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22/05/2019

Géopolitique.Dimension de Vivatech.124 000 visiteurs pour l’édition de 2019 vs 105 000 en 2018,des startups venues du monde entier, des ténors de la tech mondiale dans les keynotes .Tous les thèmes.. le B2B le B2C.la smart city et des fintechs.

Géopolitique et fact-checking de Vivatech 2019

Publié le 20 mai 2019 et mis à jour le 21 mai 2019 - 4 commentaires -

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  La quatrième édition de Vivatech était encore plus impressionnante que la précédente. Le pari des Echos et de Publicis de créer un événement technologique significatif à l’échelle européenne si ce n’est mondiale est plutôt réussi.

Les chiffres en témoignent avec 124 000 visiteurs pour l’édition de 2019 vs 105 000 en 2018, un peu moins des deux tiers pendant les deux journées professionnelles, des startups venues du monde entier, des ténors de la tech mondiale dans les keynotes et la visite des politiques toujours aussi empressés de visiter le salon et de s’y exprimer qu’au Salon de l’Agriculture qui a lieu au même endroit, dans le Palais des Expositions de la Porte de Versailles (VIParis d’Unibail-Rodamco).

Je vais ici creuser quelques aspects de cet événement, sa dimension, sa géopolitique, et faire au passage un peu de fact checking sur quelques-unes des startups rencontrées. Vivatech a sinon été déjà couvert par quasiment tous les médias, dont ce bon résumé de Marjorie Paillon et Guillaume Grallet pour France 24 qui traitait du sujet incontournable des licornes et de quelques découvertes du salon ainsi que l’émission de Jérôme Colombain et François Sorel pour 01Net.tv.

Tout ceci est réalisé rapidement et ne cherche pas à égaler le Rapport du CES de Las Vegas que je produis en janvier et qui est unique en son genre et me demande plus d’un mois de travail ! Je ne peux pas faire cela pour chaque grand salon de l’année !

Dimension de Vivatech

La partie salon de Vivatech s’est agrandie en 2019 avec l’ajout du Hall 2 au Hall 1 de la Porte de Versailles, même si ce dernier ne fait qu’un petit tiers de la surface du Hall 1. L’agrandissement se manifestait également par l’usage de la grande salle du Dôme de Paris, Palais des Sports jusqu’en 2015, pour les sessions plénières. C’était un pari plutôt réussi pour les organisateurs avec des sessions bien remplies, les plus courues étant les keynotes du premier jour avec Emmanuel Macron et Jack Ma d’Alibaba avec environ 4500 spectateurs et les moins courues avec environ 1000 participants. Et puis Gary Kasparov, John Kerry, Ginni Rometty d’IBM, Usain Bolt avec ses véhicules électriques et des dizaines d’autres intervenants prestigieux.

Vivatech communiquait avant le salon, selon les cas, sur 3000 ou 9000 startups, puis 13 000 startups dans le bilan de l’édition 2019. Les 3000 sont un arrondi un peu rapide du nombre de startups exposantes au millier le plus élevé. Selon le catalogue mis en ligne, les startups exposantes étaient 2035, dont une part étaient SDF (sans numéro de stand), probablement parce qu’elles pitchaient dans différents endroits sur le salon. Après le salon, l’organisation inventoriait 2300 startups exposantes ou pitchantes. Alors pourquoi Vivatech communique-t-il sur 9000 startups ? C’est en intégrant les startups visiteuses !

Vivatech communiquait avant le salon, selon les cas, sur 3000 ou 9000 startups, puis 13 000 startups dans le bilan de l’édition 2019. Les 3000 sont un arrondi un peu rapide du nombre de startups exposantes au millier le plus élevé. Selon le catalogue mis en ligne, les startups exposantes étaient 2035, dont une part étaient SDF (sans numéro de stand), probablement parce qu’elles pitchaient dans différents endroits sur le salon. Après le salon, l’organisation inventoriait 2300 startups exposantes ou pitchantes. Alors pourquoi Vivatech communique-t-il sur 9000 startups ? C’est en intégrant les startups visiteuses !

Environ la moitié des startups exposantes étaient d’origine étrangère même si dans ce décompte on trouve quelques startups créées à l’étranger par des Français comme Dathena (Singapour).

Le salon permettait de découvrir suffisamment d’objets tape à l’œil pour attirer les visiteurs : des hélicoptères à propulsion électrique, une voiture-avion, un projet d’Hyperloop polonais, des robots et exosquelettes divers, des imprimantes 3D et des objets à écrans souples (chez LVMH), au milieu d’un océan de solutions très sérieuses et moins visuelles.

Au-delà des inévitables grandes entreprises du CAC 40, il y avait pas mal de startups dites “scale-up” comme Klaxoon, les pavillons de nombreuses régions, ceux de Business France, Bpifrance, de la DGA et de la DGSE, ceux d’écoles d’ingénieurs (Polytechnique, Télécom Paristech) et de laboratoires de recherche (Inria, CNRS, CEA).

Comme chaque année, le Hub Institute avait l’exclusivité sur place de l’organisation de tours organisés de Vivatech. Une grosse vingtaine de guides accompagnaient des équipes de grandes entreprises avec leurs clients dans certains cas (comme pour Microsoft) pendant des tours personnalisés de deux heures, avec de quoi visiter quelques dizaines de stands. Le Hub Institute a produit un compte-rendu détaillé du salon en deux parties (jour 1, jour 2). Cela donne un bon aperçu des points clés du salon même si, dans pas mal de cas, les informations sont “à plat” et manquent de profondeur (la partie quantique mérite quelques ajustements qui feront sourire les spécialistes…).

Géopolitique

Vivatech était déjà à sa création en 2016 une sorte de tremplin médiatique pour le message de “startup nation” d’Emmanuel Macron. Dans son intervention cette année, il était visiblement content de revenir un peu aux sources face à une audience en général conquise, après l’épisode difficile à traverser des Gilets Jaunes. Et il n’était pas seul, puisqu’intervenaient également Justin Trudeau du Canada et la Première Ministre de Nouvelle Zélande, Jacinda Ardern, ainsi que Paul Kagame de Rwanda. Les Ministres français étaient nombreux à arpenter les allées, dont Cedric O, en charge du numérique, qui faisait la tournée de l’écosystème tous les jours. Et il y avait en plus trois commissaires européens : Carlos Moedas, Margrethe Vestager et Pierre Moscovici.

Vivatech avait été précédé par un Sommet de la Tech for Good tenu à l’Elysée. La France veut jouer un rôle de leader pour créer un Internet pacifié, en jouant un peu avec le feu, navigant à vue entre le besoin d’éviter les fake news et la propagation de la haine sur Internet tout en préservant les libertés fondamentales. Aux USA, le premier amendement qui régit la liberté d’expression limite la marge de manœuvre des acteurs de l’Internet.

Dans la pratique, la France se retrouve à “négocier” avec les grands acteurs américains, ces derniers souhaitant à tout prix éviter que la France et l’Europe sur-régulent leur pré-carré. D’où les opérations de lobbying réussies de ces derniers, avec Facebook en tête dont le fondateur Mark Zuckerberg rencontrait en tête à tête Emmanuel Macron, puis Cedric O et une brochette de députés spécialisés dans le numérique (Laure de la Raudière, Paula Forteza, Eric Bothorel). L’heure est à la co-régulation qui remplacerait l’autorégulation sans intervention des états.

Au même moment était remis à Cédric O le rapport Créer un cadre français de responsabilisation des réseaux sociaux : agir en France avec une ambition européenne (34 pages) piloté par un préfet, Frédéric Potier, et Serge Abiteboul, un membre du collège de l’ARCEP. La mission associée à ce rapport était la “Mission Facebook”. En effet, elle avait été lancée à l’initiative conjointe d’Emmanuel Macron et Mark Zuckerberg en mai 2018. Comme le dit la mission : elle “a bénéficié d’un accueil ouvert de la société Facebook. Néanmoins, elle n’a pas accédé à une information détaillée, ni à des éléments confidentiels en raison des délais très courts, de l’absence de cadre juridique formel, et des limites de la politique de transparence de la société Facebook.”. Il n’empêche que le procédé était curieux sur la forme. C’est un peu comme si Monsanto avait créé avec Emmanuel Macron une mission de régulation des pesticides. Au passage, la mission qui impliquait une dizaine de personne ne comprenait qu’une femme. Sur un tel sujet, c’est franchement étonnant et regrettable.

Dans la lignée de la remise du rapport de Cédric Villani en mars 2018 baptisé “France AI for Humanity”, la France se positionne comme une sorte de leader moral de l’Internet face aux géants américains et, éventuellement, asiatiques. Cela ne change rien à leur dominance économique, que l’on cherche un peu en vain à contenir avec les initiatives de Startup Nations qui pullulent en Europe et avec le rêve, un peu chimérique, de créer un marché unique européen du numérique. Il est chimérique car, quoi que l’on fasse sous l’angle règlementaire, ce marché sera toujours plus fragmenté que les marchés US et chinois. Qu’il s’agisse de langue, de culture, et de grands effets de leviers locaux (opérateurs télécoms, banques, retail, …). L’Europe pourrait éventuellement harmoniser la régulation et permettre des regroupements d’acteurs pan-européens pour générer de plus grands effets de levier. Mais il resterait la langue et la culture. Malgré cela, on a besoin de plus d’Europe, pas de moins d’Europe pour conforter la place du continent dans l’échiquier mondial.

Pour ce qui est de Vivatech, le salon accueillait 21 pavillons étrangers dont ceux de la Chine, de la Corée du Sud, de divers pays d’Afrique comme en 2018, du Luxembourg, de la Belgique (juste la Wallonie, comme au CES de Las Vegas), du Royaume-Uni, d’Allemagne (le plus grand), d’Italie (mais juste du Sud, le Nord est riche et n’a pas besoin de faire autant de marketing), du Brésil, du Canada et d’Israël (la Startup Nation de référence).

Une moitié des startups exposantes était d’origine étrangère. Mais il n’y avait pas encore assez de grandes entreprises européennes.

Comment analyser la géopolitique de Vivatech ? En décomptant les stands des grandes d’entreprises avec…

  • Les grandes entreprises des USA et d’Asie comprenant Google, Microsoft, Facebook, Saleforce, Amazon AWS, Cisco, HPE, Intel, Oracle, EY, puis Samsung, Softbank Robotics et Huawei. Même si c’est avec leurs équipes françaises. Ce sont des leaders technologiques mondiaux.
  • Les entreprises françaises et européennes qui ne sont pas des pure players du numérique. C’était la majorité des grandes entreprises exposantes avec leurs contingents de startups : LVHM, L’Oréal, Bouygues, TF1, La Poste, BNP, etc. Ces entreprises ont une faible influence technologique à l’échelle mondiale.
  • Les entreprises françaises et européennes qui sont des pure players du numérique avec Orange, Capgemini, Thales (sort-of), Atos, Talan, Valeo et Bosch, plutôt positionnées dans les services et françaises pour les premières. Les leaders européens de la tech ne sont pas suffisamment présents à Vivatech (Nokia, Ericsson, Dassault Systèmes, Siemens). Cela fait partie des objectifs des équipes de Vivatech que de les y attirer.

A noter un stand bizarre, celui de la Misk Foundation. Cette fondation crée en 2011 par le prince Mohammad bin Salman d’Arabie Saoudite (MBS) encourage l’entrepreneuriat, l’adoption des technologies et la culture auprès des jeunes en Arabie Saoudite. Suite à l’assassinat du journaliste Jamal Khashoggi en octobre 2018, la fondation Bill & Melinda Gates avait arrêté de les soutenir. La présence de cette fondation à Vivatech n’a pas trop été commentée ! La Misk Foundation exposait déjà à Vivatech en 2018. Elle présentait quelques startups d’Arabie Saoudite.

Du côté du visitorat, la présence étrangère ne s’entendait pas vraiment dans les allées. Au Web Summit de Lisbonne, on entend peu parler le portugais. Leur écosystème technologique est moins dense qu’en France et le pays est plus petit. Les visiteurs locaux sont surtout les étudiants et jeunes qui obtiennent un passe au rabais ne leur permettant que d’assister aux sessions plénières dans une grande salle ressemblant à l’Accor Hôtels Arena de Bercy. A Viva Tech, le français dominait largement la langue parlée dans les allées. Les étrangers sont probablement d’abord sur leur stand de startups ou dans des meetings pour faire du business. Ils étaient peut-être aussi disséminés dans un bon nombre de side events qui donnaient le tournis et permettaient à Vivatech de bien s’installer dans le paysage comme un aimant géant de décideurs de tout poil. C’était le cas du CMO Forum qui rassemblait des dirigeants du marketing, de la communication et des médias le 17 mai dans un cycle de débats organisé par McKinsey et Nielsen.

A noter également la troisième édition du LVMH Innovation Award remis par Bernard Arnault ainsi que le plus grand hackathon d’Europe, organisé avec TechCrunch avec l’EDHEC, Eramet, Sanofi–Cegedim–IBM, les Galeries Lafayette, Publicis Sapient et Wix. Durant 36 heures, il rassemblait 1000 développeurs et était doté d’un prix de 5K€.

Vivatech et la diversité de genre

Vivatech fait des efforts constants depuis la première édition pour que les femmes aient leur place dans l’événement. Environ 40% des intervenants dans les sessions étaient des femmes ce qui est un bon niveau dans ce domaine. Plusieurs événements avaient lieu dans la lignée :

Le Female Founder Challenge, organisé avec l’initiative française 50inTech lancée par Caroline Ramade (ex Willa et Paris Pionnières) et Gaëlle Le Goff. Il s’agissait d’un programme de rencontres entre entrepreneuses et investisseurs avec concours de présentations devant des investisseurs internationaux. La gagnante était Vivian Nwakah de MedSaf (Nigeria).

L’EU Prize for Women Innovator, un prix remis par Carlos Moedas, Commissaire Européen pour la Recherche. Il récompensait Michela Puddu (Haelixa, une spin-off de l’ETH Zurich qui utilise des traceurs à base d’ADN), Martine Caroff (de Hephaistos-Pharma, une biotech dans les immunothérapies cancéreuses), Irina Borodina (de DTU Biosustain, une autre biotech) et Shimrit Perkol-Finkel (Chief Scientist d’ECOncrete Tech, une startup israélienne qui créé un type de béton écologique, vidéo).

L’initiative de l’ESN Talan qui organisait une session de promotion des métiers du numérique avec des témoignages de ses collaborateurs et de l’association Quelques Femmes du Numérique ! avec sa présidente, Myriam Multigner, sa déléguée générale, Marie-Anne Magnac, et des femmes ingénieures du numérique comme Yousra Tourki (Diabeloop), Eugénie Vinet (C3i, un éditeur de logiciels de développement pour l’IA) et Isabelle Guidat-Gravina (responsable du data lab chez Hermès). Et votre serviteur, toujours à la photo pour cette initiative. Le tout face à de jeunes lycéennes et étudiantes !

La conférence Girl Power qui faisait s’exprimer des entrepreneuses, actrices, youtubeuses avec l’animation de Bérengère Krief. La Poste organisait les secondes rencontres des femmes du numérique après celle du CES de Las Vegas de janvier 2019, et toujours avec La Tribune. C’est surtout un meet-up.

Pléthore de startups dans tous les domaines

Avec entre 1600 et 2000 startups exposantes, il y a de quoi faire son marché. Elles étaient sélectionnées en particulier dans le cadre d’un grand challenge mondial avec deux dizaines de thèmes et de sponsors de grandes entreprises. D’autres étaient exposantes sur les stands d’organisations diverses, notamment des écosystèmes de régions, de Bpifrance et Business France ou de laboratoires de recherche comme l’Inria.

Tous les thèmes étaient représentés aussi bien dans le B2B que dans le B2C. Les outils et cloud et de développement ainsi que les outils de l’IT arrivaient en tête, suivis de la santé, de la mobilité et des transports, des edtechs et hrtech puis de la smart city et des fintechs.

 

Thematiques startups Vivatech 2019

Mais même dans des thèmes “secondaires”, on pouvait trouver plusieurs dizaines de startups. Elles étaient cependant saupoudrées façon puzzle sur tout le salon. Les grandes entreprises et autres structures d’accompagnement sont presque toutes multi-thématiques. Comme le modèle économique de l’événement passe par les grands exposants, il est difficile pour les organisateurs d’organiser le salon parfaitement par thématique. On a le même syndrome au CES de Las Vegas malgré l’existence de zones thématiques. Certains se plaignent du manque de sérieux de nombreuses startups qui “ne devraient pas être sélectionnées”. Je n’en ai pas tant vu que cela, même si nombre de startups visent des marchés de niche ne présentant pas énormément d’économies d’échelle ou de potentiel réel de marché solvable. SI toutes les startups d’un événement étaient celles qui doivent réussir à coup sûr, il n’y aurait plus de startups !

Startups Vivatech 2019

Dans ma courte visite du salon d’un peu plus d’une journée, je me suis penché en particulier sur les startups du monde des transports du futur. Et pour cause, puisque c’est le thème de la conférence annuelle que je vais délivrer au Web2day de Nantes le 6 juin prochain, en compagnie de Fanny Bouton comme l’année dernière sur l’informatique quantique (vidéo).

Nous avions donc dans l’ordre :

Aeromobil, une société slovaque qui présentait sa voiture-avion, digne successeur de la voiture de Scaramanga dans l’Homme au Pistolet d’Or (1974). Il se trouve que l’engin vole avec des passagers dans une version précédente depuis 2015 (vidéo). Il lui faut de la place pour décoller (500m) et un garage de bonne taille pour la ranger. La propulsion est thermique avec un moteur de voiture et un système qui le relie aux roues ou à l’hélice arrière selon la configuration. Ce n’est donc pas fait pour vos trajets maison-travail en région parisienne, mais plutôt dans des zones où il y a de la place, au Canada, en Australie ou ailleurs. C’est l’un des véhicules convertibles du marché qui vole véritablement (vidéo).

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Hovertaxi est une startup française basée près de Toulon. Elle présentait un hexacoptère électrique. Le projet comprend plusieurs particularités : l’hélicoptère est développé et produit par une autre société, EAC Whisper, située à Carpentras. Les deux sociétés ont un contrat d’exclusivité. Seconde particularité : Hovertaxi a conçu sa propre station d’accueil de ces drones et prévoit de devenir opérateur de transports. Enfin, la batterie des drones est à base de condensateurs. Cela donne une densité énergétique plus faible qu’avec les batteries Lithium-Ion couramment employées dans ces aéronefs mais permet des recharges très rapides, de l’ordre de deux minutes pour 80% de capacité et 15 mn d’autonomie. Côté sécurité, le drone a un parachute, ce qui est standard dans ce genre d’aéronef mais ne permet pas de traiter les cas de panne à basse altitude (sachant que les hélicoptères classiques n’ont rien de tout cela…). Il vole déjà à titre expérimental et sans passager. Les mauvaises langues disaient que la société avait dérobé son prototype à un manège pour enfants. Le projet est sympathique mais va se heurter à des obstacles difficiles à franchir : le financement de l’ensemble, la finalisation du drone, sa certification puis son déploiement dans des villes qui devront l’accueillir, et enfin, les questions d’économies d’échelle.

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Ascendance Flight Technologies est une autre startup développant un engin “VTOL” (Vertical Take-Off and Landing). Les fondateurs sont des anciens de l’équipe du projet e-fan d’Airbus, qui a été scrappé avec un changement de manager chez ce dernier. Le prototype d’e-fan avait traversé la Manche en 2015. C’était un avion à décollage horizontal classique. Le projet consiste à créer un avion électrique taxi à décollage vertical. L’équipe comprend 11 personnes. L’avion pourra transporter trois personnes sur 150 km à 250 km/h. Ils utiliseront une propulsion électrique hybride, donc probablement avec une turbine à gaz, probablement de Saffran qui s’est positionné sur ce créneau. Le prototype n’était pas présenté sur leur stand d’un mètre carré.

Hyper Poland est une parmi d’une douzaine des projets d’Hyperloop dans le monde. Je n’ai pas eu le temps de les voir sur Vivatech et je suis plus que dubitatif sur ces Hyperloop en général et sur celui-là en particulier. Cela vend du rêve, mais cela survend aussi le bénéfice économique avec un coût au km qui semble sous-évalué pour les infrastructures. Ils ambitionnent de connecter Cracovie et Gdansk, via Varsovie en 35 mn au lieu des 5h30 par train aujourd’hui et sur plus de 600 km. Leur site parle de crowdfunding. Ils ont déjà obtenu $3,8M de financements de la part du National Center for Research and Development polonais. Il ne manque plus qu’une douzaine de milliards d’Euro pour être au bout du compte, avec un coût d’infrastructure de 20M€ au km sur terrain plat. En terrain accidenté, il pourrait monter à 100M€ le km !

Spacetrain est un autre projet de train à très grande vitesse d’origine française qui exposait également à Vivatech en présentant une maquette miniature de son train. Ils veulent relier Paris au Havre en 17 minutes ou Paris-Orléans en 15 minutes. La startup est basée à Orléans. C’est en fait un revival de l’aérotrain de Bertin abandonné en 1977, utilisant un véhicule propulsé par hélice et soutenu par un coussin d’air, le tout avec des turbines à hydrogène à base d’hydrures, des moteurs à induction et des batteries lithium-ion utilisant des électrodes au graphène pour permettre une recharge plus rapide. Ce moyen de transport circulerait à environ 540 km/h pour atteindre des pointes de 740 km/h. Ils évoquent une commercialisation en 2024 en oubliant peut-être que ce délai correspond à celui du permis de construire en France ! La startup est en fait un bureau d’étude industriel et le projet a démarré en 2016. Ils prévoient de faire des essais sur la voie de l’aérotrain qui est proche d’Orléans.

Dans d’autres domaines, j’ai remarqué Soliquid et son système d’impression 3D dans un gel. La vidéo ne présente pas le système d’extrusion. Et pour cause, vu de près, c’est un système d’extrusion qui rappelle les tubes de Rubson avec un “fil” d’un centimètre de diamètre. Les cas d’usage sont l’impression de béton de structures complexes pour le BTP.

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Il y avait aussi pas mal de solutions pour améliorer la qualité du sommeil avec le très connu Dreem. Et aussi Open Mind Innovation qui utilise les neurosciences, des capteurs biométriques divers (montre/bracelet, casque EEG) pour aider les collaborateurs des entreprises à mieux se concentrer. La société présentait sur Vivatech un système de diagnostic s’appuyant sur de la réalité virtuelle et des programmes d’entraînement permettant notamment de contrôler ses émotions. Le tout permettrait notamment de limiter le stress.

La startup lyonnaise Capsix présentait son robot de massage du dos utilisant un système 6 axes couplé à un capteur 3D type Kinnect. Il faut juste espérer que l’ordinateur de contrôle est bien sécurisé, histoire d’éviter un hacking du genre du système de massage de Thunderball pour ceux qui s’en souviennent (1965).

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Qwant annonçait un partenariat avec Microsoft. Pourquoi donc ? Le cloud Azure leur servira pour gérer leurs services web. Pourquoi OVH n’est-il pas la solution ? Il y a probablement un rationnel à cela mais c’est dommage pour le plus grand acteur local du cloud français, à part Orange.

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Côté quantique qui est mon dada, il y avait une belle table ronde avec 100% de femmes dont l’excellente Maud Vinet du CEA-Leti ainsi que Talia Gershon d’IBM et Sophie Proust, CTO d’Atos. Sur le sujet du calcul quantique, les présentations réalisées par Olivier Hess et Georges Ulzberger chez IBM ne désemplissaient pas.

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Atos faisait au moment de Vivatech une marche en avant dans la bataille des plateformes du quantique en lançant myQLM, une offre d’outils de programmation quantique destinée aux chercheurs, étudiants et développeurs. C’est un environnement de développement en Python permettant de simuler des programmes quantiques sur son propre ordinateur. La programmation est réalisée en AQASM (Atos Quantum Assembly Language) et pyAQSM. Pour accéder à un nombre de qubits dépassant les capacités courantes des PC, soit au-delà d’une vingtaine de qubits, les développeurs pourront exécuter leur code sur un simulateur Atos Quantum Learning Machine dans le cloud, mais de manière payante. Atos envisage de permettre le partage de pratiques, bibliothèques et codes d’applications quantiques. Atos propose également un des traducteurs open source de codes myQLM vers d’autres environnements de programmation quantique.

D’autres startups liées cette fois-ci à la cryptographie post-quantique exposaient également comme Crypto Quantique (Royaume Uni) ainsi que CryptoNext, cette dernière étant sur le stand d’Inria le premier jour de Vivatech.

Bilan

Vivatech est l’incarnation faite salon de l’ambition de la France dans la tech. C’est un peu la grenouille qui se veut bœuf dans un secteur d’activité où les économies d’échelle font le tri entre les meilleurs et favorisent naturellement les acteurs issus des grands marchés homogènes que sont les USA et la Chine. Tous les pays modernes veulent être “la” startup nation, ou juste “une” startup nation. Et pour cause, les startups sont les entreprises qui permettent à une économie de se renouveler, en complément des TPE/PME et des grandes entreprises dont l’approche des besoins est moins expérimentale et disruptive. En devenir les champions mondiaux est quasiment impossible pour des raisons géographiques. Ne pas être de la partie serait par contre un suicide économique.

Mais la technologie et l’innovation ne se résument pas au numérique. Vivatech l’illustrait bien même si la majorité des startups exposantes gravitaient autour du numérique. Le monde des biens et services physiques est un monde tout aussi important que le digital tout immatériel, tout comme peut l’être une bonne partie de la tech for good. La tech for good est aussi là, avec moins d’influence des GAFAMI-BATX-NATU.

 

Publié le 20 mai 2019 et mis à jour le 21 mai 2019 Post de | Facebook, France, Intelligence artificielle, Politique, Quantique, Santé, Technologie | 1979 lectures

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21/05/2019

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Objectifs

02/05/2019

Digital Workplace FranceWeb Solutions Collaboratives.DiffuserVision 21,Un nouveau grand défi>Comment connecter plus de personnes avec un accès à Internet et à la technologie, quels que soient leur âge, leur emplacement, leur formation ou leurs capacités?

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Comment rendre le monde meilleur

Nous sommes au bord d'une révolution technologique qui modifiera fondamentalement notre façon de vivre, de travailler et de tisser des liens les uns avec les autres. De par son ampleur, sa portée et sa complexité, la transformation sera différente de tout ce que l’humanité a connu auparavant. Nous ne savons pas encore comment cela va se dérouler, mais une chose est claire: la réponse doit être intégrée et globale et impliquer toutes les parties prenantes du système politique mondial, des secteurs public et privé aux universités et à la société civile.

La première révolution industrielle utilisait de l'eau et de la vapeur pour mécaniser la production. La deuxième utilisait l'énergie électrique pour créer une production de masse. La troisième utilisait l’électronique et les technologies de l’information pour automatiser la production. Maintenant, une quatrième révolution industrielle s'appuie sur la troisième, la révolution numérique en cours depuis le milieu du siècle dernier. Il se caractérise par une fusion de technologies qui brouille les frontières entre les sphères physique, numérique et biologique.

Il y a trois raisons pour lesquelles les transformations d'aujourd'hui ne représentent pas simplement un prolongement de la troisième révolution industrielle, mais plutôt l'arrivée d'une quatrième et distincte: l'impact sur la vitesse, la portée et les systèmes. La vitesse des percées actuelles n'a pas de précédent historique. Comparée aux révolutions industrielles précédentes, la quatrième évolue à un rythme exponentiel plutôt que linéaire. En outre, cela perturbe presque toutes les industries dans tous les pays. Et l'ampleur et la profondeur de ces changements annoncent la transformation de systèmes entiers de production, de gestion et de gouvernance.

Les possibilités offertes à des milliards de personnes connectées via des appareils mobiles, avec une puissance de traitement, une capacité de stockage et un accès au savoir sans précédent, sont illimitées. Et ces possibilités seront multipliées par les percées technologiques émergentes dans des domaines tels que l'intelligence artificielle, la robotique, l'Internet des objets, les véhicules autonomes, l'impression 3D, la nanotechnologie, la biotechnologie, la science des matériaux, le stockage de l'énergie et l'informatique quantique.

Déjà, l’intelligence artificielle nous entoure, des voitures et drones autonomes aux assistants virtuels, en passant par les logiciels qui traduisent ou investissent. L'intelligence artificielle a considérablement progressé ces dernières années, grâce à l'augmentation exponentielle de la puissance de calcul et à la disponibilité de vastes quantités de données, des logiciels utilisés pour découvrir de nouveaux médicaments aux algorithmes servant à prédire nos intérêts culturels. Les technologies de fabrication numérique, quant à elles, interagissent quotidiennement avec le monde biologique. Des ingénieurs, des concepteurs et des architectes associent conception informatique, fabrication additive, ingénierie des matériaux et biologie synthétique pour créer une symbiose entre les microorganismes, notre corps, les produits que nous consommons et même les bâtiments que nous habitons.

Défis et opportunités

À l'instar des révolutions qui l'ont précédée, la quatrième révolution industrielle a le potentiel d'augmenter les niveaux de revenus mondiaux et d'améliorer la qualité de vie des populations du monde entier. À ce jour, ceux qui en ont le plus profité sont les consommateurs qui ont les moyens d’acheter le monde numérique et d’y accéder; La technologie a rendu possibles de nouveaux produits et services qui augmentent l'efficacité et le plaisir de nos vies personnelles. Commander un taxi, réserver un vol, acheter un produit, payer, écouter de la musique, regarder un film ou jouer à un jeu - tout cela peut maintenant être fait à distance.

À l'avenir, l'innovation technologique conduira également à un miracle de l'offre, avec des gains d'efficacité et de productivité à long terme. Les coûts de transport et de communication diminueront, la logistique et les chaînes d'approvisionnement mondiales deviendront plus efficaces et le coût du commerce diminuera, ce qui ouvrira de nouveaux marchés et stimulera la croissance économique.

Dans le même temps, comme l'ont souligné les économistes Erik Brynjolfsson et Andrew McAfee, la révolution pourrait générer une plus grande inégalité, notamment en ce qu'elle pourrait perturber les marchés du travail. Alors que l’automatisation remplace le travail dans l’ensemble de l’économie, le déplacement net de travailleurs par des machines pourrait exacerber l’écart entre les rendements du capital et les rendements du travail. D'autre part, il est également possible que le déplacement de travailleurs par la technologie se traduise, globalement, par une augmentation nette du nombre d'emplois sûrs et enrichissants.

À ce stade, nous ne pouvons prédire quel scénario est susceptible d’apparaître, et l’histoire suggère que le résultat sera probablement une combinaison des deux. Cependant, je suis convaincu d'une chose: à l'avenir, le talent, plus que le capital, représentera le facteur critique de la production. Cela créera un marché du travail de plus en plus séparé en segments «faiblement qualifiés / faiblement rémunérés» et «hautement qualifiés / hautement rémunérés», ce qui entraînera une augmentation des tensions sociales.

En plus d'être une préoccupation économique clé, les inégalités représentent la plus grande préoccupation sociétale associée à la quatrième révolution industrielle. Les principaux bénéficiaires de l'innovation ont tendance à être les fournisseurs de capital intellectuel et physique - les innovateurs, les actionnaires et les investisseurs -, ce qui explique l'écart de plus en plus grand entre les personnes dépendantes du capital et du travail. La technologie est donc l’une des principales raisons pour lesquelles les revenus ont stagné, voire diminué, pour la majorité de la population des pays à revenu élevé: la demande de travailleurs hautement qualifiés a augmenté tandis que la demande de travailleurs moins scolarisés et moins qualifiés a diminué . Le résultat est un marché du travail avec une forte demande dans les hauts et les bas, mais un creux du milieu.

Cela aide à comprendre pourquoi tant de travailleurs sont déçus et craignent que leurs revenus réels et ceux de leurs enfants continuent de stagner. Cela aide également à expliquer pourquoi les classes moyennes du monde entier éprouvent de plus en plus un sentiment d'insatisfaction et d'injustice omniprésent. Une économie gagnante qui n'offre qu'un accès limité à la classe moyenne est la recette du malaise démocratique et de la négligence.

Le mécontentement peut également être alimenté par l'omniprésence des technologies numériques et la dynamique de partage de l'information caractérisée par les médias sociaux. Plus de 30% de la population mondiale utilise désormais des plateformes de médias sociaux pour se connecter, apprendre et partager des informations. Dans un monde idéal, ces interactions fourniraient une opportunité pour la compréhension et la cohésion interculturelles. Cependant, ils peuvent également créer et propager des attentes irréalistes quant à ce qui constitue le succès d'un individu ou d'un groupe, et offrir des opportunités de diffusion d'idées et d'idéologies extrêmes.

L'impact sur les affaires

Un thème sous-jacent dans mes conversations avec les chefs de la direction et les dirigeants d’entreprise du monde entier est que l’accélération de l’innovation et la vitesse de perturbation sont difficiles à comprendre ou à anticiper et que ces facteurs constituent une source de surprise constante, même pour les mieux connectés et les mieux informés. . En effet, dans tous les secteurs, il apparaît clairement que les technologies qui sous-tendent la quatrième révolution industrielle ont un impact majeur sur les entreprises.

Du côté de l'offre, de nombreuses industries voient l'introduction de nouvelles technologies qui créent de toutes nouvelles manières de répondre aux besoins existants et perturbent considérablement les chaînes de valeur de l'industrie existante. Les perturbations proviennent également de concurrents agiles et novateurs qui, grâce à l'accès à des plateformes numériques mondiales de recherche, développement, marketing, vente et distribution, peuvent se débarrasser plus rapidement que jamais de fournisseurs déjà établis en améliorant la qualité, la vitesse ou le prix auxquels la valeur est livrée.

Des changements importants se produisent également du côté de la demande, alors que la transparence croissante, l'engagement des consommateurs et les nouveaux modes de comportement des consommateurs (de plus en plus fondés sur l'accès aux réseaux mobiles et aux données) forcent les entreprises à adapter leur manière de concevoir, de commercialiser et de fournir des produits et services. .

Une tendance clé est le développement de plates-formes basées sur la technologie qui combinent à la fois la demande et l’offre pour perturber les structures industrielles existantes, telles que celles que nous voyons dans l’économie du «partage» ou «à la demande». Ces plates-formes technologiques, rendues faciles à utiliser par le smartphone, rassemblent des personnes, des actifs et des données, créant ainsi de toutes nouvelles façons de consommer des biens et des services. En outre, ils permettent aux entreprises et aux particuliers de créer des richesses, modifiant ainsi l’environnement personnel et professionnel des travailleurs. Ces nouvelles entreprises de plate-forme se multiplient rapidement pour inclure de nombreux nouveaux services, allant de la lessive au shopping, des tâches ménagères au parking, des massages aux voyages.

Globalement, la quatrième révolution industrielle a quatre effets principaux sur les affaires: sur les attentes des clients, sur l'amélioration des produits, sur l'innovation collaborative et sur les formes organisationnelles. Qu'il s'agisse de consommateurs ou d'entreprises, les clients sont de plus en plus au centre de l'économie, ce qui consiste à améliorer les services fournis aux clients. De plus, les produits et services physiques peuvent maintenant être améliorés avec des fonctionnalités numériques qui augmentent leur valeur. Les nouvelles technologies rendent les actifs plus durables et résilients, tandis que les données et les analyses transforment la manière dont elles sont gérées. Un monde d’expériences client, de services basés sur des données et de performance des actifs grâce à l’analyse requiert de nouvelles formes de collaboration, en particulier compte tenu de la rapidité avec laquelle l’innovation et les bouleversements se produisent. Enfin, l’émergence de plates-formes mondiales et d’autres nouveaux modèles commerciaux signifie que le talent, la culture et les formes d’organisation devront être repensés.

Globalement, le passage inexorable de la numérisation simple (troisième révolution industrielle) à une innovation reposant sur une combinaison de technologies (la quatrième révolution industrielle) oblige les entreprises à réexaminer leur manière de faire des affaires. Toutefois, l’essentiel est le même: les dirigeants d’entreprise et les cadres supérieurs doivent comprendre l’évolution de leur environnement, remettre en question les hypothèses de leurs équipes opérationnelles et innover sans cesse et sans cesse.

L'impact sur le gouvernement

Alors que les mondes physique, numérique et biologique continuent de converger, les nouvelles technologies et plateformes permettront de plus en plus aux citoyens de dialoguer avec les gouvernements, d'exprimer leurs opinions, de coordonner leurs efforts et même de contourner le contrôle des autorités publiques. Simultanément, les gouvernements disposeront de nouveaux pouvoirs technologiques pour renforcer leur contrôle sur les populations, grâce à des systèmes de surveillance omniprésents et à la capacité de contrôler les infrastructures numériques. Dans l'ensemble, toutefois, les gouvernements seront de plus en plus confrontés à la nécessité de modifier leur approche actuelle en matière d'engagement du public et d'élaboration des politiques, à mesure que leur rôle central dans la conduite de la politique diminue en raison de nouvelles sources de concurrence, de la redistribution et de la décentralisation du pouvoir que les nouvelles technologies permettent.

En fin de compte, la capacité d'adaptation des systèmes gouvernementaux et des autorités publiques déterminera leur survie. S'ils s'avèrent capables de s'adapter à un monde de changements perturbateurs, en soumettant leurs structures aux niveaux de transparence et d'efficacité qui leur permettront de conserver leur avantage concurrentiel, ils persisteront. S'ils ne peuvent pas évoluer, ils devront faire face à des problèmes croissants.

Cela sera particulièrement vrai dans le domaine de la réglementation. Les systèmes actuels de politique publique et de prise de décision ont évolué parallèlement à la deuxième révolution industrielle, lorsque les décideurs ont eu le temps d'étudier un problème spécifique et d'élaborer la réponse nécessaire ou le cadre réglementaire approprié. L'ensemble du processus a été conçu pour être linéaire et mécaniste, en suivant une approche stricte «du haut vers le bas».

Mais une telle approche n'est plus réalisable. Compte tenu de la rapidité avec laquelle la quatrième révolution industrielle évolue et de ses vastes répercussions, les législateurs et les régulateurs sont confrontés à un défi sans précédent et se révèlent, dans la plupart des cas, incapables de faire face.

Comment, alors, peuvent-ils préserver l'intérêt des consommateurs et du grand public tout en continuant à soutenir l'innovation et le développement technologique? En adoptant une gouvernance «agile», tout comme le secteur privé a de plus en plus adopté des réponses agiles au développement de logiciels et aux opérations commerciales en général. Cela signifie que les régulateurs doivent continuellement s'adapter à un nouvel environnement en mutation rapide, se réinventer pour pouvoir vraiment comprendre ce qu'ils réglementent. Pour ce faire, les gouvernements et les organismes de réglementation devront collaborer étroitement avec les entreprises et la société civile.

La quatrième révolution industrielle aura également un impact profond sur la nature de la sécurité nationale et internationale, affectant à la fois la probabilité et la nature du conflit. L’histoire de la guerre et de la sécurité internationale est l’histoire de l’innovation technologique, et aujourd’hui ne fait pas exception. Les conflits modernes impliquant des États sont de plus en plus «hybrides», combinant des techniques de champ de bataille traditionnelles et des éléments précédemment associés à des acteurs non étatiques. La distinction entre guerre et paix, combattant et non combattant, et même violence et non-violence (pensez cyber guerre) devient de plus en plus floue.

Au fur et à mesure que ce processus se déroulera et que les nouvelles technologies telles que les armes autonomes ou biologiques deviendront plus faciles à utiliser, les individus et les petits groupes se joindront de plus en plus à la capacité des États de causer des dommages massifs. Cette nouvelle vulnérabilité entraînera de nouvelles craintes. Parallèlement, toutefois, les progrès technologiques permettront de réduire l’ampleur ou l’impact de la violence, par le développement de nouveaux modes de protection, par exemple, ou par une précision accrue du ciblage.

L'impact sur les gens

La quatrième révolution industrielle, enfin, changera non seulement ce que nous faisons mais aussi qui nous sommes. Cela affectera notre identité et tous les problèmes qui y sont associés: notre sens de la vie privée, nos notions de propriété, nos habitudes de consommation, le temps que nous consacrons au travail et aux loisirs, et comment nous développons notre carrière, cultivons nos compétences, rencontrons des gens, et entretenir des relations. Cela change déjà notre santé et conduit à un soi «quantifié», et plus tôt que nous ne le pensons, cela peut conduire à une augmentation humaine. La liste est interminable car elle n’est liée que par notre imagination.

Je suis un grand enthousiaste et un adepte précoce de la technologie, mais je me demande parfois si l'intégration inexorable de la technologie dans nos vies pourrait réduire certaines de nos capacités humaines par excellence, telles que la compassion et la coopération. Notre relation avec nos smartphones en est un exemple. Une connexion constante peut nous priver de l’un des atouts les plus importants de la vie: le temps de faire une pause, de réfléchir et d’engager une conversation enrichissante.

La protection de la vie privée est l’un des plus grands défis des nouvelles technologies de l’information. Nous comprenons instinctivement pourquoi c'est si essentiel. Pourtant, le suivi et le partage des informations nous concernant sont un élément crucial de la nouvelle connectivité. Les débats sur des questions fondamentales telles que l'impact sur nos vies intérieures de la perte de contrôle sur nos données ne feront que s'intensifier dans les années à venir. De même, les révolutions en cours dans la biotechnologie et l'IA, qui redéfinissent ce que signifie être humain en repoussant les seuils actuels de durée de vie, de santé, de cognition et de capacités, nous obligeront à redéfinir nos limites morales et éthiques.

Entrevoir l'avenir

Ni la technologie ni la perturbation qui en découle ne constituent une force exogène sur laquelle les humains n’ont aucun contrôle. Nous sommes tous responsables de guider son évolution, dans les décisions que nous prenons quotidiennement en tant que citoyens, consommateurs et investisseurs. Nous devrions donc saisir l’opportunité et le pouvoir dont nous disposons pour façonner la quatrième révolution industrielle et la diriger vers un avenir qui reflète nos objectifs et nos valeurs communes.

Pour ce faire, cependant, nous devons développer une vision globale et partagée de la manière dont la technologie affecte notre vie et restructure notre environnement économique, social, culturel et humain. Il n’ya jamais eu de période aussi prometteuse ni de péril potentiel plus grand. Cependant, les décideurs d'aujourd'hui sont trop souvent pris au piège de la pensée linéaire traditionnelle ou trop absorbés par les multiples crises qui exigent leur attention, pour penser de manière stratégique aux forces de rupture et d'innovation qui façonnent notre avenir.

En fin de compte, tout se résume aux personnes et aux valeurs. Nous devons façonner un avenir qui fonctionne pour nous tous en donnant la priorité aux gens et en leur donnant les moyens d'agir. Sous sa forme la plus pessimiste et la plus déshumanisée, la quatrième révolution industrielle pourrait bien avoir le potentiel de «robotiser» l’humanité et donc de nous priver de notre cœur et de notre âme. Mais, en complément des meilleurs éléments de la nature humaine - créativité, empathie, intendance -, elle peut également élever l'humanité dans une nouvelle conscience collective et morale fondée sur un sens partagé du destin. Il nous incombe à tous de faire en sorte que ce dernier l'emporte.

Cet article a été publié pour la première fois dans Foreign Affairs

Auteur: Klaus Schwab est fondateur et président exécutif du Forum économique mondial

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Un nouveau grand défi

Voici une partie de la réponse: Définissons l'objectif et offrons un million de dollars en prix. Créons un nouveau grand défi.

À l'initiative MIT sur l'économie numérique, que j'ai co-fondée avec Andy McAfee, nous avons eu l'idée du défi de l'innovation inclusive . Il existe déjà de nombreux prix pour motiver les ingénieurs à créer des technologies étonnantes. C'est génial. Mais pourquoi ne pas créer un prix pour inciter les chefs d’entreprise et les spécialistes des sciences sociales à réfléchir à de meilleurs moyens d’utiliser ces technologies étonnantes?

Nous avons défini quatre domaines dans lesquels nous pensons que le leadership du secteur privé aidera à utiliser la technologie au profit des nombreux et non des quelques-uns.

1. Comment permettons-nous aux gens de réussir et d'accéder aux opportunités de travail du futur?

2. Comment connecter plus de personnes avec un accès à Internet et à la technologie, quels que soient leur âge, leur emplacement, leur formation ou leurs capacités?

3. Comment assurons-nous la sécurité et la stabilité financières pour davantage de personnes? Comment permettre à plus de gens d'accéder aux avantages des services financiers?

4. Comment faire en sorte que les travailleurs gagnent des revenus suffisants et croissants pour atteindre une qualité de vie et un niveau de vie satisfaisants? Comment réinventons-nous les industries en difficulté et créons-nous de nouvelles opportunités de travail?

Nous avons recueilli des fonds en récompensant des personnes telles que Eric et Wendy Schmidt, Brad Feld et Amy Batchelor et Joe Eastin, de The Joyce Foundation et The Rockefeller Foundation, de la NASDAQ Foundation et d'Accenture Digital, entre autres. Nous avons recruté un panel de juges experts. Nous avons reçu plus de 250 entrées. Les applications étaient incroyablement impressionnantes. Il y a quelques mois, nous avons annoncé les gagnants de la première année.

Ils incluaient une société appelée 99Degrees Custom, qui ramène des emplois dans le secteur manufacturier à Lowell, dans le Massachusetts. Cela ne se trouve qu'à environ 30 miles du campus du MIT, mais c'est un endroit très différent - une ville construite sur l'industrie du textile, où la classe ouvrière a été durement touchée par les emplois automatisés et délocalisés.

Ces vieux emplois ne reviennent jamais. Mais nous pouvons créer de nouveaux emplois dans le secteur de la fabrication grâce aux technologies de pointe telles que celles utilisées par les employés de 99Degrees Custom pour fabriquer des produits textiles hautement personnalisés. Ces emplois sont meilleurs que les anciens emplois en usine - plus intéressants et mieux rémunérés - et ils offrent aux travailleurs des compétences de fabrication de pointe transférables.

Iora Health est un autre gagnant. Ils emploient des coachs de santé et les mettent en contact avec des patients pour travailler sur des choses simples, comme aider le patient à suivre le régime recommandé par son médecin, ou à suivre un programme d'exercices, ou juste de ne pas oublier de prendre ses médicaments. Des études montrent que cette approche peut améliorer les résultats et réduire les coûts de 15 à 20%, faisant ainsi la différence entre un patient en convalescence ou les frais d'un autre séjour à l'hôpital.

Diffuser les avantages de la technologie

Ces entraîneurs ne sont pas du personnel médical qualifié et se situent au bas de l'échelle des revenus. Mais ils ajoutent une valeur réelle en utilisant le type de compétences humaines que les robots ne vont pas acquérir de si tôt, si jamais - empathie, compétences de motivation, intelligence émotionnelle.

Bien entendu, pour que les avantages de la technologie se répandent, il faut que les gouvernements fassent preuve de leadership - dans des domaines tels que l'éducation, les infrastructures, les réglementations, les impôts et la protection sociale - ainsi que les individus qui assument la responsabilité de développer leurs compétences. Mais ce sont là d'excellents exemples de la façon dont le leadership dans le secteur privé peut aider à façonner la manière dont la technologie redéfinit la société.

Les changements ne se feront pas du jour au lendemain. Lors de la première révolution industrielle, plusieurs décennies après l’invention de la machine à vapeur, des changements sociétaux se sont produits. Après la généralisation de l’électricité, il a fallu encore environ trois décennies aux industriels pour repenser complètement leurs usines, leurs modèles commerciaux et leurs structures organisationnelles.

De même, il faudra probablement plusieurs décennies pour que les impacts sociaux de nombreuses technologies émergentes actuelles disparaissent - des voitures autonomes aux soins de santé, en passant par la fabrication et les services financiers. Dans de nombreux secteurs, nous sommes maintenant à un point de levier pour repenser notre façon de faire. Les choix que nous faisons maintenant vont, dans un sens très littéral, façonner l'avenir.

Je souhaite donc encourager tous les lecteurs de cet article à réfléchir au type de monde dans lequel vous souhaitez que la technologie soit créée. Sachez que votre vision ne se produira pas automatiquement. Que pouvez-vous faire? Pourquoi ne pas nous rejoindre pour créer une prospérité largement partagée? Peut-être participez-vous à la prochaine étape du défi de l'innovation inclusive. Ou définissez votre grand défi personnel.

As-tu lu?

Les applications développées pour l'utilisation de l'intelligence artificielle, de la robotique, du Big Data et de l'Internet of Everything ont des conséquences extrêmement importantes. Pourtant, les effets perturbateurs de l'innovation ne sont pas nouveaux: l'ouvrier agricole, transporté dans une usine industrielle dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, aurait connu des niveaux de dévastation dans leur vie et dans la société qui rendent les changements actuels moins importants en comparaison. Ces changements, qui se sont poursuivis pendant plus d'un siècle, ont provoqué des réactions négatives chez les Luddites, ferment révolutionnaire de Karl Marx, et ont inspiré la plainte de Benjamin Disraeli selon laquelle la Grande-Bretagne était devenue «deux nations» presque irrémédiablement divisées.

Destruction créative - ou piège de la pauvreté?

Alors que la société a fait des transitions dans le passé, la réalité contemporaine est extrêmement gênante. Selon une étude de l'Université d'Oxford , 47% des emplois aux États-Unis sont menacés par l'informatisation. Les contrats occasionnels ou à zéro heure constituent une menace pour beaucoup. Une grande partie des chômeurs ont entre 40 et 50 ans, et il faudra attendre des décennies avant de pouvoir prétendre à une pension. Un nouveau piège à la pauvreté est peut-être en train de s'ouvrir. Le gouverneur de la Banque d'Angleterre, Mark Carney, met en garde contre la "première décennie perdue" en matière de croissance des salaires "depuis les années 1860", lorsque "Karl Marx écrivait dans la British Library".

Comme Joseph Schumpeter l'a expliqué il y a 75 ans, l'innovation est un processus de destruction créatrice. Le défi social et politique est d’accentuer les créatifs et d’atténuer les destructeurs.

Nous devons équilibrer le débat qui célèbre les vertus du changement rapide, de l'agilité et de l'entrepreneuriat; en tenant compte de la manière dont les sociétés et leurs citoyens font face aux turbulences considérables engendrées par les changements technologiques et en tirent parti. Le trumpisme et le Brexit sont à l'origine de la répercussion politique de ce manque de préoccupation comparé. La mondialisation, la productivité et l’innovation sont peut-être la devise de leurs bénéficiaires, mais pour beaucoup d’entre eux, ils se traduisent par des pertes d’emplois, des efforts plus importants et une incertitude croissante au travail.

Image: Forum économique mondial, analyse Accenture

Les défis sont immenses. Prenons l’industrie automobile: elle est responsable de plus de 50 millions d’emplois et peut-être d’avantages économiques plus vastes et incalculables. Pourtant, ses produits polluent et plus d'un million de personnes meurent chaque année sur les routes.

Nous pouvons avoir une solution: voitures électriques et sans conducteur. Mais le plus grand groupe d’emploi aux États-Unis est constitué de chauffeurs de camions, de fourgonnettes et de taxis, dont beaucoup perdraient leur emploi.

Si vous possédez une voiture Tesla nécessitant un entretien, le problème est souvent résolu par une mise à jour logicielle du jour au lieu de l'emmener au garage voisin. La société taïwanaise d'électronique contractuelle Foxconn, fabricant de l'iPhone, a remplacé la moitié de ses effectifs par des robots depuis le lancement de l'iPhone 6. Accentuer le créateur et atténuer le destructeur dans de telles circonstances est extrêmement confrontant.

Il existe de nombreux points de vue pessimistes sur les assauts de la technologie, certains suggérant que seuls les emplois les plus créatifs et les plus habiles sont menacés - bien que les ordinateurs soient formés pour assumer des fonctions créatives et même artistiques, comme l'explique Martin Ford dans The Rise of les robots .

Les emplois peuvent être protégés temporairement et coûteux du progrès technologique, mais au final, ce qui compte, c’est l’ajustement social. La technologie est un artefact de la société qui la crée et l'utilise, et son impact résulte de sa coévolution avec les citoyens et les institutions. Les algorithmes ne sont pas impartiaux, mais des produits de la culture, de la politique et de la société - les mêmes choses qui façonnent les humains qui les conçoivent et les utilisent.

Les étudiants en innovation montrent comment les effets perturbateurs des vastes vagues de mutations technologiques intervenues depuis la révolution industrielle sont accompagnés de mutations sociales, notamment de nouvelles compétences, de relations professionnelles et de réglementations. À la différence de ces perturbations passées, la conjoncture actuelle se caractérise par une prospérité sans précédent dans de nombreuses régions du monde.

La vision de Keynes d'une semaine de 15 heures

Il convient de rappeler ici John Maynard Keynes: en 1930, lorsqu’il écrivait sur les «possibilités économiques pour nos petits-enfants», il reconnaissait la nécessité d’une réadaptation douloureuse au chômage technologique. Il parle de la peur et de la "dépression nerveuse" dans la société, alors que les gens en subissent les conséquences néfastes, et explique qu'il s'agit «d'un problème effrayant pour un citoyen ordinaire, sans talent particulier».

Keynes évoque également les défis d'une période de prospérité: la confrontation, pour la première fois, de la libération des soucis économiques; et des quarts de travail de trois heures et des semaines de 15 heures. Pour y parvenir, il faut «honorer ceux qui peuvent nous apprendre à cueillir l’heure et le jour avec vertu» et «à occuper le loisir (…) de vivre sagement et agréablement bien».

La vraie question est de savoir comment nous ajustons à un monde avec beaucoup moins de ce que nous appelons le travail. Les entreprises ont le devoir d'utiliser leur expertise en matière de perturbations pour faire face à cet énorme bouleversement social.

Les bouleversements technologiques exacerbent les inégalités sociales et nous devons parler sérieusement des vertus d'un salaire social. Nous devons financer les personnes qui travaillent sans avoir nécessairement un emploi, de manière à leur permettre d’aider les autres ou de mettre en pratique leurs compétences de manière significative et enrichissante.

À cette fin, l'éducation doit cesser de préparer les gens à occuper un emploi (probablement inexistant) pour les préparer à créer un travail défini par eux-mêmes.

Intégrer le codage dans le programme d’études est une bonne chose, mais il ne nous mène que jusqu’à présent. Les systèmes éducatifs doivent rejeter la barbarie incarnée par le programme scolaire national du Royaume-Uni, qui n'inclut plus l'étude de l'histoire de l'art, de la civilisation classique ou de l'archéologie. Compte tenu de l’influence culturelle du Royaume-Uni sur la scène internationale, ces initiatives sont remarquablement à courte vue.

Dans un monde où les emplois classiques disparaissent, mais où nous avons davantage de possibilités de «vivre sagement», cite le dicton de TS Eliot, selon lequel la culture est ce qui fait que la vie vaut la peine d'être vécue, est un guide important.

De grands progrès ont inspiré des rêves encore plus grands. Les champs de force et les disques de distorsion sont devenus des expressions courantes et des magazines réputés ont assuré aux lecteurs que l’avenir amènerait des colonies sur Mars et des appareils pour transformer la matière. Mais la ferveur n'a pas duré. Le 15 août 1971, le président américain Nixon a suspendu la convertibilité du dollar en or; le système de Bretton Woods de l'après-guerre s'est effondré. Peu de temps après, l'économie mondiale a été secouée par une crise pétrolière qui a encore freiné la croissance et l'emploi. La double crise de forte inflation et de faible taux d’emploi a réduit à néant la confiance dans les marchés et la capacité des gouvernements à les corriger.

Après deux décennies de croissance vertigineuse, les pressions sur les ressources naturelles ont également commencé à se manifester. Un an après le choc de Nixon, le Club de Rome a publié Limits to Growth , un rapport désormais célèbre qui met en garde contre une catastrophe environnementale à moins que les dirigeants ne réduisent radicalement l'utilisation des ressources. le mouvement vert a commencé à se former. Soudainement, la technologie faisait partie du problème, mettant à rude épreuve les limites de la planète et de l’esprit. Future Shock, le best-seller d’Alvin Toffler, publié en 1970, a eu le vertige en déclarant que nos cerveaux étaient mal préparés à un tel rythme de changement.

Star Wars comme toile pour nos cauchemars

Ces développements ont été la toile de fond du premier film de Star Wars . Quand il est sorti en 1977, il est rapidement devenu un film à succès et le film le plus rentable jamais réalisé. La comparaison du langage visuel des deux superproductions est révélatrice: les couleurs éclatantes de la flotte de Star Trek se transforment en tons sombres de Dark Vador; la coexistence se transforme en guerre civile; les rêves se transforment en cauchemars. Alors que Star Trek continuait d'attirer un public nombreux, une nouvelle génération de science-fiction transformait l'espace en source d'émerveillement et d'aventure en une toile pour nos pires cauchemars. En 1979, Alien a finalement fait de l’espace un lieu où «personne ne peut vous entendre crier».

 
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