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26/06/2017

La nouvelle société du Savoir, FranceWebAsso: C'est Moi, C'est Vous, C'est Nous ! Partager est gagner. Laissez l' "Unique" le lire. Cela sera lisible par la machine, Et l' "Unique" c'est nous,The next Web e-GlobalNetWork,"cloudbook" toujours connecté

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FranceWeb  La nouvelle société du Savoir

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Un univers de possibilités

Imaginez un monde dans lequel chaque être humain peut librement obtenir et partager des connaissances. Ceci est notre engagement.

 

FranceWebAsso: C'est Moi, C'est Vous, C'est Nous !

Encourager le partage de savoirs, une nouvelle manière d'être au monde et de le voir.

La seule idée que je souhaite vous laisser est que nous devons commencer à ne pas seulement penser à ceci comme étant juste "le web, seulement en mieux", mais à une nouvelle étape de développement. Il semble plus global -- si vous prenez tout cela, c'est une très grande machine, une machine très fiable, plus fiable que ces parties. Mais nous pouvons aussi penser à cela comme une sorte de grand organisme. Alors nous devrions y répondre plus comme si c'était un système tout entier, que si ce n'était pas un grand organisme avec lequel nous allons interagir. C'est l' "Unique". Et je ne sais pas comment l'appeler autrement que l' "Unique". Nous aurons un meilleur mot pour lui. Mais il y a une unité d'une certaine forme qui commence à émerger. Et de nouveau, je ne veux pas parler de conscience, je veux en parler juste comme si c'était une petite bactérie, ou un volvox, qui est ce qu'est cet organisme.

Alors, à faire, action, à emporter. Alors c'est ce que je dirais : il y a seulement une machine, et le web est son système d'exploitation. Tous les écrans regardent dans l' "Unique". Aucun octet ne vit en dehors du web. Partager est gagner. Laissez l' "Unique" le lire. Cela sera lisible par la machine; vous voulez faire quelque chose que la machine peut lire. Et l' "Unique" c'est nous - nous sommes dans l' "Unique". Je vous remercie de votre temps.

Kevin Kelly, passionné de technologie, demande : « Qu'est-ce que veut la technologie ? » et découvre que son évolution vers l'omniprésence et la complexité est très proche de l'évolution de la vie.

Ray Kurzweil, inventeur, entrepreneur et visionnaire, explique avec une abondance de détails concrets, pourquoi d'ici les années 2020, nous aurons démonté le cerveau humain et des nano-robots opéreront votre conscience.

Pour Stephen Johnson d'Outside.in , le Web est comme une ville : construit par beaucoup de gens, pas complètement contrôlé par une seule personne, interconnecté de façon complexe et fonctionnant pourtant comme des parties indépendantes. Alors qu'une catastrophe s'abat quelque part, ailleurs, la vie continue.

Howard Rheingold parle du futur monde de la collaboration, des médias participatifs et de l'action collective - et comment Wikipedia est vraiment une excroissance de l'instinct naturel qui nous pousse à travailler en groupe.

À TEDxSydney, Rachel Botsman dit que nous sommes "programmés pour partager" -- et nous montre comment des sites web tels que Zipcar ou Swaptree changent les règles du comportement humain. Il y a eu une explosion de la consommation collaborative -- le co-voiturage, le partage d'appartements, de compétences, le tout facilité et accéléré par internet. Rachel Botsman explore la monnaie qui fait fonctionner des systèmes comme Airbnb et Taskrabbit: la confiance, l'influence, et ce qu'elle appelle "le capital réputation." 

Qu'est ce que la blockchain ? Si vous ne savez pas, vous devriez ; si vous savez, il y a de fortes chances que vous ayez encore besoin de quelques éclaircissements sur la façon dont elle fonctionne réellement. Don Tapscott est là pour vous aider, démystifiant cette technologie qui transforme le monde, renforce la confiance et qui, dit-il, ne représente rien de moins que la deuxième génération d'Internet et qui a le potentiel de transformer la gestion de l'argent, les affaires, le gouvernement et la société.

Dans ce discours faussement informel, Charles Leadbeater élabore l'argument que l'innovation n'est plus destinée aux professionels. Les amateurs passionnés, en utilisant de nouveaux outils, créent maintenant des produits et des paradigmes que les companies ne peuvent créer.

Dans ce discours prophétique datant de 2005, Clay Shirky nous montre comment les groupes fermés et les entreprises feront place à des reseaux plus souples et ouverts, au sein desquels les contributeurs auront un rôle important et la coopération libre remplacera la planification rigide.

Les jeunes générations sont nées dans un monde technologique connecté, nous dit le futuriste Don Tapscott, par conséquent le monde se transforme en un endroit plus ouvert et transparent. Dans ce discours inspirateur, il énumère les quatre principes fondamentaux qui montrent que ce monde ouvert peut être un endroit bien meilleur.

A TED@MotorCity, Lisa Gansky, l'auteur de "Le maillage," parle d'un avenir des affaires qui consiste à partager toutes sortes de choses, soit par un système de location intelligent optimisé pour la technologie ou, plus audacieux, par le peer-to-peer. Des exemples dans les différentes industries -- de la musique aux voitures -- montrent à quel point nous sommes près de cet avenir maillé.

Uber n'a pas commencé avec des grandes ambitions mais seulement diminuer le trafic et la pollution. Mais, quand l'entreprise s'est lancée, le co-fondateur Travis Kalanick s'est demandé s'il était possible de faire en sorte que les utilisateurs d'Uber prenant les mêmes routes partagent leurs voitures, diminuant au passage le cout et l'empreinte carbone. Le résultat : uberPOOL, l'entreprise de service de covoiturage, qui, dans au cours de ses huit premiers mois, a fait diminuer les trajets de 15,4 millions de kilomètres et a ôté 1 400 tonnes de dioxyde de carbone de l'air à Los Angeles. Maintenant, Kalanick dit que le covoiturage pourrait aussi fonctionner pour les travailleurs venant des banlieues. « Avec la technologie aujourd'hui dans nos poches, et une règlementation intelligente, dit-il, nous pouvons transformer chaque voiture en une voiture partagée et nous pouvons, dès aujourd'hui, reconquérir nos villes. »

Bill Ford est un homme du monde de l'automobile. Son grand-père était Henri Ford, et il a grandi au coeur du géant Ford Motor Co; Alors quand il s'inquiète de l'impact environnemental des voitures et du problème croissant de l'embouteillage mondial, ça vaut la peine de l'écouter. Sa vision de l'avenir de la mobilité comprend "des routes intelligentes", des transoprts publics encore plus intelligents et devenir encore plus écolo qu'avant.

Il y a dix ans, Robin Chase a fondé aux États-Unis Zipcar, devenue aujourd'hui la plus grande compagnie de partage de voitures au monde. Maintenant, elle explore la prochaine étape du partage de voitures : Buzzcar, une start-up française qui permet aux gens de louer à d'autres leur propre voiture. Les détails sont fascinants (comment fonctionnent les assurances exactement ?), et sa perspective élargie (elle l'appelle Pairs, S.A.) suggère une nouvelle définition de la possession et de l'entrepreneuriat.

 

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21/06/2017

Limites de l’État-nation, Le renseignement, Les législations d’exception, La doctrine des combattants illégaux, L’arme du droit pénal, L’équilibre entre liberté et sécurité, Le terrorisme djihadiste en perspective, Le droit sans exception...

francewebeglobal-avec-vous3.jpg Le droit sans exception

Comment faire peur à ceux qui ne craignent pas la mort ? Souvent adoptées dans l’urgence, les mesures gouvernementales sont dans l’ensemble inefficaces contre le terrorisme. Pour François Saint-Bonnet, l’État de droit doit bien plutôt réorganiser ses pouvoirs, et réaffirmer la séparation entre le civil et le militaire.

Recensé : François Saint-Bonnet, À l’épreuve du terrorisme. Les pouvoirs de l’État, Paris, Gallimard, 2017, 176 p., 18 €.

Cet ouvrage inscrit les réponses contemporaines face au terrorisme djihadiste dans l’histoire longue de la pensée politique. Le livre, et c’est là son originalité, combine enquête généalogique sur les logiques de guerre sainte et réflexion juridique sur l’organisation des pouvoirs de l’État face au terrorisme. L’intuition de l’auteur est que la prétendue nouveauté du terrorisme djihadiste nous empêche d’identifier les traits constitutifs de l’État moderne, qui ont pourtant permis à l’Europe de sortir des guerres de religion, notamment grâce aux transformations de l’État à partir des Lumières. Ces transformations seraient désormais devenues des obstacles dans la lutte contre le terrorisme, ce qui justifierait un retour aux formes originaires de la raison d’État. Le problème est clairement énoncé :

Que peut l’État de droit contre ceux qui ne respectent aucun droit ? Comment combattre, légalement, le terrorisme qui balaie toute forme de légalité ? Sommé de n’abandonner ni le respect des droits fondamentaux ni l’impératif de sécurité des citoyens, nos dirigeants doivent pourtant faire des choix. (p. 10)

Le terrorisme djihadiste en perspective

L’auteur se confronte d’emblée à la question difficile du « ressort de ce type de terrorisme où la religion, la quête d’éternité, la volonté inébranlable de tuer et de mourir se nouent intimement » (p. 13). Les premières interrogations, d’ordre moral et philosophique, dressent un parallèle assez audacieux : les attentats djihadistes sont-ils des actes de courage ? Qu’est-ce qui distingue les djihadistes des héros antiques qui préféraient une vie glorieuse et courte à une existence longue et anonyme ? Tous recherchent bien une « forme d’éternité » (p. 22) et on pourrait même comparer les eulogies qui visent à glorifier les soldats morts au combat, « qu’elles soient prononcées aux Invalides ou dans un camp d’entraînement au Moyen-Orient » (p. 25). Les premiers chapitres de l’ouvrage poursuivent dans cette veine en cherchant à établir des parallèles entre la situation actuelle et des périodes plus reculées de l’histoire européenne. Le risque assumé d’anachronisme est cependant évité, au prix d’une pensée qui évolue sur un véritable chemin de crête. Si l’attentat suicide a bien des traits communs avec l’idéologie antique de la belle mort, conclut ainsi l’auteur, il s’en distingue sur un point fondamental : l’action héroïque d’Achille s’exerce dans le combat singulier, à armes égales, là où les djihadistes contemporains s’en prennent à des personnes désarmées (p. 28). Dans les chapitres suivants, il montre que l’idéal païen de la « belle mort » a été repris à l’époque médiévale, que ce soit sous la forme du « souffle apocalyptique » des croisades, relayé par la promesse du djihad musulman, ou du « climat apocalyptique » des guerres de Religion. En ce sens,

les djihadistes, dont l’idéologie nous semble si insensée que d’aucuns les considèrent comme fous ou illuminés, réactivent une façon de considérer la mort que l’Occident a connue en son temps. (p. 54)

Cette thèse audacieuse, qui forme le nerf argumentatif de l’ouvrage, implique en creux que nous disposons dans notre histoire lointaine des outils de pensée pour sortir des impasses dans lesquelles veulent nous conduire les terroristes djihadistes en réactivant cet imaginaire commun de la guerre sainte. Pour échapper à ce piège dangereux, il faut donc connaître les outils conceptuel et institutionnels dont se sont dotés les États modernes en réaction aux guerres de religion.

Les frontières rassurantes de l’État

Le premier outil qui fut mis en œuvre pour conjurer la tentation de « mourir pour l’Au-delà » a été de redéfinir le concept de frontières en leur ôtant la dimension religieuse qui les caractérisaient dans la pensée médiévale. Les frontières désignèrent alors une entité matérielle : les territoires séparant les États souverains. Ce concept de frontière permit de distinguer clairement le criminel de l’ennemi, à partir de leur appartenance territoriale, une classification ignorée des croisés du Moyen Âge comme des « dévots des guerres de Religion » ou des djihadistes d’aujourd’hui (p. 56). F. Saint-Bonnet, montre ce que nous avons à perdre, à l’âge de la mondialisation, à abandonner totalement ce concept de frontières pour comprendre a contrario « l’univers mental et spirituel de ceux qui prêchent la guerre sainte » (p. 57). L’horizon du califat dessiné par les djihadistes contemporains est en effet sans frontières, car « il doit rayonner sur une communauté universelle de croyants » (p. 66).

Pour renforcer le côté protecteur de ces frontières terrestres, la peur de mourir devient avec Hobbes le motif central de la fabrique d’un État capable de prémunir ses sujets contre la mort violente en les protégeant à l’intérieur de limites territoriales soigneusement circonscrites. Là encore, nous dit F. Saint-Bonnet, les djihadistes contemporains s’opposent radicalement à l’État moderne en préférant la mort violente à une vie sûre. En résumé, la gestion des frontières et des pouvoirs qui y avaient autorité devint un enjeu fondamental pour l’existence même de l’État. Ce faisant, l’État moderne a opéré une profonde mutation du concept de sécurité, de la tranquillité de l’âme vers « l’intégrité des corps » (p. 83). Cette réduction de l’imaginaire de la sécurité à l’horizon de la mort violente expliquerait donc l’incompréhension contemporaine face aux djihadistes qui préfèrent la mort à la vie et s’élèvent donc, d’un point de vue hobbesien, « au rang de déréglé, d’insensé, de dément » (p. 89).

L’équilibre entre liberté et sécurité

Il faut cependant souligner le coût de cette mutation : « l’absolutisme du prince et l’obéissance inconditionnelle des sujets aux autorités de l’État » (p. 87). L’individu, pierre angulaire des justifications de l’État moderne, devient dès lors l’enjeu des controverses autour de l’organisation des pouvoirs de l’État, notamment dans les écrits des philosophes des Lumières qui vont poser les fondements d’un modèle politique faisant davantage de place à la liberté et aux droits naturels. La notion de « sécurité juridique » vient donc compléter et parachever l’œuvre séculaire de l’État moderne en réintroduisant l’idéal antique de la tranquillité des esprits au cœur des institutions politiques. La figure du juge fut centrale dans ce rééquilibrage des pouvoirs de l’État en faveur des libertés individuelles : il garantit le « sentiment » de paix et de liberté face aux abus des « lettres de cachet » et aux usages arbitraires du pouvoir exécutif (p. 94). Cet équilibre entre sécurité et liberté permet donc de combiner dans l’État moderne la protection face à la mort violente (Hobbes) et la garantie des droits de l’homme (Montesquieu). Ce modèle s’oppose radicalement à celui prôné par les djihadistes, comme par les croisés : « l’un tient la mort à distance ; l’autre la défie » (p. 95).

La dernière partie du livre procède à un bilan critique des mesures prises récemment pour lutter contre le terrorisme djihadiste en montrant les impasses dans lesquelles elles nous ont conduit. Il entend montrer que ces mesures tendent à accélérer la décomposition des pouvoirs de l’État en les déséquilibrant radicalement.

L’arme du droit pénal

La première voie empruntée par les gouvernements consiste à modifier le droit pénal pour l’adapter à la menace terroriste – il s’agit de la voie française héritée de la Révolution (p. 104-110). Depuis la loi Pasqua (1986), la législation française tend à opérer une confusion en élevant la motivation au rang d’élément constitutif de l’infraction. Cette confusion est particulièrement sensible dans l’arsenal législatif mis en place depuis quelques années, notamment dans la loi du 13 novembre 2014 qui accentue cette fuite en avant en qualifiant d’ « acte terroriste » le simple fait de préparer une opération sans qu’un début d’exécution puisse être attesté. Le délit d’apologie du terrorisme ou l’incrimination de la consultation régulière de sites Internet djihadistes relèvent également de ce « relâchement du gouvernement et des parlementaires à l’égard des principes séculaires qui soutiennent la liberté d’expression ». Cette « résignation » pourrait bien nous rapprocher « du temps où l’on pensait qu’il fallait combattre les hérésies par l’Inquisition et les vaincre en dressant des bûchers » (p. 129). Sans même parler de la déchéance de nationalité, une mesure « dérisoire » face à ceux qui ont déjà quitté le contrat social et dont l’insignifiance trahit « un aveu de faiblesse » (p. 132).
Après ce constat implacable, F. Saint-Bonnet noue en quelques pages le raisonnement qu’il tisse depuis les premiers chapitres : l’Europe est sortie de la logique des guerres de religion en faisant de l’État le garant de principes fondamentaux comme la liberté d’expression ou la sécurité juridique. F. Saint-Bonnet ne nous dit pas pour autant qu’il est inopportun de prévenir les meurtres de masse en cherchant à « pénétrer les intentions et, fatalement, pratiquer la suspicion ». Il dit simplement que le droit pénal n’est pas le bon outil pour ce faire (p. 131). L’usage du droit pénal pour lutter contre le terrorisme s’avère donc non seulement dangereux pour nos libertés fondamentales, mais en plus foncièrement inefficace.

La doctrine des combattants illégaux

La deuxième voie empruntée par les États consiste à élargir le statut d’ennemi pour y inclure la catégorie de combattant terroriste sans y associer les droits garantis aux combattants armés. Il s’agit en un mot d’en faire un ennemi qui ne respecte pas la tradition du « juste ennemi » qui impose aux États de conduire la guerre avec loyauté, comme le rappelle les conventions de La Haye (1889 et 1907) et de Genève (1949). Les États-Unis ont été les plus loin dans cette voie en créant la catégorie des « combattants illégaux » (unlawful combatants) à la suite de l’attentat du 11 septembre 2001. Or,

conçus par les néoconservateurs en 2001, ces raisonnements, comme les pratiques qui s’ensuivirent, méconnaissent une règle essentielle : le droit international humanitaire oblige les États, même si leur adversaire ne le respecte pas. (p. 134)

Autrement dit, ce type de réponse constitue une grave violation des principes constitutifs du droit de la guerre.

Les législations d’exception

La troisième voie empruntée par les gouvernements « en lutte contre le terrorisme » a été celle des législations d’exception. Ce fut notamment le cas en France, qui eut recours à l’état d’urgence après les attaques du 23 novembre 2015, au risque de commettre les mêmes distorsions que les gouvernements du XIXe siècle avaient fait subir à la loi sur l’état de siège de 1791. La loi de 1995 avait en effet été mise en place pour combattre le FLN dont les groupes armés cherchaient à prendre le contrôle de territoires spécifiques pour obtenir l’indépendance de l’Algérie. Le terrorisme djihadiste n’ayant pas de frontières précises, que ce soit dans le temps et dans l’espace, une application circonstanciée et proportionnée de la loi de 1955 est impossible.

Or, les législations d’exception, comme l’état de siège ou l’article 16 de la Constitution, ne sont envisageables que dans la mesure où elles peuvent faire l’objet d’un contrôle de proportionnalité – a priori avec un avis du parlement ou des juridictions suprêmes, ou a posteriori grâce au contrôle des juges comme le prévoit par exemple la suspension de l’Habeas Corpus dans la tradition anglo-américaine. En l’absence de tels garde-fous, l’application de l’état d’urgence depuis 2015 a été inopportun et a entraîné de nombreux abus aggravés par l’inefficacité du dispositif (p. 138). 15 ans après la parution de sa thèse de doctorat L’État d’exception (PUF, 2001), F. Saint-Bonnet renouvelle son constat : les législations d’exception ne peuvent pas faire l’objet d’un contrôle judiciaire a posteriori et présentent donc de nombreux inconvénients qui rendent décisif le contrôle a priori de leur mise en œuvre, que ce soit par un juge, un parlement ou tout autre pouvoir concourant à préserver la paix publique.

Le renseignement

Enfin, dans le sillage de la raison d’État, les gouvernement ont eu massivement recours, depuis 2001 et le développement exponentiel d’Internet, aux outils du renseignement. Ces pratiques d’espionnage, dont les pouvoirs ont été décuplés par l’arrivée des nouvelles technologies, fragilisent l’un des principes constitutifs des démocraties modernes : le droit au respect de la vie privée. L’intimité et la conscience individuelle ont été au cœur de la fondation des États modernes qui devaient en assurer la « sanctuarisation » en offrant des frontières stables et une certaine sécurité matérielle. L’intrusion dans la sphère privée est donc « une négation pure et simple d’un des fondements sur lesquels reposent la modernité politique et, aujourd’hui, l’État de droit » (p. 142). Ces activités de l’ombre ont fait l’objet d’une première loi en 1991, portant sur les écoutes et les réquisitions administratives de données de connexion. Cette loi a été révisée et étendue à l’ensemble des activités de renseignement en 2015. Ces lois ont donc participé des programmes d’espionnage à grande échelle de citoyens français ou d’étrangers, semblables à ceux dont Edward Snowden a révélé l’ampleur en 2013. Malgré ses défauts, souligne l’auteur, le renseignement reste un moyen efficace de lutter contre le terrorisme – en comparaison des dispositifs mentionnés précédemment – et ce bien qu’il contribue lui aussi à saper les fondements de l’État de droit.

Limites de l’État-nation

Ce livre est une contribution majeure à l’étude de la lutte contre le terrorisme et vient compléter des analyses qui n’avaient jamais mis en rapport aussi systématiquement les évolutions culturelles de l’idée antique de « belle mort », la généalogie du concept de sécurité et la comparaison juridique des dispositifs de lutte anti-terroriste. Il offre une clarification intellectuelle rigoureuse et stimulante pour comprendre les enjeux contemporains de la lutte contre le terrorisme. Contre la tentation du déni, de l’indifférence ou de la surenchère, F. Saint-Bonnet nous donne les moyens de peser les avantages et les inconvénients des mesures gouvernementales adoptées trop souvent dans l’urgence et la précipitation. Il nous met en garde contre ce réflexe très français consistant à utiliser le droit pénal pour lutter contre le terrorisme, une habitude insidieuse qui met en péril le socle des libertés fondamentales d’un État de droit.

Il propose d’en revenir à ce qui a permis historiquement de sortir des guerres de religion : une organisation des pouvoirs de l’État qui distingue clairement les limites respectives des autorités civiles et militaires, ainsi que les lieux et les conditions dans lesquels elles doivent concourir à assurer la paix publique. De plus, pour garantir l’utilité stratégique du renseignement – l’outil le plus efficace pour prévenir les attaques terroristes – une éthique de prudence doit être combinée à une exigence de responsabilité afin d’éviter le piège tendu par le terrorisme djihadistes : la confusion juridique et l’effacement de la pensée.

Si François Saint-Bonnet nous offre donc des outils efficaces, son livre rencontre néanmoins une limite de taille : l’État-nation. En effet, à trop vouloir s’en tenir aux solutions qui ont permis d’assurer l’équilibre entre sécurité et liberté au XVIIIe siècle – dans le sillage de Montesquieu – nous courons le risque de ne pas comprendre les limites conceptuelles propres à la forme même des États-nations. Peut-être y aurait-il intérêt à prolonger le diagnostic de ce livre par une réflexion sur les outils qui permettraient de dépasser les impasses que rencontre tout État de droit circonscrit aux frontières de l’État-nation. Ce serait certainement l’occasion de réfléchir au rôle croissant des cours régionales ou internationales de justice – comme la Cour européenne des droits de l’homme. Ce serait peut-être aussi l’occasion de se demander – à l’heure du grand retour de la Garde nationale – quel rôle peuvent jouer les citoyens au sein de la force publique, ou encore quelle forme prend la lutte contre le terrorisme dans un État fédéral comme la Suisse ou l’Allemagne – où les pouvoirs locaux assurent une part importante de la sécurité publique. Enfin, ce serait peut-être l’occasion d’enrichir d’une dimension comparative, européenne et transnationale ce tableau historique de l’organisation des pouvoirs de l’État face au terrorisme, afin d’embrasser toutes les forces et les faiblesses des frontières de l’État face à ceux qui se prétendent sans frontières.

Pour citer cet article :

Félix Blanc, « Le droit sans exception », La Vie des idées , 14 juin 2017. ISSN : 2105-3030. URL : http://www.laviedesidees.fr/Le-droit-sans-exception.html

Nota bene :

Si vous souhaitez critiquer ou développer cet article, vous êtes invité à proposer un texte au comité de rédaction. Nous vous répondrons dans les meilleurs délais : redaction@laviedesidees.fr.

 

19/06/2017

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    3. La philosophie nous apprend à supporter sereinement le malheur des autres
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 Tous ce qui n'est pas don ne saurait être le véritable bonheur: la passion, le sentiment amoureux, les faux bonheurs matériel.. tous sont éphémères un jour ou l'autre, ils diminuent puis cessent et enfin nous manquent et nous font souffrir.. ce que l'on donne sincèrement procure du vrai bonheur celui là ne disparaît pas, ne nous manque pas, il est bien en nous..

Parce que vous êtes tous différents,avec des rêves différents, bonheur se doit d'être différent.

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DSC00046.JPGDepuis toujours, l'homme est à la recherche du bonheur. Il suffit parfois d'ouvrir les yeux car le bonheur est rarement où on l'attend

Vivre en accord avec soi-même, être calme, apprendre à relativiser, chercher le bonheur en tout chose... au fil des textes rassemblés dans ce blog on découvre que la sérénité est une quête intemporelle.

Depuis l'Antiquité jusqu'à nos jours les penseurs et les philosophes n'ont cessé de réfléchir à son propos.

Dans l'Éthique à Nicomaque, un ouvrage bien connu d'Aristote, grand philosophe grec du IVème siècle avant notre ère et élève de Platon, l'auteur montre que toute chose agit en vue d'une fin. Pour l'être humain, l'action est en vue du bonheur.

Dans la sagesse chinoise, la sérénité découle d'une existence simple, en conformité avec la nature. Chez les Stoïciens grecs, elle passe par le renoncement et l'acceptation des choses. Les Epicuriens la lient davantage à la douceur de vivre et au plaisir.

Au XVIIIème siècle, Madame du Châtelet l'associait à la connaissance de soi, tandis qu'au XIXème , Rilke affirmait qu'il fallait la chercher dans la solitude..

Autant de préceptes philosophiques, que chacun est libre d'appliquer pour devenir plus serein, et plus heureux...méditations,maximes,bonheur,tranquillité,sagesse,sérénité,art de vivre

StefanV.Raducanu, est l'homme le plus heureux qui fait le bonheur d'un plus grand nombre d'autres.

En donnant, surtout ce qui nous tient à coeur, on se déleste, on s'accomplit et surtout on gagne quelque chose de plus précieux encore: un ami peut-être, ou quelqu'un qui nous sera reconnaissant de notre bien fait. On est riche de ce que l'on donne, dit-on communément. Et cette richesse-la n'a pas de prix. Tachons donc de bien nous porter, de n'avoir point de préjugés, d'avoir des passions, de le faire servir à notre bonheur, de remplacer nos passions par des goûts, de conserver précieusement nos illusions, d'être vertueux, de ne jamais nous repentir, d'éloigner de nous les idées tristes, et de ne jamais permettre à notre coeur de conserver une étincelle de goût pour quelqu'un dont le goût diminue et qui cesse de nous aimer. Il faut bien quitter l'amour un jour, pour peu qu'on vieillisse, et ce jour doit être celui où il cesse de nous rendre heureux. Enfin, songeons à cultiver le goût de l'étude, ce goût qui ne fait dépendre notre bonheur que de nous-mêmes. Préservons-nous de l'ambition, et surtout sachons bien ce que nous voulons être; décidons-nous sur la route que nous voulons prendre pour passer notre vie, et tachons de la semer de fleurs.

"Le bonheur est souvent la seule chose qu'on puisse donner sans l'avoir et c'est en donnant qu'on l'acquiert"Voltaire


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