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17/05/2019

FranceWebAsso,Tout le monde est bienvenu pour faire des affaires et créer des emplois en France »,L’importance des talents…et de l’Europe

Emmanuel Macron visite Vivatech en VRP de l’Europe

« Tout le monde est bienvenu pour faire des affaires et créer des emplois en France », c’est par ces mots que le président Emmanuel Macron a entamé sa visite du salon des startups VivaTech à Paris. Le chef de l’État a tout d’abord déambulé pendant plus d’une heure dans les allées du parc des expositions de la porte de Versailles. Il a commencé par le stand de bpifrance. « C’est le capital humain et le capital financier qui sont la clé de cette réussite, a-t-il dit. Par l’innovation, on peut à la fois réduire nos émissions et redonner de la biodiversité », a ensuite ajouté Emmanuel Macron, à 10 jours des élections européennes, pour lesquelles l’écologie figure en première place du programme macroniste. « S’il n’y a pas une Europe forte, on n’a pas la possibilité d’avoir un marché domestique fort, y compris en France. » Selon lui, il faut parler de « ce que l’Europe apporte à nos agriculteurs ». « L’Europe, elle protège, elle est notre accélérateur », a-t-il plaidé.

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Une fois cette mise en jambes terminée, le président s’est entretenu avec Jack Ma, le patron du groupe chinois de commerce en ligne Alibaba, avec lequel il a échangé sur la meilleure manière de développer l’export des marques françaises en Chine.

Emmanuel Macron a ensuite rejoint la salle de conférence principale du salon pour se prêter au jeu des questions/réponses avec cinq entrepreneurs européens – dont deux Français. Apparemment ravi de prendre la parole devant un auditoire qu’il ne connaît que trop bien, le président a commencé par une phrase qui a soulevé de nombreux applaudissements parmi les quelque 5000 personnes venues pour l’écouter : « Je suis heureux de vous retrouver, on se voit de moins en moins souvent ». Avant de débuter l’échange avec les entrepreneurs présents, le président a commencé par une séquence d’autosatisfaction qui, une fois encore, a rencontré son public : « Il y a quatre ans, nous étions déjà les meilleurs d’Europe occidentale en création de startups, mais nous avions du mal à scaler. Aujourd’hui, les tickets sont de plus en plus gros, on constate une accélération de l’écosystème. En France dorénavant on lève plus rapidement et on attire de nouveaux talents, nous n’avons d’ailleurs jamais autant créé de licornes. » Si ces propos ne sont pas faux, ils sont tout de même à nuancer. La France boucle certes beaucoup de levées de fonds, mais les montants des opérations restent en général plus faibles qu’en Allemagne et qu’au Royaume-Uni. Selon le baromètre EY, les levées de fonds supérieures à 50 millions d’euros représentaient seulement 749 millions d’euros cumulés en France l’année dernière, contre plus du double en Allemagne et plus du triple au Royaume-Uni !

Lutter contre les géants étrangers

L’« interview » du président par les entrepreneurs commence avec une première question posée par Julia Bijaoui, la très en vue cofondatrice de Frichti. L’entrepreneure l’interroge sur la nécessité d’être plus protectionniste notamment « pour éviter que ce soit Amazon qui fixe le prix des tomates ». Emmanuel Macron répond croire beaucoup plus en la communication positive qu’au repli sur soi. En clair, selon lui, une entreprise comme Frichti doit pour s’imposer face à la concurrence – d’acteurs souvent d’une taille bien supérieure – communiquer sur le principe de consommation responsable qu’elle propose et sur son faible bilan carbone.

Le chef de l’État reconnaît toutefois qu’il est primordial que les géants américains payent en France les mêmes impôts que les startups hexagonales. « Il faut avoir un cadre fiscal juste ainsi qu’un cadre compétitif loyal et équitable pour éviter notamment que les plus gros acteurs rachètent tout », explique t-il avant d’ajouter qu’« en Europe, on a développé une politique de concurrence qui bloque certains rapprochements ». Le chef de l’exécutif français insiste ensuite sur la nécessité pour l’Europe de bâtir un cadre d’investissement qui permette d’aller « plus vite, plus loin, plus fort ». « On a mis en place bpifrance qui a beaucoup structuré le marché français, ajoute le président, il y a de plus en plus de Business Angels, ces entrepreneurs qui ont réussi et qui décident de réinvestir en France. On a des fonds qui se sont structurés, on a attiré des fonds internationaux pour aider à la croissance et pour accroître le montant de nos levées. Nous sommes également en train de développer un vrai marché européen pour coter les entreprises. Mais on est encore bien moins performant que les USA sur ce sujet », consent-il.

Pour garder ces investisseurs dans l’Hexagone, il faut, selon Emmanuel Macron « un cadre fiscal incitatif ». C’est, dit-il, pour booster les investissements qu’il a déjà supprimé l’ISF et imposé une flat-tax à 30% sur le capital détenu. L’étape suivante devra être européenne, estime t-il. « Il faut faire circuler l’épargne en Europe, elle doit aller se mettre là où il y en a le plus besoin. »

L’importance des talents…

Pierre Dubuc, le cofondateur et CEO de la startup de l’EdTech OpenClassrooms, interroge ensuite Emmanuel Macron sur les meilleurs moyens de former les meilleurs talents en France et surtout de les garder sur le territoire. « Nous devons développer l’enseignement par le numérique, répond le président, notre objectif doit être de former aux nouveaux métiers. Nous avons d’ailleurs attribué un budget de quatre milliards d’euros à ce sujet ».

Le chef de l’État estime que la France dispose de tout ce dont elle a besoin pour conserver ses talents et même en attirer depuis l’étranger : « Notre système fiscal est désormais compétitifs et nos systèmes de santé et d’éducation sont ultra-performants et gratuits. Il faut valoriser cela, ça fait partie de l’attractivité de la France qui a d’ailleurs tout pour remporter la grande bataille de l’attractivité ! »

… et de l’Europe

Relancé sur le sujet de l’Europe par Thomas Plantega, le cofondateur néerlandais de Vinted, Emmanuel Macron déclare que nous avons « besoin d’acteurs qui peuvent être des concurrents pour les Américains ou les Chinois. C’est toute l’idée de l’UE. Cela ne veut pas dire que l’on abandonne la souveraineté. Le combat de l’Europe aujourd’hui, c’est de savoir si l’on veut d’un G2, d’un combat entre les USA et la Chine ? Ou veut-on que l’Europe soit un lieu où l’on permet la croissance, où l’on a une stratégie pour le quantique, où l’on a un plan de développement de l’IA ? Nous n’avons pas le même point de vue que les Chinois ou les Américains. Je crois beaucoup à l’Europe parce que je crois beaucoup à la France », martèle le président sous les applaudissements de l’assemblée.

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15/05/2019

Ah! (la politique) est l'art de créer des faits;Reporterre. Capitalisme, défections des écologistes pour En marche, relations avec la France insoumise, programme pour l’Europe…

Ah! (la politique) est l'art de créer des faits; de dominer, en se jouant, les événements et les hommes; l'intérêt est son but; l'intrigue son moyen: toujours sobre de vérités, ses vastes et riches conceptions sont un prisme qui éblouit.

Coluche
Artiste, Comique (1944 - 1986)

La Mère coupable (1791) de

Pierre Augustin Caron de Beaumarchais

Ah, que la politique était jolie ! | hachette.fr

“Le monde politique est une jungle.”

“La politique est une guerre sans effusion de sang et la guerre une politique sanglante.”

“Le peuple s'intéresse à la politique quand la politique s'intéresse à lui.”

Références de Pierre Augustin Caron de Beaumarchais - Biographie de Pierre Augustin Caron de Beaumarchais

Politique & Imbeciles

Georges Clemenceau
Député, Homme d'état, Homme politique, Journaliste, Maire, Médecin, Ministre, Scientifique, Sénateur (1841 - 1929)

Tête de liste d’Europe Écologie-Les Verts, Yannick Jadot a rencontré Reporterre. Capitalisme, défections des écologistes pour En marche, relations avec la France insoumise, programme pour l’Europe… il répond sans détour à nos questions.

Cet entretien a été enregistré, vous pouvez aussi l’écouter :...

Yannick Jadot — Mon objectif est que l’écologie renoue avec ses meilleurs scores. Je veux mettre l’écologie au cœur du paysage politique européen et français. Parce que si on est convaincu du risque de chaos climatique et d’anéantissement de la biodiversité, si on voit la dislocation accélérée de l’Union européenne, les extrêmes droites qui montent partout, la guerre de tous contre tous que le modèle libéral a instaurée, il faut proposer une alternative au modèle libéral qui soit un modèle de coopération, de bienveillance et de solidarité.

Il y a dix ans, Daniel Cohn-Bendit dirigeait la liste des Verts. Il y a deux semaines, il a signé une tribune appelant à voter Macron et la République en marche (LREM), et avec des mots durs à l’égard d’EELV. Comment avez-vous vécu cette tribune de Daniel Cohn-Bendit ?

Beaucoup d’écologistes se sont perdus depuis quelques années. Certains sont allés avec sincérité chez Emmanuel Macron, à En marche, pour essayer d’écologiser ce parti. Finalement, c’est Nicolas Hulot qui a tiré le meilleur bilan de l’écologie sous Emmanuel Macron en disant que c’était une mystification ! En Marche a aujourd’hui dans sa liste aux élections européennes des pro-glyphosate, des anti-glyphosate ; des prochasse, des antichasse ; des pro-accord de libre-échange, des anti-accord de libre-échange ; des pronucléaire, des antinucléaire. Et, depuis deux ans, systématiquement, le président Macron a arbitré pour le glyphosate, pour le nucléaire, pour les accords de libre-échange, pour la chasse ! Donc, ces écologistes se sont perdus. Ils se sont entichés d’un président incontestablement intelligent mais qui semble totalement prisonnier des lobbies du vieux monde.

Daniel Cohn-Bendit, Jean-Paul Besset, Pascal Canfin, Pascal Durand, François de Rugy, Barbara Pompili… Comment expliquez-vous qu’il y ait tant de personnalités d’EELV qui passent chez LREM ?

Nous avons un système électoral extrêmement préjudiciable aux formations politiques petites et moyennes. Il y a des gens — comme de Rugy — qui ont considéré à un moment donné qu’il fallait aller avec les socialistes quand c’étaient eux qui tenaient le manche. Puis, ils se sont aperçus que les socialistes ne tenaient plus le manche, mais Macron, et ils ont continué leur dérive vers le pouvoir.

Je sais tout ce que ce pays et l’écologie doivent à tous les militants qui, eux, n’ont pas fait ce voyage. Si nous n’avons pas d’OGM dans notre pays, c’est parce qu’il y a des militants écologistes qui sont allés arracher des OGM. Pareil pour les gaz de schiste.

Quel pont idéologique y a-t-il entre EELV et LREM ?

Il y a chez les écologistes l’idée qu’on ne peut pas attendre des alternances politiques pour transformer la société. L’urgence écologique ne peut pas attendre. Et il y en a toujours qui pensent que seuls — y compris dans un milieu hostile —, ils peuvent transformer les choses. Moi, je n’ai jamais été qu’écologiste toute ma vie. Et j’ai une très belle liste de gens convaincus. Pour eux, il n’y a pas de débat. Il faut transformer le modèle de développement, sortir du capitalisme financier, combattre ce libéralisme prédateur. Il n’y a pas de compromis avec la technocratie et le libéralisme d’En marche..

Pourquoi l’intelligence digitale est en train de détrôner le QI

Fouille en dedans.PoissySmartCity:Devenir une machine à contenus.Miser sur l’écoute sociale.Adopter une stratégie cohérente.Jive, Podio, Slack, HipChat, TalkSpirit, MicrosoftTeams,Yammer

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Plus que jamais, il importe de comprendre les points forts qualitatifs de chaque portail aussi bien que l’état d’esprit de leurs utilisateurs lorsqu’ils consomment de l’information ou du divertissement. Chaque portail possède ses propres particularités et l’humeur ou l’attente de l’utilisateur auront un impact sur la manière dont le message est perçu. Voici quelques points clés à toujours prendre en considération

1) La consommation des médias varie fortement de la grande concentration au  “bruit de fond”

2) Les individus ont une approche différente des portails

3) Les portails sont consommés de manière différente

4) Les portails sont perçus de manière différente

5) Les portails présentent les publicités de manière différente

Deux règles

Lorsque le portail est utilisé pour la le détournement, il s’agit avant tout de lutter contre l’inertie. Le contenu doit être divertissant et attirer l’attention vers la marque et le message clé de vente.

Lorsque le portail fait l’objet d’un usage actif, il est possible d’opter pour deux directions potentielles : soit privilégier le contenu au détriment du message (surtout lorsque le consommateur est en mode recherché), soit bâtir sa communication sur une recette de détournement en permettant à la créativité d’impliquer et d’intriguer l’utilisateur.

Ciblage
Au-delà du ciblage « contenu », utilisation de la voie de retour pour un ciblage sociodémographique ou comportemental

Comme l’énonce Jean-Dominique Senard, alors président de la gérance de Michelin, dans « Changez de méthode ! » (éditions ReThink & LEAD, décembre 2018), dirigeants et managers sont face à un paradoxe inconfortable : « Plus le monde évolue et plus les organisations deviennent complexes. Plus la volatilité de tout ce qui nous entoure (les marchés, le monde économique et politique en général) est grande, et plus on a tendance à centraliser les décisions et à augmenter les contrôles qui peuvent se faire à travers les organisations afin de tenter de maîtriser un peu ce qui se passe. En faisant cela, on va à l’inverse des aspirations des personnes qui travaillent pour un même objectif, on va à l’inverse de leur envie d’autonomie et de responsabilisation. »

Dès lors, savoir laisser chacun exprimer son talent, ses idées et donner le meilleur de lui-même pour la réussite du projet demande de déconstruire un certain nombre d’idées reçues sur ce qui « fait » un leader....

Dépasser le mythe du leader providentiel

Il est encore trop souvent courant d’entendre qu’un tel ou une telle devrait être nommé(e) parce qu’il/elle est brillant(e), « un cerveau hors du commun » ! Une logique répondant à une conception du « leader providentiel », qui devait savoir et faire savoir qu’il savait pour être suivi. Pourtant, l’environnement VUCA rend désormais difficile d’élaborer une vision dans une tour d’ivoire, en solitaire. Croiser les regards, les expertises, les cultures est désormais nécessaire pour appréhender la complexité et la globalisation de l’économie ainsi que les conséquences des nombreuses ruptures technologiques.

Les études montrent depuis plusieurs années la limite du modèle. En 2004, l’économiste américain James Surowiecki affirmait déjà dans « The wisdom of crowd » : « Personne n’est plus intelligent que tout le monde ». Egrenant de nombreux exemples, il démontrait ainsi qu’une communauté réunie trouvait des réponses plus pertinentes que la plus brillante des personnes qui la composait. En effet, « lorsqu’un groupe de personnes se réunit, les biais s’annulent et les savoirs s’accumulent », augmentant les chances que le groupe soit plus intelligent que ses parties (même les plus brillantes) « parfois jusqu’à 90% ».

L’intelligence digitale est une compétence clé pour prospérer dans le monde de demain.

Pourquoi l’intelligence digitale est en train de détrôner le QI

Aline Bats est rédactrice Web chez PoissySmartCity, l'agence digitale de FranceWebAsso . Elle parcourt l’actualité pour faire partager les dernières tendances du Web et du marketing dans un condensé didactique.

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06/05/2019

Penser la dissidence aujourd'hui avec don Quichotte et Sancho Panza.Si c'est en réalité l'heure à la quelle je lève ma lampe,ce n'est pas ma flamme qui y brûlera! Et les anciens de la cité s'avancerent et dirent:Ne vous éloignez pas de nous déja!L'Olivier

 

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Si c'est en réalité l'heure à laquelle je lève ma lampe, ce n'est pas ma flamme qui y brûlera.

Vous n'êtes , parmi nous, ni un étranger ni un hôte, mais notre fils et notre très aimé. Que nos yeux ne soient pas déjà privés de votre visage. Ne laissez pas les vagues de la mer nous séparer désormais  et les années que vous avez passées avec nous devenir un souvenir. Vous avez marché parmi nous comme un esprit et votre ombre a été lumière sur nos visages. Profonde est votre attente du pays de vos souvenirset de la demeurede vos plus grands désirs; et notre amour ne voudrait pas vous attacher, ni vos besoin vous retenir. Pourtant avant que vous ne nous quittiez, nous souhaitons que vous nous parliez et nous donniez de votre vérité.

Et nous la donnerons à nos enfants, et eux mêmes à leurs enfants et elle ne périra point. Dans votre solitude vous avez veillé avec nos jours et dans votre veille vous avez écouté les pleurs et les rires dans notre sommeil. Maintenant, révélez-nous donc à nous-mêmes et dites-nous tout ce qui vous a été découvert de cela qui est entre la naissance et la mort.

0GR3TXHD_400x400SR.jpgGroupe d'intérêts.jpgSociété du savoir.png

 

En dix ans, radios et télévisions ont élargi le champ de ce spectacle aussi insolite qu’insensé: remplir le vide avec du néant.

En 2005, et pendant trois ans, je me suis retrouvé parmi les Grandes Gueules de RMC. Entouré d’hommes et de femmes que je n’aurais jamais côtoyé dans ma vie quotidienne, et que les animateurs de la chaîne avaient rassemblé pour commenter l’actualité, ou l’idée qu’une radio populiste se fait de l’actualité. Lobbyistes vinicoles, spécialistes autoproclamés de la Sécurité biberonnés au sarkozysme, syndicalistes à trois bandes, se relayaient au micro, trois par trois, avec pour seule mission d’avoir un avis sur tout, et surtout un avis....

Chaque matin, les sujets du jour étaient arrêtés, après une rapide lecture de la presse, essentiellement Le Parisien. Lors d’un briefing de départ, les règles du jeu nous avaient été expliquées: on n’était pas dans un salon, mais au comptoir du bar des amis. Il n’était pas nécessaire de laisser un chroniqueur terminer une prise de parole, une démonstration. Il était recommandé de lui couper la parole, à l’unique condition de faire un bon mot ou de le ridiculiser. Une vacherie bien sentie aurait toujours plus de poids qu’un appel à la raison. Chacun se pliait à ce jeu du cirque pour des raisons différentes: certains y voyaient le moyen de maintenir une visibilité en berne, d’autres se rêvaient des carrières politiques, d’autres enfin jouissaient de cette présence médiatique.

Après avoir refusé une première sollicitation, j’avais accepté la seconde lors de la mise en place de la réforme du médecin traitant, ce coup de passe-passe piloté par deux anciens assureurs d’AXA, Frédéric Von Roekeghem ( placé à la direction de la Caisse Nationale d’Assurance-Maladie par Jacques Chirac), et Xavier Bertrand ( qui tirait les ficelles derrière un Philippe Douste-Blazy flanqué en tête de gondole pour donner l’impression que cette déconstruction méthodique de la Sécu, débutant par la mise à mort de la médecine générale, résultait d’une réflexion en Santé). Face au rouleau-compresseur que constituaient les équipes de communication du Ministère et de la Sécu new-look, le tout relayé par les économistes du think-tank « indépendant » de l’Institut Montaigne ( financé par le patron d’AXA, Claude Bébéar), j’avais accepté afin de pouvoir, de temps en temps, porter le fer sur des sujets touchant à la médecine et à la protection sociale.

Christian LEHMANN Médecin généraliste depuis 35 ans, romancier, Christian Lehmann est notamment l’auteur du best-seller No Pasaran Le jeu ( Ecole des Loisirs) , de la Folie Kennaway (Rivages Noir), Une éducation anglaise (L'Olivier) et Patients si vous saviez (Robert Laffont) ainsi que Les Fossoyeurs...notre santé les intéresse ( Privé-Michel Lafon). Il fut en 2007 l'un des initiateurs de l'appel contre les franchises sur les soins, et avait dénoncé dès 2004 la destruction d'un système de santé solidaire au profit des assurances et des "mutuelles" solidaires ( mot valise de la gauche PS). En 2019, il publie en format de poche à l'Ecole des Loisirs "No Pasaran, Endgame", la conclusion de la trilogie, et travaille sur un projet de série plein de bruit, de fureur, mais pas que. Il raconte pas mal de conneries sur Twitter @LehmannDrC Beaucoup moins sur Facebook parce que bon, Facebook

Serge ULESKI

Le vrai visage de notre République, cette gueule cassée, borgne, énuclée de ses classes populaires et du souci d'une justice sociale pour tous

L’Ingénieux Hidalgo Don Quichotte de la Manche ou L'Ingénieux Noble Don Quichotte de la Manche (titre original en espagnol El Ingenioso Hidalgo Don Quijote de la Mancha) est un roman écrit par Miguel de Cervantes et publié à Madrid en deux parties, en 1605 et 1615.

           Don Quichotte et Sancho Panza... mais... qui est l’un, et où est l’autre ?

  Certes, pour être brutal, le don Quichotte de Cervantès est bel et bien un mythomane paranoïaque, et son compagnon d'infortune, Sancho Panza, son          «médecin», sa tentative de cure ; Sancho est celui qui, compassionnel et patient, tentera, sans relâche, à chacune des hallucinations de son Maître, de le ramener à la raison : celle de la réalité de ce qui est, de ce qui existe contre tout ce qui n’est pas et qui n'est que le fruit d’un cerveau malade, celui de don Quichotte en l’occurrence.

                   Disons-le sans tarder : ce qui fait que ces deux figures de la littérature mondiale sont attachantes et parfois même émouvantes, c’est leur bonne foi totale, leur honnêteté à tous les deux. Ce qui fait que nous lecteurs, nous ne pouvons pas nous empêcher de les aimer c’est l’absence de vice et d’arrière-pensée chez ces deux personnages car aucun d’eux n’est manipulateur ou menteur ; aucun d’eux ne manipule l’autre ni ne lui ment : respect, commisération, efforts redoublés, l’un tentant de sauver l’autre… et l’autre d’instruire l’un sur un idéal existentiel : l’esprit de chevalerie.

Mais alors…

Dans cette perspective-là, - un don Quichotte paranoïaque et un Sancho Panza « médecin », et si les don Quichotte d’aujourd’hui, loin d’être attachants, ne faisaient plus sourire personne ? Car enfin, ne serions-nous pas tentés de les juger plutôt détestables tous ces négateurs d’une réalité délibérément travestie dans le but de servir non pas un esprit chevaleresque  - noblesse, courage et générosité -, mais une idéologie, une seule, celle de la domination : la protection des intérêts de la classe dominante, ou plus exactement l’hyper-classe, oligarchie mondiale aux intérêts mondiaux ?

Car ne nous y trompons pas : nous ne sommes plus en présente d’un don Quichotte paranoïaque mais bien plutôt d’un don Quichotte machiavélique : un stratège politique hors pair.

Aussi, force est de réaliser que seuls les Sancho Panza d’aujourd’hui sont encore dignes de considération. Certes, ils ne sont plus « médecins curateurs » mais activistes lanceurs d’alertes ; et s’ils ont perdu leur jovialité, leur truculence… c’est qu’aujourd’hui, les enjeux sont d’un tout autre ordre : il n’est plus question de ramener à la raison un Don Quichotte égaré et agité, tendre et pacifique, fou à lier mais dont la folie n’est un danger pour personne excepté pour lui-même ; il s’agit bien plutôt de dénoncer et de tenter de contenir l’expansionnisme d’un Don Quichotte pour lequel le pouvoir c’est la domination et la fin…tous les moyens : manipulations , corruption, intimidations, assassinats, guerres ; un imprécateur de premier ordre.

             Dans une autre perspective maintenant, la plus courante, même si erronée, à savoir… un don Quichotte homme des causes perdues qui se bat contre des moulins à vent alors que l’ennemi, le vrai, est ailleurs mais inaccessible - comme hors de portée -, un don Quichotte non paranoïaque donc... curieusement, il se pourrait bien que la réalité soit aujourd’hui incarnée par ce don Quichotte-là et la fiction, ou plus exactement dans le contexte qui est le nôtre, la falsification des faits aux fins de domination, le soit par un Sancho Panza qui n’aurait alors qu’un souci : faire passer notre don Quichotte pour un mythomane paranoïaque aujourd’hui calomnié en tant que "complotiste" et décrié par toute une classe politico-économico-médiatique au service de la domination.

Et la dissymétrie entre ces deux personnages est telle que le combat est loin d’être gagné. Toujours dans cette perspective d’un don Quichotte non paranoïaque, force est de constater que dans les faits, pour ce don Quichotte-là, chaque jour est une défaite : don Quichotte homme des causes perdues s’effondra vaincu et mourra sans doute épuisé dans un combat pour la vérité d’une réalité de plus en plus évanescente… et Sancho Panza, l’homme de la mystification délibérée triomphera.

          Pour revenir à Cervantès et à son don Quichotte négateur du réel, il semblerait que la situation se soit aujourd'hui inversée : dans le contexte d’une mondialisation liberticide, sans honneur et sans justice, c'est bel et bien le défenseur de la fausse-réalité, celle de la société du spectacle à une échelle maintenant mondiale, qui a triomphé : Don Quichotte donc, celui qui dit ce qui n’est pas ; et Sancho Panza, le soi-disant complotiste non pas négateur mais pourfendeur de cette fausse réalité, a sans doute déjà perdu même si en ces temps de confusion et de faux-semblants, les puissants avançant masqués, il se pourrait bien que tout le monde soit le don Quichotte de l’un et le Sancho Panza de l’autre car tout est fait pour entretenir une telle confusion qui ne sert qu’un seul intérêt…

Devinez lequel !

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