMH Innovation Award remis par Bernard Arnault ainsi que le plus grand hackathon d’Europe, organisé avec TechCrunch avec l’EDHEC, Eramet, Sanofi–Cegedim–IBM, les Galeries Lafayette, Publicis Sapient et Wix. Durant 36 heures, il rassemblait 1000 développeurs et était doté d’un prix de 5K€.

Vivatech et la diversité de genre

Vivatech fait des efforts constants depuis la première édition pour que les femmes aient leur place dans l’événement. Environ 40% des intervenants dans les sessions étaient des femmes ce qui est un bon niveau dans ce domaine. Plusieurs événements avaient lieu dans la lignée :

Le Female Founder Challenge, organisé avec l’initiative française 50inTech lancée par Caroline Ramade (ex Willa et Paris Pionnières) et Gaëlle Le Goff. Il s’agissait d’un programme de rencontres entre entrepreneuses et investisseurs avec concours de présentations devant des investisseurs internationaux. La gagnante était Vivian Nwakah de MedSaf (Nigeria).

L’EU Prize for Women Innovator, un prix remis par Carlos Moedas, Commissaire Européen pour la Recherche. Il récompensait Michela Puddu (Haelixa, une spin-off de l’ETH Zurich qui utilise des traceurs à base d’ADN), Martine Caroff (de Hephaistos-Pharma, une biotech dans les immunothérapies cancéreuses), Irina Borodina (de DTU Biosustain, une autre biotech) et Shimrit Perkol-Finkel (Chief Scientist d’ECOncrete Tech, une startup israélienne qui créé un type de béton écologique, vidéo).

L’initiative de l’ESN Talan qui organisait une session de promotion des métiers du numérique avec des témoignages de ses collaborateurs et de l’association Quelques Femmes du Numérique ! avec sa présidente, Myriam Multigner, sa déléguée générale, Marie-Anne Magnac, et des femmes ingénieures du numérique comme Yousra Tourki (Diabeloop), Eugénie Vinet (C3i, un éditeur de logiciels de développement pour l’IA) et Isabelle Guidat-Gravina (responsable du data lab chez Hermès). Et votre serviteur, toujours à la photo pour cette initiative. Le tout face à de jeunes lycéennes et étudiantes !

La conférence Girl Power qui faisait s’exprimer des entrepreneuses, actrices, youtubeuses avec l’animation de Bérengère Krief. La Poste organisait les secondes rencontres des femmes du numérique après celle du CES de Las Vegas de janvier 2019, et toujours avec La Tribune. C’est surtout un meet-up.

Pléthore de startups dans tous les domaines

Avec entre 1600 et 2000 startups exposantes, il y a de quoi faire son marché. Elles étaient sélectionnées en particulier dans le cadre d’un grand challenge mondial avec deux dizaines de thèmes et de sponsors de grandes entreprises. D’autres étaient exposantes sur les stands d’organisations diverses, notamment des écosystèmes de régions, de Bpifrance et Business France ou de laboratoires de recherche comme l’Inria.

Tous les thèmes étaient représentés aussi bien dans le B2B que dans le B2C. Les outils et cloud et de développement ainsi que les outils de l’IT arrivaient en tête, suivis de la santé, de la mobilité et des transports, des edtechs et hrtech puis de la smart city et des fintechs.

 

Thematiques startups Vivatech 2019

Mais même dans des thèmes “secondaires”, on pouvait trouver plusieurs dizaines de startups. Elles étaient cependant saupoudrées façon puzzle sur tout le salon. Les grandes entreprises et autres structures d’accompagnement sont presque toutes multi-thématiques. Comme le modèle économique de l’événement passe par les grands exposants, il est difficile pour les organisateurs d’organiser le salon parfaitement par thématique. On a le même syndrome au CES de Las Vegas malgré l’existence de zones thématiques. Certains se plaignent du manque de sérieux de nombreuses startups qui “ne devraient pas être sélectionnées”. Je n’en ai pas tant vu que cela, même si nombre de startups visent des marchés de niche ne présentant pas énormément d’économies d’échelle ou de potentiel réel de marché solvable. SI toutes les startups d’un événement étaient celles qui doivent réussir à coup sûr, il n’y aurait plus de startups !

Startups Vivatech 2019

Dans ma courte visite du salon d’un peu plus d’une journée, je me suis penché en particulier sur les startups du monde des transports du futur. Et pour cause, puisque c’est le thème de la conférence annuelle que je vais délivrer au Web2day de Nantes le 6 juin prochain, en compagnie de Fanny Bouton comme l’année dernière sur l’informatique quantique (vidéo).

Nous avions donc dans l’ordre :

Aeromobil, une société slovaque qui présentait sa voiture-avion, digne successeur de la voiture de Scaramanga dans l’Homme au Pistolet d’Or (1974). Il se trouve que l’engin vole avec des passagers dans une version précédente depuis 2015 (vidéo). Il lui faut de la place pour décoller (500m) et un garage de bonne taille pour la ranger. La propulsion est thermique avec un moteur de voiture et un système qui le relie aux roues ou à l’hélice arrière selon la configuration. Ce n’est donc pas fait pour vos trajets maison-travail en région parisienne, mais plutôt dans des zones où il y a de la place, au Canada, en Australie ou ailleurs. C’est l’un des véhicules convertibles du marché qui vole véritablement (vidéo).

flow

Hovertaxi est une startup française basée près de Toulon. Elle présentait un hexacoptère électrique. Le projet comprend plusieurs particularités : l’hélicoptère est développé et produit par une autre société, EAC Whisper, située à Carpentras. Les deux sociétés ont un contrat d’exclusivité. Seconde particularité : Hovertaxi a conçu sa propre station d’accueil de ces drones et prévoit de devenir opérateur de transports. Enfin, la batterie des drones est à base de condensateurs. Cela donne une densité énergétique plus faible qu’avec les batteries Lithium-Ion couramment employées dans ces aéronefs mais permet des recharges très rapides, de l’ordre de deux minutes pour 80% de capacité et 15 mn d’autonomie. Côté sécurité, le drone a un parachute, ce qui est standard dans ce genre d’aéronef mais ne permet pas de traiter les cas de panne à basse altitude (sachant que les hélicoptères classiques n’ont rien de tout cela…). Il vole déjà à titre expérimental et sans passager. Les mauvaises langues disaient que la société avait dérobé son prototype à un manège pour enfants. Le projet est sympathique mais va se heurter à des obstacles difficiles à franchir : le financement de l’ensemble, la finalisation du drone, sa certification puis son déploiement dans des villes qui devront l’accueillir, et enfin, les questions d’économies d’échelle.

flow

Ascendance Flight Technologies est une autre startup développant un engin “VTOL” (Vertical Take-Off and Landing). Les fondateurs sont des anciens de l’équipe du projet e-fan d’Airbus, qui a été scrappé avec un changement de manager chez ce dernier. Le prototype d’e-fan avait traversé la Manche en 2015. C’était un avion à décollage horizontal classique. Le projet consiste à créer un avion électrique taxi à décollage vertical. L’équipe comprend 11 personnes. L’avion pourra transporter trois personnes sur 150 km à 250 km/h. Ils utiliseront une propulsion électrique hybride, donc probablement avec une turbine à gaz, probablement de Saffran qui s’est positionné sur ce créneau. Le prototype n’était pas présenté sur leur stand d’un mètre carré.

Hyper Poland est une parmi d’une douzaine des projets d’Hyperloop dans le monde. Je n’ai pas eu le temps de les voir sur Vivatech et je suis plus que dubitatif sur ces Hyperloop en général et sur celui-là en particulier. Cela vend du rêve, mais cela survend aussi le bénéfice économique avec un coût au km qui semble sous-évalué pour les infrastructures. Ils ambitionnent de connecter Cracovie et Gdansk, via Varsovie en 35 mn au lieu des 5h30 par train aujourd’hui et sur plus de 600 km. Leur site parle de crowdfunding. Ils ont déjà obtenu $3,8M de financements de la part du National Center for Research and Development polonais. Il ne manque plus qu’une douzaine de milliards d’Euro pour être au bout du compte, avec un coût d’infrastructure de 20M€ au km sur terrain plat. En terrain accidenté, il pourrait monter à 100M€ le km !

Spacetrain est un autre projet de train à très grande vitesse d’origine française qui exposait également à Vivatech en présentant une maquette miniature de son train. Ils veulent relier Paris au Havre en 17 minutes ou Paris-Orléans en 15 minutes. La startup est basée à Orléans. C’est en fait un revival de l’aérotrain de Bertin abandonné en 1977, utilisant un véhicule propulsé par hélice et soutenu par un coussin d’air, le tout avec des turbines à hydrogène à base d’hydrures, des moteurs à induction et des batteries lithium-ion utilisant des électrodes au graphène pour permettre une recharge plus rapide. Ce moyen de transport circulerait à environ 540 km/h pour atteindre des pointes de 740 km/h. Ils évoquent une commercialisation en 2024 en oubliant peut-être que ce délai correspond à celui du permis de construire en France ! La startup est en fait un bureau d’étude industriel et le projet a démarré en 2016. Ils prévoient de faire des essais sur la voie de l’aérotrain qui est proche d’Orléans.

Dans d’autres domaines, j’ai remarqué Soliquid et son système d’impression 3D dans un gel. La vidéo ne présente pas le système d’extrusion. Et pour cause, vu de près, c’est un système d’extrusion qui rappelle les tubes de Rubson avec un “fil” d’un centimètre de diamètre. Les cas d’usage sont l’impression de béton de structures complexes pour le BTP.

flow

Il y avait aussi pas mal de solutions pour améliorer la qualité du sommeil avec le très connu Dreem. Et aussi Open Mind Innovation qui utilise les neurosciences, des capteurs biométriques divers (montre/bracelet, casque EEG) pour aider les collaborateurs des entreprises à mieux se concentrer. La société présentait sur Vivatech un système de diagnostic s’appuyant sur de la réalité virtuelle et des programmes d’entraînement permettant notamment de contrôler ses émotions. Le tout permettrait notamment de limiter le stress.

La startup lyonnaise Capsix présentait son robot de massage du dos utilisant un système 6 axes couplé à un capteur 3D type Kinnect. Il faut juste espérer que l’ordinateur de contrôle est bien sécurisé, histoire d’éviter un hacking du genre du système de massage de Thunderball pour ceux qui s’en souviennent (1965).

flow

Qwant annonçait un partenariat avec Microsoft. Pourquoi donc ? Le cloud Azure leur servira pour gérer leurs services web. Pourquoi OVH n’est-il pas la solution ? Il y a probablement un rationnel à cela mais c’est dommage pour le plus grand acteur local du cloud français, à part Orange.

flow

Côté quantique qui est mon dada, il y avait une belle table ronde avec 100% de femmes dont l’excellente Maud Vinet du CEA-Leti ainsi que Talia Gershon d’IBM et Sophie Proust, CTO d’Atos. Sur le sujet du calcul quantique, les présentations réalisées par Olivier Hess et Georges Ulzberger chez IBM ne désemplissaient pas.

flow

Atos faisait au moment de Vivatech une marche en avant dans la bataille des plateformes du quantique en lançant myQLM, une offre d’outils de programmation quantique destinée aux chercheurs, étudiants et développeurs. C’est un environnement de développement en Python permettant de simuler des programmes quantiques sur son propre ordinateur. La programmation est réalisée en AQASM (Atos Quantum Assembly Language) et pyAQSM. Pour accéder à un nombre de qubits dépassant les capacités courantes des PC, soit au-delà d’une vingtaine de qubits, les développeurs pourront exécuter leur code sur un simulateur Atos Quantum Learning Machine dans le cloud, mais de manière payante. Atos envisage de permettre le partage de pratiques, bibliothèques et codes d’applications quantiques. Atos propose également un des traducteurs open source de codes myQLM vers d’autres environnements de programmation quantique.

D’autres startups liées cette fois-ci à la cryptographie post-quantique exposaient également comme Crypto Quantique (Royaume Uni) ainsi que CryptoNext, cette dernière étant sur le stand d’Inria le premier jour de Vivatech.

Bilan

Vivatech est l’incarnation faite salon de l’ambition de la France dans la tech. C’est un peu la grenouille qui se veut bœuf dans un secteur d’activité où les économies d’échelle font le tri entre les meilleurs et favorisent naturellement les acteurs issus des grands marchés homogènes que sont les USA et la Chine. Tous les pays modernes veulent être “la” startup nation, ou juste “une” startup nation. Et pour cause, les startups sont les entreprises qui permettent à une économie de se renouveler, en complément des TPE/PME et des grandes entreprises dont l’approche des besoins est moins expérimentale et disruptive. En devenir les champions mondiaux est quasiment impossible pour des raisons géographiques. Ne pas être de la partie serait par contre un suicide économique.

Mais la technologie et l’innovation ne se résument pas au numérique. Vivatech l’illustrait bien même si la majorité des startups exposantes gravitaient autour du numérique. Le monde des biens et services physiques est un monde tout aussi important que le digital tout immatériel, tout comme peut l’être une bonne partie de la tech for good. La tech for good est aussi là, avec moins d’influence des GAFAMI-BATX-NATU.

 

Publié le 20 mai 2019 et mis à jour le 21 mai 2019 Post de | Facebook, France, Intelligence artificielle, Politique, Quantique, Santé, Technologie | 1979 lectures

PDF Afficher une version imprimable de cet article  
  

Reçevez par email les alertes de parution de nouveaux articles :


 Les 4 commentaires et tweets sur “Géopolitique et fact-checking de Vivatech 2019” :

17/05/2019

FranceWebAsso,Tout le monde est bienvenu pour faire des affaires et créer des emplois en France »,L’importance des talents…et de l’Europe

Emmanuel Macron visite Vivatech en VRP de l’Europe

« Tout le monde est bienvenu pour faire des affaires et créer des emplois en France », c’est par ces mots que le président Emmanuel Macron a entamé sa visite du salon des startups VivaTech à Paris. Le chef de l’État a tout d’abord déambulé pendant plus d’une heure dans les allées du parc des expositions de la porte de Versailles. Il a commencé par le stand de bpifrance. « C’est le capital humain et le capital financier qui sont la clé de cette réussite, a-t-il dit. Par l’innovation, on peut à la fois réduire nos émissions et redonner de la biodiversité », a ensuite ajouté Emmanuel Macron, à 10 jours des élections européennes, pour lesquelles l’écologie figure en première place du programme macroniste. « S’il n’y a pas une Europe forte, on n’a pas la possibilité d’avoir un marché domestique fort, y compris en France. » Selon lui, il faut parler de « ce que l’Europe apporte à nos agriculteurs ». « L’Europe, elle protège, elle est notre accélérateur », a-t-il plaidé.

A lire aussi

Une fois cette mise en jambes terminée, le président s’est entretenu avec Jack Ma, le patron du groupe chinois de commerce en ligne Alibaba, avec lequel il a échangé sur la meilleure manière de développer l’export des marques françaises en Chine.

Emmanuel Macron a ensuite rejoint la salle de conférence principale du salon pour se prêter au jeu des questions/réponses avec cinq entrepreneurs européens – dont deux Français. Apparemment ravi de prendre la parole devant un auditoire qu’il ne connaît que trop bien, le président a commencé par une phrase qui a soulevé de nombreux applaudissements parmi les quelque 5000 personnes venues pour l’écouter : « Je suis heureux de vous retrouver, on se voit de moins en moins souvent ». Avant de débuter l’échange avec les entrepreneurs présents, le président a commencé par une séquence d’autosatisfaction qui, une fois encore, a rencontré son public : « Il y a quatre ans, nous étions déjà les meilleurs d’Europe occidentale en création de startups, mais nous avions du mal à scaler. Aujourd’hui, les tickets sont de plus en plus gros, on constate une accélération de l’écosystème. En France dorénavant on lève plus rapidement et on attire de nouveaux talents, nous n’avons d’ailleurs jamais autant créé de licornes. » Si ces propos ne sont pas faux, ils sont tout de même à nuancer. La France boucle certes beaucoup de levées de fonds, mais les montants des opérations restent en général plus faibles qu’en Allemagne et qu’au Royaume-Uni. Selon le baromètre EY, les levées de fonds supérieures à 50 millions d’euros représentaient seulement 749 millions d’euros cumulés en France l’année dernière, contre plus du double en Allemagne et plus du triple au Royaume-Uni !

Lutter contre les géants étrangers

L’« interview » du président par les entrepreneurs commence avec une première question posée par Julia Bijaoui, la très en vue cofondatrice de Frichti. L’entrepreneure l’interroge sur la nécessité d’être plus protectionniste notamment « pour éviter que ce soit Amazon qui fixe le prix des tomates ». Emmanuel Macron répond croire beaucoup plus en la communication positive qu’au repli sur soi. En clair, selon lui, une entreprise comme Frichti doit pour s’imposer face à la concurrence – d’acteurs souvent d’une taille bien supérieure – communiquer sur le principe de consommation responsable qu’elle propose et sur son faible bilan carbone.

Le chef de l’État reconnaît toutefois qu’il est primordial que les géants américains payent en France les mêmes impôts que les startups hexagonales. « Il faut avoir un cadre fiscal juste ainsi qu’un cadre compétitif loyal et équitable pour éviter notamment que les plus gros acteurs rachètent tout », explique t-il avant d’ajouter qu’« en Europe, on a développé une politique de concurrence qui bloque certains rapprochements ». Le chef de l’exécutif français insiste ensuite sur la nécessité pour l’Europe de bâtir un cadre d’investissement qui permette d’aller « plus vite, plus loin, plus fort ». « On a mis en place bpifrance qui a beaucoup structuré le marché français, ajoute le président, il y a de plus en plus de Business Angels, ces entrepreneurs qui ont réussi et qui décident de réinvestir en France. On a des fonds qui se sont structurés, on a attiré des fonds internationaux pour aider à la croissance et pour accroître le montant de nos levées. Nous sommes également en train de développer un vrai marché européen pour coter les entreprises. Mais on est encore bien moins performant que les USA sur ce sujet », consent-il.

Pour garder ces investisseurs dans l’Hexagone, il faut, selon Emmanuel Macron « un cadre fiscal incitatif ». C’est, dit-il, pour booster les investissements qu’il a déjà supprimé l’ISF et imposé une flat-tax à 30% sur le capital détenu. L’étape suivante devra être européenne, estime t-il. « Il faut faire circuler l’épargne en Europe, elle doit aller se mettre là où il y en a le plus besoin. »

L’importance des talents…

Pierre Dubuc, le cofondateur et CEO de la startup de l’EdTech OpenClassrooms, interroge ensuite Emmanuel Macron sur les meilleurs moyens de former les meilleurs talents en France et surtout de les garder sur le territoire. « Nous devons développer l’enseignement par le numérique, répond le président, notre objectif doit être de former aux nouveaux métiers. Nous avons d’ailleurs attribué un budget de quatre milliards d’euros à ce sujet ».

Le chef de l’État estime que la France dispose de tout ce dont elle a besoin pour conserver ses talents et même en attirer depuis l’étranger : « Notre système fiscal est désormais compétitifs et nos systèmes de santé et d’éducation sont ultra-performants et gratuits. Il faut valoriser cela, ça fait partie de l’attractivité de la France qui a d’ailleurs tout pour remporter la grande bataille de l’attractivité ! »

… et de l’Europe

Relancé sur le sujet de l’Europe par Thomas Plantega, le cofondateur néerlandais de Vinted, Emmanuel Macron déclare que nous avons « besoin d’acteurs qui peuvent être des concurrents pour les Américains ou les Chinois. C’est toute l’idée de l’UE. Cela ne veut pas dire que l’on abandonne la souveraineté. Le combat de l’Europe aujourd’hui, c’est de savoir si l’on veut d’un G2, d’un combat entre les USA et la Chine ? Ou veut-on que l’Europe soit un lieu où l’on permet la croissance, où l’on a une stratégie pour le quantique, où l’on a un plan de développement de l’IA ? Nous n’avons pas le même point de vue que les Chinois ou les Américains. Je crois beaucoup à l’Europe parce que je crois beaucoup à la France », martèle le président sous les applaudissements de l’assemblée.

A lire aussi

21/04/2019

Partenariat, Networking,MyNewsCenter,MySelTab,Mabibliothèque,FranceWebAsso,IDF,Bonheur,PVC,SRU-Electronics.GlobalNetwoek,GlobalSources. Archive21stCentury, Ma Bibliotheque,Ma Sélection,MyColection

SRU International Research.gif 

Vous venez d’effectuer des recherches sur les passions, les centres d’intérêts et les événements qu’apprécient votre public en lien avec le secteur d’activité dans lequel vous évoluez. Il est temps d’étudier comment vous pouvez imaginer et produire un contenu réactif gagnant à grande échelle.

Le contenu réactif ou “détourné (newsjacking)” est un moyen pertinent de growth-hack (activer la croissance) et le niveau d’engagement de vos client.e.s. Ces opportunités de newsjack, qu’on pourrait appeler des ’instants clés“, sont un excellent moyen de renforcer votre notoriété et de générer du trafic vers le site de votre marque.

Un résultat gagnant pour un post extrêmement facile à créer : toutes les informations fournies dans l’article sont disponibles gratuitement en ligne. C’est un exemple classique de la façon dont vous pouvez, avec un peu de recherche documentaire, produire un contenu de qualité avec un budget réduit au minimum. Mais ce message aurait-il suscité autant d’engagements s’il n’avait pas été posté au bon moment ? Probablement pas.

La plupart des marques et des agences investissent dans des outils et des plates-formes pour réaliser des tâches comme le social listening (pour suivre, analyser et participer aux conversations en ligne), la veille média et le suivi des modifications des données de recherche. Néanmoins, vous devez également penser à ne pas trop en faire : entre un trop plein de mentions de marques ou une couverture médiatique massive sur un sujet particulier et votre capacité à en tirer parti.

Les alertes et les notifications devraient devenir le nouveau meilleur ami de votre équipe. Existe-t-il un moyen d’automatiser ce process et d’en déléguer la maîtrise à une personne de votre équipe marketing ? Pensez à utiliser des rapports de social listening et à vous inscrire pour recevoir les requêtes des journalistes et les alertes Google pour des sujets pertinents pour vous ou votre client.e.

Si la réponse est oui, cela accélérera le temps nécessaire pour saisir une opportunité et, par conséquent, pour votre marque la possibilité de la capitaliser. Idéalement, cette personne devrait être créative et capable de reconnaître les opportunités qui valent la peine d’être explorées.

ÉTABLIR DES GABARITS, AUTOMATISER, CRÉER

Que vous souhaitiez profiter de moments réactifs pour les contenus pour les réseaux sociaux, les contenus « hub » (doivent être générés régulièrement afin de refléter les centres d’intérêt actuels des audiences) ou « hero » (constitués de vidéos spectaculaires visant à attirer l’attention de l’audience la plus étendue possible), l’automatisation du process réduira les délais, et permettra à votre équipe de se concentrer sur d’autres tâches. C’est exactement ce que Specsavers (réseau mondial d’opticiens) a fait pour les Oscars en 2017. La marque avait prévu une image à mettre en ligne sur simple push.

StefanV.Raducanu,MyNewsCenterNavigator&FranceWebAsso> > La Vie, La Vie!

“C'est la personne humaine, libre et créatrice qui façonne le beau et le sublime, alors que les masses restent entraînées dans une ronde infernale d'imbécillité et d'abrutissement.”

“Fouille en dedans. C'est en dedans qu'est la source du bien et elle peut jaillir sans cesse si tu fouilles toujours.”

Bonheur de construire, Avec ce blog entre les mains, c'est déjà être serein!, Tout a sa beauté, mais pas tout le monde le voit

Profitez sans retenue des avantages de cet outil moderne qui vous donne accès aux bibliothèques du monde entier. Vous avez toutes les chances de trouver les réponses que vous cherchez !


2 maini.jpg0GR3TXHD_400x400SR.jpg3.png3poles reduite2.png3smartphones.jpeg2021.jpg10000 yeux vous regardent pub.gif20130720_160102.jpg20141225_163951.jpgFW-pour-vous-et-avec-vous.jpg1341760513778.jpg

 

 

 
 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu