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23/03/2017

Le rapport« del Castillo », un projet pour monopoles privés (i.e. le cauchemar),La rapporteur au Parlement européen sur le code européen des communications électroniques entend faire reculer l’Europe d’un pas sur le chemin d’une société du numérique libre

Le rapport « del Castillo » sur le code européen des télécoms, de mal en pis..

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Paris, 22 mars 2017 — La rapporteur au Parlement européen sur le code européen des communications électroniques entend faire reculer l’Europe d’un pas sur le chemin d’une société du numérique libre, développée et égalitaire.

Pour comprendre de quoi il s’agit, petit retour en arrière.

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17/03/2017

Latifa Ibn Ziaten,"Je ne lâche rien"J'invite les politiques et les médias à se rendre dans les foyers, les prisons, les écoles, les quartiers pour voir où est le vrai travail à faire, plutôt que de blâmer ceux qui souffrent.

La Franco-Marocaine Latifa Ibn Ziaten, mère du sous-officier français tué il y a cinq ans par le djihadiste Mohamed Merah, lâche une colombe lors d'une cérémonie le 11 mars 2017 à M'diq au Maroc.

Il y a cinq ans, Latifa Ibn Ziaten perdait son fils Imad, un militaire tombé sous les balles du terroriste Mohammed Merah. Depuis, elle parcourt les écoles, les prisons, les quartiers avec un seul but: qu'il n'y ait "plus jamais de Merah".

Mon combat a débuté 40 jours après l'assassinat de mon fils Imad [tué par Mohammed Merah le 11 mars 2012], lorsque j'ai pris conscience qu'il était nécessaire de s'engager si on ne souhaitait pas que la situation empire. J'ai alors commencé à me rendre dans les établissements scolaires et les prisons afin de rencontrer des jeunes. 

Le travail de terrain est essentiel [Latifa Ibn Ziaten visite trois écoles par semaine et deux établissements pénitentiaires par mois]. Aujourd'hui, de nombreux jeunes sont livrés à eux-mêmes. Leurs parents font face à de nombreuses difficultés. Ils ne savent plus les élever, leur donner l'amour, l'écoute et la confiance dont ils ont besoin. Or, les familles sont le coeur de notre société. Sans elles, les jeunes se perdent, se convertissent de manière radicale, sans rien connaitre à l'islam, ou sombrent dans le fondamentalisme.  

 Pour les aider, les acteurs sont nombreux: les municipalités, les professeurs, les associations, les éducateurs, l'Etat... Tous doivent tendre la main à ses enfants et se partager cette responsabilité. Cela est nécessaire si on ne veut pas voir apparaître de nouveaux Mohammed Merah

"Tout semble fait pour séparer le peuple"

On entend souvent parler de fraternité, mais cette fraternité a disparu. Dans certaines classes, tous les élèves, sans exception, sont d'origines maghrébines ou africaines. Dans cette configuration, comment peuvent-ils savoir qu'ils sont, eux aussi, des enfants de la République? Ces dernières années, la situation s'est aggravée. Promouvoir la mixité sociale à l'école est une bonne chose, mais il faut faire plus si on ne veut pas voir fleurir les écoles confessionnelles, à défaut d'avoir de meilleures options dans les établissements publics.  

Tout semble fait pour séparer le peuple, le vider de sa substance. Et, pendant ce temps, Daech remplit ce vide et attire nos enfants, alors qu'ils sont notre avenir. Je demande donc à tous les membres de la société, quels que soient les milieux, les origines, les confessions religieuses, de donner de leur temps pour reconstruire l'unité dont a besoin le pays.  

"Tout est possible si l'on recrée du dialogue"

Au cours de ces cinq dernières années, beaucoup de jeunes ont entendu ce message et demandent à s'engager dans les associations - notamment la mienne, Imad - car ils souhaitent un avenir meilleur. Ils ont souvent l'impression de ne pas être entendus, ils sont sous-estimés, mais ils ne veulent plus rester à l'écart. 

En février, nous avons invité une trentaine d'élèves israéliens, palestiniens, chrétiens de Palestine et arabes israéliens afin de créer un espace de discussion et de promouvoir le vivre-ensemble. Ils ont échangé et ont compris qui était l'autre, preuve que tout est possible si l'on recrée du dialogue. Ce partage est même possible à l'échelle internationale. C'est pourquoi, au cours des prochains mois, de jeunes Français se rendront en Chine et au Maroc avec l'association. Il faut que ce travail se poursuive. 

"Je ne lâche rien"

J'invite les politiques et les médias à se rendre dans les foyers, les prisons, les écoles, les quartiers pour voir où est le vrai travail à faire, plutôt que de blâmer ceux qui souffrent. L'exclusion ne fait qu'empirer la situation. N'attendons plus de nouveaux drames pour en parler. Il faut agir avant que les plus fragiles ne sombrent. 

De mon côté, je ne lâche rien, même face à mes détracteurs [Latifa Ibn Ziaten a été huée, à cause de son voile, lors d'une de ses visites à l'Assemblée]. Mon fils était un garçon remarquable, qui a fait des études, qui a servi la République, qui s'est battu pour son pays, qui est mort debout. Alors, je lui ai promis, moi aussi, je resterai debout.  

13/03/2017

Negroni,You are Welcome with FranceWebSharing & MyNewsCenterNavigator,Eco-mitoyenneté de confort.Cookies et langage châtié.La neutralisation symbolique de la lutte des classes à l’intérieur des territoires partagés

Marx, au fil de ses correspondances avec Engels ou Lassalle, évoque à plusieurs reprises la suavité qui se dégage des relations formelles de politesse à Londres. Loin de lui, toutefois, la tentation d’y voir le corollaire d’un quelconque processus mutuel de reconnaissance : ne déplore-t-il pas parallèlement, dans le Manifeste, que le capitalisme « ait fait de la dignité personnelle une simple valeur d’échange » ? Cette suavité, en effet, s’exerce sur fond implicite de guerre civile permanente. L’usine anglaise du 19è siècle, faut-il le rappeler, fabrique le plus effroyable goulag de l’Histoire. Comment amortir au quotidien ce climat explosif d’inégalités, de paupérisation, d’exploitation, de violence objective ? Comment apprivoiser des situations de proximité spatiale fondamentalement tendues, voire haineuses ? En favorisant d’abord, par le biais d’une urbanisation pavillonnaire massive et uniforme, l’hégémonisme sociétal d’une formation centrale tampon. Puis en désamorçant à la marge, du geste et de la parole, les conflictualités latentes, au travers de manifestations codifiées d’attention, d’empathie, de respect de l’autre. You are welcome. Cookies et langage châtié. Eco-mitoyenneté de confort. Le meilleur exemple de ces simulacres de pacification étant fourni par l’affabilité des forces de police, en la personne débonnaire et désarmée du bobby. Mais l’extrême civilité routinière ne constitue pas la traduction d’une banalité du bien. Au contraire. La common decency, une fois traversées les galantes apparences, renvoie davantage à la stratégie des puissants qu’à la spontanéité des dominés. C’est un principe d’économie. De régulation de la coexistence. L’ordre bourgeois introduit dans l’expression des rapports sociaux. La neutralisation symbolique de la lutte des classes à l’intérieur des territoires partagés, publics ou domestiques. La mise en scène cauteleuse et indolore d’un modèle culturel au sein duquel se dilue la dimension orale de servitudes non volontaires. Cette ritualisation au rabais de la réciprocité dans les échanges interindividuels, qui conduit à confondre convivialité machinale et liens de fraternité effectifs, accomplit le projet de mystification unanimiste fomenté par les appareils idéologiques du pouvoir. Et elle ne colle à l’habitus populaire que sur le mode de la fiction, de la fétichisation, pour mieux araser son potentiel insurrectionnel. Tel se révèle l’envers du décor frais et idyllique planté par le prestidigitateur Orwell, avec sa baguette d’Harry Potter : de la comédie, de l’euphémisation, du détournement, du mécanique plaqué sur le vivant.

Quant aux preux pourfendeurs des énoncés libéraux-libertaires, Michéa et son fan-club, ce n’est pas par hasard qu’ils plébiscitent de façon si fervente la notion oiseuse et fallacieuse de décence ordinaire. Elle va concourir, croient-ils, sous le parrainage d’un écrivain idolâtré, et au-delà des défuntes dynamiques révolutionnaires, à renouer avec une approche métapolitique et opératoire du pays réel. Or, manque de chance, il s’agit d’un artefact. Tout juste offre-t-elle l’opportunité de reluquer la misère de l’intellectuel français petit-bourgeois, dans le déploiement de ses illusions lyriques – illustrées, au passage, par la ringardise étudiée de son look ou ses tee-shirts griffés CCCP. Un pleurnicheur incapable de résister aux vieux appâts théoriques de la solidarité organique, du groupe en fusion, du potlatch. Un grand benêt attendri, que son absence radicale de communication avec le « peuple » lui permet de l’intégrer dans les schémas les plus simplistes, de l’enfermer dans les projections les plus mièvres.

François de Negroni

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