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18/11/2017

"Monde arabe: les racines du mal", le livre de Bachir El Khoury qui analyse les maux du monde arabe (INTERVIEW) HuffPost Tunisie | Par Yassine Bellamine, L'occident s'est-il trompé dans sa stratégie vis-à-vis du monde arabe?

"Monde arabe: les racines du mal", le livre de Bachir El Khoury qui analyse les maux du monde arabe (INTERVIEW)

 
Publication: Mis à jour:
BASHIR EL KHOURY

En marge de la parution du livre "Monde arabe: les racines du mal", vendredi au salon du livre de Beyrouth, le HuffPost Tunisie a interrogé son auteur Bachir El Khoury, journaliste et ancien responsable du service économique au journal "L'Orient le jour" sur ces maux qui traversent aujourd'hui le monde arabe mais également la Tunisie.

Sans langue de bois, l'auteur fait un diagnostic de la situation dans la région qui s'étend du Maghreb au Golfe mais présente aussi ses solutions. Interview.

HuffPost Tunisie: Vous venez de publier votre livre "Monde arabe: Les racines du mal". Où selon vous les maux traversant le monde arabe puisent-ils leurs racines?

Bachir El Khoury: Les vrais maux du monde arabe résident dans l'absence, dans cette partie du monde, d'un développement réel - au sens large du terme - depuis au moins un demi siècle. Nous en payons le "prix" depuis 2010 sous différentes déclinaisons. Le monde arabe se dirigeait inéluctablement vers ce point de rupture et cette implosion aux divers éclats. C'est ce que j'essaie d'élucider, chiffres à l'appui, dans l'ouvrage. Le développement est un long processus ou cheminement qui devait commencer il y a très longtemps mais qui n'a jamais eu lieu dans cette région. Cela concerne aussi bien la dimension politique que celles liées à l'économie, à la société et à l'environnement.

Comment cela s'est manifesté?

Sur le plan politique, l'absence d'un système de gouvernance participatif, ainsi que les pratiques de terreur et d’oppression utilisées par des régimes basés sur le règne d'un homme, d'une famille ou d'un parti unique ont étouffé le désir de liberté intrinsèque à la nature humaine et exacerbé le sentiment d'injustice et d'exclusion.

Quant à la dimension économique, le monde arabe souffre depuis des années d'un chômage très élevé face à des économies improductives et incapables d'absorber une population de plus en plus nombreuse et jeune. Ce décalage entre deux fonctions, l'une exponentielle, l'autre constante, n'a cessé de croître jusqu'à devenir insoutenable. La population arabe a, en effet, quadruplé au cours des cinq dernières décennies, passant de 90 millions d'habitants en 1960 à plus de 400 millions l'an dernier tandis que l'infrastructure économique n'a quasiment pas changé d'un iota.

bashir el khoury

Ces réalités démographiques, couplées à l’arrivée des femmes sur le marché du travail dans certains pays, ont considérablement augmenté l’offre, face une structure rentière ou semi-rentière incapable de satisfaire des besoins croissants sur le marché. À titre illustratif, la population active arabe a augmenté trois fois plus que dans le reste des régions émergentes, entre 1996 et 2006. Conséquence majeure de cette réalité – à laquelle de nombreux dirigeants arabes sont restés totalement sourds ou indifférents –, le chômage des jeunes a atteint des pics mondiaux au cours de la décennie ayant précédé les soulèvements populaires, à 30 % en moyenne à l’échelle régionale. Dans certains pays, comme la Libye, celui-ci culminait même à 49%.

À ce fléau, accentué par le nombre croissant d'étudiants en cycle supérieur - ils sont plus de 400 000 diplômés chaque année à investir le marché du travail en Égypte, 150 000 en Algérie et près de 60 000 en Tunisie et au Maroc - s'est greffée ce que je qualifie dans mon essai de "trinité fatale": inégalités, pauvreté et insécurité alimentaire. À partir des années 1990, les disparités se sont, en effet, creusées davantage dans le monde arabe, sous l'effet, entre autres, de l'absence d'un système de redistribution équitable - lequel découle, dans certains pays, de l'inexistence même d'un dispositif fiscal, au vu de la structure rentière - ainsi qu'aux réformes néolibérales dictées par le FMI. Celles-ci ont profité davantage au cercle du pouvoir ainsi qu'aux détenteurs de capitaux, au profit des travailleurs. L’indice de Gini dans les zones urbaines d’Égypte a ainsi progressé de 34 % en 1991 à 37,5 % en 2005.

En parallèle, la dépendance alimentaire a sévi durant cette période. Dans le cadre des politiques d'infitah (ouverture) et de réformes dictées par les institutions de Bretton Woods, dont la contre réforme agraire, de nombreux pays de la région ont, en effet, abandonné les secteurs industriels et agricoles, alors que le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord souffrent déjà d’un faible potentiel agricole. En Egypte par exemple, la part de l’agriculture dans le PIB a chuté de 31% en 1972 à 13% en 2008. Il en a résulté une dépendance accrue aux importations, ainsi qu’aux fluctuations des prix à l'international. Avec l'hyperinflation des années 2000, cette dépendance pathologique est devenue excessivement coûteuse aussi bien pour la société que pour les régimes en place. Conséquence : déficits publics croissants tandis que des millions de ménages ont basculé en quelques années, voire en quelques mois, sous le seuil de pauvreté. En Égypte, près de 72 % de la population vivait avec moins de 4 dollars par jour en 2008. L’insécurité alimentaire a été aggravée par le phénomène de désertification et de stress hydrique, en l’absence de toute politique de prévention…

demonstration bread tunisia

Dernière racine transversale du mal arabe: la corruption rampante. 84% des pays arabes sont considérés comme "hautement corrompus" par l’ONG Transparency International. Selon la Arab Anti-Corruption Organization, près de 1 000 milliards de dollars – soit le tiers des revenus arabes cumulés – ont été “salis” par de multiples formes de corruption au cours de la deuxième moitié du XXe siècle.

D'ailleurs, peut-on selon vous parler d'un monde arabe, n'existe-t-il pas des mondes arabes?

Il existe des caractéristiques communes à l'ensemble des pays arabes, du Maghreb au Golfe en passant par le Mashrek: une structure économique rentière ou semi-rentière totalement inadaptée aux réalités démographiques et celle de la population active. Il faut savoir que la rente ne concerne pas uniquement le pétrole et le gaz. Il existe également des formes non-conventionnelles comme le tourisme, les transferts d'émigrés ou encore l'exploitation de sites stratégiques, comme le Canal de Suez. C’est le cas notamment de la Jordanie, où les transferts des expatriés pèsent à hauteur de 13 % du PIB, contre 15 à 20 % au Liban, pénalisant dans une large mesure l’entrain pour une croissance endogène basée sur la spécialisation industrielle, l’innovation et la productivité – seule garante d’un niveau d’emploi pérenne.

En parallèle, le chômage et le faible taux de participation à la population active n'épargnent désormais aucun pays. Même les riches monarchies pétrolières sont désormais menacées par ce phénomène.

Quant aux inégalités et à la pauvreté, elles sont également marquées dans la plupart des pays, y compris dans le Golfe. En Arabie saoudite, quelque 3 millions de personnes vivaient sous le seuil de pauvreté à la veille du printemps arabe, soit près de 22 % de la population.

demonstration arab world

Cela dit, il existe, certes, des différences entre les divers pays ou groupes de pays de la région: il y a les exportateurs et importateurs de pétrole, les pays plus ou moins riches en eau et ceux totalement désertiques, mais aussi ceux dont les régimes économiques sont libéraux, sociaux de marché, ou autarciques. Au niveau de la révolution technologique, la fracture est, quant à elle, importante entre les pays du Golfe et ceux du Mashrek ou du Maghreb, etc.

Mais c'est justement cette fragmentation du monde arabe en plusieurs "mondes" distincts, voire méfiants les uns envers les autres, qui constitue une autre racine du malaise arabe et de sa pérennité; seule la création d'un bloc économique à terme permettra, en effet, de relever les nombreux défis développementaux de la région, surtout si celle-ci est construite dans un esprit de respect mutuel et de réelle coopération basée sur le principe de l’avantage comparatif. Le Soudan et le Liban sont, par exemple, riches en eau et en terres arables. Quant aux 11 pays pétroliers, parmi les 22 de la ligue arabe, ils concentrent 55 % des réserves pétrolières mondiales. D’autres pays sont riches en matières de capital humain ou d’histoire et de sites touristiques et naturels, etc. Mettre en commun toutes ces ressources ne peut être qu’à l’avantage de l’ensemble de la région.

Mais pour que ce projet se concrétise, il faut une prise de conscience collective, sur le plan arabe, de la nécessité de mettre fin aux cycles récurrents de violence et de guerres intestines et des vertus d’un projet panarabe constructif. Il faut également et surtout que s’estompe le cycle interminable d’interventions étrangères qui visent depuis les accords de Sykes-Picot et la déclaration de Balfour ou même depuis l'empire ottoman, à morceler la région et son unité, l'amputer ou la diluer. Enfin, il faudra aussi des personnalités ou des leaders visionnaires, désormais totalement absents ou absentés, à l’instar de Robert Shuman, Jean Monnet et Konrad Adenauer…

Dans votre livre vous revenez entre autres sur différentes causes économiques de ce malaise, avec notamment des racines socioéconomiques communes au despotisme, aux soulèvements populaires ainsi qu'à l'islamisme. Comment l'expliquez-vous?

Je vous donne deux exemples illustratifs. La manne pétrolière et l’absence de diversification économiques. Celles-ci ont renforcé la minorité au pouvoir, tandis que la majorité s’est retrouvée exclue et donc acculée à choisir entre l’exil, la révolte, ou l’adhésion à des groupes extrémistes. Idem pour les réformes néolibérales; en Égypte, la politique de l’infitah (ouverture économique) s’est accompagnée d’une montée du pouvoir économique de l’armée, qui contrôlait à la veille de la “Révolution du 25 janvier” le tiers de l’économie égyptienne, ainsi que d’une augmentation sensible du nombre d’entrepreneurs au sein de l’Assemblée nationale, à 83 membres en 2005, contre 37 en 1995, pour la plupart membres du parti de Hosni Moubarak. Ainsi, lorsque plus de 300 usines et entreprises publiques ont été privatisées au début des années 1990, les avoirs de l’armée sont restés intacts. Ce scénario s’est reproduit entre 2004 et 2011, tandis que les hauts gradés de l’armée ont été placés dans des postes-clés au sein de ces sociétés ou usines privatisées. Quant aux dizaines de milliers d’employés licenciés, suite à ces vagues de privatisation, ou d’autres victimes des réformes imposées par le FMI, ils se sont retrouvés au chômage ou sur le marché noir, et ont ainsi rejoint des mouvements protestataires civils ou des organisations et associations comme celle des Salafistes et des Frères musulmans…

demonstration islamist egypt

Vous dites que le printemps arabe se transforme en hiver, avec pour chaque pays ses propres démons, comment aujourd'hui ces pays et le monde arabe en général peuvent-ils en sortir?

Le monde arabe n'en sortira pas de sitôt. L'hiver est un passage obligé dans la succession des saisons. Le vrai printemps succédera à la période actuelle. Mais pour que l'hiver ne soit pas très long et dur, une prise de conscience et une action efficace s’imposent, aussi bien sur le plan local qu’au niveau des puissances étrangères et institutions internationales concernées par la chose arabe. Dans un premier temps, il faudra surtout mettre fin aux conflits qui ravagent la région, de la Syrie, au Yémen, en passant par la Libye et l'Irak. En parallèle, un vaste chantier de réformes économiques doit être mis en place, axée prioritairement sur une transition vers des économies post-rentières et la création massive d’emplois pour endiguer le phénomène de chômage parmi les jeunes.

"Le printemps arabe est peut-être mort aujourd’hui. Mais il peut encore être ressuscité" et cela passe nécessairement selon vous par "un printemps arabe socioéconomique". Pensez-vous qu'aujourd'hui, que les hommes politiques, autant que les citoyens du monde arabe et de Tunisie, ont suffisamment de maturité et de prise de conscience pour le mettre en mouvement?


Il y a ceux qui n'ont pas conscience de ces problèmes ou se sentent simplement impuissants face à leur ampleur, notamment parmi les citoyens et les "victimes" de la triple exclusion politique, économique et sociale, y compris ceux qui se sont enrôlés dans des partis extrémistes. Il y a ceux qui en sont conscients, notamment les personnes au pouvoir, qui profitent néanmoins d'un système de privilèges et ne sont donc pas facilement prêts à y renoncer, même si le séisme des révoltes populaires et de la montée des mouvances radicales a provoqué une certaine brèche à ce niveau. C'est pourquoi un travail de sensibilisation aux vrais problèmes et leur médiatisation s’impose afin de vulgariser la conscience des vrais enjeux, tandis que la pression populaire civile devrait se poursuivre.

L'occident s'est-il trompé dans sa stratégie vis-à-vis du monde arabe?

La stratégie d’ "élimination à la racine" du terrorisme, adoptée par l’Occident, notamment par les Etats-Unis, a coûté la vie, depuis presque vingt ans maintenant, à plusieurs centaines de milliers de soldats et de civils et drainé plusieurs milliers de milliards de dollars. Les guerres en Afghanistan et en Irak auront coûté jusqu’à 6 000 milliards de dollars à l’horizon 2050. Le comble est que ces guerres n’ont non seulement échoué à éradiquer le terrorisme, représenté par Al-Qaëda jusqu’en 2014, mais ont engendré un monstre d’autant plus dangereux que celui qui l’a précédé.

Si ces mêmes montants alloués aux politiques de lutte anti-terroristes avaient été investis dans l’éducation, l’emploi et l’éradication de la pauvreté – le coût global des guerres en Afghanistan et en Irak est de 70 à 100 fois supérieur aux dépenses publiques allouées à l’éducation dans l’ensemble du monde arabe et équivaut au montant nécessaire pour éradiquer la faim à l’échelle planétaire –, il ne fait aucun doute que la configuration serait aujourd’hui de loin meilleure aussi bien dans la région MENA qu’en Europe et ailleurs.

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06/10/2017

Manuel à l’usage du parfait startuper : « start-up, précis à l’usage de ceux qui veulent changer le monde … et parfois réussissent !

Start-up : pas facile de changer le monde !

Bruno Martinaud vient de sortir la nouvelle édition de son manuel à l’usage du parfait startuper : « start-up, précis à l’usage de ceux qui veulent changer le monde … et parfois réussissent ! ». Un guide très pratique et complet sur tout ce qui attend l’entrepreneur de startup dans sa route escarpée vers le (rare) succès. Des conseils, des idées, mais aussi une recommandation en forme d’injonction : « Que la force soit avec toi ! ». Et il en faudra de la force pour vaincre tous les obstacles de ce parcours du combattant moderne. Certains, qui se croyaient audacieux, se retrouveront découragés tandis que d’autres, inconscients ou illuminés se lanceront dans l’aventure.

L'auteur connaît parfaitement le monde des start-ups ; ses conseils sont donc puisés dans le chaudron des expériences et de l’observation attentive de cet écosystème bouillonnant.
D’emblée, Bruno Martinaud avertit les candidats à la succession des Zuckerberg, Larry Page et autre Jeff Bezos : il faudra apprendre à gérer l’incertitude et, surtout, dédramatiser l’échec. Car échec il y a. Et en nombre. Parvenir à faire décoller une startup pour en faire « une licorne », c'est-à-dire une société à 1 milliard de dollars tient non seulement du parcours du combattant mais surtout d’une bonne dose d’inconscience. Le Graal est promis à quelques élus, à peine un pour cent mille, auréolés de talent certes, mais aussi de beaucoup de chance. L’encouragement de nos politiques, la multiplication des accélérateurs, boosters et autres pépinières n’y feront rien. On dénombre un succès (et encore…) pour cent mille échecs. Une probabilité digne de l’Euromillions.

Question de culture

En France, l’écosystème des startups est l’un des plus stimulé et stimulant du monde. Et pourtant, il n’y a pas de Google, d’Amazon ou de Tesla français. On peine à dénombrer quelques licornes sur les doigts d’une main. Le modèle de la Silicon Valley écrase tous les autres et reste indépassé. Bruno Martinaud explique cette absence de succès des startups françaises par rapport à leurs homologues américaines pour au moins deux raisons. D’abord, la valorisation de la recherche. C’est une question de culture. Aux Etats-Unis, un chercheur ne peut imaginer conduire son travail sans avoir une startup prête à l’emploi dès que son invention pourra être valorisée. En France, les chercheurs cherchent, trouvent parfois et même souvent, mais laissent leurs inventions vivre leur vie, c'est-à-dire essentiellement faire l’objet d’un article scientifique et quelquefois d’un brevet. La fibre entrepreneuriale est rarissime chez nos chercheurs. Dès lors, des innovations qui pourraient être magistrales si elles parvenaient sur le marché, restent au stade d’expérimentation.  
La deuxième raison tient au financement. C’est un sujet de débat récurrent, mais la France a fait d’énormes progrès en la matière en quelques années. Son tissu d’investisseurs et de capitaux-risqueurs est dense, très professionnel, et ne devrait pas nous faire rougir, même si les écarts avec les Etats-Unis sont encore considérables. Alors, que se passe-t-il ? Pourquoi les startups peinent-elles tant à atteindre le succès ? Cela tient au mode de financement « early stage », c'est-à-dire aux débuts d’une société. Aux Etats-Unis, les Business Angels jouent un rôle prépondérant dans ce type de financement. Ils investissent dans des milliers d’entreprises, des sommes relativement réduites, pour permettre aux entrepreneurs de démontrer la faisabilité de leur idée. Ensuite seulement, quand le projet est bien amorcé, ce sont les capitaux risqueurs qui prennent le relai pour favoriser l’envol de la startup. En France, c’est tout le contraire. Le tissu des Business Angels et beaucoup plus faible et ceux-ci ne jouent pas toujours le jeu de l’amorçage. Ce sont donc les capitaux risqueurs qui sont sollicités dès les débuts d’une société et payent parfois fort le prix de leur audace. Les BA français ne jouent ainsi pas un rôle essentiel : celui de filtre premier pour distinguer et amorcer les bonnes idées.
Mais la problématique du financement, qui est souvent avancée, n’est pas la seule raison. Car devenir startuper exige des qualités qui ne sont pas données à tout le monde.

Psychologie du startuper

Bruno Martinaud dévoile ce qui pourrait être une sorte de psychologie du startuper. D’emblée il annonce la couleur : l’entrepreneur qui réussira est celui qui saura accepter et gérer sa… schizophrénie. D’une part, il doit être capable de penser avoir raison, seul contre tous, et de l’autre, il doit passer son temps à se tromper. Situation bien inconfortable mais qui s’avère très réelle.
En effet, l’entrepreneur de startup croit à son idée, c’est le minimum qu’on lui demande. Mais il doit y croire contre vents et marées. En même temps, il fera l’expérience de l’erreur. L‘idée qu’il avait au début du projet, ne sera jamais celle qui aboutira. Il faudra avancer par essais-erreurs, revenir sur des certitudes, accepter les échecs, reconstruire tout le projet, rebondir, pour repartir de plus belle, encore et encore.
Comment vivre une telle schizophrénie ? Nombreux sont ceux qui n’y parviennent pas. Pourquoi donc certains y réussissent-ils ? Parce que, dit l’auteur, ils se rappellent sans cesse que créer une entreprise innovante n’est pas un acte rationnel : « Le succès ne peut venir que de ceux qui sont assez naïfs pour penser de manière déraisonnable. Les entrepreneurs doivent s’élever au-delà des conventions et des contraintes pour atteindre l’extraordinaire »
Il faut effectivement une foi bien ancrée aux tripes, ou une totale inconscience, pour oser s’engager dans le périple de la startup. « Développer un projet innovant écrit l’auteur, ressemble en fait d’assez près à essayer de conduire de nuit, sur une route de montagne, par temps de verglas et sans lumière ». Bigre ! quel programme ! L’image est forte mais elle est assez réaliste. Ce que veut dire l’auteur c’est qu’une bonne idée ne suffit pas pour créer sa startup. On ne peut se lever un beau matin avec une idée dont on pense qu’elle va changer le monde. Ce n’est pas suffisant. Le vrai talent sera, partant d’une vision intéressante convertie en une idée initiale qui ne marche jamais, de s’appuyer sur le mouvement initié, de tester et d’apprendre au fil de l’eau pour faire émerger de façon inattendue le succès. La vraie vie du startuper c’est suivre un processus expérimental d’apprentissage par l’action, sous contrainte de ressources, c’est accepter de se tromper, de changer d’avis, de remettre en question ses fondamentaux.
L’auteur prend à juste titre l’exemple de James Dyson, l’inventeur du fameux aspirateur, qui accepta de se résoudre à développer 5128 prototypes différents avant de parvenir au succès que l’on sait. Persévérance, ténacité et un sens du passage d’obstacle quelle que soit sa taille ou sa hauteur.
Pour compliquer les choses, le parcours de l’entrepreneur innovant se déroule dans un espace-temps qui n’est pas celui du commun des mortels. Le temps est compté et tout doit aller vite. C’est aussi une condition du succès. Aussi, Bruno Martinaud recommande-t-il à l’entrepreneur d’« agir d’abord et de réfléchir ensuite ». Ce n’est pas le genre de conseil que donnent les mamans à leurs enfants ni les écoles à leurs disciples. Pourtant, pour réussir l’aventure de sa startup, c’est une condition sine qua non. Ce que cela veut dire est totalement contre-intuitif pour la plupart des entrepreneurs : accepter de sortir un produit mal ficelé pour le soumettre à ses futurs clients plutôt que d’attendre d’avoir le produit de ses rêves. Il vaut mieux proposer un prototype même imparfait, même avec des bugs, pour affronter très vite la réalité de son utilisation plutôt que de peaufiner pendant des mois un projet idéal dont on se rendra compte, après plusieurs mois de travail, que 90 % de ce sur quoi on a travaillé n’intéresse pas les utilisateurs.
 
Ceux qui, malgré ces mises en garde, seraient encore intéressés par l’aventure trouveront dans ce livre une mine d’informations sur la conduite de son projet de startup, de la construction du business plan, au pitch pour les investisseurs, au management de ses équipes, au ciblage de son marché. Si vous suivez scrupuleusement tous ces conseils vous parviendrez peut-être à bâtir une startup à succès. Mais n’oubliez pas que la clé essentielle du succès est le grain de folie du créateur. Il n’est pas donné à tout le monde, et ne s’apprend pas dans les livres.
 
 

10/05/2017

Quelles réponses apporter à la transformation rapide du marché du travail sous l’effet de la révolution numérique ? la fin symbolique du salariat car le travail, ce n’est plus exclusivement le salariat, bientôt, ce ne sera peut-être même plus...

1agld1r.gifNetworkers, les nomades électroniques , les entreprises s'installeront dans les réseaux,

Quelles réponses apporter à la transformation rapide du marché du travail sous l’effet de la révolution numérique ?

Les statuts actuels – salarié, indépendant – sont-ils adaptés à ces nouvelles réalités ? Et comment faciliter le passage de l’un à l’autre sans sacrifier les protections sociales ?

Jacques Barthélémy et Gilbert Cette nous proposent avec ce livre un cadre ambitieux et novateur pour repenser le droit du travail. Faisant le point sur ce qu’on appelle l’ubérisation de l’économie, ils en soulignent les limites et les risques réels. Si celle-ci doit être largement relativisée, reste que les outils numériques facilitent le cumul d’activités et les créations d’entreprises. C’est pour répondre à ce mouvement en profondeur de la société française et en faire une opportunité qu’ils s’attellent ici à la définition d’un droit à la fois global et protecteur.

Jacques Barthélémy est avocat conseil en droit social, fondateur du cabinet Barthélémy Avocats. Il a été professeur associé à la faculté de droit de Montpellier.

Gilbert Cette est professeur d’économie associé à l’université d’Aix-Marseille, expert du marché du travail. 

Motivation au travail au XXIe siècle — Wikipédia

https://fr.wikipedia.org/wiki/Motivation_au_travail_au_XXIe_siècle
La mise en forme de cet article est à améliorer (septembre 2016). La mise en forme du texte ne suit pas les recommandations de Wikipédia : il faut le « wikifier ».

The Future of Work – Le monde du travail au 21ème siècle

www.manpowergroup.fr/the-future-of-work-le-monde-du-travail-au-21eme-siecle/
6 mai 2011 - Les implications individuelles et sociétales des changements induits par les nouvelles technologies dans la nature et l'organisation du travail ...

TRAVAILLER AU XXIE SIÈCLE - Maëlezig BIGI,Olivier COUSIN ...

www.laffont.fr/site/travailler_au_xxie_siecle_&100&9782221144749.html
20,00 €
Heureux au travail ? Une enquête exceptionnelle dans le quotidien de l'entreprise.

Travailler au XXIe siècle : Nouveaux modes d'organisation du travail

https://www.amazon.fr/Travailler-XXIe-siècle-Nouveaux-dorganisation/.../280414994...
Alors que le XXIe siècle devrait être celui de la machine et du loisir, du droit à la paresse et à la connaissance, la question de l'emploi et du travail demeure ...

Le droit du travail au XXIe siècle - Editions Larcier

editionslarcier.larciergroup.com/titres/133289/le-droit-du-travail-au-xxie-siecle.html
Ce Liber Amicorum est l'occasion pour les plus éminents juristes sur le plan international, européen et national de rendre un hommage appuyé à Claude ...

[DOC]Le XXIe siècle libérera-t-il l'homme du travail contraint

www.cite-sciences.fr/archives/travail/TRAVAIL/DOCS/Travail010519.doc
Elizabeth Martichoux animera autour de ce thème : “ Le XXIe siècle libèrera-t-il l'homme du travail contraint ? ” pour lequel nous avons prévu trois séquences.

Une loi travail pour le XXIe siècle - OuiShare Magazine

magazine.ouishare.net/fr/2016/03/une-loi-travail-pour-le-21e-siecle/

15 mars 2016 - Qu'est-ce que le travail au XXIème siècle ? Comment réformer la protection sociale pour la rendre adéquate et inclusive ? Comment ...

 
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