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29/12/2017

Dans un monde qui bouge et continuera à bouger, ne rien faire, rester sur le statu quo est encore plus risqué.Vous aussi, partagez vos idées avec les lecteurs des Echos, C’est l’Etat qui «impose à la société ses volontés»

Ce qui empêche la France de se réformer

LE CERCLE/POINT DE VUE - Il existe dix poisons qui entravent l'engagement et la réussite des réformes en France. Tour d'horizon.

En ces temps de début de quinquennat, les réformes sont à l’ordre du jour. Après la moralisation de la vie publique et le Code du travail, l'exécutif planche déjà sur celle de l'assurance-chômage.

Seulement, il y a quelques jours, en marge de son déplacement en Europe de l'Est, Emmanuel Macron a déclaré que «La France n'est pas un pays réformable, les Françaises et les Français détestent les réformes. Dès qu'on peut éviter les réformes, on ne les fait pas. C'est un peuple qui déteste cela. Il faut lui expliquer où on va, et il faut lui proposer de se transformer en profondeur...»

Il est vrai que dans notre histoire, notamment depuis la Révolution de 1789, il a fallu attendre et atteindre des extrêmes (difficultés économiques, défaites militaires…) pour avoir le sursaut de la transformation. Pour tous ceux qui ont à initier et piloter des processus de réforme, de transformation, il est important de connaître les dix poisons qui entravent l’engagement et la réussite des réformes. Cela pourra les aider à s’en prémunir et à mettre en oeuvre les antidotes efficaces.

1. La défiance

Toute réforme ou changement se trouve fortement compromis si l’on ne fait pas confiance à ceux qui les initient et les portent (politiques, dirigeants, managers.. ). La confiance concerne aussi bien l’honnêteté que la compétence, on peut résumer cela par la crédibilité.

2. La carence de sens

Le deuxième poison, c’est la carence de sens, c’est-à-dire la non-connaissance et/ou la non-compréhension des raisons pour lesquelles la réforme est initiée. Ajoutons-y les enjeux, les contraintes à intégrer, les opportunités à saisir.

Lire aussi : Macron : six réformes sociales en 18 mois

Cela intègre aussi la pertinence du changement : son utilité, sa nécessité voire son caractère incontournable. Faute de sens, le changement ne sera ni accepté ni intégré par ceux qui sont impactés par sa mise en oeuvre.

3. L’iniquité de la réforme

Si ceux ou certains de ceux qui sont impactés par la réforme, le changement y perçoivent de l’iniquité, il y aura rejet et parfois rejet violent. Cette dimension est extrêmement sensible aujourd’hui. Lorsque l’on demande des efforts, encore faut-il qu’ils soient équitablement répartis.

4. La dictature du court terme et des solutions simplistes

Dans les entreprises comme au niveau des nations, c’est souvent la vision à court terme qui l’emporte. Cela peut être lié à la pression des actionnaires, au comportement cynique de certains investisseurs et fonds de pensions, aux jeux politiciens, voire à la démagogie.

Très souvent, cette myopie s’accompagne d’une absence de vue d’ensemble et d’une impasse sur les conséquences à plus long terme. Les solutions simplistes (et souvent démagogiques) se traduisent par des formules du type : «Il suffit de», «y’a qu’à», «faut qu’on»...

5. Le déni de réalité

Beaucoup de réformes nécessaires ne sont pas engagées, car les responsables concernés, avec parfois la complicité de ceux qui seront impactés, refusent de voir une réalité perçue comme dérangeante, inconfortable. Cela notamment lorsque le changement bouscule les habitudes, remet des avantages acquis en cause. Lorsque la réalité ne correspond ni à nos désirs, ni à nos croyances, ni à nos opinions, ni à nos valeurs, nous avons une tendance naturelle à l’occulter.

C’est ce que le psychosociologue Leon Festinger appelle la «dissonance cognitive». Il a montré que le besoin de cohérence personnelle l’emporte presque toujours sur la réalité, si cette dernière la remet en cause.

Pour engager les réformes nécessaires, il faut accepter de voir la réalité telle qu’elle est. Tôt ou tard, elle se rappelle à notre bon souvenir et les problèmes qui existaient n’ont souvent fait qu’empirer. La politique de l’autruche mène nécessairement dans des impasses. Nier la réalité, ne l’efface pas.

6. L’illusion que les choses finir par s'arranger

L’illusion est une sorte de cousin germain du déni de réalité. Ici, le problème, la difficulté voire les risques sont identifiés, mais on décide de ne pas agir. On vit dans «l’illusion» que les choses finiront bien par s’arranger. Ça peut arriver, mais le plus souvent les choses empirent.

C’est typiquement la posture de certains économistes et dirigeants qui pensent que de toute façon le marché finit par s’auto-réguler. Les crises de 1929 et 2008 ont montré les limites d’une telle approche. Laisser pourrir les problèmes est rarement la bonne solution.

7. L’absence de courage des réformateurs

Engager certaines réformes n’est pas sans risques pour ceux qui les initient. Il peut y avoir des oppositions (conflits sociaux, grèves…). Dans les réformes d’ampleur, il y aura nécessairement des contestataires, des opposants. Il faut l’accepter et ne pas renoncer.

Comme l’avait dit Antoine Veil dans une émission de télévision : «Après les Trente Glorieuses, il y a eu les trente somnolentes.» Le courage a manqué à de nombreux dirigeants. Quand on dirige (politiquement, économiquement notamment) ce qui sera au final le plus reproché, c’est l’inaction, le renoncement.

8. L’enfermement idéologique

C’est l’enfermement dans un système de représentation du monde ou de ce que devrait être le monde. L’idéologie entraîne une rigidité : tout ce qui ne rentre pas dans le moule idéologique est rejeté.

En politique, cette rigidité est souvent maintenue au nom d’un avenir meilleur, voire idéal et parfait. Cette posture entraîne inéluctablement une déconnexion d’avec le réel. L’idéologie produit donc des solutions inadaptées, donc des résultats désastreux.

Pour se maintenir au pouvoir, les tenants de l’idéologie n’ont d’autre solution que de mettre en place des systèmes de pouvoir autoritaires, voire totalitaires dans l’univers politique.

L’enfermement idéologique est notamment dangereux par le fait qu’il donne l’illusion qu’on détient la solution et qu’en dehors de cette solution, il n’y a pas d’autres alternatives. Et, si ça ne marche pas, ce qui sera généralement le cas, on invoquera des causes extérieures : trahison, sabotage, bouc émissaire, complot, conjoncture…, bref on recherchera des coupables.

9. Le recyclage des solutions du passé

Puisque ça n’a pas marché, recommençons-le ! C’est un comportement extrêmement fréquent tant dans l’univers politique que dans celui de l’entreprise. On ne reproduit pas forcément exactement la même chose, on fait de petits aménagements, de petites restructurations, mais le fondamental de la démarche, de la solution reste le même. Assez souvent, ces solutions ont marché dans le passé, mais le monde, le contexte ayant changé, il faut inventer autre chose.

10. La solution unique et définitive

Penser qu’il n’y a qu’une solution revient à un enfermement et à une limitation des possibles. Les problématiques que nous avons à résoudre dans l’univers politique et entrepreneurial sont généralement complexes. Il faut donc s’obliger à rechercher des solutions possibles (qu’on discriminera ensuite à l’aide de critères : coût, faisabilité…), ce qui suppose des démarches participatives où l’on promeut l’intelligence collective.

Attention aussi au fait de croire qu’on a réglé une problématique une fois pour toutes. Dans un monde en dynamique permanente de changement, c’est une profonde illusion. En réalité, toute solution ou mix de solutions est à considérer comme nécessairement imparfait et provisoire. Peut-on sérieusement croire qu’on va résoudre une fois pour toutes et de façon parfaite les questions de croissance, de chômage, de délinquance…

Il faut donc évaluer dans la durée l’efficacité des solutions retenues et savoir remettre sur le métier quand leurs résultats s’altèrent. Il faut également rester conscient du fait que la résolution (temporaire) d’un problème n’empêche pas le surgissement de nouveaux problèmes. Il convient également de s’interroger non seulement sur les effets supposés bénéfiques d’une solution, mais aussi sur ses possibles effets pervers.

Conclusion

Conduire la réforme, le changement, ce sont des démarches extrêmement difficiles et à haut risque. Dans un monde qui bouge et continuera à bouger, ne rien faire, rester sur le statu quo est encore plus risqué.

Nous n’avons d’autre choix que d’accepter, sous réserve de leur pertinence, la nécessité de la réforme, du changement. Ne pas se faire piéger par l’un ou plusieurs des poisons évoqués aidera à se donner plus de chances de réussite. C’est aussi accepter le principe de la prise de risque, car comme le notait Wladimir Wolf Gozin : «Vivre prudemment, sans prendre de risques, c’est risquer de ne pas vivre !»

Marc-Alphonse Forget est consultant, coach et formateur auprès de grandes entreprises et de structures publiques

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La France souffre d’une oligarchie qui l’empêche de se réformer

Les cinq raisons qui empêchent la France de se réformer !
B
ien que le pays soit en ébullition, l'élite française reste figée dans une immobilité notoire. Quelques exemples historiques justifient l'incapacité de l’élite française à faire face à la crise actuelle.

L'autocritique (1), qui n'est pas la force du président François Hollande, montre cependant l'incapacité des élites françaises à dire au revoir aux chimères historiques.

Cela fait déjà quatre fois que la France a réussi, dans des situations dramatiques, à trouver une échappatoire à une crise existentielle. C’est plus surprenant encore si l’on considère la rigidité notoire avec laquelle l'élite parisienne s’est opposée à toute réforme ou, si elle s’est réveillée, a capitulé dès le premier signe de résistance. On peut mettre cela sur le compte d’un calcul tactique, d’une arrogance collective ou d’une vision erronée. Cependant, il est instructif d’analyser l'expérience historique unique de la mentalité française.

1 Le centralisme

Jusqu'à la fin du Moyen-Age, la France était un ensemble de pièces rapportées sous la coupe de différents seigneurs. Le plus grand propriétaire foncier dans le pays était le roi d'Angleterre. Le droit à sa succession déclencha la guerre de Cent Ans qui ruina presque la France.

Bien que les archers anglais décimassent la chevalerie française dans plusieurs batailles, les rois de France réussirent à reprendre peu à peu le contrôle de plusieurs provinces. Avec l'augmentation des impôts, ils recrutèrent des soldats et les rendirent indépendants des droits seigneuriaux. Avec l’émergence de ce pouvoir centralisé non seulement les armées anglaises furent vaincues, mais aussi les revendications de l'aristocratie. A la fin de la guerre, en 1450, de ce conglomérat de pouvoirs divergents émergea un régime politique dont les frontières préfiguraient celles de l'État-nation. La monarchie était devenue le centre du pouvoir et Paris sa capitale.

Mais ce centralisme, qui devint le modèle des dirigeants de l'Occident, était loin d'être parfait. Dans la lutte contre la Bourgogne et l'Empire espagnol de nombreuses conquêtes furent perdues à nouveau.

2 L’absolutisme

Une fois de plus la couronne française connut une crise existentielle. Dans les guerres confessionnelles du seizième siècle, la France échappa, de justesse, à un éclatement, mais le pragmatisme toucha le chef huguenot Henri IV qui se convertit au catholicisme : «Paris vaut bien une messe.» L'unité religieuse fut encadrée dans une doctrine laïque : la souveraineté de l'État l’habilite à arbitrer au-dessus des parties. Ce sont des intellectuels comme Jean Bodin qui reconnurent à la couronne la détention de cette souveraineté.

Une génération plus tard, ce fut un prince de l'Église, le cardinal de Richelieu, qui en s’appuyant sur l’alliance avec la couronne protestante suédoise, jeta les fondements de l'Etat séculier dont Louis XIV put proclamer un jour : « L'Etat c’est moi ! » Contre toutes les traditions, la France fut divisée en intendances qui portèrent la volonté du roi dans de nombreux recoins de son empire qui était devenu le plus puissant en Europe.

Mais cet absolutisme était tout sauf absolu. Certes, la vieille noblesse était sous le contrôle royal à la cour de Versailles. Mais dans le royaume se mit de facto en place une nouvelle aristocratie de hauts fonctionnaires (2) au-dessus des parlements, qui fut effectivement créée par le roi, mais que ce dernier n’avait pas les moyens de contrôler. Les folies du monarque firent exploser la dette. En 1714, à la fin de la guerre de Succession d'Espagne, la dette nationale était trente fois plus élevée que les recettes fiscales. (3)

3 La révolution

Le résultat de la faillite fut la convocation des États généraux en 1789, la révolution et le renversement de la monarchie. Dans un sursaut inimaginable, la République sut préserver son existence contre les armées coalisées de l'Ancien Régime et le soulèvement de la Vendée. L'héritier de la Révolution, Napoléon Bonaparte, soumit non seulement la moitié de l'Europe, mais établit un Etat moderne et efficace, qui, même après la fin de l'Empire, fut préservé.

Mais la victoire de la bourgeoisie et de son alliée, la métropole parisienne, avaient le revers de la médaille. La résistance du pays, de ses fermiers et de ses nobles ne put être écrasée qu’avec une extrême brutalité. Mais il a toujours existé - géographiquement et mentalement - des zones d'ombre que le centralisme et l'absolutisme ne purent éradiquer. La division de la France a perduré entre une élite étatique et beaucoup de particularismes provinciaux.

A cela s’ajoute la grande imposture de la Révolution dont la devise est la liberté, l’égalité et la solidarité. La réalité est plutôt dans le slogan «Enrichissez-vous ! » qui déclencha les révolutions du dix-neuvième siècle.

4 Le capitalisme

En 1871, les armées allemandes écrasèrent celles de l'empereur Napoléon III, et la République naissante ne put venir à bout de l'insurrection de la Commune de Paris qu’après un long siège. C’est l'un des plus grands succès de la France que d’avoir créé, sur les décombres de cette insurrection, un État industriel moderne qui, quarante-trois ans plus tard, sut contrer avec succès la machine de guerre de Guillaume II. De plus, la France fut capable de fournir à l'Empire tsariste les moyens financiers de sa modernisation et d’entretenir un empire colonial très déficitaire.

Mais après avoir gagné la Première Guerre mondiale, la Troisième République perdit les effets de cette victoire à vouloir mener de concert une politique de solidarité sociale et de prospérité économique. (4) Après tout, le capitalisme s'est avéré fragile dans ce pays : «Parce qu'il est étranger au corps français», a expliqué le grand historien Fernand Braudel. La France et ses élites n’aiment pas la maximisation du profit poursuivi par le capitalisme anglo-saxon avec «ses dents de requin.»

5 L’amour-propre

Le pouvoir séculier n'a pas encore compris où son modèle social conduit la France. La raison est la même que celle qui a abouti à quatre catastrophes historiques dans ce pays : c’est l'ivresse de l'engouement et de l’aveuglement. Parce que l’influence pérenne du centralisme, de l'absolutisme, de la révolution et du capitalisme à la française a pu paraître suffisante pour surmonter toutes les crises dramatiques et maintenir au pays son rang de puissance et de modèle pour le reste du monde, une culture de l’autocritique est inconcevable pour permettre un changement de direction. La tradition du Roi Soleil et de ses fonctionnaires omnipotents hante encore la cour. L'étroitesse d'esprit et l'uniformité des diplômés des grandes écoles parisiennes en est la conséquence aujourd’hui. (5)

Berthold Seewald
Die Welt

Notes du traducteur

(1) Le président a fait le pari, contre l’avis de tous les experts économiques qui ne sont ni marxistes ni keynésiens, d’inverser la courbe du chômage à la fin de l’année par une politique fiscale inquisitoire.

(2) Le colbertisme donna naissance au capitalisme rigide à la française, un avatar étatique du vrai capitalisme qui est libre et privé. Le colbertisme est l’alma-mater de l’ENA où est formatée l’élite française.

(3) C’est un rappel historique bienvenu qui prouve que le pouvoir absolu est une calamité naturelle comme la peste et le choléra. La Cinquième République, avec son président omnipotent, constitue un malheureux retour en arrière pour la France.

(4) Le Front Populaire, une coalition de partis de gauche qui prit le pouvoir en 1936, conduisit tout droit à la catastrophe du 10 mai 1940 avec la percée des blindés de Guderian dans le saillant des Ardennes. On relève le même aveuglement du gouvernement actuel face à l’imminence d’une autre catastrophe. L’histoire de France n’est qu’un enchaînement de catastrophes en raison de l’aveuglement des élites qui ne se remettent jamais en question.

(5) Il faut supprimer les grandes écoles et créer des universités autonomes avec un financement à moitié par les étudiants et à moitié par les entreprises.

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Comment réformer la France en dix ans ? - La Croix

LA REFORME INTELLECTUELLEDE LA FRANCE.pdf

23/12/2017

MyNewsCenterNavigator & FranceWebAsso, Singapour est-il un État ou, comme le disait l’économiste Milton Friedman, une « affaire de famille? Ing.Stefan V.Raducanu, passeur entre des idées et des hommes, des principes et des réalités avec FranceWebAsso

Singapour : Lee Kuan Yew, le despote « pragmatique »

Singapour est-il un État ou, comme le disait l’économiste Milton Friedman, une « affaire de famille » ?

Par Guy Sorman.

 Lee-Kuan-Yew.jpg

La mort de Lee Kuan Yew, à 91 ans, dans l’État qu’il a fondé, invite à s’interroger sur cette expérience unique. Singapour est-il même un État ou, comme le disait l’économiste Milton Friedman, une « affaire de famille » ? Le fondateur parti en retraite avait passé le commandement à son fils, l’actuel Premier ministre. Celui-ci m’a rétorqué que Singapour était bien un État puisqu’il disposait d’une armée et d’une politique étrangère. Certes, mais la flotte américaine est la véritable protection de la Cité.

Singapour est tout de même un succès économique embarrassant parce qu’il n’entre dans aucune catégorie classique, ni socialiste, ni libéral. Sans doute devrait-on le considérer comme une forme de despotisme éclairé, à la manière des cités italiennes du Quattrocento ou des utopies imaginées au Siècle des Lumières. Peut-on tirer de cette singularité quelque enseignement universel ?

Les dirigeants de Pékin depuis Deng Xiaoping en 1979 (il appartenait au même peuple que Lee Kuan Yew,  Hakka de Chine du Sud) se sont intéressés de près à Singapour et Lee Kuan Yew n’était pas avare de conseils : l’alliance d’une économie dynamique et de l’autoritarisme politique, bon pour Singapour, ne l’était-il pas pour la Chine ? Les dirigeants de Pékin ont emprunté à Singapour le caractère mixte de l’économie chinoise, des infrastructures publiques accueillantes pour des entrepreneurs privés. Les Communistes chinois sont fascinés par le Parti d’action populaire (fondé par Lee Kuan Yew), le PAP qui dans des élections presque libres, obtient généralement 90% des voix. La comparaison s’arrête là parce que l’expérience d’une cité-État de six millions d’habitants, paraît inapplicable à un continent qui en compte un milliard et demi.

Et Lee Kuan Yew fut un despote mais pas sanguinaire comme les communistes chinois : les intellectuels dissidents à Singapour – il s’en trouve – ne sont pas incarcérés, mais se voient offrir une bourse pour étudier dans une université occidentale. Les adversaires de Lee Kuan Yew étaient souvent nommés ambassadeurs à la condition de rester en poste, au plus loin. C’est que Lee Kuan Yew, formé en Grande-Bretagne, comme son fils, savait ce qu’était l’État de droit. Il savait que la stabilité du droit était la condition essentielle du développement. Cet État de droit est garanti par une justice indépendante, une police incorruptible et une bureaucratie au-dessus de tout soupçon. L’un des traits les plus originaux de Singapour est que les fonctionnaires y sont mieux payés que les cadres des entreprises privées ce qui attire les meilleurs ; en contrepartie, aucune corruption n’est tolérée, au contraire de la Chine et des régimes autocratiques en généra

Un autre trait singulier de Singapour est la préférence que Lee Kuan Yew accordait à la propriété privée du logement : la Cité est une nation de propriétaires, aidés par des crédits avantageux. Lee Kuan Yew estimait que la propriété, embourgeoisait les esprits et dissuadait de voter pour l’opposition.

Les critiques de Singapour avancent généralement deux allégations majeures. La première, économique, est que la ville aurait seulement bénéficié de sa situation géographique, point de passage obligé sur une route maritime où transite 60% du fret mondial. Certes, mais je me souviens de Singapour dans les années 60, il y régnait une extrême pauvreté. Ce sont bien les infrastructures et la sécurité organisées par Lee Kuan Yew qui ont fait le Singapour actuel. L’autre critique, politique, regrette le manque de liberté d’expression, le mépris de l’opposition, voire l’ennui qui pèse sur la ville. Cette critique fondée doit être tempérée comme soulignée plus haut par la prévisibilité du droit. Par ailleurs, l’option sécuritaire du régime peut se justifier par l’hétérogénéité de la population, la présence d’une forte communauté musulmane qui n’est pas sourde aux appels islamistes venus des pays voisins : quand les imams prêchent dans les mosquées de Singapour, les portes doivent obligatoirement rester ouvertes. Enfin Singapour évolue : non seulement on s’y ennuie moins, mais le PAP n’exclut pas de perdre un jour prochain les élections pour entrer dans une démocratie d’alternance.

Par-delà ces circonstances et la personnalité de son fondateur, se pose la question complexe de la relation entre développement économique et démocratie. La quête d’une relation quantifiable, prévisible n’a pour l’instant pas abouti. L’Inde a longtemps été une démocratie au taux de croissance zéro, la Chine est totalitaire et croît, la Corée du Sud et Taïwan se sont envolées aux ordres de dictateurs, le Chili de Pinochet progressait plus vite que l’Argentine démocratique, l’Éthiopie et le Rwanda progressent sans démocratie : tous les cas de figure coexistent. Le théorème de Samuel Huntington envisageant qu’à partir d’un certain revenu, tout régime autoritaire se démocratise, n’a été vérifié qu’à Taïwan et en Corée du Sud, sous la pression des États-Unis.

On envisagera qu’il existe sans doute une relation entre démocratie et développement mais trop complexe pour être théorisée. On envisagera aussi que démocratie et développement sont l’une et l’autre des valeurs en soi qui méritent d’être poursuivies par des combats et des moyens qui ne coïncident pas nécessairement. Au moins faut-il éviter que ces moyens ne se contredisent : par exemple, les militants du Printemps arabe en Égypte se battaient pour la démocratie tout en se réclamant d’un socialisme et d’un nationalisme anti économiques. Les Tunisiens en revanche, font progresser de pair la démocratie et l’économie de marché.

Pour en revenir à Lee Kuan Yew, il se définissait comme « pragmatique » : le pragmatisme est une pensée malheureusement peu répandue.

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Quel objectif ?

- Il s’agit, en première analyse, d’assurer au dialogue civil une place équivalente et analogue à celle qui est depuis longtemps reconnue au dialogue social :
En surmontant une difficulté : il n’y a pas en matière de dialogue civil, l’équivalent du code du travail. La loi de 1901 n’envisage l’association que comme une liberté, pas comme une institution. Même si la loi reconnaît des régimes juridiques distincts (associations déclarées ou non, reconnues ou non d’utilité publique), elle a d’abord pour caractéristique initiale de sembler exclure globalement les associations du champ de la production de l’intérêt général.(Il va sans dire que cette perspective a très vite été corrigée par la pratique et que ce n’est plus la conception que s’en font les pouvoirs publics contemporains ; mais il en reste quelque chose dans les représentations).
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Nous devons à nos concitoyens une Europe riche d’un avenir redessiné

Il en reste tellement à faire. Mais on commence enfin à y penser. Alors puisez, écoutez nous, nous sommes en Marche depuis bien longtemps. Plutôt au pas de course d’ailleurs ! En effet, dans l’entreprise, seuls les athlètes dotés de l’endurance du coureur de fonds et de la pointe de vitesse du sprinter, vivent assez longtemps pour en parler !

Vous irez à l'essentiel aujourd'hui. Depuis le temps que vous observez ce qui se passe autour de vous, c'est peut-être le moment idéal pour donner votre opinion. Ne vous laissez pas impressionner par les commentaires acides que vous pourrez attendre ; votre point de vue est aussi important que celui des autres ! Allez un peu de courage, il n'y a que le premier pas qui coûte ! Il est temps que vous montriez qui vous êtes vraiment !

Pourquoi s'engager dans une association rend plus heureux ?

« Plusieurs travaux ont récemment montré que le fait d’être bénévole a des effets positifs sur le bien-être. Nous avons voulu savoir si cela était également le cas pour les donateurs, les adhérents, les dirigeants d’associations et même, les acteurs au sens large », explique Jacques Malet, président de l’Institut Recherches et Solidarités et auteur de l’enquête « La France bénévole » (1), dévoilée en exclusivité par 20 Minutes.

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Pragmatism - Wikipedia

Pragmatism | Definition of Pragmatism by Merriam-Webster

Pragmatism | Internet Encyclopedia of Philosophy

Traduction pragmatism français | Dictionnaire anglais | Reverso

Pragmatism (Stanford Encyclopedia of Philosophy)

Pragmatism | Define Pragmatism at Dictionary.com

Pragmatism definition and meaning | Collins English Dictionary

pragmatism définition dans le dictionnaire Anglais de Cambridge

Pragmatism | philosophy | Britannica.com

Pragmatism: Definition and Philosophers - Philosophy & Philosophers

14/12/2017

Les 12 engagements #OnePlanet summit,Paris, 3 objectifs, 1 même engagement : agir ensemble.

Le One Planet Summit est engagé
dans une démarche de neutralité
Carbone confiée à Eco Act

Le 12 décembre 2017, Emmanuel Macron, président de la République française, Jim Yong Kim, président du Groupe Banque mondiale et Antonio Guterres, secrétaire général de l’ONU, répondent à l’urgence écologique pour notre planète en réunissant à Paris les leaders internationaux et des citoyens engagés venus du monde entier.

DÉCOUVREZ LES 12 ENGAGEMENTS
#ONEPLANET

3 objectifs, 1 même engagement : agir ensemble.

Adaptation, atténuation, mobilisation. Les trois mots clefs du sommet seront déclinés lors de l’après-midi et portés chacun par un des trois co-organisateurs : Antonio Guterres, Emmanuel Macron ou Jim Yong Kim. Le One Planet Summit est l’alliance de centaines de leaders internationaux, tous secteurs confondus, déterminés à montrer la force du collectif face à un enjeu aussi global que la lutte contre le changement climatique. Il s’agit de trouver de nouveaux moyens de financer l’adaptation de nos modes de vies aux transformations inéluctables, d’accélérer encore la réduction des émissions de gaz à effet de serre et d’ancrer les problématiques climat au cœur de la finance.

«One Planet summit»: Il va servir à quoi ce sommet voulu par Emmanuel Macron?

«One Planet summit»: «On est en train de perdre la bataille» contre le réchauffement climatique, lance Emmanuel Macron

Nicolas Hulot: «Je n’ai pas changé d’un iota dans mes convictions, dans ma détermination»

Climat: 80 économistes appellent à ne plus investir dans les énergies fossiles

«One Planet summit»: Vers la fin des investissements dans les énergies fossiles?

 Quels engagements retenir du One Planet Summit

One Planet Summit : où en est-on des financements internationaux ...

One Planet Summit : que retenir du sommet de Paris pour le climat ?

One Planet Summit. Macron propose un sommet tous les ans

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Ce qu'il faut retenir du sommet pour le climat - Le Monde

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