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24/05/2019

Birca, In campanie electorala .... (ca asta avem!)... Iluzia unei alegeri libere...Romania

Serban Birca-Galateanu <serban.birca.galateanu@numericable.fr>
À :'Dan Ovidiu Popescu'
 
 
23 mai à 18:25
 
 

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22/05/2019

Géopolitique.Dimension de Vivatech.124 000 visiteurs pour l’édition de 2019 vs 105 000 en 2018,des startups venues du monde entier, des ténors de la tech mondiale dans les keynotes .Tous les thèmes.. le B2B le B2C.la smart city et des fintechs.

Géopolitique et fact-checking de Vivatech 2019

Publié le 20 mai 2019 et mis à jour le 21 mai 2019 - 4 commentaires -

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  La quatrième édition de Vivatech était encore plus impressionnante que la précédente. Le pari des Echos et de Publicis de créer un événement technologique significatif à l’échelle européenne si ce n’est mondiale est plutôt réussi.

Les chiffres en témoignent avec 124 000 visiteurs pour l’édition de 2019 vs 105 000 en 2018, un peu moins des deux tiers pendant les deux journées professionnelles, des startups venues du monde entier, des ténors de la tech mondiale dans les keynotes et la visite des politiques toujours aussi empressés de visiter le salon et de s’y exprimer qu’au Salon de l’Agriculture qui a lieu au même endroit, dans le Palais des Expositions de la Porte de Versailles (VIParis d’Unibail-Rodamco).

Je vais ici creuser quelques aspects de cet événement, sa dimension, sa géopolitique, et faire au passage un peu de fact checking sur quelques-unes des startups rencontrées. Vivatech a sinon été déjà couvert par quasiment tous les médias, dont ce bon résumé de Marjorie Paillon et Guillaume Grallet pour France 24 qui traitait du sujet incontournable des licornes et de quelques découvertes du salon ainsi que l’émission de Jérôme Colombain et François Sorel pour 01Net.tv.

Tout ceci est réalisé rapidement et ne cherche pas à égaler le Rapport du CES de Las Vegas que je produis en janvier et qui est unique en son genre et me demande plus d’un mois de travail ! Je ne peux pas faire cela pour chaque grand salon de l’année !

Dimension de Vivatech

La partie salon de Vivatech s’est agrandie en 2019 avec l’ajout du Hall 2 au Hall 1 de la Porte de Versailles, même si ce dernier ne fait qu’un petit tiers de la surface du Hall 1. L’agrandissement se manifestait également par l’usage de la grande salle du Dôme de Paris, Palais des Sports jusqu’en 2015, pour les sessions plénières. C’était un pari plutôt réussi pour les organisateurs avec des sessions bien remplies, les plus courues étant les keynotes du premier jour avec Emmanuel Macron et Jack Ma d’Alibaba avec environ 4500 spectateurs et les moins courues avec environ 1000 participants. Et puis Gary Kasparov, John Kerry, Ginni Rometty d’IBM, Usain Bolt avec ses véhicules électriques et des dizaines d’autres intervenants prestigieux.

Vivatech communiquait avant le salon, selon les cas, sur 3000 ou 9000 startups, puis 13 000 startups dans le bilan de l’édition 2019. Les 3000 sont un arrondi un peu rapide du nombre de startups exposantes au millier le plus élevé. Selon le catalogue mis en ligne, les startups exposantes étaient 2035, dont une part étaient SDF (sans numéro de stand), probablement parce qu’elles pitchaient dans différents endroits sur le salon. Après le salon, l’organisation inventoriait 2300 startups exposantes ou pitchantes. Alors pourquoi Vivatech communique-t-il sur 9000 startups ? C’est en intégrant les startups visiteuses !

Vivatech communiquait avant le salon, selon les cas, sur 3000 ou 9000 startups, puis 13 000 startups dans le bilan de l’édition 2019. Les 3000 sont un arrondi un peu rapide du nombre de startups exposantes au millier le plus élevé. Selon le catalogue mis en ligne, les startups exposantes étaient 2035, dont une part étaient SDF (sans numéro de stand), probablement parce qu’elles pitchaient dans différents endroits sur le salon. Après le salon, l’organisation inventoriait 2300 startups exposantes ou pitchantes. Alors pourquoi Vivatech communique-t-il sur 9000 startups ? C’est en intégrant les startups visiteuses !

Environ la moitié des startups exposantes étaient d’origine étrangère même si dans ce décompte on trouve quelques startups créées à l’étranger par des Français comme Dathena (Singapour).

Le salon permettait de découvrir suffisamment d’objets tape à l’œil pour attirer les visiteurs : des hélicoptères à propulsion électrique, une voiture-avion, un projet d’Hyperloop polonais, des robots et exosquelettes divers, des imprimantes 3D et des objets à écrans souples (chez LVMH), au milieu d’un océan de solutions très sérieuses et moins visuelles.

Au-delà des inévitables grandes entreprises du CAC 40, il y avait pas mal de startups dites “scale-up” comme Klaxoon, les pavillons de nombreuses régions, ceux de Business France, Bpifrance, de la DGA et de la DGSE, ceux d’écoles d’ingénieurs (Polytechnique, Télécom Paristech) et de laboratoires de recherche (Inria, CNRS, CEA).

Comme chaque année, le Hub Institute avait l’exclusivité sur place de l’organisation de tours organisés de Vivatech. Une grosse vingtaine de guides accompagnaient des équipes de grandes entreprises avec leurs clients dans certains cas (comme pour Microsoft) pendant des tours personnalisés de deux heures, avec de quoi visiter quelques dizaines de stands. Le Hub Institute a produit un compte-rendu détaillé du salon en deux parties (jour 1, jour 2). Cela donne un bon aperçu des points clés du salon même si, dans pas mal de cas, les informations sont “à plat” et manquent de profondeur (la partie quantique mérite quelques ajustements qui feront sourire les spécialistes…).

Géopolitique

Vivatech était déjà à sa création en 2016 une sorte de tremplin médiatique pour le message de “startup nation” d’Emmanuel Macron. Dans son intervention cette année, il était visiblement content de revenir un peu aux sources face à une audience en général conquise, après l’épisode difficile à traverser des Gilets Jaunes. Et il n’était pas seul, puisqu’intervenaient également Justin Trudeau du Canada et la Première Ministre de Nouvelle Zélande, Jacinda Ardern, ainsi que Paul Kagame de Rwanda. Les Ministres français étaient nombreux à arpenter les allées, dont Cedric O, en charge du numérique, qui faisait la tournée de l’écosystème tous les jours. Et il y avait en plus trois commissaires européens : Carlos Moedas, Margrethe Vestager et Pierre Moscovici.

Vivatech avait été précédé par un Sommet de la Tech for Good tenu à l’Elysée. La France veut jouer un rôle de leader pour créer un Internet pacifié, en jouant un peu avec le feu, navigant à vue entre le besoin d’éviter les fake news et la propagation de la haine sur Internet tout en préservant les libertés fondamentales. Aux USA, le premier amendement qui régit la liberté d’expression limite la marge de manœuvre des acteurs de l’Internet.

Dans la pratique, la France se retrouve à “négocier” avec les grands acteurs américains, ces derniers souhaitant à tout prix éviter que la France et l’Europe sur-régulent leur pré-carré. D’où les opérations de lobbying réussies de ces derniers, avec Facebook en tête dont le fondateur Mark Zuckerberg rencontrait en tête à tête Emmanuel Macron, puis Cedric O et une brochette de députés spécialisés dans le numérique (Laure de la Raudière, Paula Forteza, Eric Bothorel). L’heure est à la co-régulation qui remplacerait l’autorégulation sans intervention des états.

Au même moment était remis à Cédric O le rapport Créer un cadre français de responsabilisation des réseaux sociaux : agir en France avec une ambition européenne (34 pages) piloté par un préfet, Frédéric Potier, et Serge Abiteboul, un membre du collège de l’ARCEP. La mission associée à ce rapport était la “Mission Facebook”. En effet, elle avait été lancée à l’initiative conjointe d’Emmanuel Macron et Mark Zuckerberg en mai 2018. Comme le dit la mission : elle “a bénéficié d’un accueil ouvert de la société Facebook. Néanmoins, elle n’a pas accédé à une information détaillée, ni à des éléments confidentiels en raison des délais très courts, de l’absence de cadre juridique formel, et des limites de la politique de transparence de la société Facebook.”. Il n’empêche que le procédé était curieux sur la forme. C’est un peu comme si Monsanto avait créé avec Emmanuel Macron une mission de régulation des pesticides. Au passage, la mission qui impliquait une dizaine de personne ne comprenait qu’une femme. Sur un tel sujet, c’est franchement étonnant et regrettable.

Dans la lignée de la remise du rapport de Cédric Villani en mars 2018 baptisé “France AI for Humanity”, la France se positionne comme une sorte de leader moral de l’Internet face aux géants américains et, éventuellement, asiatiques. Cela ne change rien à leur dominance économique, que l’on cherche un peu en vain à contenir avec les initiatives de Startup Nations qui pullulent en Europe et avec le rêve, un peu chimérique, de créer un marché unique européen du numérique. Il est chimérique car, quoi que l’on fasse sous l’angle règlementaire, ce marché sera toujours plus fragmenté que les marchés US et chinois. Qu’il s’agisse de langue, de culture, et de grands effets de leviers locaux (opérateurs télécoms, banques, retail, …). L’Europe pourrait éventuellement harmoniser la régulation et permettre des regroupements d’acteurs pan-européens pour générer de plus grands effets de levier. Mais il resterait la langue et la culture. Malgré cela, on a besoin de plus d’Europe, pas de moins d’Europe pour conforter la place du continent dans l’échiquier mondial.

Pour ce qui est de Vivatech, le salon accueillait 21 pavillons étrangers dont ceux de la Chine, de la Corée du Sud, de divers pays d’Afrique comme en 2018, du Luxembourg, de la Belgique (juste la Wallonie, comme au CES de Las Vegas), du Royaume-Uni, d’Allemagne (le plus grand), d’Italie (mais juste du Sud, le Nord est riche et n’a pas besoin de faire autant de marketing), du Brésil, du Canada et d’Israël (la Startup Nation de référence).

Une moitié des startups exposantes était d’origine étrangère. Mais il n’y avait pas encore assez de grandes entreprises européennes.

Comment analyser la géopolitique de Vivatech ? En décomptant les stands des grandes d’entreprises avec…

  • Les grandes entreprises des USA et d’Asie comprenant Google, Microsoft, Facebook, Saleforce, Amazon AWS, Cisco, HPE, Intel, Oracle, EY, puis Samsung, Softbank Robotics et Huawei. Même si c’est avec leurs équipes françaises. Ce sont des leaders technologiques mondiaux.
  • Les entreprises françaises et européennes qui ne sont pas des pure players du numérique. C’était la majorité des grandes entreprises exposantes avec leurs contingents de startups : LVHM, L’Oréal, Bouygues, TF1, La Poste, BNP, etc. Ces entreprises ont une faible influence technologique à l’échelle mondiale.
  • Les entreprises françaises et européennes qui sont des pure players du numérique avec Orange, Capgemini, Thales (sort-of), Atos, Talan, Valeo et Bosch, plutôt positionnées dans les services et françaises pour les premières. Les leaders européens de la tech ne sont pas suffisamment présents à Vivatech (Nokia, Ericsson, Dassault Systèmes, Siemens). Cela fait partie des objectifs des équipes de Vivatech que de les y attirer.

A noter un stand bizarre, celui de la Misk Foundation. Cette fondation crée en 2011 par le prince Mohammad bin Salman d’Arabie Saoudite (MBS) encourage l’entrepreneuriat, l’adoption des technologies et la culture auprès des jeunes en Arabie Saoudite. Suite à l’assassinat du journaliste Jamal Khashoggi en octobre 2018, la fondation Bill & Melinda Gates avait arrêté de les soutenir. La présence de cette fondation à Vivatech n’a pas trop été commentée ! La Misk Foundation exposait déjà à Vivatech en 2018. Elle présentait quelques startups d’Arabie Saoudite.

Du côté du visitorat, la présence étrangère ne s’entendait pas vraiment dans les allées. Au Web Summit de Lisbonne, on entend peu parler le portugais. Leur écosystème technologique est moins dense qu’en France et le pays est plus petit. Les visiteurs locaux sont surtout les étudiants et jeunes qui obtiennent un passe au rabais ne leur permettant que d’assister aux sessions plénières dans une grande salle ressemblant à l’Accor Hôtels Arena de Bercy. A Viva Tech, le français dominait largement la langue parlée dans les allées. Les étrangers sont probablement d’abord sur leur stand de startups ou dans des meetings pour faire du business. Ils étaient peut-être aussi disséminés dans un bon nombre de side events qui donnaient le tournis et permettaient à Vivatech de bien s’installer dans le paysage comme un aimant géant de décideurs de tout poil. C’était le cas du CMO Forum qui rassemblait des dirigeants du marketing, de la communication et des médias le 17 mai dans un cycle de débats organisé par McKinsey et Nielsen.

A noter également la troisième édition du LVMH Innovation Award remis par Bernard Arnault ainsi que le plus grand hackathon d’Europe, organisé avec TechCrunch avec l’EDHEC, Eramet, Sanofi–Cegedim–IBM, les Galeries Lafayette, Publicis Sapient et Wix. Durant 36 heures, il rassemblait 1000 développeurs et était doté d’un prix de 5K€.

Vivatech et la diversité de genre

Vivatech fait des efforts constants depuis la première édition pour que les femmes aient leur place dans l’événement. Environ 40% des intervenants dans les sessions étaient des femmes ce qui est un bon niveau dans ce domaine. Plusieurs événements avaient lieu dans la lignée :

Le Female Founder Challenge, organisé avec l’initiative française 50inTech lancée par Caroline Ramade (ex Willa et Paris Pionnières) et Gaëlle Le Goff. Il s’agissait d’un programme de rencontres entre entrepreneuses et investisseurs avec concours de présentations devant des investisseurs internationaux. La gagnante était Vivian Nwakah de MedSaf (Nigeria).

L’EU Prize for Women Innovator, un prix remis par Carlos Moedas, Commissaire Européen pour la Recherche. Il récompensait Michela Puddu (Haelixa, une spin-off de l’ETH Zurich qui utilise des traceurs à base d’ADN), Martine Caroff (de Hephaistos-Pharma, une biotech dans les immunothérapies cancéreuses), Irina Borodina (de DTU Biosustain, une autre biotech) et Shimrit Perkol-Finkel (Chief Scientist d’ECOncrete Tech, une startup israélienne qui créé un type de béton écologique, vidéo).

L’initiative de l’ESN Talan qui organisait une session de promotion des métiers du numérique avec des témoignages de ses collaborateurs et de l’association Quelques Femmes du Numérique ! avec sa présidente, Myriam Multigner, sa déléguée générale, Marie-Anne Magnac, et des femmes ingénieures du numérique comme Yousra Tourki (Diabeloop), Eugénie Vinet (C3i, un éditeur de logiciels de développement pour l’IA) et Isabelle Guidat-Gravina (responsable du data lab chez Hermès). Et votre serviteur, toujours à la photo pour cette initiative. Le tout face à de jeunes lycéennes et étudiantes !

La conférence Girl Power qui faisait s’exprimer des entrepreneuses, actrices, youtubeuses avec l’animation de Bérengère Krief. La Poste organisait les secondes rencontres des femmes du numérique après celle du CES de Las Vegas de janvier 2019, et toujours avec La Tribune. C’est surtout un meet-up.

Pléthore de startups dans tous les domaines

Avec entre 1600 et 2000 startups exposantes, il y a de quoi faire son marché. Elles étaient sélectionnées en particulier dans le cadre d’un grand challenge mondial avec deux dizaines de thèmes et de sponsors de grandes entreprises. D’autres étaient exposantes sur les stands d’organisations diverses, notamment des écosystèmes de régions, de Bpifrance et Business France ou de laboratoires de recherche comme l’Inria.

Tous les thèmes étaient représentés aussi bien dans le B2B que dans le B2C. Les outils et cloud et de développement ainsi que les outils de l’IT arrivaient en tête, suivis de la santé, de la mobilité et des transports, des edtechs et hrtech puis de la smart city et des fintechs.

 

Thematiques startups Vivatech 2019

Mais même dans des thèmes “secondaires”, on pouvait trouver plusieurs dizaines de startups. Elles étaient cependant saupoudrées façon puzzle sur tout le salon. Les grandes entreprises et autres structures d’accompagnement sont presque toutes multi-thématiques. Comme le modèle économique de l’événement passe par les grands exposants, il est difficile pour les organisateurs d’organiser le salon parfaitement par thématique. On a le même syndrome au CES de Las Vegas malgré l’existence de zones thématiques. Certains se plaignent du manque de sérieux de nombreuses startups qui “ne devraient pas être sélectionnées”. Je n’en ai pas tant vu que cela, même si nombre de startups visent des marchés de niche ne présentant pas énormément d’économies d’échelle ou de potentiel réel de marché solvable. SI toutes les startups d’un événement étaient celles qui doivent réussir à coup sûr, il n’y aurait plus de startups !

Startups Vivatech 2019

Dans ma courte visite du salon d’un peu plus d’une journée, je me suis penché en particulier sur les startups du monde des transports du futur. Et pour cause, puisque c’est le thème de la conférence annuelle que je vais délivrer au Web2day de Nantes le 6 juin prochain, en compagnie de Fanny Bouton comme l’année dernière sur l’informatique quantique (vidéo).

Nous avions donc dans l’ordre :

Aeromobil, une société slovaque qui présentait sa voiture-avion, digne successeur de la voiture de Scaramanga dans l’Homme au Pistolet d’Or (1974). Il se trouve que l’engin vole avec des passagers dans une version précédente depuis 2015 (vidéo). Il lui faut de la place pour décoller (500m) et un garage de bonne taille pour la ranger. La propulsion est thermique avec un moteur de voiture et un système qui le relie aux roues ou à l’hélice arrière selon la configuration. Ce n’est donc pas fait pour vos trajets maison-travail en région parisienne, mais plutôt dans des zones où il y a de la place, au Canada, en Australie ou ailleurs. C’est l’un des véhicules convertibles du marché qui vole véritablement (vidéo).

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Hovertaxi est une startup française basée près de Toulon. Elle présentait un hexacoptère électrique. Le projet comprend plusieurs particularités : l’hélicoptère est développé et produit par une autre société, EAC Whisper, située à Carpentras. Les deux sociétés ont un contrat d’exclusivité. Seconde particularité : Hovertaxi a conçu sa propre station d’accueil de ces drones et prévoit de devenir opérateur de transports. Enfin, la batterie des drones est à base de condensateurs. Cela donne une densité énergétique plus faible qu’avec les batteries Lithium-Ion couramment employées dans ces aéronefs mais permet des recharges très rapides, de l’ordre de deux minutes pour 80% de capacité et 15 mn d’autonomie. Côté sécurité, le drone a un parachute, ce qui est standard dans ce genre d’aéronef mais ne permet pas de traiter les cas de panne à basse altitude (sachant que les hélicoptères classiques n’ont rien de tout cela…). Il vole déjà à titre expérimental et sans passager. Les mauvaises langues disaient que la société avait dérobé son prototype à un manège pour enfants. Le projet est sympathique mais va se heurter à des obstacles difficiles à franchir : le financement de l’ensemble, la finalisation du drone, sa certification puis son déploiement dans des villes qui devront l’accueillir, et enfin, les questions d’économies d’échelle.

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Ascendance Flight Technologies est une autre startup développant un engin “VTOL” (Vertical Take-Off and Landing). Les fondateurs sont des anciens de l’équipe du projet e-fan d’Airbus, qui a été scrappé avec un changement de manager chez ce dernier. Le prototype d’e-fan avait traversé la Manche en 2015. C’était un avion à décollage horizontal classique. Le projet consiste à créer un avion électrique taxi à décollage vertical. L’équipe comprend 11 personnes. L’avion pourra transporter trois personnes sur 150 km à 250 km/h. Ils utiliseront une propulsion électrique hybride, donc probablement avec une turbine à gaz, probablement de Saffran qui s’est positionné sur ce créneau. Le prototype n’était pas présenté sur leur stand d’un mètre carré.

Hyper Poland est une parmi d’une douzaine des projets d’Hyperloop dans le monde. Je n’ai pas eu le temps de les voir sur Vivatech et je suis plus que dubitatif sur ces Hyperloop en général et sur celui-là en particulier. Cela vend du rêve, mais cela survend aussi le bénéfice économique avec un coût au km qui semble sous-évalué pour les infrastructures. Ils ambitionnent de connecter Cracovie et Gdansk, via Varsovie en 35 mn au lieu des 5h30 par train aujourd’hui et sur plus de 600 km. Leur site parle de crowdfunding. Ils ont déjà obtenu $3,8M de financements de la part du National Center for Research and Development polonais. Il ne manque plus qu’une douzaine de milliards d’Euro pour être au bout du compte, avec un coût d’infrastructure de 20M€ au km sur terrain plat. En terrain accidenté, il pourrait monter à 100M€ le km !

Spacetrain est un autre projet de train à très grande vitesse d’origine française qui exposait également à Vivatech en présentant une maquette miniature de son train. Ils veulent relier Paris au Havre en 17 minutes ou Paris-Orléans en 15 minutes. La startup est basée à Orléans. C’est en fait un revival de l’aérotrain de Bertin abandonné en 1977, utilisant un véhicule propulsé par hélice et soutenu par un coussin d’air, le tout avec des turbines à hydrogène à base d’hydrures, des moteurs à induction et des batteries lithium-ion utilisant des électrodes au graphène pour permettre une recharge plus rapide. Ce moyen de transport circulerait à environ 540 km/h pour atteindre des pointes de 740 km/h. Ils évoquent une commercialisation en 2024 en oubliant peut-être que ce délai correspond à celui du permis de construire en France ! La startup est en fait un bureau d’étude industriel et le projet a démarré en 2016. Ils prévoient de faire des essais sur la voie de l’aérotrain qui est proche d’Orléans.

Dans d’autres domaines, j’ai remarqué Soliquid et son système d’impression 3D dans un gel. La vidéo ne présente pas le système d’extrusion. Et pour cause, vu de près, c’est un système d’extrusion qui rappelle les tubes de Rubson avec un “fil” d’un centimètre de diamètre. Les cas d’usage sont l’impression de béton de structures complexes pour le BTP.

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Il y avait aussi pas mal de solutions pour améliorer la qualité du sommeil avec le très connu Dreem. Et aussi Open Mind Innovation qui utilise les neurosciences, des capteurs biométriques divers (montre/bracelet, casque EEG) pour aider les collaborateurs des entreprises à mieux se concentrer. La société présentait sur Vivatech un système de diagnostic s’appuyant sur de la réalité virtuelle et des programmes d’entraînement permettant notamment de contrôler ses émotions. Le tout permettrait notamment de limiter le stress.

La startup lyonnaise Capsix présentait son robot de massage du dos utilisant un système 6 axes couplé à un capteur 3D type Kinnect. Il faut juste espérer que l’ordinateur de contrôle est bien sécurisé, histoire d’éviter un hacking du genre du système de massage de Thunderball pour ceux qui s’en souviennent (1965).

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Qwant annonçait un partenariat avec Microsoft. Pourquoi donc ? Le cloud Azure leur servira pour gérer leurs services web. Pourquoi OVH n’est-il pas la solution ? Il y a probablement un rationnel à cela mais c’est dommage pour le plus grand acteur local du cloud français, à part Orange.

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Côté quantique qui est mon dada, il y avait une belle table ronde avec 100% de femmes dont l’excellente Maud Vinet du CEA-Leti ainsi que Talia Gershon d’IBM et Sophie Proust, CTO d’Atos. Sur le sujet du calcul quantique, les présentations réalisées par Olivier Hess et Georges Ulzberger chez IBM ne désemplissaient pas.

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Atos faisait au moment de Vivatech une marche en avant dans la bataille des plateformes du quantique en lançant myQLM, une offre d’outils de programmation quantique destinée aux chercheurs, étudiants et développeurs. C’est un environnement de développement en Python permettant de simuler des programmes quantiques sur son propre ordinateur. La programmation est réalisée en AQASM (Atos Quantum Assembly Language) et pyAQSM. Pour accéder à un nombre de qubits dépassant les capacités courantes des PC, soit au-delà d’une vingtaine de qubits, les développeurs pourront exécuter leur code sur un simulateur Atos Quantum Learning Machine dans le cloud, mais de manière payante. Atos envisage de permettre le partage de pratiques, bibliothèques et codes d’applications quantiques. Atos propose également un des traducteurs open source de codes myQLM vers d’autres environnements de programmation quantique.

D’autres startups liées cette fois-ci à la cryptographie post-quantique exposaient également comme Crypto Quantique (Royaume Uni) ainsi que CryptoNext, cette dernière étant sur le stand d’Inria le premier jour de Vivatech.

Bilan

Vivatech est l’incarnation faite salon de l’ambition de la France dans la tech. C’est un peu la grenouille qui se veut bœuf dans un secteur d’activité où les économies d’échelle font le tri entre les meilleurs et favorisent naturellement les acteurs issus des grands marchés homogènes que sont les USA et la Chine. Tous les pays modernes veulent être “la” startup nation, ou juste “une” startup nation. Et pour cause, les startups sont les entreprises qui permettent à une économie de se renouveler, en complément des TPE/PME et des grandes entreprises dont l’approche des besoins est moins expérimentale et disruptive. En devenir les champions mondiaux est quasiment impossible pour des raisons géographiques. Ne pas être de la partie serait par contre un suicide économique.

Mais la technologie et l’innovation ne se résument pas au numérique. Vivatech l’illustrait bien même si la majorité des startups exposantes gravitaient autour du numérique. Le monde des biens et services physiques est un monde tout aussi important que le digital tout immatériel, tout comme peut l’être une bonne partie de la tech for good. La tech for good est aussi là, avec moins d’influence des GAFAMI-BATX-NATU.

 

Publié le 20 mai 2019 et mis à jour le 21 mai 2019 Post de | Facebook, France, Intelligence artificielle, Politique, Quantique, Santé, Technologie | 1979 lectures

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 Les 4 commentaires et tweets sur “Géopolitique et fact-checking de Vivatech 2019” :

10/05/2019

Moi,le Citoyen c'est L'Etat !..La semaine où Trump est devenu dictateur et personne n'a essayé de l'arrêter.| Will Bunch. Qu'est-ce qui se passe?How How Democracies Die

 Cela semble mal quand vous le décrivez de la façon suivante: le président des États-Unis a explicitement violé une règle du gouvernement lui demandant de divulguer des données secrètes sur les emplois , provoquant ainsi des mouvements de milliards de dollars sur les marchés financiers mondiaux. C’est devenu un cliché fatigué (qui, bien sûr, entre directement dans le schéma) de souligner que si Barack Obama ou George W. Bush l’avaient fait, cela aurait déclenché des dénonciations fâchées, une couverture de bout en bout sur le câble. nouvelles, et peut-être une audience du Congrès ou deux.
Mais lorsque le président Donald J. Trump (comme notre chef aime à le faire avec désinvolture ) le fait, cela se situe assez loin dans la liste hebdomadaire d'infractions à la règle, de bris de "normes", d'oblitération de la dignité, d'abolition de la vérité et de divers délits les crimes occasionnels élevés qui ont non seulement défini la 45e présidence de l'Amérique, mais ont également inondé le système et court-circuité la capacité de nos institutions telles que les médias, le Congrès et les tribunaux à traiter le tout en temps réel.
Pourquoi Trump a-t-il tweeté vendredi: "Nous attendons avec impatience de voir les chiffres de l'emploi à 8h30 ce matin" pour informer les Américains - et les investisseurs - que les chiffres sur les emplois qu'il avait prévisualisés la nuit précédente étaient une bonne nouvelle ? Trump savait-il que son tweet - 69 minutes avant la publication du rapport par le ministère du Travail - enfreignait non seulement la pratique présidentielle de longue date, mais aussi une règle de 1985 établie par le Bureau de la gestion et du budget ? Peut-être pas. Trump, avec sa clique d'amis du milliardaire, donne-t-il cette information d'initié à quelqu'un d'autre? Qui va vérifier?
La principale raison pour laquelle Trump viole les normes établies de longue date et les règles établies, ou raconte tant de mensonges facilement réfutables depuis le podium présidentiel, est parce qu'il sait que personne ne l'arrêtera. Et cet exercice de pouvoir incontesté n'est pas simplement une bizarrerie bizarre de la présidence Trump. C'est plutôt son moteur.
Un mot décrit l'érosion massive de la démocratie américaine qui s'est accélérée ces derniers jours. Et je ne parle pas de quelque chose que Roseanne Barr a tweeté ou même du mot-clé C (ce qui est d'ailleurs inconcevable et jamais approprié ) - les épithètes qui ont réussi à dominer le cycle de la télévision dans une culture qui aime lutter contre ses guerres de culture.
Non, je parle d' abstention , et si ce mot vous endort, c'est peut-être une partie du problème. Ce que signifie ce terme - et il est brillamment expliqué par les politologues Steven Levitsky et Daniel Ziblatt dans leur best-seller de 2018 avec le titre inquiétant How How Democracies Die - ne déploie pas totalement ses prérogatives institutionnelles, même s'il est légal de le faire . " En d’autres termes, un président américain peut déclencher une première frappe nucléaire, ajouter des juges à la Cour suprême, des procureurs de l’immobilisation enquêtant sur lui ou sa famille ou, à défaut, faire un pardon complet à ses alliés ou même peut-être à lui-même. Il n'y a pas de lois ni de clauses dans la Constitution pour l'empêcher de faire ce genre de choses.
Seulement la tradition et un sens de ce qui est juste et de ce qui est bon pour l’Amérique.

L’expérience américaine a survécu pendant 242 ans car même les anciens présidents, qui avaient violé certaines de nos normes démocratiques de la pire des manières, conservaient toujours ce sentiment plus profond de tolérance. Même Richard Nixon, qui espionnait ses ennemis et faisait obstacle à la justice lorsque ses cambrioleurs ont été attrapés, a remis les enregistrements de la Maison Blanche lorsque la Cour suprême l’a ordonné et a démissionné lorsque les éléments de preuve présentés sur ces enregistrements étaient incriminants.

Mais Trump fait déjà certaines des choses dangereuses décrites ci-dessus. La patience n'est pas dans son vocabulaire. Voici trois choses inhabituellement alarmantes de la semaine dernière.

- Trump abuse de son pouvoir de grâce pour récompenser ses amis et d’autres célébrités. Si le président déploie "à outrance" l'une de ses prérogatives institutionnelles, c'est le pouvoir général d'octroyer le pardon et la clémence dans les affaires fédérales, tel que prévu par la Constitution. Ce pouvoir est une occasion remarquable de renverser une injustice perçue dans le passé et de racheter des récompenses, mais aussi de profiter des copains du président, voire même d’aider à protéger le directeur général lui-même des poursuites.

L'une des soi-disant normes démocratiques qui ont évolué au cours de l'histoire américaine est un processus formel d'examen du pardon visant à prévenir les abus potentiels. Les anciens présidents ont attendu les recommandations du bureau du procureur du ministère de la Justice - un processus long qui comprend généralement une période d'attente de cinq ans pour permettre à un demandeur de prouver qu'il contribue à la société. Le processus a parfois suscité de la frustration; beaucoup ont exhorté Obama, par exemple, à agir plus rapidement que lui pour redresser certains des excès de la «guerre contre la drogue» du XXe siècle de ces dernières décennies.

Trump n'a prêté aucune attention au processus ou à la tradition. Il a accordé des grâces à des personnes qui n'ont pas encore été traduites en justice - l'ex-shérif de l'Arizona, Joe Arpaio, un partisan de Trump qui n'a montré aucun remords pour les accusations d'avoir défié les ordonnances d'un tribunal visant à faire ressortir les Latinos au profil racial - et à des personnes qui ne rendent pas à la société, à l'instar de Dinesh D'Souza, également indignable et généralement méprisable , conservateur et indigné, pardonné la semaine dernière . Le seul principe directeur, semble-t-il, est d’être un ami ou un partisan politique de Trump ou - dans le cas (mérité) du regretté boxeur Jack Johnson - d’ être recommandé par un ami célèbre de Trump, Sylvester Stallone .

Cette semaine, le président a fait la une des journaux en rencontrant dans le bureau ovale Kim Kardashian West, une autre icône de la télé-réalité, qui a lancé un appel en faveur d'une réforme de la justice pénale et a demandé pardon à Alice Marie Johnson, arrière-grand-mère âgée de 63 ans. La détenue s’est portée volontaire dans l’hospice de sa prison, purgeant une peine d’emprisonnement à vie pour la première fois, une arrestation de drogue non violente . Trump a écouté - et au lieu de cela, il a gracié D'Souza et a déclaré aux journalistes qu'il pourrait accorder une grâce ou une grâce à deux personnes avec lesquelles il travaillait à la télévision The Celebrity Apprentice , l' ancien govenor de l'Illinois Rod Blagojevich et la gourou de la mode de vie, Martha Stewart

Chaque pardon de Trump - techniquement légal, même s'il efface tout sens du processus ou de l'équité - diminue notre résistance pour le jour où Trump pourrait offrir un pardon aux joueurs dans les scandales entourant sa campagne présidentielle de 2016 ou ses proches alliés. Si et quand - et les récents mouvements de Trump indiquent "quand" - un pardon est accordé à quelqu'un comme Michael Flynn, ancien conseiller à la sécurité, qui a déjà plaidé coupable, ou à l' avocat de Trump, Michael Cohen , qui est sous enquête , Trump affirmera sûrement qu'ils l'étaient " traité très injustement "- tout comme son pote de télévision Blago.

- Les avocats de Trump déclarent ouvertement que le président des États-Unis est au-dessus de la loi. Ce week-end, le New York Times a publié une lettre de 20 pages que les avocats personnels de Trump ont adressée à l'avocat spécial Robert Mueller dans le but d'éviter un entretien avec le procureur, ce qui inclut la stupéfiante affirmation selon laquelle il est impossible pour la Maison Blanche d'entraver la justice, car la fin, le président est la justice ..

La lettre secrète, rédigée en janvier, affirme que Trump dispose de pouvoirs constitutionnels étendus, notamment la capacité d'éliminer une enquête sur la criminalité dans le cadre de sa propre campagne, "s'il le souhaitait, de mettre fin à l'enquête ou même d'exercer son pouvoir de grâce. " Cela signifie, disent-ils, que Trump a également le droit de renvoyer Mueller ou les procureurs qui le surveillent, bien qu'un geste similaire de Nixon en 1973 ait déclenché une série de résolutions en matière de destitution.

L'Etat, c'est moi . Trump et ses avocats revendiquent les droits et les pouvoirs d'un roi - et non d'un président élu démocratiquement. La leçon à tirer de la démission ultime de Watergate et de Nixon était censée être qu'aucun président n'est au-dessus de la loi - une leçon qui a été confuse lorsque Gerald Ford a gracié Nixon. Quarante-quatre ans plus tard, l’équipe Trump lâche une bombe H sur ce qui reste de cette notion apparemment pittoresque.

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