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15/04/2019

MySelTab.C’est au détour de la newsletter hebdomadaire de Petit web que j’ai découvert Crépuscule.Cet article a été posté dans Culture, Politique, Société...

Crépuscule, le nouveau brûlot anti-macron à la mode

C’est au détour de la newsletter hebdomadaire de Petit web que j’ai découvert Crépuscule. Il y était fait état d’un petit livre qui enfin révèlerait ce que le tout Paris politico-médiatique cacherait à la France depuis des années. Intrigué, j’ai donc cliqué sur le lien qui conduisait à la version PDF de ce brûlot d’une centaine de pages, disponible gratuitement sur le blog de son auteur, et vendu sur Amazon au prix de 19€. Je n’ai pas été déçu du voyage.

Écrit dans un style parfait – son auteur, Juan Branco est avocat, diplômé de Sciences-Po et docteur en droit – Crépuscule débite, sur un ton crépusculaire, il faut bien le dire, une série de propos dont le but totalement assumé est de déboulonner Macron et de débusquer le complot ourdi par une certaine oligarchie française pour prendre le pouvoir et asservir le bon peuple de France. Rien que ça, bigre.

 

Le pays entre en des convulsions diverses où la haine et la violence ont pris pied. Cette enquête sur les ressorts intimes du pouvoir macroniste, écrite en octobre 2018, vient donner raison à ces haines et violences que l’on s’est tant plus à déconsidérer. Impubliable institutionnellement, elle l’est du fait des liens de corruption, de népotisme et d’endogamie que l’on s’apprête à exposer. Tous les faits, pourtant, ont été enquêtés et vérifiés au détail près. Ils exposent un scandale démocratique majeur: la captation du pouvoir par une petite minorité, qui s’est ensuite assurée d’en redistribuer l’usufruit auprès des siens, en un détournement qui ex-plique l’explosion de violence à laquelle nous avons assisté. Qui l’explique car le scandale dont il est sujet n’a pas été dit ni révélé, nourrissant à force de compromissions successives une violence qui ne pouvait qu’éclater. En un pays où 90% de la presse est entre les mains de quelques milliardaires, l’exposition de la vérité est affaire complexe, et la capacité à dire et se saisir du réel ne cesse, pour les dirigeants et les «élites» tout autant que pour le «peuple», de se dégrader. Un Français sur deux sondage yougov du 4 décembre 2018souhaite la démission de Macron. Il faut mesurer la force de ce chiffre: il ne s’agit pas de dire que le Président de la République déplairait à un Français sur deux. Mais qu’un Français sur deux, dont une immense majorité croit et adhère au système politique existant, à peine un an après une élection présidentielle, considère que son résultat devrait être invalidé par le départ de celui qui théoriquement devait les diriger pendant cinq ans. Il n’est pas difficile d’en déduire qu’une très ample majorité l’approuverait, si cette chute ou destitution intervenait. Comment l’expliquer, alors que formellement, cet être semble avoir respecté l’ensemble des conditions qui font qu’une élection puisse apparaître démocratique?

D’où Branco, alias @anatolium sur Twitter, tient-il tout cela? D’une enquête minutieusement conduite, qui lui a permis de découvrir les accointances troubles entre les grandes figures de la Macronie – à commencer par le chef lui-même – avec un pool de milliardaires, Xavier Niel et Bernard Arnault pour ne pas les citer. Après avoir pris possession de la presse et réduit au silence toute forme d’opposition, nos milliardaires ont construit une voie royale qui a permis au couple Macron-Trogneux – la première dame en prend pour son grade – d’accéder au sommet de l’état. Je vous passe les détails alambiqués, faites vous plaisir, allez lire le livre en version PDF (inutile de dépenser 19€ pour cela, gardez votre monnaie pour Gala ou Voici).

Cet article a été posté dans Culture, Politique, Société et marqué comme , , , , , , par Herve Kabla . Enregistrer le permalien.

Zorro est arrivé

Du 17 novembre au 15 avril, il aura fallu presque cinq mois pour qu’Il réponde. Mais au fait, à qui répond-Il? Et pourquoi l’annoncer sous cette forme?
Continuer la lecture Zorro est arrivé

Le Grand Débat touche à sa fin. La mise en scène du bouquet final a débuté, avec cette vidéo diffusée sur le compte Twitter non pas de l’Élysée, mais d’Emmanuel Macron. En soi, l’annonce d’une allocution télévisée par le biais d’un tweet n’a rien de particulièrement déconcertant. Mais c’est le contenu de la vidéo qui lui est associé qui a de quoi laisser pantois.

Zorro est arrivé

Le Grand Débat touche à sa fin. La mise en scène du bouquet final a débuté, avec cette vidéo diffusée sur le compte Twitter non pas de l’Élysée, mais d’Emmanuel Macron. En soi, l’annonce d’une allocution télévisée par le biais d’un tweet n’a rien de particulièrement déconcertant. Mais c’est le contenu de la vidéo qui lui est associé qui a de quoi laisser pantois.

Nous avons décidé de transformer les colères en solutions. Merci de vous être engagés dans le . Pendant plusieurs mois, vous avez échangé et nous vous avons écoutés. Demain soir, je vous réponds.

Que pensez d’une telle vidéo? Pas grand chose, à vrai dire. Face à quelques dizaines de milliers de gilets jaunes qui ont défilé un peu partout en France ces cinq derniers mois, Emmanuel Macron oppose un discours à la limite de la mièvrerie. On croirait presque à l’annonce de la 12ème saison de Koh-Lanta, ou d’un programme de télé-réalité le lundi après-midi. À qui peut bien s’adresser un tel message? Aux twittos? Je doute qu’ils soient sensibles à ce type de contenu. Aux journalistes, qui vont encore se moquer de la communication présidentielle?

« On est un pays où on a laissé trop s’installer la conflictualité« . Si c’est par ce type de formule alambiquée que le chef de l’état compte mettre un terme aux manifestations et aux désordres qui troublent le pays chaque weekend, nous ne sommes pas sortis de l’auberge…

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14 hil y a 14 heures
 
 
En réponse à

"Transformer les colères en solutions", c'est un slogan publicitaire au ton aguicheur complètement déplacé après cinq mois de crise, de sang et de larmes. En français, on dit : apporter des réponses aux colères.

 
 
 
 
 
 

ç est juste hilarant les gens qui critiquent (déjà ) avant même de savoir ce que ça va donner 
                                                    <div style=

12/04/2019

« La haine et la colère nous attirent de nouveau vers les abysses. L’apathie gagne du terrain (…) Le monde politique, en particulier, est à présent dominé par le mépris »« Nous pouvons faire mieux » pour 2020

« Hitler aurait adoré les réseaux sociaux », a lancé Bob Iger mercredi soir. Le PDG du groupe Walt Disney, numéro un mondial de l’industrie du divertissement, a également appelé les citoyens, en particulier américains, à être plus exigeants avec leurs leaders politiques.

« La haine et la colère nous attirent de nouveau vers les abysses. L’apathie gagne du terrain (…) Le monde politique, en particulier, est à présent dominé par le mépris », a déclaré Bob Iger mercredi soir lors d’un dîner organisé à Los Angeles par le Centre Simon-Wiesenthal, ONG luttant contre l’antisémitisme et le racisme, qui lui a remis un prix....

Esprits troublés et âmes perdues

« Hitler aurait aimé les réseaux sociaux. C’est le plus puissant outil marketing dont un extrémiste puisse rêver », a poursuivi le patron de Disney. « Les réseaux sociaux sont conçus pour refléter une vision du monde étriquée, filtrant tout ce qui remet en cause nos croyances tout en confortant constamment nos convictions et en amplifiant nos peurs les plus profondes », a-t-il analysé.

« Et dans le pire des cas, les réseaux sociaux permettent au mal de s’attaquer aux esprits troublés et aux âmes perdues. Nous savons tous que les nouvelles véhiculées par les réseaux sociaux contiennent autant de fiction que de faits, propageant des idéologies répugnantes qui n’ont pas leur place dans une société civilisée », a insisté Bob Iger.

« Nous pouvons faire mieux » pour 2020

Pour lui, il est donc urgent de « rejeter de nouveau toute forme de haine avec la même conviction qu’au lendemain de la seconde Guerre mondiale. Et cela implique de remédier à la culture du mépris qui nous empêche de débattre et de discuter », affirme-t-il. « Il est possible d’avoir un débat politique sans attaquer les gens (…) Nous devons nous souvenir que le désaccord respectueux est une composante essentielle d’une démocratie saine, pas un défaut ».

Le PDG de Disney juge donc qu’il est temps de « regarder en face nos comptes Twitter et Facebook et de nous demander si c’est vraiment la tonalité que nous voulons donner au monde. » Dans sa tribune, il a aussi appelé ses concitoyens de tous bords politiques « à être beaucoup plus exigeants avec nos leaders politiques », en particulier avec les candidats aux élections américaines de 2020.

« Beaucoup d’entre nous ici ont déjà été approchés par certains qui nourrissent des espoirs pour 2020, qui tâtent le terrain (…) Je veux entendre un discours qui n’est pas fondé sur le mépris d’autrui et une vision de l’avenir qui ne laisse pas des millions de gens sur le bord de la route », a-t-il insisté. « Nous avons la responsabilité de réparer ce qui est cassé (…) Nous pouvons faire mieux », a conclu Bob Iger.

04/04/2019

Agence de l’innovation industrielle: une mauvaise solution à un vrai problème?Images correspondant à "Pourquoi les experts se trompent-ils plus .Restituer les "biens mal acquis" aux populations concernées : une occasion manquée au Sénat

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L’innovation en France: un système en échec? Une autre logique est possible

L’institut Terra Nova vient de produire une note très intéressante sur le système d’innovation français. Ecrite par Nicolas von Bülow, associé fondateur du fond d’investissement Clipperton  Finance, la note dresse un triste constat de l’état de l’innovation en France en égrenant les statistiques déprimantes. Notre pays est en retard, et continue de perdre du terrain. Entre autres choses, la note souligne que les résultats de la politique industrielle française menée depuis de nombreuses années sont particulièrement pauvres. Elle observe que l’écosystème d’innovation est au cœur du déficit français mais conclut que toute intervention directe et brutale de l’Etat en la matière serait peine perdue, voire destructrice. Il faudrait sans doute passer le message à Arnaud Montebourg.

Sur la base de ce constat que tout le monde partagera hélas sans difficulté, la note fait plusieurs propositions intéressantes: renforcement de la recherche, développement du financement, stabilité juridique, suppression de droit, sinon de fait, des pôles de compétitivité, et enfin création d’un véritable « small business act » à la française, forçant l’ouverture de marché publics aux petites entreprises, peut-être plus controversée.

Ce qu’il y a de déprimant, c’est que cette note vient à la suite de nombreuses autres. Au fil des années, notes et rapports se succèdent, dressent grosso-modo le même constat alarmant, font des recommandations parfois intéressantes et rien ne change. La vraie question est donc la suivante: Pourquoi le système d’innovation français reste un échec malgré l’attention continue dont il est l’objet de la part de l’administration française? Une partie de la réponse se trouve peut-être dans la question-même: Plutôt que de se demander ce que peut faire l’Etat, ou comment il peut agir mieux, peut-être la note aurait-elle pu poser la question-même du rôle de ce dernier en se demandant en quoi l’Etat français est-il un obstacle à l’innovation. La note se révèle en effet frustrante au sens où son auteur ne semble pas tirer la conclusion logique de son diagnostic: Et si, au final, le problème de l’innovation française, c’était précisément l’Etat colbertiste et ses ambitions industrielles?

La note reste en effet complètement dans le paradigme économique français au sens où, malgré un constat sans appel d’échec de quarante années de politique industrielle française, elle continue à raisonner en termes de politique publique. Ainsi, l’un des principes retenus dans la note, celui de « concentrer autant de ressources que possible sur quelques régions, réseaux, institutions et plus généralement ‘systèmes’ de pointe. » est une scorie pompidolienne dont l’auteur a pourtant souligné l’échec au début de sa note. Certes, il reconnait avec raison que les interventions directes de l’Etat sont à éviter – il n’y a pas d’appel à une économie dirigée, c’est déjà ça-, mais comme ses prédécesseurs, il persiste à voir en l’Etat la solution au problème de l’innovation française – l’économie doit être guidée par un acteur supposé sage, l’Etat. Ainsi, la logique de base de la note consiste en une réflexion sur le rôle de l’Etat et de ses modes d’action. Les mêmes causes produisant les mêmes effets, il y a fort à parier, dès lors, que nous nous retrouvions au même point dans cinq ans.

On aurait au contraire souhaité, si la question de l’innovation française doit être posée, que soit plus évoqué le rôle de l’entrepreneuriat. Car s’il est une chose que montrent les exemples américain et allemand, cités à loisir par la note, c’est que le dynamisme économique d’un pays repose en grande partie sur une forte capacité entrepreneuriale, celle qui fait cruellement défaut à notre pays. Il y a 7 ans, j’écrivais: « La solution au manque d’innovation ne réside probablement pas dans une nouvelle approche technocratique, mais bien plutôt dans le développement d’une culture entrepreneuriale. » (ici) Je pense que c’est toujours vrai.

Un écosystème d’innovation ne se décrète pas, et il ne se construit pas par l’Etat, c’est même la leçon des échecs français dans le domaine, depuis le plan calcul aux pôles de compétitivité en passant par la pathétique agence française de l’innovation industrielle créée par Jacques Chirac et Jean-Louis Beffa, dont l’expérience a peut-être un peu vite été oubliée. En conséquence, la création d’un centre national de l’innovation recommandée par la note, même si l’auteur se défend de vouloir ajouter une nouvelle entité bureaucratique, est étonnante. Elle serait une erreur fondamentale. Elle ne servirait une nouvelle fois qu’à payer des chargés de mission qui multiplieraient les études inutiles, ajoutant au parasitisme étatique qui caractérise le système français d’innovation. Il existe suffisamment d’observatoires et de laboratoires de recherche pour tout savoir sur l’état de l’innovation en France. Ce n’est ni observer ni étudier ni guider ni diriger ni concentrer ni choisir qu’il faut faire. C’est laisser faire; c’est créer les conditions de marché pour inciter et permettre; c’est enlever les obstacles à l’éclosion et à la croissance.

La question n’est donc pas colbertiste – « Que peut faire l’Etat? » – mais schumpeterienne: Comment recréer une dynamique entrepreneuriale? Et dans cette logique schumpeterienne, c’est à encourager le neuf, quitte à faire mourir l’ancien, qu’il faut s’attacher. Ainsi, si l’Etat doit faire quelque chose, c’est libérer la voie aux petites entreprises. Par exemple, cesser de soutenir les grands groupes. Les grands groupes français par leur approche malthusienne et leur hostilité aux petites entreprises sont un des principaux obstacles à l’innovation française. Les ressources considérables consacrées à leur aide sont improductives et défavorisent les petites entreprises. Ils vont mal? Qu’ils meurent et laissent la place aux autres! L’Etat doit aussi supprimer les oligopoles et favoriser l’entrée de nouveaux concurrents sur les différents marchés. L’ouverture à une concurrence plus grande forcera les acteurs en place à innover plus et ouvrira la voie à de nouveaux « champions » prêt à affronter la concurrence internationale. L’exemple de Free, dans le domaine des télécoms, est significatif à cet égard. En somme, l’Etat doit lutter contre le capitalisme de copinage et encourager un vrai capitalisme entrepreneurial.

Mais ne nous y trompons pas: une grande partie du problème français est culturel. Peur de l’avenir, peur de l’étranger, obsession de la protection, recherche de la rente, nos compatriotes semblent pétrifiés par le monde qui vient, incapable d’essayer de la construire. Nous sommes un pays qui respecte plus un sous-préfet qu’un chef d’entreprise, qui trouve normal qu’un footballeur analphabète gagne 800.000 euros par mois pour taper droit dans un ballon mais crache sur un entrepreneur de province qui a réussi, et qui se gausse lorsqu’un ministre fraîchement nommé livre un industriel en difficulté à la vindicte publique. Nous sommes un pays qui a inscrit le principe de précaution dans sa constitution, décourageant explicitement la prise de risque. Et nous avons un problème d’innovation?

La note de Nicolas von Bülow le montre bien: Il n’y a pas de solution simple à l’échec du système français d’innovation. Mais un premier pas utile serait de cesser de poursuivre des chimères. Le colbertisme, y compris sous une forme modernisée, est l’une des principales.

Voir la note sur le site de Terra Nova ici. Voir également l’article de Nicolas von Bülow sur le Huffington Post.

Pour mémoire, voir mon billet sur la défunte Agence Française de l’Innovation Industrielle (AFII): Agence de l’innovation industrielle: une mauvaise solution à un vrai problème?