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06/10/2017

Manuel à l’usage du parfait startuper : « start-up, précis à l’usage de ceux qui veulent changer le monde … et parfois réussissent !

Start-up : pas facile de changer le monde !

Bruno Martinaud vient de sortir la nouvelle édition de son manuel à l’usage du parfait startuper : « start-up, précis à l’usage de ceux qui veulent changer le monde … et parfois réussissent ! ». Un guide très pratique et complet sur tout ce qui attend l’entrepreneur de startup dans sa route escarpée vers le (rare) succès. Des conseils, des idées, mais aussi une recommandation en forme d’injonction : « Que la force soit avec toi ! ». Et il en faudra de la force pour vaincre tous les obstacles de ce parcours du combattant moderne. Certains, qui se croyaient audacieux, se retrouveront découragés tandis que d’autres, inconscients ou illuminés se lanceront dans l’aventure.

L'auteur connaît parfaitement le monde des start-ups ; ses conseils sont donc puisés dans le chaudron des expériences et de l’observation attentive de cet écosystème bouillonnant.
D’emblée, Bruno Martinaud avertit les candidats à la succession des Zuckerberg, Larry Page et autre Jeff Bezos : il faudra apprendre à gérer l’incertitude et, surtout, dédramatiser l’échec. Car échec il y a. Et en nombre. Parvenir à faire décoller une startup pour en faire « une licorne », c'est-à-dire une société à 1 milliard de dollars tient non seulement du parcours du combattant mais surtout d’une bonne dose d’inconscience. Le Graal est promis à quelques élus, à peine un pour cent mille, auréolés de talent certes, mais aussi de beaucoup de chance. L’encouragement de nos politiques, la multiplication des accélérateurs, boosters et autres pépinières n’y feront rien. On dénombre un succès (et encore…) pour cent mille échecs. Une probabilité digne de l’Euromillions.

Question de culture

En France, l’écosystème des startups est l’un des plus stimulé et stimulant du monde. Et pourtant, il n’y a pas de Google, d’Amazon ou de Tesla français. On peine à dénombrer quelques licornes sur les doigts d’une main. Le modèle de la Silicon Valley écrase tous les autres et reste indépassé. Bruno Martinaud explique cette absence de succès des startups françaises par rapport à leurs homologues américaines pour au moins deux raisons. D’abord, la valorisation de la recherche. C’est une question de culture. Aux Etats-Unis, un chercheur ne peut imaginer conduire son travail sans avoir une startup prête à l’emploi dès que son invention pourra être valorisée. En France, les chercheurs cherchent, trouvent parfois et même souvent, mais laissent leurs inventions vivre leur vie, c'est-à-dire essentiellement faire l’objet d’un article scientifique et quelquefois d’un brevet. La fibre entrepreneuriale est rarissime chez nos chercheurs. Dès lors, des innovations qui pourraient être magistrales si elles parvenaient sur le marché, restent au stade d’expérimentation.  
La deuxième raison tient au financement. C’est un sujet de débat récurrent, mais la France a fait d’énormes progrès en la matière en quelques années. Son tissu d’investisseurs et de capitaux-risqueurs est dense, très professionnel, et ne devrait pas nous faire rougir, même si les écarts avec les Etats-Unis sont encore considérables. Alors, que se passe-t-il ? Pourquoi les startups peinent-elles tant à atteindre le succès ? Cela tient au mode de financement « early stage », c'est-à-dire aux débuts d’une société. Aux Etats-Unis, les Business Angels jouent un rôle prépondérant dans ce type de financement. Ils investissent dans des milliers d’entreprises, des sommes relativement réduites, pour permettre aux entrepreneurs de démontrer la faisabilité de leur idée. Ensuite seulement, quand le projet est bien amorcé, ce sont les capitaux risqueurs qui prennent le relai pour favoriser l’envol de la startup. En France, c’est tout le contraire. Le tissu des Business Angels et beaucoup plus faible et ceux-ci ne jouent pas toujours le jeu de l’amorçage. Ce sont donc les capitaux risqueurs qui sont sollicités dès les débuts d’une société et payent parfois fort le prix de leur audace. Les BA français ne jouent ainsi pas un rôle essentiel : celui de filtre premier pour distinguer et amorcer les bonnes idées.
Mais la problématique du financement, qui est souvent avancée, n’est pas la seule raison. Car devenir startuper exige des qualités qui ne sont pas données à tout le monde.

Psychologie du startuper

Bruno Martinaud dévoile ce qui pourrait être une sorte de psychologie du startuper. D’emblée il annonce la couleur : l’entrepreneur qui réussira est celui qui saura accepter et gérer sa… schizophrénie. D’une part, il doit être capable de penser avoir raison, seul contre tous, et de l’autre, il doit passer son temps à se tromper. Situation bien inconfortable mais qui s’avère très réelle.
En effet, l’entrepreneur de startup croit à son idée, c’est le minimum qu’on lui demande. Mais il doit y croire contre vents et marées. En même temps, il fera l’expérience de l’erreur. L‘idée qu’il avait au début du projet, ne sera jamais celle qui aboutira. Il faudra avancer par essais-erreurs, revenir sur des certitudes, accepter les échecs, reconstruire tout le projet, rebondir, pour repartir de plus belle, encore et encore.
Comment vivre une telle schizophrénie ? Nombreux sont ceux qui n’y parviennent pas. Pourquoi donc certains y réussissent-ils ? Parce que, dit l’auteur, ils se rappellent sans cesse que créer une entreprise innovante n’est pas un acte rationnel : « Le succès ne peut venir que de ceux qui sont assez naïfs pour penser de manière déraisonnable. Les entrepreneurs doivent s’élever au-delà des conventions et des contraintes pour atteindre l’extraordinaire »
Il faut effectivement une foi bien ancrée aux tripes, ou une totale inconscience, pour oser s’engager dans le périple de la startup. « Développer un projet innovant écrit l’auteur, ressemble en fait d’assez près à essayer de conduire de nuit, sur une route de montagne, par temps de verglas et sans lumière ». Bigre ! quel programme ! L’image est forte mais elle est assez réaliste. Ce que veut dire l’auteur c’est qu’une bonne idée ne suffit pas pour créer sa startup. On ne peut se lever un beau matin avec une idée dont on pense qu’elle va changer le monde. Ce n’est pas suffisant. Le vrai talent sera, partant d’une vision intéressante convertie en une idée initiale qui ne marche jamais, de s’appuyer sur le mouvement initié, de tester et d’apprendre au fil de l’eau pour faire émerger de façon inattendue le succès. La vraie vie du startuper c’est suivre un processus expérimental d’apprentissage par l’action, sous contrainte de ressources, c’est accepter de se tromper, de changer d’avis, de remettre en question ses fondamentaux.
L’auteur prend à juste titre l’exemple de James Dyson, l’inventeur du fameux aspirateur, qui accepta de se résoudre à développer 5128 prototypes différents avant de parvenir au succès que l’on sait. Persévérance, ténacité et un sens du passage d’obstacle quelle que soit sa taille ou sa hauteur.
Pour compliquer les choses, le parcours de l’entrepreneur innovant se déroule dans un espace-temps qui n’est pas celui du commun des mortels. Le temps est compté et tout doit aller vite. C’est aussi une condition du succès. Aussi, Bruno Martinaud recommande-t-il à l’entrepreneur d’« agir d’abord et de réfléchir ensuite ». Ce n’est pas le genre de conseil que donnent les mamans à leurs enfants ni les écoles à leurs disciples. Pourtant, pour réussir l’aventure de sa startup, c’est une condition sine qua non. Ce que cela veut dire est totalement contre-intuitif pour la plupart des entrepreneurs : accepter de sortir un produit mal ficelé pour le soumettre à ses futurs clients plutôt que d’attendre d’avoir le produit de ses rêves. Il vaut mieux proposer un prototype même imparfait, même avec des bugs, pour affronter très vite la réalité de son utilisation plutôt que de peaufiner pendant des mois un projet idéal dont on se rendra compte, après plusieurs mois de travail, que 90 % de ce sur quoi on a travaillé n’intéresse pas les utilisateurs.
 
Ceux qui, malgré ces mises en garde, seraient encore intéressés par l’aventure trouveront dans ce livre une mine d’informations sur la conduite de son projet de startup, de la construction du business plan, au pitch pour les investisseurs, au management de ses équipes, au ciblage de son marché. Si vous suivez scrupuleusement tous ces conseils vous parviendrez peut-être à bâtir une startup à succès. Mais n’oubliez pas que la clé essentielle du succès est le grain de folie du créateur. Il n’est pas donné à tout le monde, et ne s’apprend pas dans les livres.
 
 

10/05/2017

Quelles réponses apporter à la transformation rapide du marché du travail sous l’effet de la révolution numérique ? la fin symbolique du salariat car le travail, ce n’est plus exclusivement le salariat, bientôt, ce ne sera peut-être même plus...

1agld1r.gifNetworkers, les nomades électroniques , les entreprises s'installeront dans les réseaux,

Quelles réponses apporter à la transformation rapide du marché du travail sous l’effet de la révolution numérique ?

Les statuts actuels – salarié, indépendant – sont-ils adaptés à ces nouvelles réalités ? Et comment faciliter le passage de l’un à l’autre sans sacrifier les protections sociales ?

Jacques Barthélémy et Gilbert Cette nous proposent avec ce livre un cadre ambitieux et novateur pour repenser le droit du travail. Faisant le point sur ce qu’on appelle l’ubérisation de l’économie, ils en soulignent les limites et les risques réels. Si celle-ci doit être largement relativisée, reste que les outils numériques facilitent le cumul d’activités et les créations d’entreprises. C’est pour répondre à ce mouvement en profondeur de la société française et en faire une opportunité qu’ils s’attellent ici à la définition d’un droit à la fois global et protecteur.

Jacques Barthélémy est avocat conseil en droit social, fondateur du cabinet Barthélémy Avocats. Il a été professeur associé à la faculté de droit de Montpellier.

Gilbert Cette est professeur d’économie associé à l’université d’Aix-Marseille, expert du marché du travail. 

Motivation au travail au XXIe siècle — Wikipédia

https://fr.wikipedia.org/wiki/Motivation_au_travail_au_XXIe_siècle
La mise en forme de cet article est à améliorer (septembre 2016). La mise en forme du texte ne suit pas les recommandations de Wikipédia : il faut le « wikifier ».

The Future of Work – Le monde du travail au 21ème siècle

www.manpowergroup.fr/the-future-of-work-le-monde-du-travail-au-21eme-siecle/
6 mai 2011 - Les implications individuelles et sociétales des changements induits par les nouvelles technologies dans la nature et l'organisation du travail ...

TRAVAILLER AU XXIE SIÈCLE - Maëlezig BIGI,Olivier COUSIN ...

www.laffont.fr/site/travailler_au_xxie_siecle_&100&9782221144749.html
20,00 €
Heureux au travail ? Une enquête exceptionnelle dans le quotidien de l'entreprise.

Travailler au XXIe siècle : Nouveaux modes d'organisation du travail

https://www.amazon.fr/Travailler-XXIe-siècle-Nouveaux-dorganisation/.../280414994...
Alors que le XXIe siècle devrait être celui de la machine et du loisir, du droit à la paresse et à la connaissance, la question de l'emploi et du travail demeure ...

Le droit du travail au XXIe siècle - Editions Larcier

editionslarcier.larciergroup.com/titres/133289/le-droit-du-travail-au-xxie-siecle.html
Ce Liber Amicorum est l'occasion pour les plus éminents juristes sur le plan international, européen et national de rendre un hommage appuyé à Claude ...

[DOC]Le XXIe siècle libérera-t-il l'homme du travail contraint

www.cite-sciences.fr/archives/travail/TRAVAIL/DOCS/Travail010519.doc
Elizabeth Martichoux animera autour de ce thème : “ Le XXIe siècle libèrera-t-il l'homme du travail contraint ? ” pour lequel nous avons prévu trois séquences.

Une loi travail pour le XXIe siècle - OuiShare Magazine

magazine.ouishare.net/fr/2016/03/une-loi-travail-pour-le-21e-siecle/

15 mars 2016 - Qu'est-ce que le travail au XXIème siècle ? Comment réformer la protection sociale pour la rendre adéquate et inclusive ? Comment ...

12/03/2017

FranceWebSharing & MyNewsCenterNavigator,Le médecin de demain ne devra-t-il pas aussi développer des compétences d’analyse, d’interprétation, de gestion des données ? Ou sera-ce laissé à la charge d’un assistant data scientist, par exemple ?

« Remplacé par la machine, le médecin de demain aura le rôle d’un conseiller »

Par

Guy Vallancien, chirurgien, prédit, dans son ouvrage « La médecine sans médecin », l’évolution du rôle du médecin vers celui de pilote et conseiller. Entretien.

La machine pourrait peu à peu remplacer le médecin, en le dépossédant de son savoir-faire technique et chirurgical. Pour autant, ce serait une bonne nouvelle pour le patient. Le médecin sera d’autant plus disponible pour guider et rassurer son patient. Ou comment la machine en médecine peut humaniser davantage la relation médecin-patient. C’est, en tout cas, la prédiction qu’émet Guy Vallancien, chirurgien, membre de l’Académie nationale de médecine, président de l’Ecole européenne de chirurgie dans son ouvrage « La médecine sans médecin. Le numérique au service du malade », coll. Le Débat, Gallimard.

Dans votre ouvrage « La médecine sans médecin », vous associez les progrès récents et conséquents de la médecine connectée, à l’impact de l’invention du stéthoscope. Vous vous éloignez de toute tentation à céder à l’apitoiement, face à cet essor de la « technomédecine ».

Guy Vallancien : Oui, on croit toujours que c’était mieux avant. C'est pour ça que je rappelle, dans mon livre, les drames vécus depuis l’an 1000, où la France était cannibale. En Bourgogne, on mangeait des gens, tant la faim était forte. Des gens étaient assassinés sur les routes pour les manger. On vendait de la viande humaine au marché de Tournus.

La France n’était pas si rose à l'époque. Et les progrès que nous avons connus depuis sont gigantesques. Mais ils ne sont rien à côté de la mutation magistrale que nous sommes en train de vivre dans tous les domaines de l’économie humaine. Et la médecine n’y échappe pas.

Par « médecine sans médecin », j’entends que mon cerveau fonctionne par algorithmes. Pour faire un diagnostic, le médecin que je suis va chercher des éléments. On en agrège, on en élimine d’autres. Et on aboutit à deux, trois hypothèses. Je suis un algorithme vivant, biologique. Et bientôt, l’ordinateur qui est à côté de moi me remplacera.

L’intelligence artificielle pourra-t-elle dresser un diagnostic ?

Oui, bien sûr.

À partir d’informations données par le patient à l’ordinateur, ce dernier va les agréger et aboutir à des hypothèses diagnostiques. L’ordinateur m’aidera, parce qu’il ira chercher des causes, que je ne connais pas ou que je n’ai plus en mémoire. On pourra aussi observer la même chose, au point de vue du traitement. Aujourd'hui, on génotype les tumeurs. On sait que pour une même tumeur, certains malades auront des métastases et d’autres, pas. Et on le saura grâce au génome. En tant qu’urologue et chirurgien, je ne suis pas en mesure d’analyser trois milliards de bases. La machine, elle, en analysant ces données, sera en mesure de préconiser tel ou tel traitement.

Je serai dépossédé des outils qui faisaient mon métier de médecin, techniquement. En revanche, ce qui restera est la relation humaine. Le médecin sera à la disposition du malade, qui, quoi qu’il arrive, ne croira jamais l’ordinateur. Il aura toujours besoin d’une personne qui le conforte.

La machine a pour avantage de n’être jamais fatiguée, jamais dépressive. Elle ne tremble pas. Et elle possède une force que nous ne connaissons pas : à savoir lorsqu’elle ne comprend pas, elle s’arrête. L’homme, lui, poursuit et force.

L’ordinateur serait donc le médecin généraliste de demain ?

Oui, l’ordinateur fera de plus en plus de diagnostics et participera à l’indication du bon traitement. Les robots vont se développer à toute vitesse. Ca fait déjà 20 ans que j’utilise de mes mains un télémanipulateur chirurgical. Demain, ce sera un robot qui assurera tout seul un certain nombre d’opérations. La machine a pour avantage de n’être jamais fatiguée, jamais dépressive. Elle ne tremble pas. Et elle possède une force que nous ne connaissons pas : à savoir lorsqu’elle ne comprend pas, elle s’arrête. L’homme, lui, poursuit et force.

Il y a des atouts à la machine. Elle m’aide à mieux opérer avec mes mains. Certes, comme chirurgien, je vais être en partie dépossédé de ce savoir-faire chirurgical. Mais je le répète, ce qui restera est la relation que j’aurai avec celui ou celle qui va être opéré. Je vais devenir le bio-conseiller.

On a beau tout avoir sur Internet et prétendre tout comprendre. Mais nous aurons toujours besoin d’un professionnel qui remette en perspective ce qui arrive. C’est ça, le rôle fondamental du médecin, un rôle qui est en train d’être perdu, sous la pression de la technologie et de la vitesse de consultation. Il faut de la médecine lente.

Toutes les spécialités seront-elles impactées ?

Oui, toutes et curieusement, la chirurgie, la première. Il y aura bien sûr des cas, dans la situation de traumatismes, par exemple, où l’homme fera toujours mieux que la machine. Elle ne peut opérer que sur des domaines bien réglés.

Surtout en situation d’urgence !

Oui, tout particulièrement en situation d’action militaire ou terroriste, il faudra toujours des chirurgiens capables d’opérer à toute vitesse. Mais il faut bien comprendre que le médecin va être en partie dépossédé de ce savoir-faire qui le caractérisait.

Et c'est pour ça que je parle de média-médecine : si autrefois, c'étaient mes mains, mes yeux, mes oreilles de médecin qui voyaient et opéraient, aujourd'hui, ce sont des instruments. Désormais, on n’attend pas que vous ayez une boule dans le sein, pour préconiser une mammographie. Ou des complications, pour établir un diagnostic de diabète, avec une prise de sang. Les maladies deviennent muettes. On les détecte avant qu’il n'y ait des symptômes. Et ce sont les machines qui le permettent.

Le médecin va être, de plus en plus, en pilotage d’instruments, comme les pilotes d’avion.

Avec cette évolution du rôle du médecin, n’y aura-t-il pas nécessité de faire aussi évoluer ses responsabilités ? Qui sera responsable, s’il arrive un accident, le médecin ou la machine ?

C’est déjà le cas, puisque nous sommes de plus en plus entourés d’instruments. Nous mettons en place des prothèses, des pacemakers, et nombre de matériels implantés. Et là déjà, la responsabilité devient systémique. C'est-à-dire qu’on regarde si l’instrument était défectueux ou si la pose a été mal faite, s’il y a erreur du chirurgien ou de l’industriel. Ce n'est pas nouveau et ça ne fera que s’amplifier. On partagera probablement la responsabilité.

 Notre profession est à rapprocher de celle des agriculteurs.

En revanche, dans votre ouvrage, vous pointez un danger, à savoir que cette média-médecine pourrait faire du secteur médical, une industrie, et des médecins des cadres supérieurs, enjoints à faire du chiffre. Comment éviter cet écueil ?

Oui, on vient de l’artisanat médical. Notre profession est à rapprocher de celle des agriculteurs. Deux vieux métiers. Les agriculteurs, aussi, utilisent l’ordinateur et le GPS. Le tracteur est automatisé et suivi. Des satellites regardent la longueur du champ. Et grâce aux drones, on est capable de déterminer quel type de blé a poussé. Et à ça, s’ajouter le « diagnostic » de pesticides. C'est impressionnant de voir comme cette profession a changé. La médecine, c'est pareil.

Le médecin de demain ne devra-t-il pas aussi développer des compétences d’analyse, d’interprétation, de gestion des données ? Ou sera-ce laissé à la charge d’un assistant data scientist, par exemple ?

On va sans doute parcelliser le métier. Il y aura des personnels à niveau intermédiaire. Entre l’infirmière Bac+3 et le médecin Bac+12, vous n’avez quasiment rien. Les sages-femmes ont, par exemple, un niveau master. Il faut injecter beaucoup plus de personnel du niveau master. Et il y aura des ingénieurs opérateurs qui seront formés sur des zones anatomiques données, pour travailler sur des robots donnés. Ca va totalement bouleverser le champ d’action de la médecine.

 

Egalement en audio ici. L’entretien a initialement été diffusé dans L’Atelier numérique, sur BFMBusiness.

 

 
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